‹ Opération sans suture, sans autoplastie dans le traitement chirurgical de la rétraction de l'aponevrose palmaireChapitre 16 sur 20 · PC AE · texte numérisé non relu

PC AE

SIP une canne, un rateau, un fouet, etc., toutes choses qu'il lui était impossible de faire auparavant,

Voici cette main : Fig. 3,

Fig. 3. — Main du malade de l’observation 3.

Opération sans suture le ?1 janvier.

tat de la main le 5 juillet 1909 (près de six mois après l'intervention).

Fi, 4. — La même, vue de profil.

He

Observation 4.

(Due à l’obligeance du D' Ferron).

X..., contrôleur à la gare de..…..., rétraction de l’aponévrose palmaire à la main gauche ; le début remonte à trois ans.

La gêne fonctionnelle a augmenté depuis six mois. Elle est accompagnée d’une douleur très vive à l’avant-bras, sur le trajet du petit palmaire.

L’auriculaire est fortement fléchi, et ne peut être redressé.

L'annulaire est fléchie à angle droit.

Le médius est moins touchée; la bandelelte aponévrotique correspondante.est cependant saillante.

Les tissus sont indurés ; la peau a perdu toute souplesse, et ne glisse plus sur les plans sous-jacents.

J'étais fort embarrassé pour opérer ce malade, et j'avais déjà songé à lui appliquer le procédé de Berger, quand j'eus la bonne fortune d'assister à la séance de la Société de Chirurgie, où mon maître Routier décrivit son procédé.

Je résolus de l’appliquer, aussitôt rentré, à mon malade.

L'opération eut lieu en juillet 1908.

Je fais une incision trop longue, oblique de bas en haut et de dedans en dehors, commençant en haut à un centimètre au-dessus du pli de flexion du pouce et finissant au-dessous du pli de flexion de l'articulation phalango-phalanginienne de l’auriculaire. La peau est indurée, et intimement confondue avec la languette aponévrotique ; la dissection est fort difficile, surtout au niveau de la phalange.

Je sectionne en travers la bandelette aponévrotique et dissèque de bas en haut la moitié supérieure. Je saisis avec une pince de Kocher la moitié inférieure et la dissèque de haut en bas, la séparant ainsi de la gaine des fléchisseurs ; ici, la dissection est très difficile.

J'ai le plus grand soin de respecter les artères collatérales, et les nerfs collatéraux.

Jai la satisfaction de voir l’auriculaire se redresser.

Je fais la même chose sur l’auriculaire, longue incision commençant en haut au pli de flexion du pouce, et finissant au même niveau que pour l’auriculaire. Excision de la bandelette aponévrotique correspondante.

Au niveau du médius, même incision, et même résection de la bandelette aponévrotique correspondante.

Je me garde bien de suturer les lèvres cutanées de ces incisions. Pansement aseptique, et attelle palmaire pour maintenir les doigts dans la rectitude,

Le malade ayant souffert, premier pansement au bout de trois jours. Pas la moindre rougeur, ni gonflement. Pansement aseptique.

Au bout de huit jours, nouveau pansement.

* Cicatrisation complète au bout de trois semaines, le résultat est parfait. L'extension au niveau de l’annulaire et du médius est normale ; au niveau de l’auriculaire, elle ne dépasse pas un angle obtus, mais très ouvert.

En outre, les douleurs de l’avant-bras, qui gênaient le malade au point d'empêcher parfois le sommeil, ont totalement disparu.

J'ai l'occasion de voir fréquemment ce malade, qui est enchanté de son opération.

Tels sont la description, les indications, et les résultats de l’opération de M. Routier.

Pour être complet, nous ajouterons que l'opération sans suture une fois faite, il faut avoir soin, en faisant le pansement, de mettre la main opérée en complète extension, de façon que la cautérisation ne se fasse pas sur une main déjà fléchie, ce qui compromettrait sûrement le résultat. Dès que la cicatrisation est obtenue (ce qui demande à peine une quinzaine de jours), la main et lesdoigts seront

mobilisés pour éviter l’ankylose qui ne manquerait pas

Page 1