ACTE I, SnÈNE V
LE PRINCE, de même.
Étourdi que je suis! (Haut, à la princesse.) Votrc Altcsse iic s'est pas ressentie de l'accident de ce matin?
LA PRINCESSE
Non; j'ai eu plus de peur que de mal. Mais comment tnm cela s'est-il passé? et quel est donc mon libératem-?
LE PRINCE
Je voudrais pouvoir vous dire que c'est moi; mais j'ai, au contraire, une pem' horrible que cet accident-là ne soit de ma façon; et j'en suis d'autant plus désolé que j'avais promis à la baronne de Wedel de ne pas faire une seule gaucherie d'aujourd'hui. J'étais penché sur le traîneau de Votre Altesse que je conduisais ; et dans le moment vous m'avez dit : Prince do Neubourg, j'ai besoin de vous voir et de vous parler.
M. DE LINSBERG, vivement.
Ah! Son Altesse vous disait...
Ce sont ses propres paroles, et j'écoutais si attentivement que je n'ai plus pensé au traîneau, qui s'est dirigé tout seul; et; ma foi, sans monsiem- de Linsberg... car c'est lui, vous ne vous en doutiez pas, c'est lui qui a encore remporté tout l'honneur de cette expédition navale; ce qui est fort beau, sm-tout pour un général de cavalerie.
M. DE LINSBERG, regardant la princesse.
Je suis fâché, Monseigneur, que cet accident ait inteiTompu votre conversation avec Son Altesse.
LA PRINCESSE
Un pareil entretien n'avait rien de bien intéressant.
LE PRINCE
N'est-ce pas? et puis cela se retrouvera; vous me l'avez promis?
LA PRINCESSE , embarrassée.
Oh! certainement... il est fort indifférent que ce soit... Mais qu'avez-vous, monsieur de Linsberg? vous paraissez souffrir; peut-être est-ce de ce matin?
M. DE LINSBERG.
Votre Altesse est trop bonne de daigner s'en apercevoir; qu'importe?
LA PRINCESSE
Ou ouvre chez le gl'and-duc. (a Linsberg qui fait un mouveinent
pour sortir.) Ne venez-vous pas lui fau'e votre coui"?
10 LA NETCE.
M. DE LINSBERC.
Oui, Madame, (a part.) Je veux tout examiner, ne pas les îiordrc de vue! Fut-il jamais une situation pareille à la mienne! être mari, être jaloux et ne pouvoir se plaindre!
M.XDEMOISELLE DE WEDEL, à qui le prince offre la maiu.
A quoi pensez-vous donc? La main à Son Altesse!
LE PRINCE
Dieu ! quelle faute !
MADEMOISELLE DE WEDEL.
Et de deux! (Le prince de Ncuboiirg se précipite vers la princesse, et lui offre sa main; en ce moment, Linsberg, qui présentait la sienne, la retire eu s'inclinaut respectueusement. )
M. DE LINSBERG, à part.
Jusqu'à l'étiquette qui conspire contre moi ! (ils sortent tous par
la porte à droite du spectateur.)