PREMIÈRE PARTIE
— ÎHOI'THIQUE DE L'OEIL.
§ 15. — Des phénomènes cntoptlques.
La lumière qui pénètre dans l'œil peut rendre visibles, dans certaines circonstances, divers objets contenus dans cet organe. Ces perceptions sont dites entoptiqaes. — Dans les circonstances ordinaires, les corpuscules obscurs qui sont en suspension dans le corps vitré ou dans le cristallin et l'humeur aqueuse ne projettent pas d'ombre visible, et, pour ce motif, ils passent inaperçus. La raison en est que, le plus soui vent, toutes les parties de la pupille laissent passer des quantités égales de lumière, et que, par suite, la pupille entière nous représente un^ surface lumineuse qui éclaire la partie postérieure de l'œil. Mais on saii que, lorsque la lumière provient d'une surface très-étendue, les objetî de grande dimension, ou ceux qui sont trôs-rapprochés de la surfact qui reçoit l'ombre, sont les seuls qui projettent des ombres sensibles
Il existe assurément dans l'œil des objets, tels que les vaisseaux d la rétine, qui sont situés très-près de la surface sensible à la lumière et qui, par suite, projettent toujours de l'ombre sur les parties de 1î rétine au devant desquelles ils sont placés. Mais précisément parce qui les parties de la rétine qui sont en arrière des vaisseaux sont toujour! dans l'ombre, que c'est leur état normal, cette ombre n'est perçue qui dans des conditions particulières, que nous étudierons par la suite.
Il en est de même pour la circulation du sang.
I. — Je vais m'occuper d'abord des petits corps opaques contenu dans les milieux transparents de l'œil. — Pour les percevoir, il fau faire pénétrer dans l'œil la lumière provenant d'un très-petit point lumi neux situé très-près de cet organe. A cet effet, on peut approcher d l'œil, soit l'image d'une lumière éloignée, qui se forme au foyer d'un
petite lentille convergente, soit ut petit bouton métallique bien poli qui reçoit la lumière du soleil 01 celle d'une lampe, soit enfin ui écran de papier foncé qui laiss passer la lumière à travers un très-petite ouverture. La disposi tion la plus convenable consiste ; employer une lentille convergent de grande ouverture et de petite distance focale a (fig. 68) ; en avan de cette lentille et à quelque distance, on dispose une lumière b, don
s t5> DLS PHÉNOMÈNES ËNTOPTIQUES. 205
la lentille donne en son foyer une image diminuée; puis on place un écran foncé et opaque c, percé d'une petite ouverture, de telle sorte que l'image de la lumière vienne se former sur cette ouverture, qui laisse alors échapper un large cône de rayons divergents. En se rapprochant beaucoup de l'ouverture, l'œil o voit alors, à travers celle-ci, la surface large et uniformément éclairée de la lentille, sur laquelle se représentent avec une grande netteté les objets entoptiques en question.
Si, comme dans la figure 69, le point éclairant a est entre l'œil et son foyer antérieur /, les milieux de l'œil donnent, en avant de cet organe et au delà de «, une image « de ce point, et les rayons traversent le corps vitré suivant des directions qui divergent à partir de a. Dans ces conditions, un corps opaque ô, situé dans le corps vitré, projette sur la rétine une ombre (3 plus grande que ce corps.
FlG. 69. Fie. 70.
Si (fig. 70) le point éclairant a se trouve au foyer antérieur de l'œil, les rayons qui partent de a sont parallèles clans le corps vitré, et un corpuscule b, qui y est situé, projette une ombre (3 d'une grandeur égale à la sienne.
Si, enfin, le point éclairant est situé au delà du foyer antérieur f (fig. 71), l'image de a vient se former en arrière de l'œil, en a; les rayons convergent dans le corps vitré vers a, et l'ombre (3 de b est plus petite que b.
Fig. 71.
On remarque que, conformément à ces explications, les objets vus entoptiquement paraissent grandir lorsqu'on rapproche l'œil du point éclairant, et diminuer lorsqu'on l'en éloigne.
La partie de la rétine éclairée dans ces expériences, est le cercle de
'20(i {iSO) PREMIÉIIE PARTIE. — DIOPTRIQUE DE L'OEIL. §15. diffusion du point lumineux. C'est sur ce cercle que se projettent les ombres des objets vus entoptiquement. Ces ombres sont suffisamment nettes pour qu'on puisse passablement bien reconnaître la forme des objets, lorsque la source lumineuse est suffisamment petite, mais elles ne forment jamais des images complètement nettes, parce que la lumière ne provient jamais d'un point, mais bien d'une surface éclairante, et que, quelque petite que soit cette surface, ses dimensions sont toujours appréciables. L'image que les milieux de l'œil donnent de cette surface est la source lumineuse qui projette les ombres sur la rétine, et cette source lumineuse conserve forcément toujours une certaine étendue. Tandis que des points lumineux projetteraient des ombres nettement dessinées, des sources plus étendues donnent des ombres entourées d'une pénombre graduée, qui finit par se confondre avec la surface éclairée, de manière à estomper tous les contours. C'est pour ce motif que les apparitions entoptiques sont en général d'autant plus nettement dessinées que l'ouverture par laquelle passe la lumière est plus étroite, et qu'en outre, le corps qui projette l'ombre est plus rapproché de la rétine. Mais il faut naturellement, avec une petite ouverture, employer pour l'éclairage une lumière plus intense. De plus, avec les ouvertures très-étroites, apparaît un autre phénomène qui nuit à la netteté du dessin : il se produit, par l'action du bord opaque, des franges de diffraction sous forme de lignes alternativement claires et obscures qui suivent les contours de l'ombre. De semblables franges de diffraction se présentent partout où des sources lumineuses sans dimensions appréciables et suffisamment intenses viennent à projeter des ombres. Avec les sources lumineuses ordinaires, d'une étendue assez grande, ces franges disparaissent dans la pénombre.
Si l'œil ou si le point lumineux change de position, les ombres des corps qui sont à des distances différentes de la rétine se déplacent de quantités différentes, et viennent, par suite, prendre des positions rela^ tives différentes de celles qu'elles avaient d'abord. On peut, comme Listing l'a fait voir, se servir de cette circonstance pour déterminei approximativement dans l'œil la position des corpuscules qui projettenl l'ombre. — Le champ visuel entoptique est limité par l'ombre circulaire de l'iris. Si nous fixons l'un après l'autre différents points de ce champi les ombres de tous les corps qui ne sont pas dans le plan de la pupille se déplacent par rapport à la limite circulaire du champ visuel. Ce mouvement des ombres dans le champ visuel entoptique, est ce que Listing appelle la parallaxe entoptique relative; il la nomme positive lorsque l'ombre se déplace dans le môme sens que le point de visée, négative quand elle se déplace dans le sens opposé. La parallaxe entop-
t ) DES PHÉNOMÈNES ENTOPTIQUKS. W 207
ique relative est nulle pour les objets situés dans le plan de la pupille, losjtive pour ceux situés plus en arriére, négative pour ceux situés plus a uwint. Pour les objets très-voisins de la rétine, le déplacement des i libres est presque aussi considérable que celui du point de visée ; de orte qu'elles accompagnent le point de visée dans tous ses mouveuents, à moins que les corps qui les produisent ne viennent à être au tés de la ligne visuelle par des mouvements réels dans le liquide u corps vitré.
Les ombres sur la rétine sont placées dans le même sens que les erps dont elles proviennent, mais comme ce qui est en haut sur la étine parait en bas dans le champ visuel, les objets vus entoptiquement pparaissent renversés.
Voici quels sont les objets qu'on peut percevoir entoptiquement :
1) Le champ lumineux est limité par l'ombre de l'iris ; il est donc à )eu près circulaire, comme la pupille. Si le bord pupillaire de l'iris >résente des entailles, des plis ou des proéminences, comme cela arrive lans bien des yeux, on reconnaît aussi ces accidents clans l'image ■ntoptique. — On peut observer entoptiquement l'élargissement et le étrécissement de la pupille : c'est surtout facile en couvrant et découlant alternativement l'autre œil avec la main : dès que la lumière jénètre dans cet œil, les pupilles des deux côtés se resserrent, et ce étrécissement est facile à voir dans l'image entoptique.
2) Les humeurs qui recouvrent la cornée (larmes, sécrétion des glandes palpébrales) , produisent souvent dans le champ de vision enoptique des stries, des nuages lumineux, les places claires, des cercles analogues i des gouttes dont le milieu est brillant, apparitions qui, toutes, s'effacent et se modifient rapidement par le battement lies paupières. La figure 72 représente des objets de ce genre (1) . Ils sont le plus souvent dans un état de variation rapide et possèdent un mouvement propre de haut en bas. Les stries sont accentuées j?ia; 72> surtout très-près du bord des paupières,
lorsqu'on les rapproche au devant de la pupille ; elles sont l'expresision de la couche de liquide capillaire concave qui joint la cornée
(1) Les figure» 72, 73, 7û, 75, 76, 77, dont l'exécution laisse à désirer, sont répétée» pl. V.
208 (152) PREMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQUE DE L'ŒIL. § j
au bord des paupières. Les gouttes proviennent sans doute de l'ac cumulàtion capillaire de la couche humide autour de mucosités, au tour de particules de poussière, etc. La partie éclairée au centre de gouttes forme souvent une image imparfaite de la source lumineuse elle est, par exemple, triangulaire, si la lumière arrive dans l'œil e: traversant une ouverture triangulaire. Cette image de la source lu mi neuse paraît droite dans le champ visuel entoptique ; elle est nccessai rement, renversée sur la rétine. Les accumulations d'humeurs sur l cornée forment ici de petites lentilles convexes, qui projettent derrièi elles des images renversées des objets extérieurs. Le mouvement d haut en bas que possèdent tous ces objets dans le champ visuel correi pond à un mouvement réel de bas en haut, qui provient sans doute <3 ce que la paupière supérieure, en se relevant, entraîne avec elle le mucosités visqueuses.
3) La surface antérieure de la cornée, devenue rugueuse après qu'o
a, pendant quelque temps, pressé ou frotl l'œil par l'intermédiaire de la paupièr< On voit des lignes assez longues, unifoi mément distribuées, mal délimitées, or dulées ou disposées en réseaux, et d< taches tigrées qui se conservent facile ment un quart d'heure et jusqu'à pli sieurs heures. La figure 73 représente c semblables lignes. Quelquefois il resti au milieu du réseau de ces lignes, que F r 73 ques parties unies dont le manque d'à
tération fait conclure que la cornée poi sède en ces points une consistance différente.
En outre, on trouve quelquefois des taches et des lignes obscure constantes, provenant de la cornée, qui ne varient pas, et qui sont sar doute le plus souvent des traces d'inflammation ou des cicatrices d blessures.
4) Le cristallin, et notamment la paroi antérieure de la capsule et 1 partie antérieure du corps du cristallin, fournissent des apparition variées. Listing en décrit les quatre formes suivantes :
a) Taches perlées, disques plus ou moins ronds, clairs àl'intérieui entourés d'un bord net et sombre. Ces taches ressemblent tantôt à de bulles d'air, tantôt à des gouttes d'huile ou à de petits cristaux vus a microscope (fig. 7li) ; Listing les regarde comme des mucosités con tenues dans l'humeur de Morgagni.
S 15. BBS IMlKNOMtèNES KNTOPTIQl'KS. 200
b) Tac/tes obscures, se distinguant des précédentes par l'absence d'un noyau clair et aussi par une plus grande variété de fômies. Elles semblent être des obscurcissements partiels de la capsule m du cristallin (fig. 75).
FlG. Fig. 75.
c) Bandes claires, représentant le plus souvent Une étoile irrégulièré, à branches peu nombréuses, et située au hiilieù du champ visuel (fig. 76) . Listing les regarde comme l'image d'une formation disposée eh Ombilic, avec des branches ressemblant à des sutures, qui formeraient des reliefs dans la membrane antérieure de la capsule ; le tout proviendrait de la séparation qui a lieu, dans l'état fœtal, entre cette partie de la capsule et la partie interne de la cornée.
Fig. 76.
d) Lignes radiales obscures (fig. 77) , qui tiennent certainement à la structure rayonnée du cristallin.
Presque tous les yeux paraissent voir quelques-unes, au moins, des formes indiquées ; il est rare qu'elles fassent absolument défaut.
6) Formations mobiles dans le corps vitré, ou mouches volantes, qui apparaissent souvent sous forme de colliers de perles ou de cercles, soit isolés, soit réunis en groupes et à centre éclairé, ou bien qui produisent
des amas irréguliers de très-petites boules, ou bien encore qui semblent être des bandes pâles, analogues aux plis d'une membrane très-transparente. Comme beaucoup de ces objets se trouvent très-rapprochés de la rétine, on les voit souvent sans autre préparatif, en portant le regard sur une surface étendue, uniformément éclairée, telle que h ciel. On remarque facilement que ces corps n'ont pas seulement ui mouvement apparent, mais aussi un mouvement réel : il suffît pour cela en tenant la tête droite, de regarder vers le ciel à travers une vitre, ei fixant un point de repère marqué sur le verre. On voit alors, le plia souvent, l'apparition entoptique descendre lentement dans le chamj visuel. Si l'on vient à baisser le regard, puis à l'élever de nouveau, lei mouches suivent le mouvement du point de visée, mais dépassent ordi nairement un peu le but, puis recommencent à tomber. Au contraire après un mouvement, soit en bas, soit de côté, les mouches ne pré sentent pas cette particularité de revenir après avoir dépassé leu position finale. En faisant les expériences avec la ligne visuelle dirigé verticalement, soit vers en haut, soit vers en bas, les mouches ne s déplacent que fort peu.
Dans les observations de ce genre, on se laisse facilement entraîne à vouloir diriger le regard vers une mouche voisine du point visuel pour chercher à lavoir plus distinctement par fixation directe. Aussitôt l'apparition entoptique fuit en avant du point de visée, sans que celui ci puisse évidemment jamais l'atteindre ; c'est même sans doute à cett particularité que les mouches volantes doivent leur nom. Il ne faut pa confondre ce mouvement apparent avec un mouvement réel, et il faut dans l'observation des mouvements réels, avoir soin de fixer invariable ment un point de repère extérieur.
Pour pouvoir examiner à son aise les objets mobiles en question, 1 mieux est de choisir une position de la tête dans laquelle l'œil regard verticalement, soit en bas, soit en haut, parce qu'alors les corpuscule flottants restent en repos. On peut, du reste, forcer les mouches placée latéralement dans le champ visuel à se rapprocher du lieu de la visio la plus distincte; il suffit de diriger l'œil très-rapidement vers le côt où sont ces mouches , puis de le ramener lentement à sa positio primitive.
Donders et Doncan (1) distinguent, parmi ces objets, les forme suivantes :
a) Grands cercles isolés avec des contours tantôt obscurs, tant*
(1) Andréas Doncan, Dissert, de corporis vitrei struct., Trajecti ad Rhenum, 1854. - Onderzoehingen gedaan in hct physiologisch Laborut. dur Vtrechtsche Hooycschoo Ann. VI, p. 171.
§ 15. OBJETS ENTOPTIQUES DU CORPS VITRÉ. (iS4) 21 1
pâles, plus clairs au milieu, et, le plus souvent, entourés encore d'un cercle lumineux étroit. Ils ont de l/28 & Vuo ^e millimètre de diamètre et sont éloignés de la rétine de */, à 3 ou h millimètres; il s'en rencontre aussi dans le voisinage du cristallin. Si l'œil est resté longtemps immobile, on en voit peu ; ils apparaissent principalement par un mouvement rapide de l'œil, de bas en haut, auquel succède un repos subit; ils paraissent alors s'élever brusquement, puis retomber lentement. Pour les plus foncés, le mouvement peut être observé dans une étendue de lmm,5, et il est probablement bien plus considérable. Doncan trouve que leurs mouvements latéraux, produits par des mouvements latéraux de l'œil, sont restreints. Dans mes yeux, je ne puis pas percevoir de différence de ce genre : si je penche la tête de côté, je trouve que les mouches paraissent tomber avec la même rapidité, c'est-à-dire s'élèvent en réalité avec la même vitesse, et qu'elles parcourent un chemin aussi étendu qu'en tenant la tête droite. Dans cette dernière position, les mouvements latéraux paraissent assurément plus limités que les mouvements descendants, parce que, latéralement, les mouches ne font qu'accompagner les mouvements du point de visée. On n'a pu constater, dans ces mouches, aucun mouvement parallèle à la ligne visuelle. Plusieurs de ces cercles, bien que séparés en apparence, paraissent toujours conserver la même distance les uns par rapport aux autres, ou relativement à d'autres corps, ce qui permet de conclure à un lien invisible. En exa- 6 minant au microscope, par sa surface mise à nu, \^JÊÈ) le corps vitré intact, Doncan y trouva des cel- FlG 78
Iules pâles, qui paraissaient en train de subir la transformation muqueuse ; elles sont représentées ci-contre (fig. 78), et répondent au phénomène entoptique que nous venons de décrire.
b) Des cordons de perles se présentent dans la plupart des yeux ; Doncan ne put cependant pas en voir. Leur largeur est c^e V33 & Vi9o de millimètre, leur longueur de \ à h millimètres. Les plus étroits sont ordinairement les plus rapprochés de la rétine, les plus larges et les plus obscurs en sont plus loin, cette distance variant de V4 de millimètre à 3 millimètres. Leur genre de mouvement est le plus souvent semblable à celui des cercles décrits plus {*~~*~ haut ; cependant ils sont quelquefois fixes. Quelques-uns sont isolés, d'autres sont reliés à différents objets. Ils
m [im PBEMiÈBE PARTIE. - DIÛPTRIQUG DE Wmi. g il
répondent a des filaments garnis de noyaux (fig. 79) et que le micros* copc permet de reconnaître.
c) Les groupes cohérents de cercles, grands et petits» le» uns pâles, les autres obscurs , qui répondent aux accumulations de granules
(fig. 80) , qu'on découvre au microscope, sont, pour la plupart, moins transparents que les autres objets, parce que plusieurs granules se trouvent l'un derrière l'autôl dans la direction de l'axe visuel, Ge sont ces objets qu'oi aperçoit le plus souvent comme mouches volantes, dam la vision ordinaire. Il n'est pas rare que quelques-uns pd ( ' N raissent prendre une position d'équilibre dans la proxiniiù de la ligne visuelle. Cependant, les mouvements de l'oei dont il a été parlé tout à l'heure, exécutés de la mêm manière et dans le même sens, les font apparaître en plus grand quantité, ainsi que les cordons de perles; ils abandonnent bientd après le champ visuel.
d) Les plis se montrent sous forme de rubans clairs, limités pa deux lignes obscures et peu nettes. Doncan en distingue encore deu formes. Quelques-uns, en effet, ressemblent, soit à une fibre fortemer plissée, soit à plusieurs petits rubans très-rapprochés, liés ensembl d'une manière invisible, soit enfin h une membrane irrégulièremer roulée, plissée dans les directions les plus différentes, conservant a forme d'une façon constante* et analogue à celle représentée par 1 figure 81, d'après une observation microscopique. Ces plis se meuvei
comme les cordons de perles et leur distance à la rétine e toujours comprise entre 2 i et lx millimètres. — Ces men branes mobiles ne doivent p; être confondues avec d'autn très-étendues, situées àpos fixe, soit tout près de la fa< postérieure du cristallin, se à 2 ou A millimètres seul( ment de la rétine, tandis qu'on n'en trouve pas qui soient éloigné' de A à 10 millimètres de la rétine. Dans les premières, on voit d. plis qui n'ont pas moins de 723 de millimètre de largeur, dans | dernières, les plis ont rarement plus de 760 de millimètre. On î voit apparaître quand on fait mouvoir latéralement la ligne visuel^ mais particulièrement aussi par l'effet d'un mouvement de haut en bj violent et brusquement interrompu. Alors, les plis situés immédialemei
Fig. 81.
§ 15. OBJETS KNTOPTlorKS t>l I COHPS VITHÉ.
derrière le cristallin paraissent monter, tandis qu'au contraire ceux situés dans le voisinage de la rétine paraissent descendre, de sorte qu'ils passent les uns au-devant des autres dans la ligne visuelle. Le plus souvent, on voit alors les membranes plissées devenir de moins en moins distinctes, sans quitter pourtant le champ visuel, et elles reparaissent cependant avec une nouvelle netteté, lorsqu'on répète le mouvement. Doncan conclut de là que ces membranes n'ont qu'en apparence un mouvement aussi étendu, et que ce ne sont pas les membranes qui se meuvent, mais bien les plis formés à leur périphérie dans le mouvement brusquement interrompu de l'œil; ces plis se propagent jusqu'à l'autre extrémité des membranes, ce qui leur fait perdre leur netteté et les rend moins visibles. La raison des directions opposées suivant lesquelles se produit le mouvement de ces différentes membranes et la propagation des plis, est que les unes sont en avant, les autres en arrière du point de rotation de l'œil. Si l'on dilate la pupille au moyen de l'atropine, ou qu'on place le point lumineux très-près de l'œil, de manière à éclairer assez loin du point de fixation, on remarque, particulièrement dans les mouvements latéraux de V œil , violents et subitement interrompus, que le nombre des membranes situées immédiatement derrière le cristallin devient plus considérable, que ces membranes viennent rarement jusqu'à la ligne visuelle et se terminent par un bord irrégulier et parfois très-découpé.
La manière dont se meuvent les objets du corps vitré ne permet iguère de les considérer comme autre chose que des corpuscules qui nagent dans un milieu parfaitement liquide, et dont la densité est inférieure à celle de ce milieu. Comme on les voit souvent nager à travers tout le champ visuel entoptique et que, du moins dans mon œil, ils traversent le champ visuel aussi bien de haut en bas que de droite à gauche ; que d'ailleurs ce champ, lorsque la lumière pénètre dans l'œil en divergeant, occupe une partie de la rétine plus grande que la pupille, il faut bien que le bassin clans lequel ils se meuvent, mesuré le long de la rétine, soit plus grand que la pupille. D'autre part, les corps flottants paraissent ne pas pouvoir s'éloigner de la rétine, car lorsqu'on dirige la ligne visuelle vers en haut, de manière que ces objets, à cause de eur légèreté spécifique, doivent tendre à se diriger vers la partie du flrps vitré voisine du cristallin, on les Voit bien se mouvoir le long de la rétine, mais- sans s'éloigner de cette membrane. L'obstacle est fians doute formé par les membranes dont On voit les plis dans le champ «visuel entoptique, et qui paraissent être parallèles à la rétine. Quelques- UQ9 de ces corpuscules paraissent aussi être fixés a la membrane lyaloïde ; c'est ainsi que Donders rapporte qu'il existe sur la ligne
2U (156) PREMIÈRE PARTIE. - D10PTR1QUE DE L'OEIL. §15. visuelle de son œil gauche un corpuscule de ce genre qui y possède sa position d'équilibre, à partir de laquelle ce corpuscule peut bien descendre (ascension apparente) , mais ne peut pas monter, de sorte qu'il paraît relié inférieurement à la membranp liyaloïde comme par un fil.
Du reste , après une série d'observations entoptiques, on apprend à connaître individuellement les objets de son propre œil, et l'on remarque que c'est toujours la même série de formes qui reparaît. D'après les observations de Donders, ces formes se conservent sans altération pendant une longue suite d'années.
Il paraît résulter de l'examen microscopique du corps vitré que ces formations sont des traces de la structure embryonnaire de ce corps. Chez l'embryon, il est composé de cellules qui, plus tard, se résolvent pour la plupart en mucus, tandis qu'une partie de leurs membranes et de leurs noyaux, ou des fibres le long desquelles elles se sont développées, subsistent indéfiniment. On est loin, d'ailleurs, de savoir encore avec certitude quelle est la structure du corps vitré chez l'adulte.
II. — Pour obtenir la perception des vaisseaux de la rétine , il faul mettre en œuvre des procédés un peu différents de ceux employés poui les objets entoptiques précédemment décrits. — Les méthodes que nous allons passer en révue ont ceci de commun que la position ou la largeui de l'ombre que les vaisseaux rétiniens projettent sur la face postérieur* de la rétine deviennent, par l'emploi de ces méthodes, différentes d< ce qu'elles sont ordinairement, et qu'en outre on maintient cette ombr< dans un état de mouvement continuel.
On peut, pour percevoir les vaisseaux rétiniens, employer les troii méthodes principales suivantes :
1° Au moyen d'une lentille convergente à court foyer, on concentn une lumière très-intense, de préférence la lumière solaire, en un poin de la surface externe de la sclérotique, le plus éloigné possible de L cornée, de manière à former, sur la sclérotique, une image petite, mai très-éclairée, de la source lumineuse. Si le regard se porte alors sur ui fond obscur, le champ visuel semble éclairé d'un rouge jaunâtre et il apparaît un réseau de vaisseaux sombres, dont les ramifications rappellen celles d'un arbre, et qui répondent aux vaisseaux rétiniens représenté ci-contre (fig. 82), d'après une préparation injectée. Si l'on imprim au foyer formé sur la sclérotique un mouvement de va-et-vient, l'arbr vasculaire prend un mouvement analogue et de même sens : le foye lumineux et le réseau montent ou descendent en même temps, se diri gent en même temps vers la droite ou vers la gauche. Sous l'inlluenc
§ 15. PERCEPTION ENTOPTIQUE DES \ AISSKAI \ RÉTINIENS. (157) 216 de mouvements de cette espèce, l'arbre vasculaire se voit plus distinctement ([ne si on laisse pendant longtemps le foyer de la lentille en un même point; dans ce dernier cas, l'image finit par disparaître complètement. Cependant, dans la méthode que nous venons de décrire, un mouvement continuel est moins nécessaire que dans les méthodes suivantes.
Il est à remarquer que plus la partie éclairée de la sclérotique est petite, et plus les moindres rameaux de l'arbre vasculaire se dessinent nettement, de sorte qu'en exécutant convenablement l'expérience , on peut rendre visible le réseau capillaire le plus fin.
Au milieu du champ visuel se trouve une portion privée de vaisseaux, et qui correspond au point de fixation ; en se rapprochant de cette région, les grands rameaux se subdivisent en capillaires dont les anses allongées entourent l'espace libre en question. Cet endroit lui-même offre, 'dans les yeux de H. xMuller, ainsi que dans mes deux yeux, un aspect particulier par lequel il se distingue de tout le reste du fond de l'œil, j En effet, tandis que, sauf l'image obscure des vaisseaux, ce fond est éclairé uniformément, le lieu de la vision directe présente un éclat plus vif et rappelle en^même temps l'aspect du cuir chagriné. On vient de voir que si, pendant qu'on observe cet endroit en fixant invariablement un objet extérieur, on fait mouvoir de bas en haut le foyer de la « lentille sur la sclérotique, l'arbre vasculaire se déplace également de bas en haut : l'éclat chagriné se déplace, au contraire, un peu en sens opposé, c'est-à-dire de haut en bas par rapport au point de fixation de l'œil. Meissner aussi, en appliquant cette même méthode d'observation, a vu cet endroit plus éclairé, mais il lui attribue vers son bord, une ombre obscure, en forme de croissant, analogue à celle qui se manifeste par la seconde méthode d'observation. Je ne vois pas d'ombre semblable lorsque la lumière pénètre par la sclérotique.
Dans cette expérience, la lumière pénètre dans l'œil par la sclérotique et la choroïde. La première de ces tuniques est translucide, la | seconde n'est pas assez pigmentée à la partie postérieure de l'œil pour pouvoir arrêter toute la lumière. En avant, sur les procès ciliaires, la
:H M /•>*') PREMIÈRE PÀÎVBE. - IMoi'THKH i; LE Vmi. § i&.
couche de pigment est plus considérable ; aussi, dans notre expérience l'éclairage de la rétine est-il assez faible, lorsqu'on amène le foyer à se former sur la partie antérieure de la sclérotique, près de la cornée. La partie éclairée des membranes de l'œil représente une source lumineuse par rapport à l'intérieur de l'organe ; les rayons qui en émanent se distribuent également dans toutes les directions, car la sclérotique quj est translucide, loin de réfracter régulièrement la lumière, la diffuse suivant toutes Jes directions possibles.
Tandis qu'ordinairement la lumière n'arrive à la rétine qu'au travers de la pupille, dans le cas actuel elle provient d'un point situé trèslatéralement ; pour cette raison, l'ombre des vaisseaux situés dans les couches antérieures de la rétine vient, dans notre expérience, se former sur des parties de la face postérieure de cette membrane, toutes différentes que d'habitude.
La figure 83 fait voir clairement que l'arbre vasculaire doit paraître se déplacer dans le même sens que le foyer de la lentille. — Soient v la coupe d'un vaisseau rétinien, k le point nodal de l'œil. Lorsque le foyer m de la lumière incidente est en a, sur la scléro- • i tique, l'ombre du vaiseau se forme en « ; l'œil pro-
; / jette, par suite, dans le champ visuel, une ligne
| t obscure suivant la direction a A. Si le foyer est
l I en b, l'ombre se forme en (3, et la ligne obscure
M du champ visuel est transportée en B. Ainsi,
tandis que la source lumineuse se meut de a vers \v tronc vasculaire apparent se meut, clans le champ visuel, dans le même sens, de A vers B. La surface chagrinée qui avoisïne le point de visée présente un mouvement en sens opposé : elle ne se produit donc assurément pas de la même manière que l'ombre des vaisseaux, mais on ne connaît pas encore assez la structure de la tache jaune pour pouvoir donner la cause de ce phénomène. Dans le champ \isuel, l'arbre vasculaire empiète un peu sur le bord de la portion chagrinée, du côté opposé à la lumière ; en haut et en bas 1 semble seulement toucher ce bord ; du côté de la lumière, enfin, il y a un intervalle entre les deux ; toutes ces apparences restent les mêmes, soit que la lumière vienne de l'angle interne de l'œil, soit qu'elle vienne de l'angle externe. La raison en est, sans doute, que les ramifications vasculaires sont situées plus antérieurement que la couche qui, par un effet de réfraction ou de réflexion, présente l'aspect chagriné, et que, pour ce motif, lorsque la direction de la lumière incidente est
§15. PERCEPTION ENTOPTiQiJB DKS VAISSEAUX HETINIKNS. (iS9) 'J17 oblique, Nombre de la ftgttye vasculaire sur la lace postérieure de la rétine n'est pas située perpendiculairement sous les vaisseaux. La structure qui produit l'aspect chagriné paraît, d'après ce qui précède, avoir assez exactement la mêrue étendue que la portion non vasculaire de la rétine.
2° La seconde méthode employée pour l'observation des vaisseaux rétiniens est la suivante : on dirige le regard vers un fond obscur, en donnant à une bougie allumée un mouvement de va-et-vient, soit audessous, soit à côté de Fœil. — On voit bientôt le fond obscur se recouvrir d'un reflet mat et blanchâtre, sur lequel se dessine l'arbre vasculaire obscur. L'image ne reste nette qu'autant qu'on fait mouvoir la lumière. Si l'on ne donne à la lumière que des déplacements latéraux, on voit principalement les vaisseaux verticaux; si on la déplace suivant la verticale, on voit surtout les vaisseaux horizontaux. Les déplacements de la lumière sont accompagnés de mouvements de tout l'arbre vasculaire, mais ses différentes parties se déplacent inégalement. Meissner compare très-heureusement les mouvements de l'arbre vasculaire à ceux qu'effectue une image réfléchie dans une eau ridée par de faibles vagues.
En étudiant le phénomène de plus près, on voit que, lorsque la lumière s'approche et s'éloigne alternativement de la ligne visuelle, l'arbre vasculaire subit, en même temps, des déplacements dans le même sens. Mais si l'on fait mouvoir la lumière suivant un arc de cercle dont le centre est sur la ligne visuelle, l'arbre vasculaire se meut en sens opposé. C'est ainsi que, la lumière étant tenue sous l'œil, si on lui imprime des mouvements verticaux, le tronc vasculaire subit des déplacements verticaux homonymes, et que si, la lumière étant plus bas que l'œil, on la fait mouvoir horizontalement, l'arbre vasculaire effectue des mouvements latéraux, mars en sens contraire de ceux de la lumière.
Les rameaux les plus voisins du milieu de la figure vasculaire ne se dessinent pas aussi finement que par les deux autres méthodes.
Au centre* plusieurs observateurs décrivent un disque clair, circulaire ou elliptique, répondant au point de visée»
La figure 8û représente le dessin qu'en donne Burow. Bu côté qui ©ât tourné vers la llainnlc, le disque" est bordé par une ombre obscure en
218 PREMIÈRE PARTIE. — D10PTHIQ1JK DE L'ŒIL. § 15.
forme de croissant; la partie la plus claire est au centre. H. Millier ne. voit pas du tout ce disque, et, pour ma part, je ne vois jamais que l'ombre en forme de croissant qui en constitue la périphérie, du côté tourné vers la lumière, tandis que l'autre côté ne présente pas de contour distinct. Ce disque central se meut aussi quand on déplace la lumière : pour s'en convaincre, il suffit de fixer un point extérieur pendant qu'on observe le phénomène. Chez moi, le point de fixation se trouve toujours à la partie du bord du disque éclairé qui serait tournée vers la lumière, en complétant par la pensée, de manière à en former un disque entier, l'ombre en forme de demi-lune qui existe dans l'œil.
Je vais exposer la théorie complète de ces phénomènes, telle qu'elle a j été donnée par H. Mùller. — La source lumineuse qui éclaire l'intérieur de l'œil est l'image de la lumière qui vient se former sur les parties très -latérales de la rétine, puisque la lumière est loin du centre du champ visuel. Comme, du reste, la lumière se trouve très-près de l'œil, son image rétinienne peut être assez grande et peut renvoyer dans le corps vitré une quantité de lumière suffisante pour provoquer sur toute la rétine une perception lumineuse sensible. Le mode d'éclairage est donc semblable à celui de la première méthode, avec cette seule différence que la portion de paroi de l'œil qui agit comme source lumineuse ne reçoit pas sa lumière du dehors, au travers de la sclérotique, mais que la lumière lui vient d'en avant, à travers la pupille. Comme les images sur -les parties latérales de la rétine ne sont pas distinctes et que, dans notre cas, l'image de la flamme doit être assez étendue pour donner une quantité suffisante de lumière, il est facile d'expliquer pourquoi on ne-' voit pas les plus fines ramifications vasculaires aussi bien que par la
première méthode. Le mode de mouvement de l'arbre vasculaire s'explique complètement dans la théorie de H. Mùller. Soient (fig. 85) k le point nodal de l'œil et v un vaisseau rétinien. Si la source lumineuse se trouve en «, son image rétinienne se forme en b, la lumière qui vient de b projette en c l'ombre du vaisseau i>, et si nous menons la ligne ck, son prolongement kd est la direction suivant laquelle l'ombre du vaisseau v apparaît dans le champ visuel. Si nous amenons le point lumineux de a en «, b vient en (3, c en y, d en S ; d se déplace donc dans le même sens que a. Le contraire a lieu si a se déplace perpendiculairement au plan de la figure. Si a se trouve en avant de ce plan, b est en arrière, c en avant, et, enfin, d en arrière. Si clone a se meut en
5 15. PERCEPTION ENTOPTIQUE DES VAISSEAUX RÉTINIENS. (f 60) 249 avant (du plan île la ligure) , d se meut en arrière, et inversement, le tout conformément aux résultats de l'observation.
H. Millier regarde, lion sans vraisemblance, l'apparition, au milieu du champ visuel, du disque éclairé et de son ombre semi-lunaire, comme due à la fovea centraîis. Soit c (fig. 86) la fovea, et admettons que le lieu de la vision directe est au fond de cette cavité, soit a la lumière, b son image rétinienne, l'ombre du bord proéminent de la fovea qui est tourné vers b, tombe exactement sur le point de visée, et, sur la rétine, l'ombre entière de la fovea est entre le point de visée et la lumière, de sorte que, dans le champ visuel, c'est, conformément à l'observation, le contraire qui doit avoir lieu. Si l'on rapproche davantage de la ligne visuelle la lumière a, et que, par suite, b se rapproche de c, je remarque, dans mon œil, une ligne éclairée, à la partie externe de l'ombre semi-lunaire, et qui provient sans doute de lumière qui, renvoyée par la rétine, est venue frapper le bord de la fovea et s'y réfléchir, comme l'indique la ligne ponctuée a(3y (fig. 86). Chez les personnes dont la fovea centraîis présente des bords moins escarpés, cette ombre peut faire complètement défaut.
3° La troisième méthode pour l'observation des vaisseaux rétiniens consiste à regarder, à travers une ouverture étroite, un grand Champ éclairé, le ciel, par exemple, en donnant à cette ouverture un rapide mouvement de va-et-vient. — Les vaisseaux rétiniens apparaissent trèsfinement dessinés, foncés sur fond clair, et se meuvent, dans le champ visuel, dans le même sens que l'ouverture. Au milieu, répondant au point de visée, on voit la partie sans vaisseaux, qui me paraît avoir un aspect finement granulé et dans laquelle se meut une ombre de forme arrondie, tant qu'on agite l'ouverture. Dans les mouvements horizontaux de l'ouverture, on ne voit que les vaisseaux verticaux, et dans les mouvements verticaux, seulement ceux dont le cours est horizontal. On voit encore la même figure vasculaire en regardant dans un microscope composé, sans y mettre d'objet, de manière à voir seulement le cercle uniformément éclairé du diaphragme. Si Ton fait un peu mouvoir l'œil au-dessus du microscope, on voit les vaisseaux de la rétine se dessiner très-finement et très-nettement dans le champ de l'instrument. Les vaisseaux qui sont perpendiculaires au sens du mouvement sont les plus nets de tous, tandis que ceux qui lui sont parallèles disparaissent entièrement.
220 (Ml) PKKMiKliK PARTIR — DlOPÎftiQtJE DE L'CEfL. s 15.
Dans les deux premières méthodes, la lumière arrivait à la rétine suivant une direction insolite, et, pour cette raison, l'ombre des vaisseaux rétiniens venait se former sur des parties de la rétine qui ne reçoivent pas cette ombre dans la vision ordinaire, et qui, par suite, sont facilement impressionnées par cet état inaccoutumé. Dans la troisième méthode, au contraire, la lumière suit sa voie ordinaire et entre dans l'œil par la pupille. Si la pupille entière est libre et l'œil tourné vers un ciel clair, chaque point du plan pupillaire laisse arriver des rayons de lumière au fond de l'œil, absolument comme si la pupille elle-même était la surface lumineuse. Sous l'influence de cet éclairage , les vaisseaux rétiniens doivent projeter, sur les parties de la rétine situées derrière eux, une ombre large et estompée, de manière que la longueur du cône d'ombre totale ne soit que de quatre ou cinq fois le diamètre du vaisseau. Comme, d'après E. H. Weber, le diamètre du rameau le plus épais de la veine centrale mesure 0,017 lignes de Paris (0un",038), et que, d'après Kôlliker, l'épaisseur de la rétine au fond de l'œil est de 0mm,'22, on peut admettre que le cône d'ombre totale des vaisseaux n'atteint pas la surface postérieure de la rétine. Mais si nous amenons une ouverture étroite au-devant de la pupille, l'ombre des vaisseaux devient nécessairement plus étroite, plus nettement dessinée, et l'ombre totale devient plus longue, de sorte que les parties de la rétine qui sont généralement dans la pénombre viennent se trouver, soit dans l'ombre complète, soit dans la partie complètement éclairée de la rétine.
Si, dans la vision ordinaire, nous n'apercevons pas l'ombre des vaisseaux, c'est sans doute parce que la sensibilité des parties ombragées de la rétine est plus grande, leur excitabilité moins émoussée que celles des autres parties de cette membrane sensible; mais dès que nous modifions la position de l'ombre ou son étendue, elle devient perceptible, parce que le faible éclairage vient alors sur des éléments rétiniens fatigués et moins excitables. Les plus excitables,, au contraire,, des éléments rétiniens, ceux qui, auparavant, étaient dans l'ombre, viennent d'autre part, à se trouver, en partie, en pleine lumière, et sont plus sensibles à cet éclairage. C'est ce qui explique comment, surtout au commencement de l'expérience, il arrive parfois que, pour quelques instants, l'arbre vasculaire se dessine en clair sur fond sombre, et comment, chez certaines personnes, la partie claire du phénomène peut mieux attirer l'attention que la partie sombre» Aussitôt que, dans notre expérience, l'onlbre des vaisseaux vient à conserver quelque temjps sa. nouvelle position, les parties nouvellement ombragées deviennent peu à peu plus sensibles, celles primitivement ombragées paraissent, au contraire, perdre très-vite leur excès d'excitabilité, et le phénomène dis-
g |& PERCEPTION ENTOPTIOJE DES VAISSEAUX RETINIENS. 681 paraii. Pour le voir d'une manière durable, il est donc nécessaire de taire constamment varier la position do l'ombre, et dans les mouvements rectilignes de la sourco lumineuse, les vaisseaux dont l'ombre change de place sont les seuls qui restent visibles. Nous reviendrons plus en détail, au § 25, sur ces altérations de l'excitabilité.
Vierordt (Conf. fin du § 23, p. m de l'édit. allemande) a observé des mouvements en forme de courants, qu'il attribue à la circulation il h sang dans la rétine, et qui se manifestent en portant le regard sur une surface éclairée d'une manière intermittente. Pour faire l'expérience, écartant les doigts, il donnait à sa main, devant l'œil, un mouvement de \ a-ei-vient. Meissner et moi nous n'avons vu ce mouvement que sous forme de petits courants sans bords, auxquels je n'osais pas d'abord donner la signification que leur attribuait Vierordt. Cependant il n'en est pas moins possible que Vierordt les ait vus d'une manière plus nette et plus déterminée, et qu'ils aient été réellement pour lui l'expression de la circulation sanguine.
De plus, Purkinje et J. Millier (voy. § 25, p. m de l'édit, ail.), en portant le regard sur une grande surface éclairée, ont vu des points lumineux apparaître dans le champ visuel et parcourir un certain espace ; après des intervalles de temps inégaux, ces points apparaissent toujours aux mêmes endroits, pour parcourir toujours le même trajet, avec une même vitesse, assez considérable d'ailleurs. D'après ' une remarque de 0. N. Roocl, le phénomène se produit incomparablement mieux en regardant le ciel à travers un verre bleu foncé. Dans cette expérience, je fixe un point de la vitre, afin de voir les corpuscules mobiles se manifester toujours à la même place, de manière ii pouvoir comparer la position de leurs trajectoires avec la figure vasculaire projetée sur la même vitre i
Après avoir répété ces expériences, je crois, comme Vierordt, qu'on doit, sans hésiter, rapporter tous ces mouvements à la circulation du sang, et cela par le mécanisme suivant : Un globule un peu volumineux se coince dans un des vaisseaux les plus étroits : il se forme alors, dans ce vaisseau, un certain vide en avant de ce globule, tandis qu'en arrière se pressent un nombre considérable de globules sanguins. Àussi- \ tôt que l'obstacle cède, tout l'encombrement s'écoule rapidement : ce sont là des circonstances qu'on a souvent occasion d'observer lorsqu'on examine au microscope la circulation capillaire. Dans l'expérience dont nous parlons, on voit, en avant de l'obstacle, dans le champ visuel, une bande claire, longitudinale, répondant à la partie vide du vaisseau. Cette bande est suivie d'une partie sombre, qui correspond, je pense,
à l'agglomération des globules sanguins. Dans mon œil droit, je vois très -nettement et souvent le phénomène se répéter, un peu à gauche du point de fixation, dans deux vaisseaux parallèles, et quelquefois cela a lieu simultanément dans les deux. Le mouvement apparent est ascendant ; l'agglomération mobile disparaît en suivant, avec une vitesse accélérée, les sinuosités d'une courbe en forme de S, Dans l'image entoptique de l'arbre vasculaire, je retrouve, à l'endroit en question, nonseulement les deux vaisseaux parallèles, mais aussi la courbe en forme de S qui les réunit et qui débouche dans un tronc veineux plus grand : les deux méthodes d'observation sont donc parfaitement d'accord. Du reste, les deux vaisseaux dont j'ai parlé ne sont pas les seuls qui présentent un semblable mouvement : beaucoup d'autres parties dans le champ visuel du même œil sont dans le même cas ; mais elles sont plus éloignées du point de fixation et ne présentent pas de formes aussi caractéristiques.— En résumé, nous devons considérer le phénomène dont il s'agit, comme étant l'expression optique de petits obstacles à la circulation sanguine, obstacles qui ne se présentent ordinairement que dans certaines parties rétrécies de l'arbre vasculaire et ne se manifestent que lors du passage de globules un peu volumineux.
Pour décider si les objets vus entoptiquement sont en avant ou en arrière de la pupille et s'ils sont près de la rétine, il suffit d'examiner la parallaxe, comme l'a
proposé Listing. — Soient (fig. 87) a l'image du point lumineux formée par les milieux de l'œil, c le point de la vision directe, fe le plan de la pupille, ou plutôt son image formée par le cristallin, laquelle diffère très-peu de la pupille vraie; enfin soit d un objet obscur, situé en arrière de la pupille. Si la ligne ac coupe la pupille en g, l'ombre du point g coïncide avec le point c de la vision directe ; g est donc le point de l'image entoptique de la pupille qui est vu directement. Joignons ad et prolongeons cette droite jusqu'à son intersection b avec la rétine, c'est en ce point b que se forme l'ombre de d. Désignons par h le point d'intersection de la ligne ad et du plan pupillaire, la projection du point h de la pupille arrive également en b ; les points d et h se recouvrent dans le champ visuel entoptique. Si, sur la ligne ab, se trouve encore un objet i en avant de la pupille, ce dernier coïncide également avec h dans le champ visuel entoptique.
Mais que l'œil ou le point lumineux viennent à se déplacer de manière qu'un autre point /*, de la pupille, soit vu directement dans l'image entoptique, que le point éclairant vienne en a sur le prolongement de la ligne cf, aussitôt la position des ombres de d et de i change par rapport à la pupille. Menons ad et ai Soient m et e les points où la première de ces lignes et où le prolongement de la seconde
g 15. DÉTERMINATION DELA POSITION DÉS OBJETS ENTOPTIQUES. (162) 223 coupent te plan de la pupille, ces points m et e sont les points de la pupille dont les images entoptiques coïncident maintenant avec celles des objets d et ?. Ainsi, dans l'image entoptique, tandis que le point de visée est venu de g en /, I4mage de l'objet d, placé derrière la pupille; a marobé dans le même sens, de h en ?//, et celle de l'objet /, placé devant la pupille, a marché en sens contraire, de h en e. D'après le mode de désignation de Listing, d possède donc une parallaxe positive et i une parallaxe négative. Avec un peu d'exercice, il est toujours facile de décider si, par rapport au contour circulaire du champ visuel, les objets vus entoptiquement se déplacent dans le même sens que le point de visée ou en sens contraire, et, par suite, de distinguer s'ils sont en avant ou en arrière de la pupille.
Pour calculer plus exactement la distance des objets qui flottent dans le corps vitré, Brewster a, le premier, employé la méthode qui consiste à faire pénétrer dans l'œil deux faisceaux de rayons homocen triques et à produire ainsi deux ombres de chaque objet. De la distance réciproque des ombres, on peut déduire la distance qui sépare les objets de la rétine. A cet effet, à travers une lentille placée devant l'œil, Brewster regardait vers deux flammes situées l'une à côté de l'autre. Donders a modifié cette méthode en plaçant devant l'œil une lame de métal pourvue de deux ouvertures distantes de lmn 7,. A travers ces ouvertures, il regarde un papier blanc, fortement éclairé, sur lequel les apparitions paraissent projetées. Il mesure d'abord la distance qui sépare les centres des deux images circulaires de la pupille qui se recouvrent partiellement, dislance qu'on obtient en mesurant simplement la largeur de la partie non recouverte de l'un ou de l'autre de ces cercles. Il mesure ensuite la distance des images doubles de l'objet entoptique en question. Cette distance est à la distance des deux cercles comme la distance demandée de l'objet à la rétine est à la distance apparente de la pupille à la rétine (18mm). De cette manière, on arrive facilement à calculer la distance des objets à la rétine.
Doncan a modifié la méthode de Donders en ce sens qu'il exécute ses mensurations d'après le principe des mensurations microscopiques à double vue. L'observateur regarde avec un œil, à travers une ou deux étroites ouvertures, un petit miroir concave qui réfléchit la lumière du ciel, et avec l'autre, un tableau placé à la distance de la vision distincte. C'est sur ce tableau qu'il peut mesurer avec le compas la grandeur des objets entoptiques, la distance de leurs doubles images, ainsi que la distance des points correspondants, au bord de l'iris. Pour calculer la grandeur réelle des objets entoptiques en partant de leur grandeur apparente, il faut connaître la dislance qui sépare la cornée de l'ouverture à travers laquelle on regarde. Le mieux est d'amener cette ouverture au foyer antérieur de l'œil (à 12mm en avant de la cornée) : les ombres des objets entoptiques sont alors de même grandeur que ces objels eux-mêmes. La grandeur apparente de ces objets dans le champ visuel, mesurée au compas, est h la grandeur réelle de l'ombre sur la réline, comme la distance du compas à l'œil est à la plus petite distance focale principale de l'œil (15mm).
Pour amener, au moins appproximativement, la lame à coïncider avec le plan focal antérieur de l'œil, on la fixe a l'extrémité d'un petit tube de longueur convenable.
22Z| $tW) PREMIIOHR PARTIIÏ. — DIOPTRIQUIi DE VŒIU. § 15
Millier a mesuré l:i gjrattdeur apparente du mouvement qu'allée le, dans le cbtnJ visuel, l'arbre vaseulaire ûfetenu par la première des méthodes précitées ; un aid( mesurait en même temps au compas la grandeur du déplacement du foyer éctoirant sur la sclérotique. Des données ainsi obtenues, on peut déduire, au moi» approximativement» par construction ou par calcul, la distance qui sépare \à vaisseaux qui projettent l'ombre et la couche, rétinienne qui la perçoit. BessùtàM (fig. 83, p. 216) la coupe de l'œil en grandeur naturelle. Supposons que le foyei sur la sclérotique se meuve entre les points a et b. Soit « l'ombre d'un vaisseau \ situé dans le voisinage de la tache jaune, dont on a mesuré le mouvement apparent Pour la position a du point lumineux, ce vaisseau devra être situé sur la ligq droite «a. Soit «(3 le déplacement réel sur la rétine déduit, par le calcul, di déplacement apparent dans le champ visuel ; soit donc (3 de l'ombre du vaisseat quand le foyer est en b. Menons la droite ô(3, le point v où Z»(3 et aa se coupen donne la position du vaisseau, et l'on peut trouver la distance de ce point à la rétin par une construction ou par le calcul. H. Mùller trouva de cette manière, dan plusieurs expériences, pour la distance des vaisseaux à la couche sensible 0,17 0,19 à 0,21 ; 0,22; 0,25 à 0,29; 0,29 à 0,32 millimètres; pour trois autres ob servateurs, il trouva 0,19 ; 0,26 ; 0,36 millimètres. Comme, d'après les mensura tions anatomiques du même observateur, la distance des vaisseaux à la couche de bâtonnets et des cônes, dans la région de la tache jaune* varie entre 0mm,2 et 0,3 il est probable que les cônes sont les parties sensibles à l'ombre, et c'est ce qu'oi est porté à croire par d'autres circonstances que j'exposerai dans le § 18.
Dechales (1), jésuite du xvue siècle, émit le premier une opinion sur ta provenance dt mouches valantes • d'après cette opinion, qui est la vraie, ce sont les ombres de corpus cules qui nagent dans le voisinage de la rétine. Pitcairn (2), au contraire, les plaça sur 1 rétine elle-même, et Morgagni (3), dans tous les milieux de l'œil, quoiqu'on ne puisse pa voir ceux qui sont le plus en avant, sans avoir recours à des sources de lumière étroites. D la Hire (4) se trompe également en plaçant les mouches fixes exclusivement sur la rétine, \ les mouches mobiles dans l'humeur aqueuse. Le Cat (5) décrit une expérience qui contier complètement, en principe, la méthode de l'examen ehtoplique, puisqu'il a observé, dans ] cercle de diffusion d'un petit point lumineux, l'ombre renversée d'une épingle tenue tôt près de l'œil. Vers la même époque, ^Epinus (6) a observé entoptiquement, et en se rendar compte de ce qu'il voyait, l'ombre de l'iris ainsi que la dilatation et le rétrécissement de 1 pupille. Mais c'est seulement depuis 1760 (7) qu'on a commencé à employer de petites ouvei lures et de fortes lentilles pour voir plus nettement les mouches volantes, procédé qui, d reste, n'était pas absolument inconnu à Dechales.
Une théorie plus rigoureuse des images, les méthodes au ftioyen desquelles on reconnaît I position des corpuscules dans l'œil, furent établies bien plus tard par Listing (8) et pa Brewster (9) sur les traces desquels marcha Donders (10). Doncan (11), élève de ce dei
(1) Cursus seu mundus mathematicus. Lugduni, 1690, 111, 402.
(2) Pitcairnii opéra. Lugd. Bat., p. 203, 206.
(3) Adversaria anatomica VI. Anim. LXXV, p. 94. Lugd. Bat., 1722.
(4) Accidents de la vue, p. 358.
(5) Traité des sens. Bouen, 1740, p. 298. — Amsterdam, 1744, p. 293.
(6) Novi Comment. Petropol., Vil, 303.
(7) Histoire de l'Académie des sciencés, 1760, p. 57. Paris, 1766.
(8) Beitrag zur physiologischen Optik. Gottingen, 1845.
(9) Transactions of the lioy. Soc. of Edinb., XV, 377.
(10) Nedcrl. Lanci'i, 1846-47, 2° série, 11,345, 432, 537,
(11) De corporis vitrei structura. Diss., Utrecht, 1854. — Onderzochingen ged. in M Physiol, Ldborat, d. Ufyechtsche Hoogeschoof, ann. VI, p. 171.
§ 15. HISTORIQUE DfclS OBJETS KNTOPTIQUES. [164) 225
nier, fit voir la concordance des objets vus entoptiquement avec la structure microscopique du corps vitré. James Jago (1) fit des essais dans le môme sens. Outre les expérimentateurs déjà nommés, Steifensand : 2), Mackenzie (3), Appia(4), décrivirent les différentes formes des objets entoptiques.
Purki.nje (5) a, le premier, découvert l'image subjective des vaisseaux centraux et a employé, pour l'observer, les trois méthodes indiquées plus haut. Il l'a aussi vue lors de l'excitation de l'œil par la pression et par l'afflux sanguin. Gudden (6) attira l'attention sur l'importance de la signification du mouvement de l'ombre relativement à la théorie du phénomène. La théorie du phénomène produit par de la lumière homoceutrique qui se répand dans l'œil, soit par la pupille, soit par un foyer formé sur la sclérotique, ne parut présenter aucune difficulté. Cependant Meissner (7) appela l'attention sur les faits, irréguliers en apparence, qui se présentent lors du mouvement d'une lumière au-dessous de l'œil et se fonda sur ces faits pour élever des doutes sur toute l'explication généralement admise. Ces doutes furent levés par H. Mïller (8), qui trouva la théorie de cette expérience, telle qu'elle a été exposée plus haut.
Purmnje dit déjà qu'au centre du champ visuel apparaît une tache éclairée qui ressemble à une fosse. Burow (9) décrivit plus exactement l'image entoptique de la fovea centralis • mais, se fondant sur la théorie ancienne, qui a été rectifiée depuis par H. Muller, il l'expliqua par une saillie au lieu de l'attribuer à un creux.
1698. Dechales, Cursus seu mundus mathematicus. Lugduni, III, 402. 1694. De la Hire, Accidens de la vue, in Mém. de l'Acad. des se, p. 358.
— Pitcairnii opéra. Lugd. Bat., p. 203, 206.
1722. Morgagni, Adversaria anatomica VI. Anim. LXXV, p. 94. Lugd. Bat. 1740. Le Cat, Traité des sens. Rouen, p. 298. — Amsterdam, 1744, p. 293.
— jEpinus, Novi Comment. Petrop., VII, 303.
1760. Histoire de l'Acad. des se. pour l'année 1760, p. 57. 1819. Purkinje, Beitrage zur Kenntniss des Sehens, p. 89. 1825. Le même, Neue Beitrage, p. 115, 117.
1842. Steifensand, in Poggendorffs Ann., LV, p. 134. — v. Ammon's Monatsschrift fur Medicin, I, 203.
1845. Listing, Beitrag zur physiologischen Optik. Gottingen.
— Brewster, in Transactions ofthe Roy. Soc. ofEdinb., XV, 377.
— Mackenzie, in Edinb. Médical and Surgical Journal, July, 1845.
1846. Donders, in Néderlandsch Lancet, 1846-47, 2e série, II, 345, 432, 537.
1848. Brewster, in Phil. Mag., XXXII, 1. — Arch. des se. phys. etnatur. de Genève
VIII, 299
1849. Gudden, in Mùller's Archiv, 1849, p. 522.
1853. Appia, De l'œil vu par lui-même. Genève.
— Trouessart, Suite des recherches concernant la vision, in Comptes rendus XXXVI
1854. A. Doncan, De corporis vitrei structura. Dissert. Trajecti ad Rhenum. — in Onder-
zoekingen ged. in het Physiol. Laborat. d. Utrechtsche Hoogeschool, Jaar VI p. 171.
— Burow, in J. Mùller's Archiv, 1854, p. 166.
1855. James Jago, in Proceedings of theRoy. Soc, 18 Jan. 1855.
(1) Proceed. Roy. Soc, 18 jan. 1855.
(2) Poggendorffs Ann., LV, 134. — v. Ammon's Monatsschrift f. Med., I, 203.
(3) Edinburgh Médical and Surgical Journal. July, 1845.
(4) De l'œil vu par lui-même. Genève, 1853.
(5) Beitrage zur Kenntniss des Sehens, 1819, p. 89. Neue Beitrage, 1825, pp. U5
(6) J. Mùller's Archiv fur Anat. u. Physiol., 1849, p. 522.
(7) Beitrage zur Physiologie des Schorgans, 1854.
(8) Verhandl. der med.-phi/sik. Gcs. zu Wùrzburg, IV, 100, V. Lief. 3.
(9) J. Mùller's Archiv, 1854, p. 166.
UW (165) PREMIÈRE PARTIE. - DIOPTRIQUE DE I/fJElL. § 16.
1856 Vierokdt, Wahrnehmung des Blutlaufs in den Netzhautgeflissen, in Archiv fur physiol.
Heilkùnde, 1856, Heft IL
Meissner, in Jahrcsbericht fur 1856, Hcnle und Pfnuffer's Zeitschrift, 3, I,
1857 J. Iago, Ocular spectres, structures and functions as mutual exponents, in Proc.
' Roy. Soc, VIII, 603-610. —PM. Mag., 4, XV, 545-550. 1860 0. N. Rood, On a probable means of rendering visible the circulation in the cye, iti
Silliman J., 2, XXX, 264-265 ; 385-38G. 1861. L. Reuben, On normal quasi-vision of the moving blood-corpuscles within the retma
ofthe humaneye, in Silliman 2, XXXI, 325-338 -, 417-417.
§ Ï6. - La lueur oculaire et l'opthalmoscopc.
De la lumière qui vient frapper la rétine, une partie est absorbée, et cela principalement par le pigment noir de la choroïde, et une autre partie est réfléchie diffusément, et renvoyée hors de l'œil à travers la pupille.
Dans les circonstances ordinaires , nous n'apercevons , en aucune façon, la lumière qui sort par la pupille des autres : cette ouverture nous paraît, au contraire, complètement noire. Il faut en chercher la raison principalement dans les conditions de réfraction particulières a l'œil, et en partie aussi dans ce fait que la plupart des points du fond de l'œil renvoient relativement peu de lumière à cause de leur pigmentation foncée. .
Dans tous les systèmes de surfaces réfringentes qui forment une image exacte d'un point lumineux, les rayons peuvent revenir de l'image au point lumineux en suivant exactement le même chemin qu ils ont suivi pour aller du point lumineux à l'image. En d'autres termes, si 1 on met le point lumineux à la place de l'image, l'image vient se former a l'endroit occupé précédemment par le point lumineux.
Il résulte de là que : lorsque l'œil humain est exactement accommodé pour un corps lumineux et qu'il forme une image exacte de ce corps sur sa rétine, si l'on considère la partie éclairée de la rétine comme m second objet lumineux, l'image qu'en forment les milieux de 1 œil corncide exactement avec le corps donné; ainsi, au dehors de 1 œil, tout la lumière qui revient de la rétine se dirige directement vers le corp; lumineux, et il n'en passe pas à côté de ce corps, Pour r**m ^ partie de cette lumière, il serait nécessaire que 1 œil de obs v. eu vînt se placer entre le corps lumineux et l'œil éclaire ; c est ce qu 1 es évidemment impossible de réaliser sans intercepter la lumière qui ^ à l'œil éclairé, à moins d'employer quelque artifice particulier.
Un observateur ne peut pas davantage voir la lumière renvoyée , l'œil d'un autre, si ce dernier est exactement accommode pour la puml ^ ,P.t observateur. Dans ces conditions, en effet, il se forme sut l