CUIVRE
Les seuls producteurs de minerais de cuivre, pendant l’année, ont été les Compagnies Eustis et Nichols, de Capelton, avec une petite quantité extraite des travaux de développement de la mine Ascot, et quelques chars d'échantillons expédiés de la mine Memphrémagog. La production a été de 31,938 tonnes de 2000 livres, valant $121,170 à la mine, 250 ouvriers ayant été employés pendant toute l’année. De cette quantité, 13,152 tonnes ont été expédiées aux Etats-Unis, et le reste a été utilisé à Capelton.
La Compag * chols a travaillé seulement le puits No 1, cette année, et utilise tuut son minerai, ainsi qu’une partie de celui de la mine Eustis à sa manufacture d'acide sulfurique et de produits chimiques. Cette compagnie a aussi employé, comme essai, un peu de minerai provenant des mines Ascot et Memphrémagog, et parait disposée à essayer le minerai qui lui serait envoyé d'autres mines,
La mine Eustis a été travaillée avec le mème succès que par le passé. Cette compagnie a construit, à l'automne, un barrage sur la rivière Coaticooke, à environ 2 milles de la mine, dans le butd’utiliser le pouvoir d’eau à cet endroit, et d'en transporter la force à la mine où des machines électriques vont ètre employées en 1903.
A la mine Ascot, les travaux de développement se sont continués sous le nom de Wilfred Johnson & Co., avec une petite production de quelques centaines de tonnes de minerai de bonne teneur, dont une partie a été expédiée pour essai à Capelton.
Les mines Norton et Silver Star, ainsi que la mine King, ont été un peu développées, et il est question de les exploiter ultérieurement, et d'organiser une compagnie à cet effet.
De la mine Memphrémagog, il a été expédié quelques chars de minerais comme échantillons.
L'ancienne mine Balrath, situéesur le lot II. 4 de Melbourne, à été réouverte dans le but d'en obtenir des échantillons et d'examiner les anciens travaux, à une profondeur de 620 pieds. Il est aussi question de réouvrir l'ancienne mine Victoria, dans VIII 4, d'Ascot, ainsi qu'une mine anciennement: ouverte à Saint-Sylvestre.
Quelques prospects ont aussi été faits sur d’autres propriétés, et il a été question d'établir, dans la région de Sherbrooke, un atelier de fusion de cuivre. Si cette entreprise réussissait, elle contribuerait à la réouverture d'anciennes mines qui trouveraient ainsi un marché local pour leurs différentes variétés de minerais.
Un prospect a aussi été fait sur le lot VIII 15, de Thetford où un peu de chalcopyrite a été déjà constatée, il y a une dizaine d'années, dans une roche dioritique.
Mine de Matune—Dans mes rapports d'il y a une dizaine d'années, j'ai signalé, dans les cantons Tessier et Saint-Denis, comté de Matane, la présence de nombreux grains de cuivre natif, d’abord dans des cailloux roulés, puis dans des diorites qui forment le commencement des montagnes Chik Chaks, à 5 ou 6 milles du Saint-Laurent. Dans l'hiver de 1901-1902, des prospects furent entrepris dans cette région par M. J. E. Saucier, de Matane, et ces recherches amenèrent la découverte d’un dépôt de cuivre sulfuré, principalement de la variété bornite, ou cuivre panaché, mélangé d'un peu de chalcopyrite.
J'ai visité ces travaux au commencement de juin 1902. Ils sont situés sur le milieu du lot V 1, du canton St-Denis, à environ 5 milles du St-Laurent, mais à une douzaine de milles du village de Matane, par d’assez bons chemins, l'altitude étant d'environ 500 pieds audessus de la mer.
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J'ai constaté, dans un puits de 30 pieds de profondeur, situé sur la rive gauche, et tout près du petit ruisseau Gagnon, un semblant de veine courant N. E., avec la stratification de schistes ardoisiers paraissant se trouver au contact d’une bande de diorite. La matière de la veine est une calcite noirâtre, d’une épaisseur de 4 à 5 pieds dans laquelle le minerai de cuivre se trouve disséminé, la bornite se trouvant au centre, et la chalcopyrite près des parois. Je n’ai pas pu constater si ce dépôt offrait quelque permanence, car je n’ai pas vu d’autres affleurements de minerai sulfuré à la surface, et les travaux en profondeur dans le puits ont dû ètre abandonnés à cause de l’envahissement par l’eau du ruisseau.
A l’époque de ma visite, il avait été fait deux autres ouvertures sur la diorite, dont l’une, à quatre arpents à l’est, avait alors une douzaine de pieds de profondeur et montrait de nombreux petits filets de cuivre natif mélangé d’une matiére charbonneuse appelée antraxo lite. D'après les essais faits, le cuivre natif ne contient ni or ni argent
Depuis l’époque de ma visite, les exploitants, organisés sous le nom de The Matane Gold Copper Mining Co, ont continué régulière-
ment à travailler avec une quinzaine d'hommes. Une petite installation à vapeur, fournie par “The Jenckes Machine Co. ”, de Sherbrooke, et cemposée d’une chaudière alimentant une machine d'extraction; une pompe et des perforateurs, a permis de creuser un puits vertical de 125 pieds, situé à 250 pieds au sud du premier puits. Les exploitants prétendent être venus en contact avec la matière d'une veine semblable à celle de la surface, à 70 pieds, et à une profondeur de 115 pieds ils ont commencé des galeries pour explorer et reconnaitre la masse, On m'a montré des échantillons de bornite et chalcopyrite que l'on m'a dit proverir de ce puits, et qui sont semblables à ceux que j'ai constatés dans le premier travail de prospect : ce puits est connu comme No. 3. Le puits No. 2, qui avait été commencé sur la diorite, a été abandonné sans avoir donné d’autres indications que celles de la surface.
Parmi les indications de cuivre natif trouvées à la surface, je dois mentionner que sur la terre de M. John Harrison, on aurait trouvé un morceau de cuivre natif pesant 4 à 5livres, et dont on m'a montré une yartie séparée d'environ 1 livre. Sur la grève, près de la rivière du Petit Matane. M. Baptiste Thibault a trouvé un échantillon roulé recouvert de carbonate vert et composé de cuprite, ou oxyde rouge de cuivre (89 / de ‘cuivre) et de cuivre natif pesant une dizaine d’onces.
Je donne ri-dessous quelques analyses, faites par M. Milton L. Hersey, sur des échantillons pris par moi ou envoyés au Bureau :
CAB rss ions este: OMR; Mesa: JS Or (onces par tonne).. 0.04...... 0.08...... 0...... traces. Argent “ CN AS NI ONE | TPE DUR dire 1.06
Les trois premiers échantillons représentent là moyenne du minerai trouvé, la partie métallique étant de la bornite ; la valeur commerciale de ce minerai serait d'environ $30 par tonne.
Le dernier est un échantillon choisi, contenant 37.7 "/, de partie
métallique.
J'ai eu entre les mains d'autres certificats d'essais montrant des valeurs supérieures et même quelques-unes très considérables, mais je ne mentionne iei que ceux faits sur des échantillons identifiés par moi.
Sans préjuger de l'avenir de cette découverte, j'ai encouragé les prospecteurs à continuer leurs travaux, en cherchant à vérifier si ce dépôt de cuivre sulfuré ne se reproduisait pas à quelque distance, ve qui permettrait de supposer un dépôt ‘égulier.
La Commission Géologique d'Ottawa classe ces terrains dans la formation Cambrienne, dite de Sillery et Lévis, taudis que 15 milles au Sud, une bande Précambrienne, comprenant les monts Chik Chaks, est signalée. Il n’est pas question des roches dioritiques où se trouve le cuivre natif et qui, ce me semble, peuvent plutôt appartenir au Précambrien, ou mieux Huronien, qui se trouve ainsi beaucoup pius rapprochés du fleuve.
A la suite des découvertes précédentes, un certain nombre de permis d’explorations ont été accordés dans cette région, mais il n’y a été pratiquement fait aucune découverte nouvelle.