‹ Optique géométrique élémentaire: focométrie, optométrieChapitre 150 sur 199 · Pupille; pupillomètres · texte numérisé non relu

Pupille; pupillomètres

i°. — L'iris sert de diaphragme pour l'œil. La volonté n'a pas d'action sur lui; mais on peut rétrécir ou dilater la pupille par des médicaments; la belladone, par exemple, la dilate. Elle se dilate quand l'objet est éloigné ou que la lumière est faible. Quand on regarde dans le vide (extase), on s'accommode sur l'infini : 1» pupille se dilate. Les mouvements de la pupille sont relativement lents; d'où l'expérience suivante : on laisse le patient dans l'obscurité; brusquement on produit une lurtiière intense : on constate que la pupille est dilatée. Elle se rétrécit en. un temps qui varie de 0%5 à 2 secondes.

2°. — La dilatation de la pupille servant de diagnostic à certaines maladies du cerveau et de la moelle, les médecins ont inventé des pupillomètres. Dans les services médicaux complets, on photographie l'œil; on mesure le diamètre apparent de la pupille sur le cliché. On utilise, par exemple, un éclair de magnésium; l'œil étant mis d'abord dans l'obscurité, la pupille n'a pas le temps de s'agrandir pendant la durée de la pose, qui est de 4 à 5 centièmes de seconde si l'on utilise de la poudre de magnésium.

L'image de la pupille est très nette, au moins si l'iris n'est pas de couleur très foncée.

On peut utiliser une glace sans tain à 45° qui permet de voir simultanément l'œil du patient (directement) et une échelle gravée sur verre (par réflexion). L'image de l'échelle se projette sur l'œil

absolument comme si on appliquait contre la cornée une échelle transparente matérielle.

3°. — Grandeur apparente , gran- DEUR RÉELLE.

La grandeur apparente de la pupille, celle qu'on mesure dans les expériences précédentes, varie de 2 à 8 mm.; elle ne dépasse guère cette

limite. Je rappelle que la pupille des chats change non seulement

de grandeur, mais de forme.

Fig. 196.

Les premiers qui disséquèrent un œil, découvrirent avec étonnement que la pupille est plus petite qu'elle ne paraît à travers la cornée. En effet, nous en voyons l'image P', plus grande et plus rapprochée de la cornée.

Prenons 8 mm. pour courbure moyenne du dioptre cornéen; prenons 1,33 pour indice de l'humeur aqueuse.

Les distances focales sont :

dans l'air 24 mm. environ, dans l'humeur aqueuse > 32 mm.

La relation entre l'image et l'objet est :"

Prenons/? =4 mm. ; nous trouvons : //*= — 3,4 mm. Le grossissement est :

On supprime la déformation cornéenne en observant l'œil d'un cadavre sous une couche d'eau. L'expérience est possible avec le vivant, au moyen d'une cuve dont une glace forme la paroi anté-' rieure, dont l'œil forme la paroi postérieure. On la mastique avec de la mie de pain; on la remplit d'eau à 25°. Le patient ouvre l'œil quand la cuve est pleine. Tout le monde sait que les plongeurs peuvent sans inconvénient tenir leurs yeux ouverts dans l'eau.

4°. — Emploi des cercles de diffusion pour mesurer le diamètre

DE LA PUPÏLLE.

Fig. 107.

On mesure le diamètre de ses propres pupilles par une^ expérience dont la figure 197 montre la théorie; le lecteur se reportera au § 180 pour le calcul complet.

La lentille L donne de l'infini une image dans le plan XX. , Peux points lumineux A et B ont leurs images en A' et B'. \

Dans le plan XX conjugué de l'infini leurs cercles de diffusion ne se coupent pas, sont tangents, ou se coupent, suivant que la distance AB est plus grande que l'ouverture de la lentille, égale à cette ouverture ou plus petite qu'elle.

Pour appliquer à l'œil, on l'accommode sur l'infini; puis on place devant et tout près deux très- petits trous percés dans du papier noir : ils servent de points lumineux. On cherche l'écartement à leur donner pour que les cercles de diffusion soient tangents. Il est commode d'employer neuf paires de trous dont les distances sont de 2 à 6 mm., et de regarder, par exemple, des nuages blancs. La distance des trous à l'œil n'intervient pas. On comparera à l'expérience de Scheiner (§ 184) où les trous servent à limiter les faisceaux, tandis qu'ici ils jouent le rôle de sources lumineuses. N

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