GITES D'IMPRÉGNATION ET DE SÉGRÉGATION
Île Portage.—C’est dans cette île que M. McKenzie lors de son premier voyage en 1903 fit les premières découvertes de minerais de cuivre à l’extrémité d’une pointe qu’on appelle aujourd’hui ‘‘Pointe du Cuivre”’.
Actuellement l’île est non seulement couverte de prospects, mais un petit camp minier y a été installé avec maisons d'habitations, magasins et laboratoire. Ce camp est situé sur la rive S.-E. de l’île, à peu près entre la Pointe Bouleau et la pointe Nord-Est . Les droits de mine sur cette île appartiennent
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en propre à la Chibougamau Gold and Asbestos Mng Co., qui en a acquis la concession. Cette compagnie entretient chaque été à son camp une petite équipe d'hommes pour développer ses propriétés tant de l'île Portage que de celles qu’elle possède dans la baie McKenzie.
Dans l’île elle-même les plus gros travaux ont été effectués sur la grosse veine de quartz aurifère. Nous les décrivons en étudiant les gîtes filoniens.
A Copper Point qui se trouve à environ % de mille au N.-E., du camp, deux excavations ont été creusées tout près du rivage dans une diabase qui passe très vite en allant vers le nord à un conglomérat dont le ciment est de même nature que la diabase précédente. Ces excavations en forme d’ellipse irrégulière ont des dimensions de 25 pieds sur 5 pieds pour la plus grande et de 15 pieds sur 5 pieds pour la plus petite. Leur profondeur est de 3 à 4 pieds. Elles sont distantes l’une de l’autre de 100 pieds environ.
C'est dans la diabase elle-même que se trouvent disséminés les éléments métalliques qui sont par ordre d'importance : la pyrothite, la pyrite de fer, la pyrite de cuivre. Ces sulfures sont accompagnées de carbonate (siderose dolomie et calcite). Le chapeau de fer présente quelques échantillons de carbonate de cuivre, et les schistes de la surface sont fortement teintés en vert. I] n’y a là ni amas compact ni filon, mais les éléments métalliques sont disséminés dans la roche d’une façon irrégulière en veinules, en taches, en poches. En quelques endroits les sulfures sont massifs, mais aucune de ces masses ne dépasse 1 pied en diamêtre. Dans l’ensemble on peut dire que c’est la roche même qui est minéralisée, La proportion de sulfures et de carbonates métalliques dépasse 50 p.c. Un triage facile à faire à la main sur la mine même permettrait d’expédier un minerai contenant 60 à 70 p.e., de sulfures. Avant tout il faudrait faire des travaux de prospection en surface pour déterminer l’importance de ce gisement.
Je n’ai pas fait d’échantillonage précis de la mine, mais pour avoir une idée de la valeur moyenne du minerai qu’on pourrait extraire des excavations déjà faites je fis prendre au hasard par deux personnes qui nous accompagnaient une quarantaine d'échantillons d’une demi livre environ dans chaque excavai:on en même temps que j'en faisais autant moi-même, prenant autant que possible ce qui me paraissait représenter la teneur moyenne. Ces échantillons furent transportés au laboratoire, broyés, mélangés et divi-és pir 2/ jus qu’au poids de 2 livres. Ces prises d’essai furent descendus à Montréal et analysés ; elles donnèrent :
Grande excavation :
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Petite excavation :
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D'autres échantillons choisis parmi les plus beaux cat donné : (1) Calcite et carbonate de cuivre
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(2) Sulfures massifs
Or traces très visibles mais impondérables.
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Ces derniers résultats portent à penser qu’il s’est produit une concentration de l’or dans les parties superficielles carbonatées et oxydées.
En s'éloignant de Copper Point et suivant la côte vers le N.-E,., les rives apparaissent très fortement minéralisées tant en sulfure qu’en oxyde magnétique. Du canot la boussole est f. Ile et indique des variations de 90° d'un point à l’autre. En certains points du rivage la roche cassée montrait des sulfures de fer en quantité considérable (50 p.c., au moins en poids).
À Calcite Bay une diabase altérée un peu serpentineuse montre une veine de calcite de 3 pieds d'épaisseur accompagnée d’une veine de quartz parallèle de 1 pied d'épaisseur. Quelques coups de mine ont été donnés et n’ont rien montré d’intéressant. La caleite est blanche, pure, sans sulfures ni couleur de carbonate de cuivre. Les épontes au contact du quartz renferment seules quelques sulfures. Une faille descendante coupe la veine de calcite dont l’affleurement disparait à l'Est.
À Hematite Point des travaux effectués dans l’été de 1908 ont mis à découvert
(1) Une veine de pyrite de fer et d’hematite, le tout mêlé à du quartz grenu dans une diabase schisteuse imprégnée elle-même de cristaux de pyrites de fer. La veine est à fleur d’eau et disparaît sous une couche de terre végétale, de sorte qu’on ne la suit que sur 6 pieds.
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(2) A 30 pieds à l'ouest de la précédente, une veine de 1 pied de large composée uniquement de pyrite de fer compacte, les épontes étant constituées par du quartz très rouillé.
L'essai pour métaux précieux n'a donné que des traces. Je signale ces veines pour l'association d’hematite et de pyrite de fer d'autant plus curieuse que c’est à l’état de magnétite que se rencontre uniquement l’oxyde de fer dans les roches voisines. 11 faudrait voir là un action réductrice des vapeurs sulfurées qui auraient transformé Fe, O, en Fe, O, lors de la venue metallifère contemporaine sans doute de la venue des gabbros.
Pyrites de fer de Paint Mountain.—Puarullèlement à la rive S.-E. de l’île Portage s'élève une chaîne de hauteurs dont la plus considérable s'appelle la montagne à la Peinture et qui renferment d’une façon constante de la pyrite de fer tantôt en grains, tantôt en masses irrégulières, tantôt en veines probablement d'interfoliation dans les schistes. Aucune de ces masses ou de ces veines n’atteint une grande dimension. Quelques coups de mine ont été donnés en divers endroits, notamment à LA mille au nord de la grosse veine de quartz ayrifère dans une dinbase massive contenant 50 p. c. de sulfures disséminés en grains. A % de mille du S.-O., du camp une tranchée a été pratiquée dans des schistes chloriteux injectés de sulfures de fer. En certains points les schistes font place à de la pyrite massive qui semble interstratifiée sous les feuillets du schiste. La direction de ces feuillets est N. N.-E., et le pendage 70°. La terre rouillée a été lavée à la batée et a montré quelques petites couleurs d’or. L’essai pour or de ces sulfures massifs n'a décelé que des traces.
On voit que les terrains de l'île Portage ont été dans leur ensemble très largement minéralisés par une veuue de sulfures métalliques qui ont injecté les roches préexistantes. Ces sulfures qui sont en général des pyrites de fer n'auraient aucun intérêt si en certains points (Copper Point) l'or qu’ils apportent avec eux et le cuivre de la chaicopyrite ne venait leur donner quelque valeur. En ce qui concerne Copper Point, étant donné la .eneur relativement faible en cuivre et métaux précieux que m’ont donné les essais il est nécessaire avant toute autre chose de développer les recherches en surface de façon à se rendre compte s’il y a là un tonnage suffisant qui permettrait de traiter avantageusement ces minerais.