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CENTRE DES DIRECTIONS VISUELLES

Dir de petites inégalités des mouvements de l'œil, peut-être aussi de

que les regards n'étaient qu'approximativement et non absolument rallèles. D'après des communications manuscrites , les lignes qui raissent verticales à Yolkmann en maintenant les regards parallèles»

sont ni absolument verticales, ni parallèles au méridien vertical ; es panassent, au contraire, tenir le milieu entre la direction d'un an absolument vertical et celle du méridien vertical de l'œil. M. Yolk- EUin est plus myope que M. Dastich et que moi-même, et les écarts i*il a observés pourraient bien provenir de ce qu'en général les yeux fopes ne voient pas assez exactement, avec des lignes de regard parai* les, pour acquérir de la certitude dans les mouvements faits avec les paes visuelles ainsi placées.

Pour faire ressortir, dans ces expériences, la différence qui est proâte par la convergence, on peut placer d'abord verticalement le Dg fil éloigné, puis, sans déplacer la tête, celui qui est tendu dans tube, en ne cessant pas de fixer ce dernier fil, et comparant ensuite

position des deux fils.

Si Ton fixe enfin, avec des regards convergents, un point situé dans plan médian de la tête, on prend pour horizontales, ainsi que Hering i trouvé (1) , les lignes qui répondent à la position de l'horizon rétinien i YcbH employé. A cet effet, il plaça l'un dans l'autre deux cylindres environ 5 à 6 pouces de longueur et d'un diamètre égal à celui du sage. A l'extrémité antérieure de l'un de ces cylindres était tendu un dont on fixait le milieu et qu'on pouvait amener à paraître horizon- 1, en faisant tourner le cylindre. On prenait la moyenne de dix à vingt périences.

Les faits que nous avons décrits prouvent que, sous le rapport des rsions, il se manifeste une influence réciproque des deux yeux anague à celle relative aux directions ; et il semble que les faits précémis (qui ont d'sdlleurs encore besoin d'être soumis à des mensurations us exactes) peuvent être résumés dans la règle suivante, qui est une :tension du principe établi par Hering pour les directions de la vision qui facilite l'intelligence de l'ensemble des phénomènes. Sopposons, entre les deux yeux, un œil de cyclope imaginaire, dirigé srs le point de fixation commun aux deux yeux, et dont les torsions liyent la même loi que celles des yeux véritables. Qu'on se figure

(1) Beitrige zur Physiologie, p. 254-256. La polémique que M. Hering, s'appuyant sur tte flaqpérieiice,a soulevée contre mon principe de la plus facile orientation, et le principe de ■nktioii du mouvement apparent qu'il a voulu opposer à celui-là, tombent dès qu'on nwqiie que le résultat de cette expérience ne s'accorde avec les indications de Hering • Ayn^we le point de fixation est situé dans le plan médian*

778 (619) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § ». transportées dans cet œil imaginaire les images rétiniennes de Tun des yeux réels, de manière à faire coïncider chacun à chacun les points de regard et les horizons rétiniens. Les points de Fimage rétinienne se projettent alors en dehors y suivant la ligne directrice de Pœil de cyclope imaginaire (1) .

Si donc nous maintenons, par exemple, notre œil droit dans une position fixe, en amenant Fœil gauche du parallélisme à la convergence, c'est-à-dire en le déplaçant à droite, ce qui, en général, lui fait exécuter une torsion, l'œil de cyclope devrait tourner à droite, d'un angle à peu près moitié moindre. Il en résulte que les images visuelles'de l'œil droit, qui est immobile, paraissent se déplacer et tourner du même angle que l'œil de cyclope.

Tant que le point de fixation est dans le plan médian , l'cûl de cyclope n'exécute aucune torsion, et, par suite, les horizons rétiniens paraissent horizontaux pour toutes ces positions.

Pour donner l'explication de cette circonstance singulière, il faut nous rappeler que notre vision naturelle est binoculaire, et que l'expérience ne nous apprend immédiatement à apprécier la position des objets fixés, que par rapport à celle de notre corps, que nous sentons. Nous considérons comme étant à notre droite un corps situé à droite du plan médian de notre corps, mais qui, lorsqu'il est plus rapproché de ce plan que notre œil droit, peut ôtre vu à l'aide d'une faible déviation de l'œil droit vers la gauche ou d*une forte déviation de l'œil gauche vers la droite. Nous ne cherchons pas à juger la position des objets par rapport à chacun de nos yeux, ni même par rapport à notre tête, mais plutôt par rapport à notre tronc, ce support de nos membres. C'est cette relation qui est véritablement la seule utile pratiquement.

Ainsi, le signe sensuel d'un objet situé à droite n'est pas le mouvement à droite que sa fixation demande à l'un de nos yeux, ou à tous deux : c'est la déviation à droite de leur direction moyenne. C'est seulement dans un nombre de cas fort restreint que nous sommes exercés à différencier l'une de l'autre les impressions des deux yeux ; ce sont les cas où cette distinction présente une importance pratique, comme dans la vision binoculaire des corps. C'est pour ce motif que nous sommes bien exercés à percevoir la direction et la rotation moyennes de nos deux yeux et à en déduire l'appréciation de la position des objets fixés, mais que nous savons très-mal estimer la tlirection de chaque œil, ou.

(1) La différence essentielle que présente cette règle avec celle de Hering, c'est qaejf fais exécuter des torsions à l'œil de cyclope, tmdis que Hering en place toujours ITioriion rétinien dans le plan de visée.

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en général, distinguer dans la conscience ce qui appartient h Tun ou à l'autre d'entre eux.

Lors donc que nous parlons de direction de la vision, nous ne sommes ni habitués, ni exercés à distinguer la différence de direction des deux yeux, et nous rapportons en général cette direction au plan médian de la tête, et respectivement du corps. Sous ce point de vue, Hering a raison de rapporter les projections des deux yeux dans le champ visuel, à un centre commun situé entre les deux dans le plan médian du corps, aux environs de la région dorsale du nez. C'est là l'expression exacte des &its, bien que je ne sois pas disposé, comme cet observateur, à en faire la base primitive de l'explication des phénomènes visuels, ne fût-ce que parce que la direction de l'attention exerce une influence notable sur une partie des phénomènes dont il s'agit ici.

Regardant avec un œil vers un objet éloigné et tenant devant la partie inférieure du visage une feuille de papier qui empêche de voir les bras et les mains, qu'on élève le doigt indicateur de la main droite derrière l'écran de papier, comme pour montrer l'objet qu'on regarde, le doigt apparaîtra à gauche ou à droite de l'objet fixé, suivant qu'on aura fait usage de l'oeil droit ou de l'œil gauche.

Le résultat est inverse lorsqu'au lieu de fixer un objet éloigné, on regarde un objet rapproché, comme par exemple, un point du bord du papier, et qu'on cherche à élever le doigt, tenu un peu loin, de manière qn'il apparaisse précisément derrière le point fixé.

Ce résultat répond à la règle établie par Hering. Dans la vision ordinaire et naturelle, nous rapportons les directions visuelles à la racine du nez, et nous mettons le doigt entre cette région et l'objet fixé ; il ne se trouve donc pas sur la ligne visuelle véritable.

Hais l'expérience que nous venons de décrire peut souvent ne pas réussir. Ainsi, lorsque je concentre mon attention sur cette circonstance que je ne regarde que de l'œil droit et qu'en étendant le doigt pour cacher l'objet, je m'efforce de conserver la notion de la position de mon flBÎl droit, j'amène effectivement le doigt dans la position exacte.

Nous reviendrons sur ces phénomènes dans l'étude de la vision lûnoculaire.

n faut encore mentionner une expérience que j'ai souvent répétée. Lorsque je lève l'index , en [fermant les yeux, et que je cherche à le fixer avant de les ouvrir, au moment où je les ouvre, je vois des images doubles du doigt qui répondent à des directions parallèles ou à peu près parallèles des lignes de regard , lesquelles passent tlors des deux côtés du doigt, à peu près à la même distance. Mais ce qui est fort singulier, c'est que j'obtiens une représentation plus nette

de la position de Tindex, lorsque, ayant les yeux feiinés, je touche et je frotte l'extrémité de ce doigt avec le pouce de la môme main. Je puis alors effectivement, avant d'ouvrir les yeux, les disposer de façon que le doigt m' apparaisse simple au moment oïi je les ouvre. 11 en est de même lorsque je touche et que je tâte avec le doigt un corps solide extérieur.

Lorsque nous sommes parvenus, par la comparaison des perceptions tactiles et visuelles, à la connaissance de la direction suivant laquelle nous devons chercher les objets que nous voyons, il en résulte finalement aussi la localisation des images optiques d'une origine quelconque et des excitations subjectives de notre rétine et de notre appareil nerveux visuel.

En effet, nous reportons dans l'espace toutes les excitations des fibres nerveuses suivant cette loi que nous croyons être en présence de phénomènes lumineux situés dans les parties d'un champ visuel monoculaire ou binoculaire où se trouveraient des objets lumineux réels, capables d'éclairer par leur lumière les parties correspondantes des rétines. On peut constater l'exactitude de cette assertion en provoquant des phénomènes subjectifs en même temps qu'on voit des objets réels dans le champ visuel. C'est ainsi que, lorsqu' après avoir développé dans l'œil une image accidentelle du soleil, nous venons à regarder le paysage, cette image accidentelle recouvre certains objets extérieurs qui, à cause de cette image, se voient moins bien que dans les circonstances ordinaires. Certaines parties de la rétine étant fatiguées, les images des objets extérieurs qui s'y représentent sont plus obscures que d'ordinaire. Cette superficie plus sombre, dans le champ visuel, (iésigne l'image accidentelle. On comprend donc immédiatement que l'image accidentelle coïncide, dans le champ visuel, avec les objets qui se dessinent sur la partie fatiguée de la rétine. De la môme manière, il se peut que les ombres d'objets entoptiques, les figures vasculaires, les phosphènes, les images électriques, viennent coïncider, dans le champ de vision, avec des objets extérieurs. L'effet d'une semblable coïncidence est toujours d'éteindre, d'aflaiblir ou de mêler avec d'autres sensations subjectives la sensation que produit la lumière extérieure émanée de certains points du champ visuel. Lorsque nous remarquons le changement ainsi survenu dans l'aspect de certains points extérieurs, nous ne pouvons pas localiser la modification qui se produit dans le champ visuel autrement que ne sont déjà localisés les points qui paraissent modifiés ; les phénomènes subjectifs doivent donc être transportés dans le monde extérieur, d'après les mêmes règles qui se sont formées en nous, par un efifet d'expérience, pour les points du monde réel.

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Il est évident que les phénomènes lumineux subjectifs, qui peuvent prendre naissance dans un champ visuel complètement obscur, doivent se localiser d'après la même règle. — Bien que ces apparitions lumineuses ne coïncident plus avec des images perceptibles d'objets réels, l'expérience nous a déjà fait connaître, pour chaque partie de la rétine, !a direction où devraient se trouver des objets réels qui viendraient s'y )eindre, ce qui détermine la localisation des phénomènes subjectifs .correspondants. Que, dans le champ obscur, les phénomènes subjectifs, eh que les images accidentelles, se localisent d'après la même loi que es impressions des objets réels, c'est ce que l'on constate simplement en iclairant brusquement le champ obscur, sans mouvoir les yeux : aussitôt, it sans se déplacer, l'image accidentelle coïncide avec des objets déterninés du champ. Gomme cette image n'a pas changé de position pendant e changement d'éclairage, elle était préalablement locsdisée de la même nanière que les objets extérieurs avec lesquels elle est venue coïncider.

Ces considérations ne paraissent laisser aucun doute sur l'exactitude [e notre loi d'après laquelle toute impression produite sur la rétine se [)calise exactement dans la partie du champ de vision où l'on verrait in objet extérieur placé de manière à produire la même impression sur Et rétine, la lumière arrivant à l'œil sans déviation.

Cette loi peut se démontrer par des expériences plus directes, mais ssez peu délicates. — Nous savons que des objets lumineux situés espectivement à droite, à gauche, en haut ou en bas, se dessinent espectivement sur la partie gauche, droite, inférieure ou supérieure le la rétine. Chez les personnes dont les tuniques de l'œil sont minces t diaphanes, nous pouvons voir l'image optique d*une lumière bien brillante apparaître à travers la sclérotique, à Tendroit voulu (p. 87). )r, si nous pressons avec l'ongle le côté, droit de l'œil, nous voyons m phosphène à gauche (p. 266). Lorsqu'à l'aide d'un verre converlent nous concentrons de la lumière intense sur la partie droite et extéieure de la sclérotique, nous voyons à gauche, dans le champ visuel, m phénomène lumineux correspondant. Lorsque nous faisons sortir de 'œil, en cet endroit, un courant électrique descendant, nous voyons le même, à gauche, la tache claire correspondante. Si nous excitons, u contraire, l'œil à gauche, le phénomène lumineux se produit à droite laos le champ visuel ; il se présente en haut ou en bas suivant que tous excitons en bas ou en haut.

Les illusions d'optique qui reposent sur ce principe sont très-nomireoses. Nous pouvons les classer de la manière suivante :

1* Les rayons lumineux émanés de l'objet sont déviés, avant de péné* rer dans fœH^ par réflexion, réfraction ou diffraction. — Quand la

782 (616) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 29. lumière reste homocentrique après s'être déviée, nous croyons, en général, abstraction faite des erreurs de jugement que nous avons décrites, voir l'objet dans la partie de l'espace où se coupent les rayons qui pénètrent dans l'œil (prolongés en arrière, si c'est nécessaire). C'est pour cette raison que ce point d'intersection a reçu le nom à' image optique de l'objet (p. 53). Tels sont les effets optiques de nos lunettes et de nos microscopes dioptriques et catoptriques, de nos miroirs plans et sphériques, des loupes et des autres lentilles de verre, y compris les prismes lorsqu'ils sont employés de manière à donner de la lumière sensiblement homocentrique. Il est inutile d'insister ici sur les effets de ces instruments, leur étude formant im chapitre de l'optique géométrique qui a déjà été amplement et soigneusement travaillé. Tous ces instruments donnant des images optiques des objets, que nous croyons voir au lieu des objets eux-mêmes ; ils produisent des illusions d'optique, mais des illusions dont nous pouvons facilement éviter l'erreur, tout en nous permettant, sur les images optiques grossies ou autrement modifiées, de reconnaître bien des choses que nous ne pourrions pas \oir par l'examen direct de l'objet. C'est ainsi qu'un miroir plan nous fait voir les objets d'un point de vue que nous ne pouvons souvent pas prendre en réalité, à savoir, celui d'im observateur qui serait placé derrière le plan du miroir : de cet endroit, notre visage, par exemple, peut être vu de face, ce que nous ne pouvons pas faire directement. Un prisme nous présente séparées les images d'un objet lumineux qui répondent aux difl'érentes couleurs simples de la lumière, et ainsi de suite.

Lorsque la lumière, dans ses déviations, ne reste pas homocentrique, nous voyons des parties lumineuses plus ou moins estompées dans les parties du champ visuel qui répondent aux parties éclairées de la rétine, De ce genre sont Tarc-en-ciel, les franges de diffraction, le reflet de l'eau agitée, etc.

2° La lumière arrive à Cœil sans déviation^ mais cet organe ife>t pas accommode pour le point lumineux. — Si la pupille est libre, les points lumineux du champ visuel sont remplacés alors par des surfaces éclairées présentant, d'une manière plus ou moins irrégulière, la Ibrme connue de la figure rayonnée des petits cercles de diffusion (p. 18S): de petits objets, tels que le croissant lunaire, paraissent alors souvent doubles ou multiples (p. 189). Ces phénomènes proviennent de ce que la lumière d'un point de l'objet ne se concentre plus sur un seul point de la rétine, mais qu'elle se diffuse, au contraire, sur une petite i)ortiofl de la surface de cette membrane. A la surface rétinienne éclaira^ répond alors, dans le champ visuel, un phénomène lumineux étendu superficiellement.

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