A. DU CONTRASTE SUCCESSIF. {S
itarel de l'œil ; dans les cas où les résultats des deux contrastes sont milaires, les modifications des couleurs deviennent toujours bien lus sensiUes quand on laisse errer le r^ard qu'en le maintenant a repos.
En général, il est avantageux, pour les effets de contraste, que la ouleur inductrice soit plus intense que la couleur réagissante, pour [a'alors les images accidentelles de la première soient plus vives et plus larables. C'est ainsi que si l'on place, sur un papier coloré, un petit disque de papier blanc, celui-ci présente la couleur complémentaire ; mais là coloration est plus frappante si l'on remplace le blanc parldu pis ou même du noir ; car, dans ces expériences subjectives, le noir doit toujours être considéré comme un gris foncé. Cependant un gris moyen est, en général, préférable au noir. Dans les cas de ce genre, Feffet du contraste peut être assez fort pour transformer en couleur complémentaire une couleur assez vive. Qu'on applique, par exemple, on petit morceau de papier orangé (coloré par le minium) sur une lame de verre rouge, et qu'on tienne le verre entre les yeux et le ciel, le pipîer rougeâtre parait d'un bleu-vert vif, complémentaire de la couleur du verre, bien que cette teinte soit presque complémentaire de ceQe du papier.
n est avantageux que la couleur^ inductrice recouvre une grande partie du champ visuel, parce qu'alors les différentes parties de la rétine s(mt frappées fréquemment et d'une manière durable, et sont fatiguées {AT cette couleur. Aussi les couleurs par contraste sont-^lles particulièrement vives lorsque la couleur réagissante occupe un petit champ CDtouré complètement par un fond étendu, recouveit de la couleur mductrice. Dans ce cas, c'est presque exclusivement la couleur du petit champ qui subit la modification. Mais lors même que les deux champs soot également étendus, les effets de contraste ne font pas défaut : il y a alors influence mutuelle, et la couleur de chaque champ est modifiée par œlle de l'autre.
Enfin, l'effet de contraste est d a^utant plus prononcé, que la couleur indoorice est située plus près de la couleur réagissante ; car lorsque le regard passe de l'un des champs à l'autre, l'image accidentelle est d'autant plus intense, que le passage se fait plus rapidement. Cet effet «montre très-nettement dans la disposition que Chevreul a adoptée pour ses expériences. Il découpe deux bandes de chacune des deux couleurs, jaune et rouge, par exemple, et place une bande jaune en contact avec une bande rouge. Nous désignerons ces bandes par /^ et *,. Puis, à une petite distance de la bande jaune /,, il place une •econde bande jaune /„ et de môme, près de la bande rouge, une
seconde bande rouge It^. L'effet de contraste ne se présente alors que pour les deux bandes moyennes /^ et R^. Le jaune de J^ devient tcrdàtre en se rapprochant du yert^bleu complémentaire de J!,^ et Jl, parait pourpre en se mélangeant d'un peu d'indigo, couleur coaiplénien taire de /,. Les deux bandes extrêmes /, et R^ présentent, au contraire, leur coloration naturelle, ce qui fournit un bon moyen de reconnaître FeiTet du contraste. C'est ce qui explique aussi potirquoi, lorsqu'on voit des champs contigus un peu larges, I*effet du contraste se manifeste principalement sur les bords. Toutes les fols que le regsri passe d'un champ /l à un autre B^ les parties de la rétine qui viennent d'abandonner le champ A, sont les plus fatiguées relativement à fa couleur il, et ce sont elles qui reçoivent limage des parties marginales de B. La fatigue est moindre dans les parties de la rétine qui ont abandonné A un peu plus tôt et ont déjà plus avancé sur B; aussi b couleur induite leur parait-elle plus faible. On compretid donc qûc, toutes les fois que le regard se porte sur le champ 0, les parties iflarginales de B sont le plus modifiées par contraste, et les parties plus éloignées le sont de moins en moins. Amsi, au contact de deux champs, vert et bleu, les bords du vert et du bleu paraissent rdspectivemCiit un peu plus jaunâtre et un peu plus violet que les milieux, par mélange de jaune et de pourpre complémentaires du bleu et du vert. On peut trèsbien observer le jeu des images accidentelles sur le bord des surfaces de ce genre, si Ton s'assigne une série de points de fixation et qu'on Jie déplace le regard que par sauts, en le maintenant un peu de temps sur chacun de ces points. On voit alors distinctement les images accidentelles bien limitées s'avancer dans le champ voisin. Les preitiières d'entre elles, qui sont déjà plus en avant, sont pâles, tandis que le? plus récentes sont plus intenses.
S'il ne s'agit pas de différences de couleur, mais de différences rfintensîté, on trouve que l'intensité du champ réagissant parait diminuée par le voisinage d'un champ inducteur plus éclairé, et augmentée pat celui d'un champ plus foncé.
D'ailleurs, d'autres circonstances rendent l'apparition des couleurs complémentaires plus facile ici que dans les méthodes qui ont été décrites dans le paragraphe précédent, pour voir les images accidentelles négatives. En effet, tandis qu'en général il est nécessaire de fixer intentionnellement, pendant plusieurs secondes, un objet coloré, pour c^tenir ensuite une image accidentelle nettiî, de quelque durée, sur un fond uniformément coloré, on voit, dans les expériences sur le contraste, qu'il suflit de regarder une couleur d'une manière assez rapide pour en induire la couleur conïplémentaire sur le second champ, et que cette