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Opinion

Il est impossible de mettre en doute, qu’une des pensées les plus constantes du Gouvernement , ne doive être la grande question de renouer les liens qui unissaient à la France sa plus belle colonie , je dois même ajouter / la plus belle colonie du monde ; mais si nous' devons avec confiance croire que nous rendre Saint-Domingue et ses trésors, est dans la haute politique , aussi bien que dans le premier ,

intérêt de la métropole , il est peut-être des

Moyens d’arriver à ce but, que la sagesse et la prudence du Gouvernement se réservent à elles seules 4e connaître et d'employer; respectons-les , mais que ces débats n’empêchent pas de secourir nos frères exilés et malheureux, les propriétaires de Saint-Domingue , dont nos dogmes et nos principes révolutionnaires ont causé la ruine, et qui sont revenus chercher uir asyle dans la mère patrie.

Je n’entrerai pas dans les discussions politiques , elles conduiraient peut-être trop loin; je neveux > Messieurs, que vous représenter la position déplorable dé plus de cinq mille colons qui, en 'attendant un avenir plus heureux que leur promet sans doute la puissance et la justice de leur Roi légitime, sont sans secours , sans domicile, privés de leurs propriétés, et n’ayant de leurs anciennes richesses que le souvenir qui leur rend encore plus douloureuse leur misère actuelle !

900,000 francs sont alloués cOtte année

dans le budget de l’État pour les colons de

Saint-Domingue et des autres colonies. Celte

somme est d une insuffisance notoire , au moins en ce qui regarde les colons de Saint- Domingue , qui sont au nombre d’environ cinq mille pour assurer, je ne dis pas même leur existence, mais seulement leurs premiers

besoins. En effet, Messieurs, le maximum des secours est de 600 fr. par an; voila ce que

reçoit le propriétaire riche autrefois de 3 sr 4oo,ooo fr. de revenu ; cette somme de 900,000 f. est la même qui fut alouée par une loi du 1 1 brumaire an 7, et à cette époque une grande partie des propriétaires de Saint-Domingue était restée sur leurs habitations ; les nouveaux désastres de cette colonie les ont forcés de rentrer en France , mais ils y sont rentrés avec leurs familles , sans aucun moyen d’existence , fuyant l’incendie , la mort qui avait déjà fait autour deux d’affreux ravages ; leur nombre s’est accru depuis , de la rentrée en France de tous les colons employés dans les pays conquis, de ceux résidant dans les États-Unis d Amérique et dans les colonies étrangères, auxquels le Gouvernement a procuré les moyens de retour. Beaucoup de colons , qui avaient conservé quelques moyens d’existence , n’avaient pas voulu se mettre en ligne pour demander des secours : aujourd’hui ils en réclament, ayant épuisé leurs faibles ressources particulières , et n’en peuvent obtenir 1 malgré la légitimité de leurs droits , faute de fonds; cinq mille deux cent soixantedix colons ayant fourni la triste preuve de leur ruine eomplette , et de l’absence absolue de

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Ximes princes, que Font été nos devanciers soug ses gouvernemens éphémères qui ont existé^ .280,000 fr. qu’il faudrait voter de plus. Seronsnous moins justes envers nosfrères des colonies que ne Fa été le gouvernement anglais pour eux? Lorsque le sort des armes lui livra temporairement la partie de Fouest de Saint-Domingue , depuis 1790 jusqu’en 1793, ses agens avaient perçu, pour le compte de l’armée anglaise , les tonds provenant des revenus d’habitations abandonnées par les propriétaires. Ces perception^ auraient peut-être pu passer comme le résultat de la nécessité de la rigueur des temps , et autres allégations de la fiscalité et de la mauvaise loi ; non , Messieurs , tous les propriétaires , dont les revenus ont été ainsi fournis , ont été invités à présenter leurs litres de créance, et on J tous été remboursés intégralement.

Messieurs, si nous devons établir une jus'e économie dans nos dépenses, nous devons aussi ne rien spéculer sur ejes infortunes dont les folies de la métropole ont été les principales causes. La loi de 1790 donna la liberté aux nègres. Du sait comment ils en usèrent, 011 peut ca — cuier, d’un coup d’œil, la perte matérielle qui ept icsultée de ce fameux décret de 1790, contre les malheureux colons ; cinq cent mille

nègres à peu près étaient sur leurs habitations, ils revenaient environ à 1,000 fr. chacun, ce qui porte celte perte à plus de 5oo,obo,ooo fr. On pourrait estimer également la valeur des habitations et de leur matériel, à peu près à 58o,ooo,ooo fr. , autant qu’on peut évaluer d’aussi grandes masses d’intérêts. Voila 1 milliard 80 millions, que notre décret de 1795 a fait perdre à nos frères de Saint-Domingue. . . . lis demandent , pour dédommagement , de quoi subsister; -pourrons-nous le leur refuser!. . . J’interroge votre justice, votre loyauté et votre bienfaisance, en attendant que le mystère de la politique s’éclaircisse assez pour rendre aux Français de Saint-Domingue, ce qui leur appartient clans cette belle colonie; je demande, en attendant , que le secours accorde aux colons soit porté de 900,000 f. à 1 ,200,000 f. Et en ceci, je me réunis à la demande exprimée par mes deux collègues MM. de Villevêque et Casfelbajac, et j’appuie cet amender

meut. * ‘

iUutüART, Imprimeur de la ramure — {

Cœur, 11* 8.'— (S, 18*0.) /

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