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tations ; il me semble tout aussi rationnel et bien plus prudent d'attendre la chute spontanée du clamp, surtout en l'absence de gêne et de complication. Chez mon opérée, je le rappelle, il est tombé le onzième jour de l'opération.
D, La réunion de la plaie est pour les chirurgiens anglais l’objet d’une attention spéciale, et sous ce rapport ils ont parfaitement raison. M. Spencer Wells, entre autres, insiste fortement sur la nécessité de réunir en adossant le péritoine à lui-même , suivant une surface large d’un centimètre au moins. Par cet affrontement, le travail adhésif s'établit sur une membrane séreuse, membrane par conséquent du genre de celles où les dépôts plastiques se font vite et acquièrent en peu de temps une grande solidité. Le contact entre les deux feuillets périto- | néaux peut être exact, sans lacunes ; tandis que si l’on rapprochait simplement les lèvres de la plaie, les parties différentes qui la composent pourraient laisser des interstices capables de devenir autant de foyers purulents.
Combien de temps doit-on respecter les points essentiels de la suture, qui donnent à la réunion sa résistance? J'avoue qu'avec l'expérience que j'ai des sutures, je crois avantageux de ne toucher à aucwn point avant le sixième jour. S'il s'agissait de la face, dès le deuxième jour on pourrait compter sur des adhérenees et enlever quelques fils ; si l’on opérait sur une région susceptible d’une immobilité parfaite, on pourrait se débarrasseg plus vite de tout moyen adhésif; mais n'oublions pas que nous parlons des parois abdominales , après une opération qui provoque souvent des nausées , des efforts de vomissement, et qu’une rupture de la cicatrice, abandonnée trop tôt à ellemême, pourrait en être la conséquence.
Du sixième au huilièmg ou au neuvième jour, voilà, suivant moi, le moment favorable d'enlever les sutures, non pas toutes à la fois, mais successivement, en y mettant deux ou trois jours.
Depuis plusieurs semaines, j'aurais pu faire connaitre en détail cette observation : la guérison me paraissait assurée ; pourtant je me suis abstenu, voulant laisser au temps le soin de con-
sacrer toutes mes assertions et de transformer en fait acquis à la science ce qui, à une époque antérieure, n’eût été peut-être qu’une espérance prématurée. Aujourd'hui l'épreuve est suffi sante; le résultat a toute sa valeur. à