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ACUITÉ DE LA VISION INDIRECTE, W

manière qu'on peut le tourner à droite et !» gauche. L'axe de la lame de métal est éloigné de 0",2 du milieu de la ligne qui joint les deux yeux de l'observateur. Le dessous de la planchette C possède un manche.

L'observateur appliquait son nez contre la baguette d, mettait l'écran au devant de l'un de ses yeux, appuyait son menton sur la planchette, et amenait i'av de la bande A à la même hauteur que ses yeux. Alors il regardait fixement !e milieu de la bande, marqué par l'extrémité de l'axe, et faisait avancer peu à peu, dans les rainures formées par les bords de la bande, une carte blanche b, qui portait deux points. Dès que, sans cesser de fixer l'axe, il distinguait les deux points au moyen des parties latérales de la rétine, il cessait d'avancer la carte, et sur une échelle métrique, tracée le long d'une des rainures de la lame, il lisait la distance de ces deux points au point de fixation. Cette expérience fut répétée pour différentes inclinaisons de la lame métallique par rapport à l'horizon. On fit usage de plusieurs cartes portant des marques rondes de différentes dimensions et dont on faisait varier les distances mutuelles. Les points étaient toujours tous deux à une même distance de l'axe de rotation.

Fig. 104.

La figure 104 représente les résultats de ces mensurations pour un couple de points noirs de 2mm,5 de diamètre, distants l'un de l'autre de 14mm,5. Le contour continu se rapporte aux yeux d'Aubert, le contour ponctué appartient à ceux de Forster. Le point d'intersection des rayons vecteurs correspond au point de fixalion de l'œil ; les positions de ces rayons correspondent aux différentes positions de la bande, et leurs longueurs représentent les résultats des différentes déterminations. 0 désigne le haut; CI, le bas; A, le côté externe ou temporal; 7, le côté interne ou nasal. La ligne ab indique la dislance de l'œil à la lame métallique dans les différentes expériences; cette distance était de 0,n,2. Toutes les dimensions linéaires sont réduites au cinquième (1). Les contours représentés circonscrivent donc les parties du champ visuel dans lesquelles on peut distinguer l'un de l'autre deux points ayant les dimensions et l'intervalle indiqués plus haut; si l'on veut avoir les surfaces correspondantes de la rétine, il faut retourner les figures. I-a forme irrégulièrement ovale de ces surfaces témoigne de différences individuelles considérables, môme entre les deux yeux d'une mémo personne.

(1) La réduction au '/«i annoncée par Aijiikrt, ne s'accorde pas aveù les chiffres indiqués,

MO (222) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § ig.

La ligure 105 représente les résultats moyens de mensurations exécutées avec différents couples de points noirs. Sur cette ligure, a est le point de fixation,

ab , ac , etc. , sont les moyennes de toutes les distances qui séparaient du point de fixation les couples m points figurés en b, c, etc. , el céu pour les quatre yeux précités et dans huit méridiens différents.

Le couple de points auquel se rapporte la figure 10£i est celui figuré en c. On voit que la largeur des objets doit augmenter plus rapidement pour de grands angles d'écart. Voici les chiffres eux-mêmes, qui ont servi à tracer la figure 105 :

Fie. 105.

DISTANCE DES POINTS, en millimètres.

DIAMÈTRE DES POINTS, en millimètres.

DISTANCE MOYENNE DES POINTS AU CENTRE, 1 en millimètres.

Dans ces expériences, les deux observateurs rencontrèrent, de plus, d'assez nombreuses parties insensibles de la rétine, de petites taches aveugles, où l'un des < points, ou môme tous les deux, disparaissaient subitement. Outre certaines i places de ce genre qui paraissaient n'être frappées que d'un éblouissement pas- sager, il s'en présentait d'autres qui étaient constantes et qu'on pouvait retrouver i à volonté.

Les phénomènes du pundum cœcum ont été découverts par Mariotte, qui avait entrepris des expériences dans le but de rechercher comment se comporte la vision à l'entrée du nerf optique. Cette expérience fit une telle sensation à celte époque, que l'auteur dut la répéter, en 1G68, devant le roi d'Angleterre. Picard donna à l'expérience une forme qui permet île la réussir avec les deux yeux ouverts. A cet effet, il fixa un papier au mur, se plaça a une dislance d'environ 10 pieds, et fit converger les deux yeux vers son doigt, tenu à une distance telle que, dans les deux yeux, l'image du papier vint se peindre sur le pundum cœcum : alors cet objet disparaît absolument, tandis que. dans ces conditions et avec un pomt de fixation un peu différent, il paraît double. Mariotte surpassa Picard, en faisant disparaître , deux objets à la fois, les deux yeux restant ouverts. On fixe au mur, à la même hauteur, deux , papiers "à une dislance mutuelle de 3 pieds ; on se place à 12 ou 13 pieds du mur, on tient le pouce verticalement, à 8 pouces environ des yeux, et cela de manière qu'il cache a 1 œil droit le papier situé à gauche, et à l'œil gauche le papier situé à droite ; puis on regarde le pouce aussitôt les deux papiers disparaissent, parce que l'image de chacun se forme au punetm cœcum de l'œil pour lequel cet objet n'est pas caché. Le Cat chercha déjà a calculer la grandeur du pundum cœcum sur la rétine; mais il trouva la valeur beaucoup trop petite de 170 à 1 lh de ligne. Daniel Bernouilli en dessina la forme sur le parquet : il plaça une pie» c a< monriW è ^rre, e|. prit un RI à plomb qu'il suspendit près de son œil droit, le po>Us lou- -

|8> HISTORIQUE DU PUNGTUM C.W'.l M. 301

Lnt presque le sol; l'œil gauche étant terme, il regardait avec l'œil droit le long du fl? puis il cherchait sur le plancher les endroits où la pièce commençait a devenir invisible • il trouva ainsi une figure à peu près elliptique; mais comme .1 ne connaisait que d'une manière imparfaite les constantes optiques de l'œil, il trouva, pour la grandeur de la tache aveugle, le chiffre, trop élevé, de 1/7 du diamètre de l'œil.

La découverte de Maiuotte fut le point de départ d'une longue discussion sur une question qui ne pouvait manquer de surgir aussitôt, vu l'état incomplet des connaissances qu on possédait à celte époque sur les fonctions des nerfs : on se demanda si c'est réellement la réUiie qui est la couche sensible à la lumière, ainsi que KepplBR et Scheiner l'avaient admis. Mauiotte conclut que cela devait être la choroïde, puisque cette membrane manque au mnetum cœcum , tandis que les fibres de la rétine sont précisément très-condensees en ce 'point. Un grand nombre d'opticiens distingués, tels que MÉRï, Le Cat, Michell, et, plus récemment D. Brewsteh, se rallièrent à l'opinion de Mauiotte. On insista sur cette idée que la rétine, à cause de sa transparence, doit être incapable d'arrêter la lumière et qu'elle est trop épaisse pour donner une image distincte; Le Cat chercha de plus a démontrer une continuité entre la choroïde et la pie-mère du cerveau. La sensibilité de la rétine fut défendu,- par Pecûuet, de La Hire, Haller, Porterfield, Perrault, Zinn. Leur principal argument était principalement que la rétine est le développement anatomique d'un nerf considérable, tandis que la choroïde ne contient que quelques minces filets nerveux. Tous les autres motifs qu'ils purent alléguer pour appuyer leur opinion et pour aplanir les objections soulevées par l'expérience de Mariotte, n'ont que peu de valeur. Porterfield admit que le nerf optique étant encore entouré et pénétré, à son entrée, d'un névrilème tendineux, ne serait ni ^ assez mou, ni assez délicat pour percevoir un agent aussi subtil que la lumière. Haller insiste aussi sur ce qu'à l'entrée du nerf optique il n'y a pas de véritable rétine, mais une membrane blanche, celluleuse et poreuse, qui pourrait fort bien être impropre à la vision, sans que la rétine fût dans le même cas. D'autres, comme Rudolphi, et même, pendant un temps, Coccius, crurent que la partie insensible correspondait seulement aux vaisseaux centraux du nerf optique, hypothèse qui tomba dès que l'on connut mieux les constantes optiques de l'œil; la remarque en fut faite, entre autres, par Hannover, E. H. Weber, A. Fick et P. du Bois-Reysiond. J. MUller crut pouvoir expliquer l'expérience de Mariotte, en l'assimilant à la disparition, sur les parties latérales de la rétine, des images d'objets colorés placés sur un fond blanc, phénomène sur lequel nous reviendrons au § 23, et qui est dû à la fatigue de la rétine. Il croyait qu'à l'entrée du nerf optique, cette disparition est plus rapide et plus subite. On peut objecter à cette explication qu'un objet lumineux, se présentant soudain dans la partie invisible du champ visuel, n'est pas perçu ; il n'excite donc aucunement la substance du nerf et ne peut la fatiguer.

J'ai exposé, en 1851, les conséquences nécessaires que nous venons de déduire des faits, et étendu aux fibres situées à la face antérieure de la rétine la conclusion que la lumière objective est incapable d'affecter les fibres du nerf optique. Comme on ne connaissait pas encore à cette époque la connexion anatomique de la couche de bâtonnets avec les éléments nerveux de la rétine, on était réduit à supposer que les cellules nerveuses ou les granulations de la rétine devaient être les éléments sensibles à la lumière. Bientôt après, Mu'LLER découvrit les fibres rayonnées qui relient les cônes et les bâtonnets aux éléments nerveux. KôLUKER démontra l'existence de ces fibres chez l'homme, et tous deux furent conduits à admettre que léments de la couche des bâtonnets constituent la partie sensible à la lumière, hypothèse dont MUller donna, enfin, la démonstration physiologique. Celte opinion avait, du reste, été émise antérieurement par Treviranus, mais sans être fondée sur une connaissance suffisante des éléments microscopiques ; il avait donné le nom de papilles nerveuses aux éléments sensibles à la lumière.

On a fait de nombreuses recherches sur l'acuité de la vision dès l'époque où l'on commença àconstruirc des télescopes. Hooke appliqua tout de suite le vrai principe, en recherchant sous quel angle on pouvait distinguer les étoiles doubles. La plupart des observateurs postérieurs recherchèrent la plus petite dimension sous laquelle on peut encore distinguer un point noir, et ils obtinrent naturellement des résultats très-différents : citons Hevelius, Smith, Juiun, Ton. Mater, Courtivron, Muncke, Treviranus. Juiun et Mayer reconnurent l'influence de l'éclairage dans cette expérience. Juiun crut devoir expliquer, par un tremblement de l'œil, qui amènerait leurs images à se superposer, ce fait qu'il n'est possible de distinguer deux lignes comme différentes que sous un angle visuel plus grand que celui nécessaire pour distinguer chacune d'elles. C'est Volkmann qui indiqua les raisons pour lesquelles on ne peut

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obtenir une mesure constante qu'en cherchant à reconnaître des objets comme séparés et c'est d'après cette méthode que E. H. Weber, Bergmann et Mariè-Davy exécutèrent dés mensurations.

Punctum cœcum et position de la couche sensible à la lumière.

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