‹ Optique physiologiqueChapitre 21 sur 228 · J 4. LA RÉTINE · texte numérisé non relu

J 4. LA RÉTINE

loDgueursarO"",()018 d'épaisseur, formés d'une substance très-réfringente. Ils sont pressés les uns contre les autres comme les pieux d'une palissade ; ils sont coupés net à leur extrémité externe, et se terminent du côté interne par un filet mince qui pénètre dans la couche suivante. Entre eux se trouvent les cônes b (fig. h) . Ceux-ci sont plus épais (de 0"%0045 à 0"",0066) et plus courts que les bâtonnets ; leur substance est la même ; leur extrémité externe se termine par un bâtonnet ordinaire {bâtonnet de cône) ; leur extrémité interne adhère à un corps piriforme à noyau, c, qui en est séparé par im léger étranglement et appartient déjà à la couche suivante [Zapfenkom de Kolliker, noyau de cône de Vintschgau).

Les cônes sont dispersés entre les bâtonnets, moins nombreux à la périphérie de la rétine, en plus grande quantité vers la tache jaune. Dans la figure 10, on voit en A la surface de la couche de bêtonnets prise à l'équateur de l'œil, en B une partie prise au bord de la tache jaune, en C une partie de cette tache elle-même. Les petits cercles correspondent aux bâtonnets, les grands aux cônes ; à l'intérieur de ces derniers, on voit h, coupe du bâtonnet de cône.

D'après les observations de Krause, les bâtonnets sont eux-mêmes composés chacun de deux parties en forme de bâtonnets, dont l'interne est composée d'une substance moins réfringente, et présente un diamètre plus grand (0'"",0018 à 0'"'",0022) que l'externe (de 0™",0013 à 0"",0018). Les parties internes des bâlonnets sont situées dans le même niveau que les parties internes des côiiefi^ qui sont plus épaisses et en forme de bouteilles; les parties externes de ces cônes, les bâtonnets de cônes déjà mentionnés plus haut, sont sur le même rang que les parties externes des bâtonnets ; mais elles sont plus courtes, et n'arrivent par conséquent pas tout à fait aussi près de la choroïde. Le diamètre de la partie interne la plus épaisse des cônes atteint de <>"",00â à 0""",006; ce n'est que dans la forea centralisa où les cônes ne sont plus séparés par des bâtonnets, que ces cônes sont moins épais (extrémité interne de 0""',002 à 0""",0025 d'après M. Schultzo, dans une petite étendue, de 0"'"\0015 à 0'""", 002 d'après H. Millier, de 0",0031 à 0""»,0036 d'après AVelcker-.

2** La couche limitante externe n'est indiquée sur le dessin que par une ligne grise.

3* I^ couche de noyaux [couche granuleuse erterne de KoHik(M% Robin, etr ) (i?, pi. I, fig. 5) contient, d'nprès Henio, on un p^rand

nombre de couches superposées, des noyaux ellipsoïdaux qui, à l'état frais, sont striés en travers d'une manière particulière et très-élégante.

Chaque noyau présente, en général, trois bandes claires séparées par des bandes plus obscures^ et qui sont l'expression optique de couches alternatives de deux substances qui traversent le noyau parallèlement à la surface de la rétine. Sur des préparations bien durcies, on voit ces noyaux superposés en rangées régulières qui sont perpendiculaires à la surface de la rétine. Us se comportent avec les réactifs tout à fait autrement que les cellules nerveuses, de manière qu'on peut les distinguer parfaitement de ces dernières. Leur grand axe, qui est perpendiculsdre à la surface de la rétine, a de 0'"",006 à 0""",007; le petit axe n'en mesxu'e guère plus de la moitié.

Gomme il serait possible que cette couche contînt aussi des éléments sensibles à la lumière, il est important de la distinguer des couches de cellules nerveuses, surtout si l'on considère que la théorie des couleurs de Young demande un nombre de semblables éléments plus considérable que ne peut en contenir la simple couche de cônes, au moins dans la tache jaune. Néanmoins l'opinion qm admet les noyaux comme éléments sensibles à la lumière semble douteuse, par ce fait que ces éléments, quoique ne manquant pas dans la fovea centralisa y sont cependant superposés en plus petit nombre que dans les autres parties de 1^ rétine.

Dans la couche de noyaux s'élèvent aussi les noyaux'.de cônes mentionnés plus haut, qui contiennent un nucléole et se continuent en dedans sous forme d'une fibre cylindrique lisse et brillante de 0"",0016 de diamètre ; celle-ci peut être suivie à travers l'épaisseur de la couche des noyaux, et pénètre dans la couche granulée externe, tantôt en présentant, tantôt en ne présentant pas un gonflement de forme cellulaire.

A"" Couche fibreuse externe (5, pL I, fig. 5) {couche intermédiaire^ Zwischenkâmerschicht). On ne peut reconnaître, en général, une couche fibreuse particulière que dans la tache jaune ou autour de cette tache, et près de Yora serrata de la rétine, c'est-à-dire le long de son bord extrême.

Les fibres de la tache jaune >ont la direction de rayons qui, du centre de la fovea centralisa divergent dans tous les sens et sont princ^>aleraent parallèles à la surface de la rétine ; une partie de ces fibres sortent en faisceaux de la couche des noyaux et se joignent aux tractus fibreux horizontaux ; d'autres se détachent de ces tractus pour aller se perdre dans la couche granulée externe et dans la couche de cellules nerveuses. Ces fibres présentent probablement les liens qui unissent

.5 5. LA RKTINE. 29

les cônes de la fovea centralis et les cellules nerveuses qui sont accumulées en si grand nombre autour de cette dépression.

Le grand nombre de ces fibres nous permet assurément de douter avec Henle qu'elles servent toutes à cet usage. Nous verrons plus loin, § 25, quel est le rôle probable de ces fibres pour la production des iiooppes de Haidinger dans la lumière polarisée.

5» et 6* Couche granulée externe et couche ganglionnaire externe. Ces deux couches représentent ce qu'on a longtemps nommé la couche granuleuse interne (4, pi. I, fig. 5).

T Couche granulée interne (anciennement, couche granuleuse grise ou finement granulée) (5, pi. 1, fig. 5).

C'est dans ces cinq dernières couches qu'on a décrit les fibres de Huiler, qui sont en relation avec les granules / et y (fig. h) dont le diamètre varie de 0"",004 à 0'"",00J). Un grand nombre des fibres rayonnées de Huiler, notamment celles qui se confondent avec la membrane limitante hyaloîde, sont certainement des fibres appartenant au tissu conjonctif. On ne ssdt encore rien de complet sm- la marche des fibres nerveuses propres, qui, d'après MaxSchultze, se font reconnaître parleur aspect moniliforme ; on connaît seulement leur parcours dans la couche h plus antérieure de la rétine, ou épanouissement du nerf optique.

8» La couche ganglionnaire interne [couche de cellules nerveuses) ($, fig. 6} , consistant en grandes cellules ner\'euses ou corps ganglionnaires pourvus de nombreuses ramifications. La figure 11 représente d'après Corti un de ces corps pris dans l'œil d'un éléphant. Us contiennent chacun un noyau a (fig. 11). Les ramifications vont se confondre en partie dans les fibres du nerf optique (dans la fig. A, pi. I, ^ est la cellule, m une fibre nei-veuse) ; elles paraissent aussi , en partie, être en rapport avec les fibres de Millier.

Cette couche a sa plus grande épaisseur à la tache jaune; elle y contient de huit à dix cellules superposées ; près delà périphérie de la rétine, elle devient plus mince et les cellules n'y formeiit plus de couche continue.

Fie. 11.

30 (2i) DESCRIPTION ANATOMIQIJE DE LmiL. § A.

9° Couche de fibres nerveuses [épanouissement du nerf optique). A partir du point de pénétration du nerf optique ses fibres s'étendent en rayonnant sur toute la rétine, à l'exception de la tache jaune qu'elles contournent. C'est autour de l'origine du nerf que cette couche de fibres présente, comme de juste, sa plus grande épaisseur (0"",2) ; près des limites de la rétine elle devient plus mince (0"",004 au bord). Ces fibres sont de l'espèce de ces fibres nerveuses très-fines qui, après la mort, se gonflent en prenant une apparence moniliforme. Leur épaisseur est très-variable (de O'"",0005 à 0'"'",0045) ; on ne sait encore rien de positif sur leurs terminaisons. Quelques-unes se joignent aux ramifications «des cellules nerveuses ; il en est probablement de même pour toutes.

Entre les fibres nerveuses de cette couche pénètrent encore les extiA* mités internes des fibres de Mûller qui s'y ramifient en forme d'arbres.

10" Leurs dernières extrémités se fixent b une membrane transparente comme du 'verre, qui limite intérieurement la rétine : c'est h membrane limitante.

La macula lutea^ qui est pour la vision la partie la plus importante de toute la rétine, se distingue par sa couleur jaune, qui provient d'un pigment qui en pénètre toutes les parties, excepté la couche de bâtonnets. La couche de fibres nerveuses y manque et la couche de bâtonnets n'y présente que des cônes. Au centre de cette tache se trouve une dépression très-transparente , la fovea centralisj qui se rompi facilement, et qui, pour ce motif, a souvent été prise pour une ouverture. La couche ganglionnaire interne est plus ép?isse à la périphérie de la tache jaune que dans toutes les autres parties de la rétine ; mais elle devient plus mince dans la fovea centralisa et n'y contient que peu de cellules superposées ; les couches granuleuses externe et interne manquent complètement dans la fovea ; la couche de noyaux devient plus mince. D'après Remak et KôUiker, toutes les couches , excepté celle des cellules ner\'euses et celle des cônes, manquent dans la fovea centralis. Entre la couche de cônes et la choroïde, il y aurait, d' après Remak, une substance transparente d'un jaune intense. — En défini<=r tive, on peut admettre dans la fovea, outre les cônes ^ une couche provenant de la fusion des deux couches de cellules nerveuses entre ellee et avec la couche de noyaux.

Malgré son importance, l'histoire de la tache jaune est incomplet tement connue sous bien des rapports, parce qu'on ne l'a trouvée jusqu'aujourd'hui que dans l'œil de Thomine et des singes, et que les l)arties délicates ([ui la constituent se rompent bientôt après la mort.

^ A. LA RÉTINE. (2î) 31

Il a donc fallu faire presque tontes les recherches minutieuses relatives à cette région sur des yeux de suppliciés ; ce qui rend évidemment rares les occasions d' étude.

Dans l'examen ophthalmoscopique, la fovea centralis se distingue par un reflet particulier (voy. § 16) . Elle contient le point de la vision directe, c'est-à-dire que c'est sur elle que vient se peindre le point du champ de vision sur lequel nous fixons le regard.

Les vaisseaux de la rétine {artère et veine centrale de la rétine) pénètrent dans l'œil par le milieu du nerf optique, puis ils se ramifient dans toutes les directions. A leur origine, ils sont placés près et audessous delà. membrane limitante, dans la couche des fibres nerveuses; plus loin ils pénètrent aussi dans les couches ganglionnaire interge et granulée interne, et se ramifient dans ces deux couches àous forme d'un réseau capillaire à laides mailles. La po- Btiou et la forme de cet arbre viscalaire sont importantes pour certaines images optiques (1) ; c'est pourquoi j'en reproduis (fig. 12) un dessin qui a été exécuté par Donders d'après une préparation injectée. Les artères sont claires; les veines, foncées. Dans la tache jaune, il n'y a pas de vaisseaux un peu forts» et dans la fovea il ne pénètre même pas de capillaires. Ce point important est entoure par une couronne d'anses terminales de capillaires.

A son bord antérieur {ora serrata) , la rétine se transforme en une couche de cellules {pars ciliaris retinœ). Accompagnant la membrane limitante, qui se continue également, ces cellules viennent recouvrir les procès ciliaires et la surface postérieure de l'iris aux points où ces parties semblent se transformer en cellules pigmentaires, et elles y adhèrent fortement.

(^mme les dimensions de la rétiue et de ses éléments sont d*une grande importance pour an très-grand nombre dlmages optiques, je donne ici une liste de mensurations, réduites en millimètres, faites sur ce sujet par différents obsor-

Fic. 12.

(i) Voyez plus loin, § là.

32 (25) DKSCUIPTION AiNATOMIQUK DK L'CKIL. . § û.

valeurs. Je inaix|ue Kr les mensurations de Krause, W celles de E. H. VTebcr, U celles de firûcke, Ko celles de Kôlliker, V celles de Vintschgau.

Diamètre de l'entrée du nerf optique : Kr. 2,7 et 2,U ; W. 2,09 et 1,71.

Diamètre du cordon vasculaire de ce nerf : W, 0,704 et 0,63.

Distance du centre du nerf optique à celui de la tache jaune : W. 3,8; Kr, 3,28 et 3,6.

Distance de ce centre au bord interne de la tache jaune : AT), de 2,25 à 2,7.

Diamètre horizontal de la tache jaune : Kr, 2,25 ; W, 0,76 ; Ko, 3,2/i.

Son diamètre vertical : Ko, 0,81.

Diamètre de la foma centralts : Ko. de 0,18 à 0,225.

Distance de Vora serrata au bord de l'iris, du côté nasal: ^. 6; — du côté temporal : 7.

Épaisseur de la rétine autour du nerf optique : Ko, 0,22.

— à la partie postérieure du globe de l'œil : Kr. 0,164 ;

Ko, 0,135.

— à l'équateur : Kr, 0,084.

— au bord antérieur : Ko. 0,09.

Épaisseur des couches dans la tache jaune: Ko. cellules nerveuses, de 0,101 k 0,117; couche finement granulée, 0,045; couche granuleuse interne, 0,058; couche intermédiaire, 0,086; couche granuleuse externe, 0,058; cônes, 0,067.

Diamètre des cellules nerveuses : B. de 0,01 à 0,02; Ko. de 0,009 à 0,056; en général, de 0,013 à 0,022.

Diamètre des noyaux : B. de 0,006 à 0,008 ; Ko. de 0,004 à 0,009. Le noyaa de cône : V. 0,0068.

Diamètre des bâtonnets : B. et Ko. 0,0018; V. 0,0010.

Longueur des bâtonnets : B. de 0,027 à 0,030; Ko. de 0,063 à 0,081.

Diamètre des cônes: Ko. de 0,0045 à 0,0067; V. de 0,0034 à 0,0068. Dans la Uche jaune : Ko. de 0,0045 à 0,0054.

Longueur des cônes : V. de 0,015 à 0,020.

Les ouvrages récents les plus importants relatifs à la structure de la rétine sont :

18A5. F. Pacini, inNuovi Annali dello scienzenat. di Bologna, 1845.

1851. H. MOLLIR, in Sieboid und Kôlliker's Zeitschri/t fur wiss. Zoologie^ 1851, 5. 234.

— Verhandl. der Wùrzburgermed. Ges., 1852, S. 216. Ibid., III, 336; IV, 96. 1850. CORH, in J. Mùller's Archiv. 274. — Zeitschr. fitr wùssensch. Zoologie^ V. — J. Hknle, in Zeitschr. fur ration. Medicin^ N. F„ II, 304 und 309.

1852. À. KUluker, Verhandl. der Wûrzburger med. Ges,^ III, S. 316.

1853. A. KUluker et H. Mî'ller, Compt. rend, de VAcad. des se., 1853, sept. 23. — De»

mêmes, la planche de la rétine, in Ecker^ Icônes physiohgicœ.

— R. Remak, in Compt. rend, de VAcad. des se, 1853, oct. 31 ; Alig. med. Centrais»^

1854, et in Nr. 1, Prager Vierteljahrsschr., XLIU, S. 103.

— M. DI VlifTSCHGAU, in Sitzber. d. Wiener Akad., XI, 943.

1856. A. KitLLiKER, Mikroskopische Anatomic. Leipzig, 1854, II, 648-703.

1856. il. M(!ller, Anatomische Beiirage zur Ophthalmologio (Archiv fur Ophthaimoiogtej

II, 2. S. 1;III, 1,S. 1; IV, 1, S. 269. — Le mèmFm Anatoniisch-physiologischc Untersuchungen (iber die Rctina bei MensehMi

uiul WirbclUlieren (Sieboid und Kii//iker*s Zeitschrifï fur wissensch. Zoologie f

VIII, 1 ;— Compt, mut., t. XLIIl, oct. 20).

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