‹ Opéras - comiquesChapitre 96 sur 305 · USBECK, RICA · texte numérisé non relu

USBECK, RICA

RICA

Que dis-tu? Ibrahim, cet esclave grec?

USUECK.

Il n'est plus.

RICA

0 ciel! quel était donc son crkne?

USBECK

Le maître l'avait condamné.

lUCA.

Et moi, Usbeck; moi, ton ami, s'il t'ordonnait ma mort?...

USUECK.

J'obéii'ais.

RICA

Et si quelque jour il te demande ta tête?

USKECK.

J'obéirai encore.

RICA

Dans le pays où nous sommes, Usbeck , on aurait peine à comprendre une pareille soumission.

USBECK

Ce sont des infidèles qu'il faut plaindre, car ils ne sont point éclairés par les lumières du koran ; ils ne connaissent point la voix du prophète.

RICA

J'en conviens; mais ils écoutent quelquefois celle de l'amitié.

USBECK

Crois-tu donc que j'y sois insensible? apprends que j'avais aussi des ordres poiu toi.

RICA

Grand Dieu ! que dis-tu ?

UBSECK.

Irma avait gagné l'esclave Ibrahim; elle l'avait chargé de porter ce matin une lettre à im Français, un jeune seignem' de ce pays; et quand elle lui a remis ce billet, tu étais là, tu l'as vue.

RICA

Moi!

DSBECK.

Et tu n'en as rien dit !

RICA

Étais-je donc obligé de les trahir, de les dénoncer?...

USBECK

N'était-ce pas ton devoir? n'est-ce pas celui d'un esclave? L'arrêt allait être prononcé ; grâce à mes prières il a été suspendu; et c'est d'après la manière dont tu te conduiras aujourd'hui que notre maître te fera éprouver sa justice ou sa clémence.

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