N. III. LAOCOON
Fils de Priam et prêtre d'Apollon , Laocoon , par amour pour sa patrie, s'était fortement opposé à l'entrée dans Troie du cheval de bois qui renfermait les Grecs armés pour sa ruine ] pour dessiller les yeux de ses concitoyens , il avait même osé lancer un dard contre la fatale machine ; irrités de
(1) P^eggasi una più ampia esposizione di guest' ernèe e del susseguente, n. no, «eZ Museo Pio-Clem. fo/. f^I, Ui\'. IO. - GU Editori,
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sa téraerité , les Dieux ennemis de Troie résolurent de Tcn punir. Un jour que sur le rivage de la nie:-, Laocoon, couronné de laurier, sacrifiait â Nejîtune , deux énormes serpens sortis des Ilots s'élancent tout- à-coup sur lui et sur ses deux enfans qui raccompagnaient h l'autel: en vain il lutte contre ces monstres- ils l'enveloppent, se replient autour de son corps , enlacent ses membres , les serrent dans leurs nœuds , et les déchirent de leurs dents venimeuses: malgré les efforts qu'il fait pour se dégager, ce père infortuné, victime déplorable d'une iîijuste vengeance , tombe avec ses fils sur l'autel même du Dieu; et tournant vers le ciel des regards douloureux, il expire dans les plus cruelles angoisses.
Tel est le pathétique sujet de cet admirable groupe, l'iui des plus parfaits ouvrages qu'ait produits le ciseau ; chef-d'œuvre à-la-fois de composition, de dessin, de sentiment, et dont tout commentaire ne pourrait qu'affaiblir l'impression.
Il a été trouvé en i5o6, sous le pontificat de Jules II , à Rome , sur le mont Esquilin , dans les ruines du palais de Titus, contigu à ses thermes. Pline, qui en parle avec admiration {//. N. XXXVI, 5), Pavait vu dans ce même endi-oit. C'est à cet écrivain que nous devons la connaissance des trois habiles sculpteurs rhodiens qui l'ont exécuté^ ils s'appelaient Agésaudre, Polydore et Athcnodore. Agésandre était probablement le père des deux autres^ ils florissaient au premier siècle de l'ère vulgaire. Le groupe est composé de cinq blocs si artistement réunis , que Pline l'a cru d'un seul. Le bras droit du père et deux bras des enfans manquent^ sans doute un jour on les exécutera en marbre : mais provisoirement ou les a suppléés par des bras moulés sur le
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groupe en plâti'c , restauré par Girardou , qui se voit daus la Salle de l'Ecole de peinture (i).
N. ÏI2. AMAZONE. i
Suivant la fable , les Amazones étaient des femmes guerrières qui s'étaient établies dans l'Asie mineure, sur les bords du Thermodon. Celle-ci, dont les traits et la taille répondent parfaitement aux habitudes viriles qu'on leur supposait , est vêtue d'une tunique très-fine qui , laissant à découvert le sein gauche, est retroussée sur les hanches. Elle est dans l'action de détendre un grand arc dont elle tenait le bout supérieur de la main droite , et l'inférieur de la main gauche • attitude très-propre h développer avec avantage les belles formes de l'héroine. Le carquois fermé est suspendu à son flanc : elle a déposé ses armes , la pelta lunata ou petit bouclier en forme de croissant, ainsi que la hache à deux tranchans , bipennis ; son casque est jeté près de son pied gauche, sur lequel on observe la boucle et la courroie qui servaient à y attacher l'éperon. Cette statue exprime vraisemblablement une des Amazones, qui vaincues par Bacchus, avaient cherché un asile dans le temple de Diane d'Ephèse.
Cette belle figure, en marbre de Paros, se voyait depuis deux siècles à la. Pailla 3Iattei , sur le mont Cœlius à Rome, lorsque Clément XIV la fit placer au Musée du Vatican. Sur le plan horizontal de la plinthe on
(i) Fedi nel Museo Pio-Clem. vol. II , tav. Sg^ e
questo volume al n. XXXFI , pag. ïSy. — Gli Editori.
Viso, Op, var. T. IV. a2
in
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lit , TRAUSLATA ITE SCUOLA MEDICORVM ^ inscription qul
nous apprend que cette statue , placée d'abord dans le portique bâti par Auguste pour les m(';lecins, avait été, du tems de ses successeurs, transportée ailleurs^ mais comme on ignoi'e l'endroit oii elle a été découverte, il est difficile de deviner celui oii eli.: fut placée en second lieu (i).
N. ii3. DIEU MA.RIN, dit l'Océan.
Cet hermès colossal ornait autrefois l'une de ces maison de plaisance que les Romains avaient bâties sur les côtes du golfe de Naples. Les peaux ou membranes de poisson qui en couvrent les joues, les sourcils et la poitrine; les daupbins qui sortent de sa barbe ondulée ; les flots qui sont figurés sur les côtés de Thermes, tout concourt à y faire reconnaître Tun de ces dieux dont la mythologie grecque a^'ait peuplé la mer. Les pampres dont il est couronné font allusion peut-être à la fertilité des coteaux qui bordent ce golfe délicieux , et les cornes aux tremblemens de terre que les anciens attribuaient à la mer et à ses divinités. Le nom d'Océan , sous lequel cette tête est connue , pourrait aussi lui convenir ; mais celui de Dieu marin, ou Triton, paraît préférable , l'Océan n'étant pas ordinairement représenté sous des formes aussi monstrueuses.
Cet hermès, en mai'bre de Paros, a été découvert, il y a 3o ans , aux environs de Pozzuoli , dans le golfe
(i) Fedi nel Museo Pio-Clem. vol. II , tav. 38 , c in questo volume al n. XXXJIf pag. 117. — Gii Editori.
DEL MUSEO NAPOLEONE 3Sg
de Naples. Le peintre écossais Hamilton en ayant fait l'acquisition, le céda à Clément XIV pour le Musée du Vatican (i).