N. 92. SACRIFICATEUR
La tête couverte de la toge , la coupe des libations à la main, cette statue, regardée comme un des plus parfaits modèles pour l'exécution des draperies , représente un personnage romain dans le costume de sacrificateur.
Elle était à Venise , dans le palais Giustiniani. Un
(i) Fedi il Museo Pio-Clemeotino , T, I, tav. 25. — Gli Edilori.
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Anglais l'ayant acquise et transportée à Rome pour la restaurer. Clément XIV l'acheta pour la placer au Musée (lu Vatican. La tête antique a été rapportée ^ les mains sont modernes.
Il est debout et revêtu de la toge, dont le travail est (lu même style que la draperie du sacrificateur du N. 92.
Cette statue était à Venise avec la précédente. La tête antique est rapportée^ elle a été trouvée près de Yelletri , patrie d'Auguste.
N. 94. PRÊTRESSE c'ISIS , dite la Vestale (lu Capitole.
Elle tient dans ses mains, que recouvre un voile, le vase de Feau mystérieuse qu'on portait dans les pompes ou processions de cette Déesse, cérémonies qui, à répoque du deuxième siècle, étaient célébrées dans tout l'empire romain.
Cette statue , en marbre de Paros , se voyait jadis à la Pilla d^Este à Tivoli , d'oii Benoît XIV la fit transporter au Musée du Capitole. La tête antique a été rapportée (i).
(1) jÈ" questa la celebre statua che il Bottari credeva essere una Psiche, altri una Prestale ^ e il TVinckelmaiin una Daruiide. f^eggasi di quesV ultirìio i Monura. Antichi inediti , p. 6\ , e del Bonari il Museo Capitolino , T. Ili-, p. 1^6, ediz. di Milano. — Gli Editori.
B bEL MUSEO NAPOLEONE 325
^K N. 95. JULIE , femme de Septime-Sevère.
^K Elle a sur la tête le manteau ou palla, qui ^^B descend ensuite jusqu'au-dessous des genoux j le ^B reste de son costume est le même à-peu-près que ^Bcelui de la Déesse de la pudicité. Sa tête est un ^^r portrait de Julia Pia, femme de Fempereur Septime- ^ Sévère et mère de Caracalla et de Géta.
Cette tigure, eu marbre grec, fut trouvée, vers lè milieu du siècle, à Bengaz2i, dans le golplie de Sydra, à rorieut de Tripoli: Septime-Sévère était ne dans cette province d'Afrique, La statue apportée en France, fut placée dans la Galerie de Versailles, d'oii elle a été tirée. C'est une des antiques les mieux conservées que Ton connaisse, et les draperies sont exécutées avec beaucoup de finesse e de goût (i).
N. 96. GUERRIER BLESSE , dit le Gladiateur mourant.
Les cheveux courts et hérissés, les moustaches^ le pvofd du nez et la forme des sourcils , l'espèce de coglier {torqids) qu'elle a autour du col, tout ^ dans cttte figure , concourt à y faire reconnaître un guerrier barbare ( peut-être Gaulois ou Germain ) blessé à mort et expirant en homme de courage sur le champ de bataille, qui est couvert d'armes et d'instrumens de guerre.
(1) L'autore ai'ea qualificato questa statua nel i8o3 una matrona romana: più mature considerazioni gli hau fatto conoscere che era Giulia moglie di Settimio Severo. Fedi in questo voi, al n. LV p. 22Q. — Gli Editori.
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L'opinion vulgaire, qui voit dans cette statue un f^ladiateur mourant , est sans aucun fondement positif^ et se trouve encore démentie par le peu de conformité qui existe entre cette statue et les monuraens certains qui nous restent des gladiateurs.
Cette statue est tirée du Musée du Capitole . oìi Clément XII l'avait fait placer. Autrefois elle était à la Pailla Ludovisi) où se conserve encore un groupe d'un sujet analogue à celui-ci, connu sous la fausse dénomination d'orna et Pœtus. Il est probable que ces deux morceaux de sculpture décoraient jadis à Rome un monument élevé par quelque vainqueur des Gaulois ou des Germains , tel que César ou Gcrmanicus. Le bras droit de la figure et une parile de la plinthe ont été restaurés dans le seizième siècle, (i)
N. 97. VESTALE ou MATRONE.
Une partie de l'autel qui est aux pieds de la statue étant antique , a donné le motif au sculpteur qui a restauré cette figure, de lui donner le caractère d'une Vestale j peut-être ancienncnent était-ce la statue de la déesse Piété.
{\) Il PVinckelmann nella Storia dell'Arte {T. II, p. 2o3 , ediz. di Ronia)y e ne' Monumenti ineJiti ( Tratt. prel. p. LXXI)^ aUribuendo questa statua tllo scultor Ctesilao, pensa che rappresenti , anziché un ^ladiator moribondo , un araldo o banditore ferito e moriente. Ma il Mongez nelle Memorie dell' Istitulo di Francia ( T. II) provT) evidentemente rappresentare un barbaro moribondo ; opinione adottata qui dal Visconti, e alla quale nuova luce ha dato il prof. Nibby in una dissertazione pubbli' cata in Roma nell'Effemeridi letterarie^ Fascìcolo VII, oprile, 1821. — Gli Editori.
Cette statue . fio marbre de Paros , est tirée de Versailles, dont clic dccorait la Galene. Les restaurations ont été exécutées par Girardon (i).
N. 98. ANTINOUS, dit l'A?îti>'ou> du Capitole.
Antinous, ce jeune et aimable bitbjnien auquel la reconnaissance d'Adrien éleva un si grand nombre de monumens , se trouve représenté dans celui-ci, ayant à peine atteint l'âge de la puberté. Il est nu ; sa pose et la forme de ses cheveux ont quelque rapport avec celles de Mercure dont probablement il portait le caducée dans la main droite. Malgré l'extrême jeunesse d'Antinous dans g cette statue , on voit empreint dans son regard et dans sa tête penchée vers la terre , ce fond de tristesse mélancolique à laquelle on distingue tous ses portraits, et qui lui a fait appliquer ce vers de Virgile sur Marcellus ( JEn. VI , 863 ) :
Sed fions lacta parum, et dfjecto lumina vultu.
(i) Si neW edizione del 1800 , che in quella dei i8o3 avea il J^isconli detto che la tête de cette figure et fautel qui raccompagne étant modernes, il y a lieu de douter qu'elle représente une Vestale ; peut-être anciennement était-ce le portrait d'une matrone. NelV edizione che abbiam adottata^ posteriore all' anzidette ^ afferma che una parte deW ara a pie della statua e antica , e inclina a credervi rappresentata la Pietà : ma neW edizione 181 7 riconobbe che molte parli erano effettivamente moderne , ed aggiugne : maintenant qu'on l'a débarassée de cet accessoire, elle u^offre d'autre caractère que celui de la déesse de la Pudicité (Pudicitia). Quest'ultima opinione fu abbracciata anche dal conte De Clarac , dal quale sappiam che la statua trovasi eziandio pubblicata né Monumens du Musée , T. IV, pi. 3. — Gli Editori.
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Cette belle figure , eu marbre de Luni , vient du Musée du Capitole , où elle avait passé après avoir fait partie de la collection du cardinal Alexandre Albani. L'avaut-bras et la jambe gauche sont modernes (i).
N. 99. VÉNUS au bain.
Polycharme , sculpteur grec , est connu pour avoir fait une Ve'nus au bain, qui se voyait à Rome au tems de Pline ( H. N. XXXV, 5 ) : la conformité du sujet traité dans cette jfigure pourrait faire conjecturer que c'est une répétition antique de cet original.
Cette jolie figure, de marbre de Paros, est tirée de l'ancienne Salle des Antiques du Loun'e (2).
N. 100. FAUNE, dit le FAu:?rE a la tache.
Buste.
La sculpture antique n'offre rien ni de plus gracieux ni de plus fin que ce buste d\m jeune Faune riant, connu par les artistes sous la dénomination de Faune à la tache; dénomination due à une légère teinte métallique dont la joue et l'épaule droite sont marquées. Une grande correction et un fini très-précieux sont réunis, dans cet étonnant ouvrage, à la touche la plus moelleuse et à l'expression la plus ingénue. Les oreilles du Faune sont pointues, les cheveux courts, et un mamelon
(i) Questa elegantissima statua vedesi incisa nel Museo Capitolino , T. Ili , tavola 5& , edizione di^Milano. — Gli Editori.
(2) Vedi in questo volume al n. XVllI ^ pag, 69. — Gli Editori.
semblable à ceux des chèvres se détache du coi au-dessous du menton.
Ce buste, d'un marbre statuaire distingué par la finesse de soa grain , est un peu plus petit que nature. Il était admiré à Rome paiiui les Antiques de la F'illa Albani.
N. 101. PALÉMOIV. Buste.
Le diadème bachique et la dépouille d'un cetacee, qui forment la coift'ure de cette tête, paraissent Fattribuer à Mélicerte , cousin de Bacchus , et devenu un dieu de la mer, vénéré par les Grecs sous le nom de Palémon, et par les Romains sous celui de Portumne (i).
N. 102. FAUNE. Buste en bronze.
La tête et la chevelure de ce Faune sont exécutées avec finesse et avec goût. C'est un des beaux ouvrages en bronze qui nous restent de l'antiquité.
Il était placé dans la galerie de la Filla Albani.
N. io3. JEUNE HOMME avec diadème.
Buste en bronze.
Des têtes pareilles à celle-ci se trouvent gravées sur les médailles des Rois de Macédoine. On y peut envisager Mercure ; son hermès , décrit au N. 80 , offîe des traits analogues j et le bandeau
(i) Intorno a questo busto veggansi le datte Osservazioni esposte in questo vol. al n. XXXI, p. n5. — Gli Editori.
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qui ceint sa courte cliovelure , était souvent uii ornement des athlètes vainqueurs. Ce Dieu passait pour rinventctir de la gymnastique.
Ce buste en bronze était placé à la Filla Albani , comme le pendant du N.° précédent. On l'attribuait à l'un des Ptolemées.
N. io4. JEUNE FILLE ROMAINE.
Celte statue paraît être le portrait d'une jeune fille avec le costume et la coiffure qui étaient en usage dans les beaux tems de l'Empire romain. ' Ce bel ouvrage j dont la draperie est tres-soignée et dont la tète présente un portrait , était vraisemblablement placé dans quelque temple comme une image votive ; ou il ornait la maison paternelle de la personne qu'il représentait (i).
N. io5. TIBÈRE. Statue.
11 est revêtu de la toge romaine, et tient dans sa main gauche le sceptre ou sciplon des empereurs et des triomphateurs. L'exécution de la draperie est admirable par le goût, par la finesse et par la hardiesse du travail.
Cette statue vient du Vatican. Elle avait été trouvée dans l'île de Capri , séjour favori du successeur d'Auguste^ la tête, qui est d'une parfaite ressemblance avec
(c) f^. in c/neMo volume al n. LVIH^ p. 233, con quanto sapere e buon gusto abbia dato Cantore a questo primo suo pensiero quello sviluppo maggiore di cui era capevo^ ie. — Gli Eiìitori.
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les portraits de Tibère, est antique, quoiquà la vérité clic remplace celle qui manquait à la statue, mais qui probablement n'offrait pas un autre portrait
N. io6. SEPTIME-SÉVÈRE. lîuste.
Ce beau buste, dans le même costume que celui du même jmnce, décrit au N. 34, le surpasse par le mérite de Tart comme par la conservation.
N. 107. FRAGMENT d'une statue d'HERcuLE, dite le ToHSE de Belvedere.
Ce reste admirable d'une figure assise , quoique privé par le tems , de la tête, des bras et des jambes , paraît avoir appartenu à une statue qui représentait Hercule devenu immortel.
La peau de lion jetée sur le rocher qui lui sert de siège, le grand caractère de ses membres, ne laissent aucun doute sur le véritable sujet de cette statue. On a observé que le sculpteur n'a marqué aucune veine sur le corps du héros , quoiqu'il ne soit pas représenté dans sa première jeunesse , et quoique ses muscles, fortement prononcés, paraissent exclure cette rondeur de formes qui seule peut exiger la suppression des veines. Winckeluiann a été d'avis, que l'on a voulu indiquer par-là Tapoihéose d'Hercule qui vient d'être changé en Dieu sur le mont Oeta.
Quand on examine avec attention ce fragment incomparable, on voit, par plusieurs indices, que la figure d'Alcide faisait groupe avec une autre figure placée à sa gauche. La fable de l'apothéose
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d'Hercule nous rappelle Hébe' , la déesse de la Jeunesse, que le nouveau dieu vient d'obtenir pour son épouse. Un sculpteur anglais j M. Flaxaiann, a tenté de restaurer j dans ce sens , la copie du Torse , et son essai a été couronné d'un succès complet.
Cette sculpture, en marbre pentélique, présente sur le rocher l'inscription grecque suivante , qui nous en découvre l'auteur:
AnOAAaiNI02 NE2T0P02 A0HNAIO2 ^
EnOIEI
C'est-à-dire, JpoUonius, /ils de Nestor , othénien , la faisait.
La forme de l'oo nous renvoie tout au plus aux derniers tems de la république romaine 5 et s'il est vrai, comme on l'assure, que ce précieux fragment a été découvert à Rome, vers la fin du xv siècle , près du théâtre de Pompée , aujourd'hui Campo eli Fiore, il parait très-probable que c'était justement à l'époque de Pompée , que cet artiste athénien florissait.
Jules II avait fait placer ce fragment au jardin du Vatican, ainsi que PApollon et le Laocoou: il y a servi long-tems aux éludes des grands hommes à qui l'on doit le perfectionnement des beaux-arts , tels que les Michel-Ange , les Raphaël, les Carrache. Les artistes l'ont toujours connu sous le nom vulgaire du Torse
de Belvedere. 11 u'*existc pas da sculpture antique ej^écutóe dans un plus grand style (i).
SALLE DU LJOCOON
y. Io8. JASON , dit ClNCINNATUS.
Le noni de Cincinnatus, donné long-tems à cette .statue y ne convenait ni à la jeunesse du héros représenté, ni à sa nudité mythologique j on s'accorde à présent h j reconnaître Jason. Ce héros qui pour calmer les soupçons de Péli as, son oncle roi de Thessalie, s'était adonné h la vie agricole, labourait son champ , lorsqu'un messager du roi vint l'inviter à un sacrifice solennel qu'on célébrait en l'honneur de Neptune. Jason vient de quitter son occupation indiquée par le soc de charrue qu'on voit à ses pieds: il est dans l'action de nouer sa chaussure sur son pied droit , mais on voit qu'il s'entretient avec le messager- sa surprise est peinte sur sa physionomie 5 il paraît distrait. On devinerait presque que l'autre pied demeurera nu , et que le héros va offrir aux regards de Pélias cet homme à une seule sandale ^ désigné par Toracle comme devant être son meurtier. Ainsi cette figure présente l'intérêt d'un groupe j et , quoique seule , rappelle un trait d'histoire tout entier.
(i) Su questo Torso celehraiissimo oltre le osservazioni fatte dal TVinckelniann ( Stor. dell'Arte, Uh. X, e. 3) e dal pittar Mengs {Op. T. I ^ p. 2o4 ) , t^eggasi il nostro autore nel Museo Pio-Clemeutiuo, T. II ^ tav. io. — Gli Editori.
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Le statuaire qui a suivi dans cet ouvrage le récit de Phérécydfi , s'est servi de la pose nol)le et simple de cette îigure, pour développer la beauté des épaules et du dos. Le style de cette sculpture tient <]uel(|ue chose du Gladiateur cotnbattant.
Cette statue, de marbre pentélique, a décoré longlems les appartemens de Vei'sallles , et plus ancieanement elle se voyait à Rome, à la J^illa Montalto ou Negroni. Il en existe des répétitions antiques , toutes ou plus petites ou moins conservées. Le bras gauche, la main et une partie de la Jambe droite sont modernes. Le soc de charrue , les pieds , la chaussure et tout ce qui tient à la plinthe et au rocher sont antiques. Mais cette plinthe antique ayant été scellée dans une autre moderne, a donné sujet à plusiem's équivoques (i).