Î4. CONTRASTE SUR GRAND CHAMP COLORÉ
attribué à nn effet de contraste la coloration que prend, dans ce cas, rimage accidentelle du blanc.
Burkbardt a fait récemment une série d'expériences sur les colorations par contraste dans les images accidentelles, colorations qui sont eD général extrêmement vives, parce que la production du contraste tnmve ici des conditions particulièrement favorables. Nous avons déjà ?a des cas de ce genre (page 488), et nous venons de répéter que rimage accidentelle du blanc entouré d*un fond coloré uniforme reproduit la coloration de ce fond. Si le cbamp blanc est contigu à deux champs également étendus et de couleurs différentes, l'image accidentdle du blanc affecte la couleur résultante des deux couleurs du fond. Si Ton projette l'image accidentelle sur un fond coloré, à la couleur de ce fond vient encore se mélanger celle que présentait l'image accidentdle sur un fond blanc. — Voici une jolie expérience de Burkbardt : on r^arde fixement un disque qui porte deux secteurs colorés ; puis, sans cesser de fixer, on met brusquement le disque eu mouvement. L'image accidentelle présente alors, sur le disque, une coloration inverse de celle des secteurs.
B) Avant d'abandonner les cas de contraste où la couleur inductrice occupe la plus grande partie du champ ^suel, il faut encore indiquer k raison pour laquelle le champ réagissant prend parfois la même colo- Wion que le champ inducteur. Ce phénomène se présente 'dans deux irconstances : l"" lorsque le champ inducteur présente une trèsrande intensité lumineuse, et 2® lorsqu'on fixe longtemps le même !>int.
1) Lorsque le champ inducteur possède une très-grande intensité mineuse, je n'attribue pas la coloration homonyme du champ réagis- Dt à une cause subjective, mais à une propagation de la lumière jective. — Toutes les substances transparentes connues, solides ou ides, diffusent, dans toutes les directions, une petite portion de la niëre qui les traverse, et, pour cette raison, elles paraissent elles- Imes faiblement éclairées lorsqu'elles sont traversées par une lumière eDse. Nous avons déjà vu plus haut (§ 1&, p. 193) que la cornée et cristallin sont dans ce cas. Qu'on se rappelle, de plus, les objets toptiques du corps vitré, qui doivent nécessairement dévier une partie la lumière qui les traverse ; qu'on remarque aussi que les parties airées de la rétine réfléchissent de la lumière vers les autres parties fond de l'œil, et l'on de>Ta s'attendre à ce que, lorsqu'une grande antité de lumière pénètre dans l'organe, il s'en répand toujours des aotités sensibles sur des parties plus ou moins grandes du fond de
532 (.W8) DHLXIËME PARTIE. -> DE6 SC^SATïONS VISUËI.LES. g Sft.
coin nie tel et nous empêche de le confondre avec le blanc Lorsqufi Téclairage blanc prédomine, le brouillard répandu sur les parties obscures paratt blanc, et, pour cette raison, on ne le distingue qu'en f ap(H)rtant une attention particulière. Même avec une lumière faiblement colorée, comme celle d'une lampe ou d'une bougie, la liimiéfe propre de la rétine se maiûfeste de la manière indiquée. II suffit de tenir en avant d'un papier blanp, éclairé par la bougie, un petit ol^et opaque et qui ne reçoive pas de lumière ; promenant le regard sur cet objet et sm* le papier, on distingue bientôt sur le noir le reflet indigo, complémentaire du jaune-rouge de la lumière de la bougie. Le papier blanc parait blanc à la lumière d'une bougie aussi bien qu'à celle du jour; mais si on le regarde à travers un tube npirci intérieurement et de petit- diamètre, et que l'on compare avec le champ obscur Tâspect de la petite paitie du papier qu oji peut encore voir, on reconnaît bientôt que le papier est jaune-rouge et que le cliamp parait bleuâtre, tandis qu'à la lumière du jour il né se produit aucune différence de ce genre. C'est là un moyen de reconnaiti*e la couleur qui prédomine dans un éclairage, môme lorsqu'on ne peut pas le comparer à la lumière du jour. 11 en résulte encore que la couleur de la lumière propre de l'œil concorde avec le blanc de la lunuère du jour; aussi ce blanc a-t-il encore une signification particulière par rapport à l'œil, et mérite-t-il le nom de blanc, à l'exclusion de toutes les autres couleurs blanchâtres.
La lumière propre de ïm\ ne peut naturellement pas donner, par comparaison, une détermination exacte du blanc, dans gn champ visuel coloré un peu étendu : cette lumière est évidemment trop faible iwur permettre d'atteindre ce résultat. Si nous avons, dans le chanip visuel, un nombre limité d'objets coloiés, nous sonunes donc assez à même «le déterminer les différences relatives des diverses couleurs présnntes, soit les unes par rapport aux autres, soit par rapport à la couleur moyenne, tandis que ce n'est que bien peu exactement que nous évaluons la différence (nitre cette moyenne et le blanc. Or, à l'éclairage normal du jour, lorsque nous pouvons comparer librement un grand nombre d'objets très-divers, le blanc de la lumière solaii-e est la couleur moyenne par rapport à laciuelle nous apprécions les positions relatives des autres coideurs dans la table des couleurs. Mais si la coul(Hir pn'donnuante est A, do telle sorte que lu moyenne de toutes les couleurs qu'on voit en mùme temps se rapprocbt? de la couleur .1, nous sommes disposés à prendrez cett(î muytînue connue point de déprl temporaire de nos déterminations de couleurs, et à l'identifier avecle blanc.
COJiTHASTE SLR GRAND CHAMP COLORÉ. (309) 533
I (ÛFGOOdtauce que, lorsqu' oa éyite les iouiges accidentdleSf une on trës-faible de la lumière prédominante produit des colora- BIT contrasta tout aussi nettes que pe^t les prp4iiire une couleur urée, me paraft venir p^ticulièrement à l'appui des explications «tes. Le jaune-rouge faible de 1^ lumière de la bougie communs ombres colorées un ))leu très-intense. Je ne trouve pas que devienne m plqs vif. ni plus net| observé §uf un papier ou un -un pouge intense, tant qu'on maintient la fixité du regard ; es qu*on le laisse errer, l'emploi du fond saturé donne des i^ccidentelles bien plus saturas que celles dues simplement tiière de la bo^^e.
lUsposition indiquée pour la première fois par tl* Meyer (i) fmt r d'une manière trè8-sai|lanta de petites différpuces dP ce gepr^. place une feuille de papier à lettres blanc et mince ^ur ^ne 4Htre .pier coloré, par exemple en vert, les deux étaqt exactement de e grandeur ; après les avoir amenées à coïncider exl^^tement, on e un petit morceau de papier gris, qui mt aupsi foncé ou un s foncé que le verU Le papier noir ou blwo çst moins favorable, islucidité du papier bUnc laisse voir fûblement le vert et le gris, smier se tmnt nettement et vigouFeusemept en rose. Si l'on fait la couleur du papier employé, le gris, vu k travers le blanc, e toujours la coloration complémentaire. On réussit fréquemtrouver des conditions telles que la couleur complémentaire par te ressorte plu^ distinctement que la couleur faible du fond. Ce 18 assex de dire que je vois, dans ces expériences, la couleur pai* le tout aussi facilement que lorsque le fond est formé pai* une saturée, je devrais dire plutôt que je la vois plus facilement, l'a fallu faire des tentatives nombreuses pour réussir à voir les 9 par contraste des fragments de papier sous lesquels je glissais er coloré sans dévier le regard.
comparer directement les deux phénomènes, on peut procéder anière suivante. — On met sur la feuille rouge la feuille blanche lucide, sur laquelle on pose un fragment de papier blanc opaque maintient avec une pince. On fixe le regard sur ce dernier en se i une distance convenable pour qu'il présente nettement la couaplépaentaire — cette fixation ne doit durer que quelques instants, uo loa images accidentelles font disparaître rapidement la diffée couleur — puis on retire brusquement le papier à lettres. On 18 le fragment de papier blanc à même sur le rouge. Si Texpé- ■I ■ ■ Il ■ ■ 1 1 I II.
g$. Ann., XCV, 170.
524 (400) DEUXIÈME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. § tt. rience a été faite assez vivement, c'est à peine si la couleur compiémeDtaire parait se renforcer.
D'après les explications que nous avons données sur l'incertitadede la notion du blanc, l'altération de cette notion ne peut jamais dépasser une certaine limite ; or cette limite est déjà atteinte pour une faible saturation de la couleur du fond, et elle ne parait pas pouvoir s'étendre bien plus loin, tant qu'il ne se produit pas d'images accidentelles. D*nn autre côté, on peut beaucoup mieux déterminer la nature d'une coulear comparativement à une couleur du fond qui s'en rapproche beaucoup, que lorsqu'on la compare à une couleur bien plus saturée. La comparaison de deux couleurs est également plus facile lorsqu'elles ont la même intensité lumineuse que lorsque leurs intensités sont très-difiérentes. C'est là ce qui me paraît expliquer pourquoi la coloration par contraste se présente de la manière la moins douteuse lorsque les couleurs inductrice et réagissante sont de même intensité, et que leur différence ne porte que sur la coloration.
Ces mêmes considérations paraissent applicables à l'explicatioD du phénomène suivant. Qu'on tienne, à l'aide d'une pince, un fragment de papier blanc au-'dessus d'un fond blanc de même intensité, et qu'on interpose ensuite un papier coloré entre le fragment de papier et le fond. Lorsque le nouveau fond coloré est assez grand, le fragment de papier affecte la coloration complémentaire. Après avoir laissé le papier coloré pendant deux à quatre secondes, on le retire en fixant toujours attentivement un point du fragment de papier blanc. Aussitôt ce fragment affecte la coloration de la couleur inductrice transitoire, aussi nettement qu'il en avait pris précédemment la teinte complémentaire ; bien plus, dans tous les cas où le fond coloré n'était pas trèsétendu, cette coloration homonyme est plus nette encore que ne Tétait précédemment la coloration complémentaire. Par le fait, après suppression du papier coloré, le fond blanc se teint légèrement de la couleur complémentaire, et comme il est à peu près de même intensité que le fragment de papier, la production de la couleur par contraste est plus favorisée que par la coloration plus intense du papier coloré qu on avait employé. Il en est de même si le grand et le petit morceau de papier sont noirs tous les deux : dans ce cas également la coloration homonyme est plus nette lorsqu'on enlève le fond coloré que n'était la cololation complémentaire au moment de Tinterposition de ce fond.
Il est clair que les choses se passent absolument de même lorsqu'on enlève le fragment de papier en même temps que le fond coloré, et qu'on projette leurs images accidentelles sur un fond blanc ou noir, ce qui justifie notre assertion du paragi'aphe précédent, où nous avons
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tribué à nn effet de contraste la coloration que prend, dans ce cas, mage acddentelle du blanc.
Burkhardt a fait récemment une série d'expériences sur les colora- DOS par contraste dans les images accidentelles, colorations qui sont 1 général extrêmement vives, parce que la production du contraste tmve ici des conditions particulièrement favorables. Nous avons déjà 1 des cas de ce genre (page 488), et nous venons de répéter que image accidentelle du blanc entouré d'un fond coloré uniforme reprolût la coloration de ce fond. Si le cbamp blanc est contigu à deux liamps également étendus et de couleurs différentes, limage accidendie du blanc affecte la couleur résultante des deux couleurs du fond. i l'on projette l'image accidentelle sur un fond coloré, à la couleur de î fond vient encore se mélanger celle que présentait l'image accidenille sur un fond blanc. — Voici une jolie expérience de Burkbardt : Q regarde fixement un disque qui porte deux secteurs colorés ; puis, uos cesser de fixer, on met brusquement le disque en mouvement. I image accidentelle présente alors, sur le disque, une coloration inverse e celle des secteurs.
B) Avant d'abandonner les cas de contraste où la couleur inductrice xape la plus grande partie du champ visuel, il faut encore indiquer » raison pour laquelle le cbamp réagissant prend parfois la même coloition que le cbamp inducteur. Ce phénomène se présente Mans deux rconstances : l** lorsque le champ inducteur présente une trèsrande intensité lumineuse, et 2** lorsqu'on fixe longtemps le même }int
1) Lorsque le champ inducteur possède une très-grande intensité mmeuse, je n'attribue pas la coloration homonyme du champ réagisut à une cause subjective, mais à une propagation de la lumière jective. — Toutes les substances transparentes connues, solides ou lides, diffusent, dans toutes les directions, une petite portion de la mière qui les traverse, et, pour cette raison, elles paraissent elles- Èmes faiblement éclairées lorsqu'elles sont traversées par une lumière tense. jNous avons déjà vu plus haut (§ 14, p. 193) que la cornée et cristallin sont dans ce cas. Qu'on se rappelle, de plus, les objets toptiques du corps vitré, qui doivent nécessairement dévier une partie la lumière qui les traverse ; qu'on remarque aussi que les parties iairées de la rétine réfléchissent de la lumière vers les autres parties fond de l'œil, et l'on devra s'attendre à ce que, lorsqu'une grande antité de lumière pénètre dans l'organe, il s'en répand toujours des antités sensibles sur des parties plus ou moins grandes du fond de
520 (iOl) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. §«. TœiL Cet éclairage par de \é lumière diffuse se présente le [dus netlfrment dans la seconde des méthodes, décrites au § 15, poor nodfe visibles les vaisseaux de la rétine, et qui consiste à ddnnei- un moiwement de va-et-vient, au-dessous de Fceil, à la lumière d'une bougie. Oïl voit Toitibre des vaisseau* rétiniens dans le brouillard lumineui qû remplit alors le fond de l'œil ; Téclairage est donc assurément ol^ectif et n'est pas simplement une propagation de la sensation InmineoR dans la rétine.
On peut facilement constater, dans les expériences objectives tm les lentilles, que la lumière diffusée oSî*e toujours sa plus grande intensité dans la proximité du faisceau lumineux régulièrement réfracté, et qu'elle est d'autant plus faible qu'on s'en éloigne davantage. Lorsqu'on fait tomber sur une lentille éloignée la lumière solûre qui pteètR à travers l'ouverture d'un écran noir et qu'on reçoit l'image de cette ouverture sur un écran blanc, on voit autour de l'image éclairée m nuage blanc, qui ne cesse pas d'être visible lorsqu'on fait en sorte que l'image de l'ouverture éclairée vienne raser le bord de l'écran. Ce nimbe blanc n'est donc pas une irradiation produite dans l'œil^ mais on phénomène objectif. On s'en assure mieux encore lorsqu'on fgût dans l'écran une petite ouverture qu'on rapproche de l'image de l'ouverture éclairée sans les faire coïncider. Si l'on regarde la lentille à travers l'écran, elle parait d'autant plus éclairée qu'on se rapproche davantage de Ffanage de la source lumineuse. — II se produit dans l'œil un phénomène tout à fait analogue. Si l'on voit une flamme lumineuse en avant d'un champ très-obscur, par exemple devant F ouverture d'une porte qui donne dans une chambre tout à fait sombre, la lumière pai-aît entourée d'un nuage blanchâtre dont la plus grande intensité appartient aux points où il touche la flamme. On remarque mieux encore ce reflet himîneux lorsqu'on amène un petit corps opaque entre l'œil et la lumière, de manière à masquer la flamme : aussitôt le brouillard lumineux disparaît, et le fond reprend la coloration noire qui lui est propre» Si la Itunière est colorée, le nuage lumineux coloré diflusé présente naturellement la môme couleur. Je crois que, dans ce cas encore, le nuage lumineux provient certainement de la difiiision de la lumière objectiVe, car la distribution de la lumière difluse ne difl'ère pas de celle que donnerait, dans les mêmes conditions, un système de lentilles de verre. Bais il nous manque assurément ici la preuve fournie par Tombi-e des vaisseaui rétinienSj et que nous avons pu donner pour le cas précédent. Pour la lumière bleue, on voit encore s'ajouter la lumière blanc bleuâtre diffusée par la fluorescence du cristalhn, et qui s'étend également sur tout le fond de l'œil. Lors donc que l'œil reçoit une grande quantité*
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liiffllëre eolorée, les parties de la rétine qui reçoivent les images d'objets obscurs sont éclidrëes faiblement par la lumière prédominante, et cela avec d'autant plus d'intensité, qu'elles sont pins voisines des images des surfaces éclairées. De plus, les parties qu'occupe l'image obscure conservent Texcitation interne de la masse nefvense, la lumière propre, blanchâtre de la rétine. Cette lumière, considérée seule, paraîtrait, par contraste, posséder la coloration complémentaire de la couleur prédominante. Mais s'il y a beaucoup de lumière homonyme à la couleur inductrice, cette dernière produit, dès l'abord, l'impression prédominante, et c'est .pour cette raison que, comme nous l'avons remarqué (dos haut, de petits disques noirs tenus devant des verres colorés paraissent complémentaires pour une faible intensité, et homonymes poor une intensité considérable.
3) Le second cas où la couleur induite est homonyme & là couleur inductrice^ celtii tf une fixation prolongée, s'explique par ce qu'on a vu dans le paragraphe précédent sur la disparition successive des images par suite d'une fixation de longue durée. — Nous avons remarqué, à Tendroit précité, que lorsqu'une portion de la rétine reçoit longtemps la même impression lumineuse, l'intensité de la sensation lumineuse et la ssrtti^nition de la couleur diminuent graduellement. Cependant nous ne remarquons ce changement dan» l'impression que par comparaison ifïc l'impression qu'exerce la même lumière sur les parties iron fatiguées de la rétine. Nous maintenons donc, dans ce cas, le jugement que nous avons formé, au premier aspect, sur la couleur et sur l'intensité. Efleciivement, même si quelque attention sudîsait pour nous faire distinguer ce changement d'impression, nous en reconnaîtrions bientôt la nature subjective, et nous apprendrions bientôt à ne pas le voir, f après notre manière générale de procéder par rapport aux autres phénomènes subjectifs analogues.
Si la surface fixée présente des parties claires et des parties obscures, ces fifTérences s'effacwit graduellement à mesure que l'impression s'afliibKt. — Marquons, sur une semblable surface, un point qui doit servir fc point de fixation — il est avantageux, du reste, pour éviter la prohcdon d*images accidentelles trop intenses par suite des oscillations fc Fœil, que les limites entre les parties clairies et les parties obscures Wt fidblement dessinées — et fixons ce point d'une manière fciine et Outenne : il suffit souvent de dit à vingt secondes pour voir s'effacer tes ffifigrences de lumière très-notables ; les parties les plus claires mmnencent par s'assorabrh-, et en même temps les parties obscures hriennral plus claires. Il est remarquable comment, dans celte expt-tence, de gratides surfaces obscures ou lumineuses se transforment
528 DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATlOiNS VISUELLES. § 54.
souvent en taches mal dessinées, respectivement obscures ou lumineuses, comme si les objets étaient peints avec des couleurs trèsfluides qui viennent se confondre les unes dans les autres.
Du reste, sous cette forme, Texpérience est très-fatigante et d'une exécution difficile à cause de la fixation soutenue qu'eUe exige. Un battement de paupière, le moindre mouvement de l'oeil, suffisent pour faire réapparaître l'image. On réussit d'une manière bien plus commode et plus complète en employant des objets qui ont ime position fixe par rapport à la rétine même, c'est-à-dire les vaisseaux rétiniens. J'ai exposé, au § 15, les méthodes qui permettent de rendre visibles les vaisseaux rétiniens. Ce que ces méthodes ont de commun, c'est qu'on fait arriver l'ombre des vaisseaux suivant une direction insolite, ou qu'on cherche à allonger l'ombre totale. Mais il faut aussi modifier continuellement la direction de la lumière qui projette l'ombre, et l'on ne voit que ceux des vaisseaux dont l'ombre se déplace. Dès qu'on laisse la source lumineuse en repos, les troncs vasculaires disparaissent en peu de secondes en devenant aussi clairs que le reste du champ visuel Us disparaissent plus vite et plus complètement que ne le font les images-d' objets extérieurs, sur lesquels il est diffidle de fixer le regàd; ils s'évanouissent d'autant plus vite, que l'éclairage est plus faible. Os se maintiennent le plus longtemps, lorsqu'au moyen d'une lentille on concentre la lumière solaire sur la surface extérieure de la sclérotique, parce que c'est par ce procédé que le champ est le plus éclairé.
Il suffit de quelque réflexion pour voir facilement que la disparition des vaisseaux rétiniens reconnaît tout à fait les mêmes causes que la disparition de toutes les images qu'on fixe fortement, et qu'il ne s'agit nullement ici d'une particularité des parties de la rétine situées derrière les vaisseaux. Nous ne pouvons pas admettre cjue ces parties soient douées d'une excitabilité plus grande que le reste de la rétine, et que, pour cette raison, elles éprouvent, malgré l'ombre, une sensation aussi forte que les autres parties ; car lorsque nous projetons l'ombre suivant une direction insolite, en éclairant une partie de la sclérotique, soit à travers la pupille, soit extérieureuient, de manière à la faire servir de source lumineuse pour le fond de l'œil, les parties de la rétine qui reçoivent alors l'ombre se comportent absolument de même que celles qui la reçoivent ordinairement. Sur ces parties comme sur les autres, Fimage disparaît rapidement lorsqu'elle ne change pas de position, et les parties ordinairement ombragées ne se distinguent nullement parla persistance d'une intensité plus grande. On voit, sans doute, apparaître de temps à autre des bandes éclairées à côté de l'ombre, dès que celle-ci est restée immobile pendant un certain temps et qu'elle recouimence