ACTE I, SCÈNE I
ROGER
C'est bon ; sans me faire prier.
Moi je vais vous chanter la ronde, La ronde du bon ouvrier.
PREMIER COUPLET
Bon ouvrier, voici l'aurore Qui te rappelle à tes travaux; Ce matin, travaillons encore, Le soir sera pour le repos.
Tout seul on s'ennuie à l'ouvrage j Pour l'abréger on le partage, A ton aide chacun viendra.
Du courage ,
Du courage.
Les amis sont toujours là.
DEUXIÈME COUPLET
Bon ouvrier, voici l' dimanche; Ce jour-là tout est oublié ; Quelle gaité naïve et franche.
Trinquons ensemble à Tamiliô!
M' laisser hoir' seul est un outrage.
Mais pour partager mon ouvrage Et la bouteille que voilà;
Du courage ,
Du courage.
Les amis sont toujours là.
TROISIÈME COUPLET
Bon ouvrier, quand la tendresse De l'hymen te fait une loi; Lorsqu'à ta gentille maîtresse Tu donnes ton cœur et ta foi, Prends garde, ne sois point volage.
Si tu négliges ton ouvrage , Un autre te remplacera ;
Du courage ,
Eu ménage.
Les amis sont toujours là.
(On danse.)
SCKNK II.
Les PRIXKDENTS, un OAIIÇON traiteur, sortant de la maison. LE GAIIÇON,
Messieurs, d;m<; la stalle on denfiaode La mailT'o.
ROGER
Ah! qu'un attende!
HENRIETTE
Non , Roger, j'y cours de ce pas.
ROGER
Ma p'til' femm', je ne te; quitt' pas.
MADAME BEItTUANU.
Ah! quel ennni! toujours ensentiblel De dépit ils me font mourir.
l'APTISTE.
Venez, vous autres; il me semble Qu'après la dans' faut s' rafraîdiir.
ENSEMBLE
Quel bonheur! quelle ivresse!
Et quel doux avenir!
Nargue de la richesse!
Et vive le plaisir!
(ils entrent tous dans l'auberge à gauche. Madame Bertrand et Baptiste resten seuls en scène.)