PARTIES QUI ENTOURENT L'OEIL. (29) M
partie antérieure et interne de l'orbite, longe le globe de Tœil en se dirigeant vers la tempe, et s'insère en v à la partie postérieure et externe du globe. L'axe de rotation BB^ relatif aux muscles obliquas, est horilontal. Il est dirigé d'avant en arrière et de dehors en dedans, et fait, avec l'axe relatif aux muscles droits supérieur et inférieur, un angle d'environ 76*, avec l'axe de l'œil un angle de 35*".
Par Faction diversement combinée de ces six muscles, non-seulement l'axe de l'œil peut être dirigé dans toutes les directions, mais encore l'oâl peut recevoir des mouvements de rotation autour de cet axe. Si nous avons admis pour chaque paire de muscles un axe de rotation conunun, c'est que cette supposition paraît permise, au moins comme première approximation, et qu'elle simplifie singulièrement Fexamen des mouvements que les muscles de l'œil ont à exécuter.
En avant, le globe de Tœil est protégé par les paupières. Chacune d'elles contient une petite lame cartilagineuse qui est recouverte SOT sa face extérieure par la peau, sur sa face intérieure par une muqueuse dont la continuation va tapisser l'œil sous le nom de conjonctive oculaire. Cette membrane est unie lâchement à la sdérotiqœ, arec laquelle elle ne se confond qu'en approchant du bord de bccmiée.
La surface de la conjonctive et la face antérieure de la cornée sont continueUement humectées par trois sécrétions différentes ; ce sont : !• La sécrétion des glandes de Meibomius, qui se trouvent sous la conjonctive à la face interne des paupières, et dont les conduits excréteurs s'ouvrent le long de l'arête postérieure des bords palpébraux. Cette sécrétion graisseuse s'arrête sans doute le plus souvent sur les bords des paupières et empêche les larmes de déborder ; mais elle peut aussi s'étendre en gouttes huileuses sur la cornée, notamment à la suite de forts mouvements des paupières. 2° Le mucus des glandes de la conjonctive, qui sont nombreuses, surtout au bord des plis qui séparent les paupières et l'œil. 3° Le liquide des larmes, sécrété par les glandes lacrjmales, qui sont au nombre de deux de chaque côté et situées à la partie supérieure et externe de Torbite. Elles versent leur produit, qui ne contient qu'environ 1 0/0 de substances solides, par sept à dix canahcules qui aboutissent à la partie supérieure de l'angle externe de l'œil, entre la paupière supérieure et le globe. De là ce liquide se répand sur toute la surface de la conjonctive, et est reçu, à l'angle interne, par deux fines ouvertures, les points lacrymaux^ orifices des deux canalicules lacrymaux; ceux-ci le versent dans un canal plus étendu, le coyiduit lacrymal^ lequel débouche dans la fosse oasaie.
La conjonctive de l'œil est excessivement sensible. Le moindre contact d'un corps étranger y détermine de la douleur et un mouvement involontaire des paupières, le clignement. C'est grâce à ce mouvement et à l'écoulement continu des larmes, qui imprègnent la conjonctive, que la surface antérieure de la cornée est constamment maintenue brillante et propre, condition indispensable pour une vision distincte. Enfin les cils arrêtent les parcelles de poussière, les insectes, etc., que l'air peut contenir.
9 ». -- DivlaloB du sujet.
L'optique physiologique est l'étude des perceptions fournies par le sens de la vue*
Noos voyons les objets extérieurs par l'intermédiaire de la lumière qu'ils émettent et qui vient pénétrer dans l'œil. Cette lumière frappe la rftine, partie impressionnable de notre système nerveux, et y excite des sensations qui, transmises au cerveau par le nerf optique, nous permettent de nous représenter l'existence d'objets déterminés situés dans l'espace.
n résulte de là que l'étude des perceptions visuelles se divise en trois parties :
!• L'étude du trajet de la lumière dans F œil. Comme nous aurons à nous y occuper principalement de la réfraction des rayons lumineux, et que nous n'y parlerons qu'exceptionnellement de lumière réfléchie, soit régulièrement, soit diffusément, nous pourrons donner à cette partie le titre de dioptrique de tœil.
T \I étude des sensations du nerf optique^ où nous traiterons des sensations, sans tenir compte de la possibilité de les utiliser pour reconnaître des objets extérieurs.
3^ U étude de F interprétation des sensations visuelles^ qui traite de la représentation que nous nous formons des objets extérieurs, en nous fondant sur les sensations visuelles.
V optique physiologique diffère donc de \ optique physique^ en ce qu'elle ne traite des propriétés et des lois de la lumière qu'en tant qu'elles ont rapport aux perceptions visuelles, tandis que l'optique phyâque examine ces propriétés et ces lois telles qu'elles subsistent indépendamment de l'œil humain. Si cette dernière tient compte de l'anl, c'est uniquement à titre d'instrument d'expérimentation et de réactif plus commode que tous les autres pour reconnaître la présence et rétendue de la lumière et pour distinguer les différentes sortes de Imnière.
Pour ceux des lecteurs qui ne sont pas complètement familiarisés avec les f^luis de l*optiquc physique, j'intercale ici un court aperçu des propriétés
essentielles de la lumière qui sont importantes pour Toptique pbysiologiqiie, et je donne les définitions des principes de physique auxquels nous aurons besoin de recourir par la suite.
La plupart des pbysidens considèrent la lumihe comme étant une forme particulière de mouvement d'un milieu hypothétique, Téther, et nous adopterons cette manière de voir, la théorie des ondulations y comme rendant très-complètement compte de tous les faits.
La manière la plus facile de se représenter le mode de mouvement des particules d*éthcr le long d'un rayon lumineux, qui sert de base aux déductions de h théorie des ondulations, c'est de saisir avec la main l'extrémité supérieure A d'un fil mouillé ou d'une chaînette fine A£(fig. 18)» qu'on laisse pendre verticalement; puis de faire mouvoir la mtio ^.^ çà et là dans un plan horizontal. Le fil prend la forme d'une ligne ondulée, représentée dans la figure par le trait ponctué; \ cette ligne se meut continuellement de l'extrémité supérieure
\ ^ vers l'extrémité inférieure. Dans les ondulations qui se propigent de haut en bas, le long du fil, chacune de ses molécidei reste toujours à la même hauteur au-dessus du sol. Cependant une molécule peut osciller en ligne droite, soit de droite I gauche, soit d'avant en arrière; ou bien, toujours sans sortir . '^l d'un plan horizontal, elle peut se mouvoir horizontalement a«- ,
tour de sa position moyenne d'équilibre suivant des trajectoirei j '^f circulaires ou elliptiques, selon que la main qui tient le fil se ] meut de droite à gauche, d'avant en arrière» ou bien suivant dei courbes fermées.
]6^ Le mouvement d'une série de particules d'éther le long di
laquelle se propage un rayon lumineux est tout à fait semblaUe à celui des différents points du fil. Chaque particule d'éther reste constamment dans le voisinage de sa position d'équilibre . primitive, et décrit des trajectoires droites ou courbes de part et i ^ d'autre de cette position. Ce qui se propage sous le nom de
FiG. 18. lumière, ce ne sont pas les particules d'éther elles-mêmes, mail seulement la forme d'onde qu'elles affectent pendant leur nHNH vemcut, et cette onde se propage avec ses différentes variations de forme et di vitesse.
Les trajectoires des particules d'éther pendant le mouvement lumineux sont comprises dans des plans perpendiculaires à la direction suivant laquelle se propagent les ondulations, absolument comme dans notre fil, où les ondulations s'avancent verticalement vers la terre, et où chaque portion du fil décrit sa trajec* toirc sans sortir d'un même plan horizontal. C'est en cela que les ondes lumineuses diffèrent de celles produites dans les fluides élastiques, des vibrations sonores de l'air, par exemple, où les particules QmWQwi parallèlement à la direction suivant laquelle a lieu la propagation.
Si, dans une série d'ondulations lumineuses, les particules vibrantes de Tétiier décrivent des lignes droites, la lumière est dite polarisée en ligne d^Kiite; û h
s 8. PROPRIÉTÉS DE LA LUMIÈRE. (52) 65
(rajecUMre est drcalaire ou elliptique, la polarisation est circulaire ou elliptique, le moinreiiient de rotation pouvant d'ailleurs se faire vers la droite ou vers la gaochcL Deux rayons polarisés en ligne droite et dont les directions d'oscillation sont perpendiculaires Tune à l'autre, sont dits polarisés à angles droits. La lumière naturelle, telle qu'elle est émise par les corps lumineux, se comporte le plus sooTent comme un mélange uniforme de toutes les sortes de lumière polarisée, et on l'appelle lumière non polarisée. Ce n'est que par la réfraction et la réflexioD qu'on obtient de la lumière où Tun des modes de polarisation prédo- Hiioe ou même se trouve seul.
Quand, dans le mouvement lumineux, chaque particule d'éther oscille exactement dans le même temps et avec la même vitesse sur une même trajectoire, la hmièfe est dite simple, monochromatique ou homogène, et le temps que la parlicoie met à parcourir une fois sa trajectoire, s'appelle durée d'oscillation. La pHticnlarité la plus remarquable qui différencie les lumières ayant différentes durées d'oscillation, est la couleur. La lumière naturelle des corps lumineux [n'est oriîiiairenient pas de la lumière simple avec une durée d'oscillation constante, maisoDiitient des ondes innombrables qui présentent une suite continue des durées fosoDation les plus diverses. Une telle lumière est dite mélangée ou composée. La manière la plus facile de décomposer la lumière consiste à utiliser la réfraction far des prismes transparents; après la réfraction, les ondes dont la durée d'oscil- Ubo est différente, se propagent dans des directions différentes. Nous pouvons tmc comparer le mouvement qui existe dans un rayon de lumière naturelle à odid que prendra notre fil, si la main qui le tient vient à faire des mouvements ÎRégalien aussi bien pour la durée que pour la direction, mais sans jamais s'écarter beaucoup de sa position moyenne.
La vitesse de propagation des ondes lumineuses est excessivement grande. Pour l'espace, elle a été déterminée d'après des observations astronomiques, et Mteint 310 i77,5 kilomètres par seconde. Dans les corps transparents elle est pios faible, et alors, les gaz seuls formant exception , elle possède généralement oœ valeur un peu différente pour la lumière dont la vitesse de propagation est fiflérentc.
Dans les corps cristallisés, ou dans ceux dont la structure moléculaire varie SBÎvant les différentes directions (corps biréfringents) , la vitesse de la propaga-tir»D varie avec les différentes directions de la propagation et de la polarisation.
Si un rayon lumineux simple, polarisé rectiiigncmcnt, vient à se propager k long de la ligne AB (fig. 18), les particules d'éther qui étaient d'abord sur la ligne droite AB, se disposent suivant une ligne ondulée a^^ 6„ a^ h^^ a^, qui se déplace avec une vitesse uniforme, et offre, de part et d'autre ûcAB, des inflexions de longueur constante. La distance c„ c^ comprise entre deux de ces inflexions, on, en général, la distance qui sépare deux points correspondants sur deux portions consécutives delà ligne ondulée, est ce qu'on appelle la longueur d'onde. Pendant que le sommet de l'ondulation se déplace de a^ ena^, il faut qu'un ammeau sommet soit arrivé en /l, et que la particule d'éther qui est en A ait xcompli une oscillation entière. Pendant la durée d'une oscillation la lumière K prop^ donc d'une longueur d'onde, c'est-à-dire que cette longueur égale
Ue (55) DE L'OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE. § 8.
la durée de Poscillatioii multipliée par la vitesse de propagation. Il suit de là que, pour des lumières d*égale durée d'osciUation dans différents milieux transparents, la longueur de Tonde doit être proportionnelle à la vitesse de propagation, et que dans les milieux transparents denses, les longueurs d*onde sont en générai moindres que dans le vide.
Les phénomènes d'interférences permettent de mesurer les longueurs d^ondes, et, par suite, de calculer la durée d'oscillation de la lumière considérée. Les phénomènes de l'interférence reposent sur ce fait que deux rayons lumineux se renforcent, lorsque les mouvements qu'ils produisent dans l'éther sont de même sens, et qu'ils se neutralisent lorsque ces mouvements sont de sens contraire. Ainsi^ denx parties d'un rayon lumineux qui se réunissent après avoir suivi des directioDS différentes, se renforcent si les chemins qu'ils ont parcourus sont de même km» gueur ou diffèrent d'une, de deux,..., d'un nombre entier de longueurs d'ondes; elles se neutralisent, au contraire, si les chemins parcourus diffèrent d'un nombre impair de demi-longueurs d'ondes. Au moyen des phénomènes d'interfêrences, on a trouvé que les longueurs d'ondes mesurent, dans le vide, de 1^ à 25 milHonièmes de pouce de Paris (de 0,00039 à 0,00069 mm.); et de là on est arrivé à trouver de /i51 à 789 billions pour le nombre des oscillations par seconde.
Les vibrations qu'un point lumineux placé dans un milieu uniréfringmt communique à l'éther environnant, se propagent uniformément et avec une mêniB vitesse dans toutes les directions. Delà résulte une propagation sphérique de l'onde^ dans laquelle l'amplitude d'oscillation des particules vibrantes de l'éther diminue proportionnellement à l'accroissement du rayon de l'onde. Or l'intensité de la hh mière étant proportionnelle au carré de l'amplitude d'oscillation, cette intensité sera par conséquent inversement proportionnelle au carré de la distance du point lumineux. Dans une semblable propagation du mouvement lumineux dans l'espacet on appelle surface d'otide la surface qui contient des particules d'élher qui sonl toutes dans la même phase de l'oscillation.
J'ai encore à préciser ce que nous appelons un rayon lumineux. D'après st définition mathématique, c'est une ligne perpendiculaire à la surface d'onde; si donc nous nous occupons d'ondes se propageant sous forme sphérique, le rayoo lumineux est un rayon de sphères concentriques, et conserve sa direction aussi loin que le mouvement lumineux se propage sans obstacle dans le même milieu transparent Si maintenant nous considérons les particules d'élher disposées le long d'un rayon, leur mouvement n'est pas rigoureusement indépendant du mouvement des particules situées dans les rayons voisins. Cependant les obstacles apportés par des corps obscurs, etc. , aux mouvements dans les rayons voisins, n'cMll pas, dans les conditions ordinaires, d'influence sensible sur les mouvements dans le rayon considéré, et c'est dans ces conditions que nous nous trouverous pour l'œil. Nous pouvons donc, dans les cas ordinaires, considérer approximativemenl le mouvement des particules d'élher dans un rayon comme un ensemble mécanique isolé qui se comporlc indépendamment des mouvements des rayons vdshis. Cette supposition simplifie et facilite exlraordinairement l'élude théorique des mouvements lumineux. C'est ainsi que nous sommes habitués, dans la vie ordinaire, à admettre que chaque rayon lumineux se meut en ligne droite.
§ 8. PROPRIÉTÉS DE LA LUMIÈRE. (34) kl
être inluciicé par ce qui se passe à ses côtés ; et, par le fait, dans les cas qui se préKBtent ordinairement, cette règle est sensiblement suivie. Mais cette décoinpositkui de la (m>pagation sphérique de la lumière en rayons rectilignes, n'est pins permise notamment lorsque la lumière passe par des ouvertures tellement petites, que les longueurs d*ondes ne soient plus infiniment petites, par rapport anx dimensions de ces ouvertures. Dans ce cas, des quantités très-notables de lumière se [Htipagent latéralement En général, on peut remarquer que de petites i de la lumière s'écartent de la ligne droite [diffraction] partout où la s rase le bord des corps opaques. Dans les cas de ce genre, il faut, pour exifiquer les phénomènes, revenir au mouvement des ondes entières. Pour la physique de Tceil, nous pouvons au contraire considérer sans scrupule le mou- \ de la lumière comme rectiligne, tant que la propagation se fait dans un homog^e.
La lumière et le son nous présentent sous ce rapport des diSërenccs trèsreoiarqiiables, quoique ce ne soit en réalité qu'une afifoire de quantité. Les corps fu nous entourent présentent, le plus souvent, des dimensions suffisamment grandes pour que» par rapport à ces dimensions, les longueurs des ondes lumiiemes paissent être considérées comme infiniment petites; c'est pour ce motif qoe la presque totalité de la lumière se propage en ligne droite, et qu'il faut employer des appareils spéciaux pour apprécier les mouvements lumineux latéraux, ipi sont si restreints. Les ondes sonores^ au contraire, ont des longueurs qui se ■enrent par pouces ou même par pieds, et pour ce motif, en passant le long de OHps solides, elles se répandent ordinairement d'une manière notable dans tous Aussi savons-nous, par l'expérience de tous les jours, que nous ne Tttr qu'en ligne droite, mais que nous pouvons entendre autour des Pour cette même raison, nous ne pouvons teuier de décomposer le mousonore en rayons sonores, car nous nous écarterions trop des circonréelles, et c'est là le motif pour lequel la théorie du son a, jusqu'ici, été fi peu dévdoppée comparativement à celle de la lumière.
C'est à cette même circonstance que notre œil doit de pouvoir, d'après la direction des rayons^ nous renseigner trèsexactement sur le lieu du corps lumiioix, ce qui n'est que très-incomplétement possible pour le son. En revanche^ lOQt corps opaque placé sur le trajet des rayons empêche l'œil de voir ce qui est derrière le corps, tandis que l'oreille peut parfaitement percevoir des sons qui se produisent même derrière elle. C'est ainsi qu'à la propagation latérale des ondes se rattache la cause des avantages et des désavantages particuliers aux deux sens de h vue et de l'ouïe.
Lorsque la lumière rencontre la surface de séparation de deux milieux trans* pvents, en général une portion est réfléchie et reste dans le premier milieu ; une antre portion passe dans le second milieu, mais est, en général, déviée de sa direction primitive, c'est-à-dire réfractée,
La surfiKre de séparation est-elle polie, et les deux milieux sont-ils uniréfrin- 9nits, un rayon lumineux incident ne sera réfléchi que dans une seule direction (réflexion spéculaire), et ne sera réfracté aussi que dans une direction k; si, au contraire, la surface de séparation est rugueuse» la lumière, bien
que venue suivant une seule direction, sera réfléchie et réfractée dans plusieiirB ou même dans toutes les directions; elle sera dispersée (réflexion et réfractioo
La lumière, en se propageant dans un milieu pondérable, peut conserver son intensité, quelle que soit la distance parcourue; le milieu est dit alors tramparent : il n'existe peut-être pas de milieu absolument transparent, excepté le vide. Oa bien la lumière peut s'affaiblir peu à peu, et cela de deux manières différentes : tantôt elle est réfléchie ou réfractée diffusément (fausse dispersion intérieure) par de petits corps étrangers, des fentes^ des points de structure différente, etc. , le milieu parait alors trouble et éclairé dans son intérieur ; tantôt la lumière se perd sans être déviée de sa direction [absorption). Comme l'absorption fait généralement disparaître avec une rapidité différente les rayons dont les durées d'osciDation sont différentes, la lumière blanche, en traversant les milieux absorbants, devient le plus souvent colorée et le milieu lui-même parait coloré. Les milieux transparents incolores sont ceux qui laissent passer tous les rayons éclairants sans les affaiblir. Ces mêmes milieux peuvent cependant absorber des rayons non éclairants, par exemple les rayons caloriGques ou les rayons les phis réfrangibles de la lumière solaire, et se comporter, à Tégard de ces rayons, comme les milieax colorés le font à Tégard des rayons lumineux.
L'absorption des rayons lumineux est souvent accompagnée d'effets chimiques; quelquefois il se produit de la lumière, et, probablement toujours, de la chaleur. S'il se reproduit de la lumière, chaque partie du milieu éclairé émet de la lumière dans tous les sens; cette lumière diffère de la lumière absorbée, tant par sa couleur que par sa composition ; la substance devient elle-même éclairante. Cet état lumhieux s'appelle phosphorescence, s'il dure plus longtemps que l'action de la lumière extérieure, et fluorescence ou dispersion intérieure vraie, s'il ne dure qu'aussi longtemps que celte action. Dans la fluorescence, la lumière émise par la substance a toujours une plus grande durée d'oscillation que la lumière incidente» sa couleur et sa composition sont le plus souvent indépendantes de celles de c«tte lumière. Il se produit donc un changement de la durée d'oscillation (réfrangibilité), et, par suite, il devient possible de rendre perceptible de la lumière ordinairement invisible on peu visible, dont la durée d'oscillation est moindre que celle de la lumière ordinairement visible; il suffit pour cela de la recevoir sur une substance fluorescente (sulfate acide de quinine, verre d'urane, infusion d'écorcc de marron d'Inde, ambre, etc.).
Je fais suivre ici une liste d'ouvrages qui concernent l'optique physiologique en général :
1600. FABRicius AB AnûiiAi>ENDENTE, De visione. Yen. Fol.
160A. J. Kepler, Paralipomcna ad Vitellionem. Frankf., cap. 5.
1013. Francisci AuuiLOSii Opticonim libri sex. Antwerpiaî.
1619. SCHEiNER, Oculus, sive fundanientum oplicum, iii quo radius visualis eniitur, ûyt
visionis in oculo sedes ccrnitur et anguli visorii ingenium repcritur. CEnip. 1738. U. Smith, A complote systcni of Optics, wiih J. Jurin's Kssay upon distinct and indis-
tinct vision. Cambridge, 1738. — En allemand par Kastner. Altenb., 1755. 1740. LkT.at, Traité des sens. Rouen.
1746. P. Camper, Dissert, de visu. Lugd. Datav. 1759. Porterfield, Trcatisc onthc eyes, the nianncr and phscnomena of vision. Edinb.
§ 8. PROPRIÉTÉS DE LA LUMIÈRE. /i»
1766. Ballei, ElemenU physiologiœ hum. Lausanne, 1757; Berne, 1766. 1819. J. PuiKOUEy Beitrage sur Kenntniss des Sehens in subjectivcr Ëinsicht. Prag.
1825. J. PuBUWE, Beobachtuugen und Yersuche zur Physiologie der Sinne, Ed. II. — Neue
Beitriige zur Kenntniss des Sehens. Berlin. — LcHOT, Kouvelle théorie de la vision. Paris.
1826. J. MUlleb, Zur wgleichenden Physiologie des Gesichtssinnes. Leipzig.
1828. UuircUy ArUkel : Gesicht und Sehen in Gehler's physikalisches Wôrterhuch. Leipug.
1830. A. HuECK, Das Sehen seinem ausseren Processe nach. Dorpat und Gôttingen.
1831. D. BiEWSTEii, A Treatise on OpUcs.
1831. C. M. N. Bartels, Beitrage zur Physiologie des Gesichtssinnes. Berlin.
1836. A. W. VoLCKM AMif, Neue Beitrage zur Physiologie des Gesichtssinns.
1837. J. MCller's Lehrbuch der Physiologie des Menschen. Goblënz^ Bd. II, S. 276-393. 1839. F. W. G. Radicke, Handbuch der Optik, Bd. II, S. 211-281.
1812. Bimow^ Beitrage zur Physiologie und Physik des menschlichcn Auges. Berlin. 18A1. MoSEB^ Ceber das Auge, in Dove's Hepertorium der Physik. Berlin, Bd. Y. 1845. 1m. RuBTE, Lehrbuch der Ophthalmologie. 18A6. VOLCUiAini, Artikel : Sehen in R. Wayner^s Handwôrterbuch d. Physiologie.
Braunschweig.
1852. C. LuDWiG^ Lehrbuch der Physiologie des Menschen. Ueidelberg, Bd. I^ S. 192-263. 1847-53. BttCcu, Bericbte ûber physiologische Oplik, in Fortscfiritte der Physik, Bd. I bis V.
sinus sont dans le même rapport que les vitesses de propagation de la lumière dans les deux milieux. Le rapport de la vitesse de la lumière dans le vide à sa vitesse dans un milieu donné, est ce que l'on appelle Yindice de réfraction ou pouvoir réfringent de ce milieu. Si donc c est la vitesse de props^tion dans le vide, c^ celle dans le premier milieu, c, celle dans le second, n^ l'indice de réfraction du premier milieu, n^ celui du second, on a :
sÎD a sin p
ou ^1 sin a = f)^ sin p.
C'est sous cette dernière forme qu'on exprime ordinairement la loi de réfraction. Pour le vide, par définition, l'indice de réfraction est 1 ; pour l'air, à la pression ordinaire, il en diffère si peu (1,00029 à O' sous la pression de 0",76), qu'on peut, dans la plupart des cas, négliger la différence.
Les vitesses de propagation des difiérents rayons colorés simples ne diffèrent pas entre elles dans le vide et dans les gaz, mais bien dans les corps transparents, liquides ou solides. Dans ces corps, les rayons dont la durée d'oscillation est courte (rayons bleus et violets), se propagent plus lentement que ceux dont la durée d'oscillation est plus longue (rayons jaunes ^t rouges) ; les indices de réfraction sont donc plus forts pour les premiers que pour les seconds : aussi ceux-là sont- Us dits les plus réfrangibles (violets) , ceux-ci les moitts réfrangibles (rouges). Grâce à cette différence de réfrangibilité, les parties différemment colorées de la lumière blanche suivent en général des directions différentes après une réfraction dans les corps liquides ou solides, et cela nous donne un moyen de les séparer. Dans la figure 19, on suppose qu'au-dessus de la surface réfringente se trouve mi milieu moins dense, et au-dessous un milieu plus dense. La lumière vient-elle du point / du premier milieu, le rayon réfracté cg se rapproche de la normale ce. Pour les rayons violets, la déviation est plus grande que pour les rayons rouges. Si donc les rayons violets suivent la direction cy, la lumière rouge du rayon fc se propagera suivant cg^ et se séparera ainsi des couleurs plus réfrangibles.
Dans l'œil, nous avons affaire à la réfraction de la lumière par des surfaces sphériques ou à peu près sphériques. Pour toute surface de