USBECK, RICA
RICA
Que dis-tu? Ibrahim, cet esclave grec?
USUECK.
Il n'est plus.
RICA
0 ciel! quel était donc son crkne?
USBECK
Le maître l'avait condamné.
lUCA.
Et moi, Usbeck; moi, ton ami, s'il t'ordonnait ma mort?...
USUECK.
J'obéii'ais.
RICA
Et si quelque jour il te demande ta tête?
USKECK.
J'obéirai encore.
RICA
Dans le pays où nous sommes, Usbeck , on aurait peine à comprendre une pareille soumission.
USBECK
Ce sont des infidèles qu'il faut plaindre, car ils ne sont point éclairés par les lumières du koran ; ils ne connaissent point la voix du prophète.
RICA
J'en conviens; mais ils écoutent quelquefois celle de l'amitié.
USBECK
Crois-tu donc que j'y sois insensible? apprends que j'avais aussi des ordres poiu toi.
RICA
Grand Dieu ! que dis-tu ?
UBSECK.
Irma avait gagné l'esclave Ibrahim; elle l'avait chargé de porter ce matin une lettre à im Français, un jeune seignem' de ce pays; et quand elle lui a remis ce billet, tu étais là, tu l'as vue.
RICA
Moi!
DSBECK.
Et tu n'en as rien dit !
RICA
Étais-je donc obligé de les trahir, de les dénoncer?...
USBECK
N'était-ce pas ton devoir? n'est-ce pas celui d'un esclave? L'arrêt allait être prononcé ; grâce à mes prières il a été suspendu; et c'est d'après la manière dont tu te conduiras aujourd'hui que notre maître te fera éprouver sa justice ou sa clémence.