‹ Optique physiologique [electronic resource]Chapitre 26 sur 105 · XII, 337-358 ; XV · texte numérisé non relu

XII, 337-358 ; XV

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§ S8. — Du champ visuel monoculaire.

Dans l'usage ordinaire de nos yeux, nous les employons tous deux ensemble en les faisant mouvoir dans leurs orbites ou même en déplaçant par moments notre tête et tout notre corps dans l'espace. Les yeux se meuvent alors de manière à fixer successivement différents points des objets placés devant nous, c'est-à-dire de manière à recevoir simultanément, sur les centres des deux rétines, l'image du point que nous fixons. En appliquant les yeux de cette manière, nous sommes à même de percevoir avec exactitude la position des objets dont la lumière parvient librement et en ligne droite à notre œil.

On comprend en effet, d'après les lois.de la réfraction dans l'œil, développées au § 10, que l'on peut déterminer d'une manière précise la position d'un point lumineux dans l'espace, lorsqu'on connaît la position du corps et de la tête, celle des deux yeux dans la tête, et, par suite, celle de leurs points nodaux, et qu'on connaît enfm les points

des deux rétines qui reçoivent les images du même point lumineux. Qu'on mène, en effet, une ligne droite depuis l'image rétinienne de chaque œil jusqu'à son point nodal, les prolongements de ces deux lignes de direction ne peuvent se couper qu'en un seul point, et c'est en ce seul point que peut se trouver l'objet lumineux.

L'exactitude avec laquelle on peut déterminer dans l'espace la position de l'objet perçu dépend, du reste, de l'exactitude que comportent ces diverses déterminations.

Soient donc données :

1) Des sensations suffisantes pour connaître exactement la position

de la tête et du corps par rapport à une base choisie arbitrairement pour les mensurations, tel que le sol sur lequel nous nous reposons ;

2) Des sensations qui nous font juger exactement de la position de

nos yeux dans la tête ;

3) Des éléments de la sensation {signes locaux) qui permettent

de distinguer l'excitation des parties des deux rétines qui reçoivent la lumière du point objectif d'avec celle de toutes les autres parties rétiniennes (nous ne savons absolument rien de la nature de ces éléments de la sensation : si nous en admettons l'existence, c'est précisément parce que nous savons" distinguer les sensations qui affectent les différentes parties de la rétine) ;

nous en avons assez pour pouvoir définir sans indétermination la position du point A dans l'espace. Si ce point se trouvait dans n'importe quelle autre partie de l'espace, il provoquerait nécessairement un système de sensations différent. L'expérience nous apprend qu'en général nous pouvons en effet déterminer, à l'aide de la vue, la position des objets que nous voyons. L'exactitude de cette détermioation est assurément variable et dépend en particulier de la distance où les images du point A se trouvent du centre de la fovea de chaque œil.

Nous aurons donc à examiner dans quelle mesure chacun de ces éléments de la sensation contribue à la perception exacte de la position de l'objet. Nous n'irons pas jusqu'à chercher quelles sont les sensations dont dépend le jugement que nous portons sur la position de notre corps par rapport au sol et sur celle de la tête par rapport au corps ; cette recherche appartient à la physiologie générale des perceptions sensuelles et non à celle de la vision. Nous admettrons donc, dans chaque cas, la position de la tête comme exactement connue par rapport à la base choisie pour les mesures d'étendue. Il reste encore à examiner quelle part ont, dans la connaissance de la position des objets :

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