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USAGE DES BESICLES

modum ienens, et an|;, ocultis) les yeux ainsi constitués. Cette désignation permet d'éviter le vague qui accompagnerait les expressions d'yeux normaux ou à visioti normale. Les yeux emmétropes peuvent, on le comprend, avoir des défauts de plus d'une espèce, et ne sont pas nécessairement normaux.

n désigne sous le nom de brachymétropeSy ou de myopes^ en conservant l'expression ancienne, les yeux dont le puncUim remotum est en avant de l'organe sans être à une distance infinie ; ces yeux ne peuvent réunir sur la rétine que les faisceaux lumineux qui leiu- arrivent en fivergeant.

Les yeux qui, au contraire, peuvent réunir non-seulement les rayons parallëles, mais encore ceux qui sont convergents à leur incidence, sont désignés sous le nom d'hypermétropes.

Les yeux myopes ne peuvent pas s'adapter à des objets éloignés sans le secours de verres de lunettes : il leur manque donc une partie notable des facultés d'un œil emmétrope. Les yeux hypermétropes, au contraire, sont obligés, chaque fois qu'ils veulent fixer un objet réel, de faire un effort d'accommodation, ce qui produit des phénomènes de fatigue variés et qui sont souvent extrêmement gênants. Les deux sortes d'aberration sont donc préjudiciables à l'emploi pratique de l'œil, et sont comprises, pour cette raison, par Donders, sous la désignation générale â*améirop{e.

Les aberrations sont causées, en général, par les différences de longueur de l'axe oculaire, qui, dans les yeux myopes, est plus long, et, dans les yeux hypermétropes, plus court que dans les yeux emmétropes. A ces différences correspond aussi une différence dans la position du centre de rotation de ces yeux qui, comme on le verra plus loin (§ 27), est plus en arrière dans les yeux myopes, plus en avant dans les yeux hypermétropes. La cornée et le cristallin ne présentent, en général, pas de changements de courbure par lesquels on puisse expliquer Tamétropie.

Pour déterminer d'une manière complète l'état de ces yeux anormaux, il fiuit, de plus, connaître la grandeur de la modification qu'un effort musculaire actif peut produire sur leur réfringence. Si nous comparons on œil emmétrope, qui peut Vaccommoder pour chaque objet situé entre Tinfini et une distance de 6 pouces, et un œil fortement myope qui ne puisse s'accommoder que pour les objets situés entre 6 et 3 pouces, il semblera peut-être, au premier aspect, que le dernier ait un pouvoir d*accommodatîon bien plus restreint que le premier. Mais si nous appliquons à cet œil myope une lentille concave de 6 pouces de distance focale, qui lui permet de voir distinctement des objets infiniment éloi-

130 PRKMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQLE DE LYKÏL. § 11.

goés, nous trouverons que cet œil, avec le secours du verre, peut maintenant, aussi bien que l'œil emmétrope cité précédeimnent, s'accomuioder depuis Tinfini jus(pi'à une disUmce de 6 pouces, et a, par conséquent, une amplitude d'accommodation tout aussi grande. En effet, la lentille employée ayant mie distance focale négative de 6 pouces, donne pom- les objets placés à 6 pouces au-devant d'elle une image virtuelle distante de 3 pouces, et pour laquelle, par conséquent, TcBil myope considéré peut s'accommoder. Pour comparer l'amplitude d'accommodation de deux yeux à distance visuelle différente, il ne suiDt donc piis de parler de la distance de leur pimctum remotum à leur punctum proximiim ; jxxir pouvoir faire la colnparaison, il faut préalablement les concevoir ramenés au même état de réfringence, par l'addition d'une lentille ajnvenable.

Si Ton veut qu'une semblable lentille ne grossisse ni ne rapetisse les objets, il faut que son point nodal se confonde avec le premier point nodal de l'œil, coïncidence qu'on pourrait atteindre en pratique, si cela paraissait utile, au moyen d'épaisses lentilles convexes-concaves (voy. p. 82 et 83) . Désignons par F la distance du punctum remotum d'un œil donné à son premier point nodal, par iV celle du punctum j^roximum à ce mémo point nodal, et par ^1 celle du point le plus rapproché pour lequel Tœil puisse encore s'accommoder, lorsqu'il est pourvu d une lentille ayant la distance focale négative F, nous aurons

T~ "îv ""T

et la valeur 1/A est employée par Donders, à l'exemple de Young, comme mesure de l'amplitude d'accommodation.

L'unité de mesure pour l'accommodation est donc 1 divisé par la mesure de longueur, et, pour concorder avec les numéros des verres de lunettes, on mesure généralement les longueurs tantôt en pouces de Paris, tantôt en pouces prussiens.

Une môme amplitude d'accommodation de 1/6 appartient donc : !• à un œil emmétrope^ dont la distance visuelle s'étend de 6 pouces à Tinfini ; 2" à un œil latjopc qui a une distance visuelle de 3 à 6 pouceà ; 3** il un œil hypermétrope^ dont la distance visuelle s'étend de -i- 12 à — 12 pouces, puisque

1 r""T2""V4ly'^ 6

L ampliindc de riiccommodatioii J/A diminue d'une manière continue avec les progrès de Tàge, et pour det> yeux tout à fait ou à peu près

$ 11. l'SAGE DES BESICLES. 131

emmétropes f cette diminution est à peu près proportionnelle aux années, de sorte que cette amplitude qui, dans la dixième année, est en moyenne de 1/2 1, devient nulle dans la soixante-cinquième. Ainsi, la perte du pouvoir d'accommodation a lieu régulièrement dans l'âge avancé.

Conformément à l'acception ancienne du mot, Donders nomme presbytes les personnes qui ont besoin de se servir de lunettes convexes pour lire. C'est ainsi que l'emmétrope devient presbyte vers quarantecinq ou cinquante ans, sou amplitude d'accommodation devenant inférieure à 1/12, et son punctum proximum s' éloignant à plus de 12 pouces de son œil. — De cette définition, et de ce fait que l'ampEtude d'accommodation est peu différente cliez diverses personnes du même âge, quel que soit l'état de leur réfraction, il résulte que les hypermétropes deviennent presbytes plus jeunes que les emmétropes, et que les myopes, au contraire, deviennent presbytes d'autant plus urd que leur myopie est plus considérable.

Enfin, il est encore à remaïquer que, dans un âge avancé, à partir de la cinquantième année environ, le punctum remotum de l'œil s'éloigne aussi un peu ; amsi des yeux auparavant emmétropes deviennent hypermétropes, et ceux qui étaient faiblement myopes deviennent enmiëtropes,

La diminution successive de l'amplitude de Taccomimodation provient probablement de ce que la solidité des couches extérieures du cristallin augmente et que ce corps devient, par suite, plus résistant. L'accroissement de l'indice de réfraction de ses couches les plus extérieures doit aussi, d'après ce qu'on a vu plus haut (p. 99) , entraîner une diminution de réfringence de cet organe et, par suite, faire reculer le foyer postérieur de l'œil.

Il importe de reiparquer qu'en général nous faisons toujours simultanément les efforts de convergence et ceux d'accommodation, et il s'est produit par suite chez nous un certain accord involontaire entre ces deux efforts (voy. § 27). Aussi une personne qui n'a pas appris à soumettre son accommodation à l'action delà volonté, accommode-t-elle mieux pour une grande distance, lorsque les lignes visuelles sont parallèles, et atteint-elle mieux le plus grand effort d'accommodation, lorsque ces lignes sont fortement convergentes. D<jfiders distingue, pom* cette raison :

1) h' amplitude (T accommodation absolue où le punctum remotum est déterminé avec des lignes visuelles parallèles (ou même divergentes), elle punctum proximum^ avec des lignes le plus convergentes possible.

Ktl> PlŒMIÉHi: rAUTIt. - DIOPTHIULK L)E L'OtlL. § 11.

Le pwictum proximum de raccoiiimodatiou est, dans ce cas, plus éloigné que le point de convergence. C'est là la plus grande étendue d'accommodation qu'on puisse atteindre ; pour un observateur emmétrope à Tàge de quinze ans, elle est de 1/8,69.

2) U amplitude d'accommodation binoculaire. Ici on ne rend pas la convergence plus forte qu'il ne le faut pour la fixation du point pour lequel on s'accommode. On n'atteint pas alors le même degré d^accommodation que dans le premier cas. T/amplitude de raccommodation binoculaire du même observateur était de 1/3,9.

3) H amplitude d^ accommodation relative à un degré de convergence donné. Celle-ci ne fut que de 7ii ch^z le même observateur et pour des lignes visuelles parallèles; pour une convergence de 11*, elle atteignit un maximum de 1/5,76 , puis, la convergence augmentant, elle resta assez stationnaire, de sorte qu'elle était encore de 1/6,4 pour une convergence de 23°, et de 7» ^^ punctum proximum binoculaire, pour une convergence de 38**. Au punctum proximum absolu, pour une convergence de 73", elle était nulle.

Dans un but médical, il faut donc choisir des degrés de convergence déterminés'pour obtenir des degrés d'accommodation comparables, et il • faut chercher, au moyen de lentilles choisies convenablement et qu*on met devant l'œil du patient, à lui rendre l'accommodation possible pour le degré de convergence adopté.

Pour la détermination du punctum remotum, il est bon de diriger vers un objet éloigné les lignes visuelles, qui prennent alors des directions parallèles. Pour un œil myope, la distance focale de la lentille concave la plus faible, et pour un œil hypermétrope, celle de la lentille convexe la plus forte qui permettent de voir avec une complète exactitude des objets très-éloignés, fournissent immédiatement la distance qui sépare l'œil de son punctum remotum. Pour la détermination du punctum p'oximum^ Donders prescrit d'amener dans tous les cas, au moyen de verres convexes, ce point à une distance d'environ 8 pouces, s'il se trouvait au delà, afin d'être avec certitude en présence d'un effort d'accommodation suffisant. Il faut naturellenaent, dans ce cas, tenir compte de l'influence de la lentille sur la position de l'image perçue.

Pour rechercher l'acuité de la vue de personnes peu exercées à l'observation, on se sert, connue objets d'épreuve, de lettres et de chiffres de différentes grandeurs (1).

(1) De semblables tableaux ont été édités par Jagcr jiiii., a Vienne en 1857. Ils sont généralement connus «les oculistes sous le nom d\k'h('iies de Juycr et existent dans un j nombre de langues. Les écbelles du Snellcn pour la détermination de Tacuité de la

s 11. USAGE DES BESia.ES. 133

En somme, il est convenable, pour des yeux dont la distance visuelle n'est pas appropriée au travail qu'on leur demande,"d' avoir recours, en temps utile à l'emploi de lunettes convenablement choisies. — Les presbytes se servent de lunettes convexes pour lire, pour écrire et, en général, pour s'occuper d'objets rapprochés ; ces lunettes diminuent les cercles de diffusion. Le soir, et par un éclairage peu intense , la pupille étant dilatée, les cercles de diffusion sont plus grands, et il laot des lunettes plus fortes que pendant le jour et pour une lumière plus vive, n sufGt, en général, de porter des lunettes qui amènent le functum praximum à 10 ou 12 pouces; c'est seulement pour des personnes très-âgées, vers soixante-dix à quatre-vingts ans, lorsque l'acuité de la vi^on a notablement baissé, qu'il est utile de permettre de rapprocher les objets jusqu'à 8 ou 7 pouces, afin de les voir sous un angle visuel plus grand. — ^Pour les yeux myopes, il faut éviter particulièrement l'attitude penchée en avant, et la grande convergence des yeux dans les occupations avec des objets rapprochés, car la congestion sanguine et Fangmentation de pression des muscles augmentent rapidement l'amindsseraent, la distension et le tiraillement des membranes des parties postérieures de l'œil, ce qui mène à une exagération de la myopie, et l'on sait que les degrés élevés de la myopie affaiblissent et compromettent très-notablement la faculté visuelle. Dans les myopies moins intenses, lorsque le punctum remotum est au delà de A ou 5 pouces, il £st généralement indiqué de se servir de verres concaves qui reculent le punctum remotum à l'infini, et de les porter constamment. Par ce moyen l'cril myope est rendu emmétrope. Mais il faut, dans ces cas, faire bien attention de ne pas rapprocher à moins de 12 pouces de l'œil les livres, le papier sur lequel on écrit, et, en général, l'ouvrage dont oo s'occupe. Si l'œil est bien conformé d'ailleurs, il est possible de lire et d'écrire sans difficulté à cette distance. Si Ton est impérieusement forcé de s'occuper d'objets délicats et qu'il faille rapprocher davantage de ToBil, il est convenable de se servir de veires concaves plus faibles. Les myopes qui n'ont pas encore porté de lunettes ne peuvent faire usage de verres exactement correcteurs qu'après s'être habitués à des verres plus faibles, auxquels on substitue peu à peu des verres plus forts ; car il faut adapter peu à peu aux nouvelles conditions le rapport

eut pw, en i863, chei Williams and Norgate, à Londres; Germer Baillière, à Paris; Peter», i Beiiin ; Grcven, à L'trecht. La même année, Giraud Teulon mettait en vente chez ^irbeC et fils, opticiens à Paris, des échelles presque identiques avec celles de Snellen. De HièBie fiue ceUes, plus anciennes, de Stellwag de Carion, les échelles de Snellen et de Giraud MBf présentent une suite de caractères de grandeur décroissante en progression arithniéliqne: les différents types sont marqués de numéros qui indiquent, en pieds de Paris, la dislace i laquelle un œil normal peut encore les lire.

13/i (98) PREMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQUE DE L'OEIL. § 11.

qui s'établit entre la convergence et raccoramodation. Il est en général prudent, lorsque l'amplitude d'accommodation est faible, ou lorsque l'acuité de la vision a sensiblement souffert, de porter, pour les objets rapprochés, des verres faibles, qui suffisent pour les usages ordinaires, et auxquels on ajoute un lorgnon pour les objets éloignés.

Dans les forts degrés de myopie, rœil est en général déjà malade et en danger; il faut prendre alors diverses autres précautions que nous ne pouvons pas indiquer ici, et il est nécessaire d'avoir recours aux con* seils d'un médecin intelligent. L'indifférence avec laquelle la plupart des myopes envisagent l'état de leurs yeux est souvent la cause de dangereuses maladies, qui se déclai*ent par la suite, et mènent souvent à la cécité; aussi ne saurait-on trop insister pour condamner cette négligence.

Les hypermétropes se servent de lentilles convexes, et comme ils ne peuvent modifier brusquement l'état de tension continuel où se trouve leur accommodation, ils doivent prendre des verres un peu trop forts et qui leur troublent un peu la vision des objets éloignés. Plus ils se déshabituent des efforts d'accommodation, plus il leur faut des verres forts. Lorsque l'amplitude de l'accommodation est diminuée, il leur faut des verres plus convexes pour voir de près que pour voir de loin. Les plaintes, parfois cruelles, qu'arrache l'insuffisance de l'accommodation, sont supprimées tout de suite par l'emploi des verres convenables, et c'est un des principaux triomphes de la nouvelle ophthalmologie, dans le domaine de la pratique, de pouvoir reconnaître et combattre, par un moyen aussi simple, les asthénopies si rebelles qui reconnaissent l'hypermétropie pour cause et qui faisaient le désespoir des malades et des médecins.

Pour pouvoir calculer la grandeur des cercles de diiïasion, il faut remarquer d'abord que tous les rayons extérieurs à l'œil qui se dirigent vers la pupille apparente (la pupille vue à travers la cornée), rencontrent la pupille vraie, après leur réfraction par la cornée, et qu'ils marchent dans le corps vitré comme s'ils venaient de l'image de la pupille que le cristallin forme en arrièrcde lui-même. Cela résulte inmiédiatement de la signification qu'il faut attaclier à l'expression d'image optique. Un certain point de la pupille vraie et le point correspondant de son i!nag(î par la œrnée sont, par rapjwrt à la réfraction sur la cornée, des points de concours r/)njugués de rayons lumineux. Les rayons qui, partis du point de la pupilltï r^*ell(ï, fie dirigent en avant, paraissent, en avant de l'œil, provenir de l'image ih cv point, et, réciproquement, les rayons qui, dans l'air, paraissent converger vers uu \mui de la pupille apparente, doivent, après leur réfraction sur la cornée, ^e réunir aa point correspondant de la pupille vraie.

Listing place, dans son œil schématique, Tiris à Vi"*" ^^ ^^'^^^ ^^ ^ mrboe

§ 11. GRANDEUR DES CERaES DE DIFFUSION. (99) 135

aocérienre da crisUllia, et calcale qu'alors son image formée par le cristalUn est grossie de '/is ^^ recalée de O'^^fÛSS. Si Toq place, au contraire, la pupille en contact avec la surface antérieure du cristallin, ce qui est plus conforme à la vérité, le grossissement n'est plus que d'environ y^^ (plus exactement '/g 3), et le recul est de 0"",il3, Si l'on conserve les autres données de l'œil schémalique de Listing, l'image de la pupille formée par le cristallin est à une distance de 18""',534 de la rétine. Par la cornée, au contraire, la même pupille paraîtrait grossie de Vt (plos exactemenc ''/jo). «t avancée de 0»'°,578.

La gnmdeor des cercles de diffusion sur la partie centrale de la rétine se calcule de It nunière suivante. Soient (fig. 51) ^Z* l'axe de l'œil, qg un objet en avant de rceil, la figue qg étant perpendiculaire à fg ; soient de plus p l'image de q, et f celle de g; soit ad la rétine, que nous considérons comme un plan perpendicu* bm à Taie de TeeU, puisque nous ne voulons nous occuper que des images foroiées sur la partie centrale de la rétine; soient ab l'image de la pupille formée

Fig. 5i.

par le cristallin, AB l'image qu'en donne la cornée, ces deux images étant per* penficulaires à Taxe de l'œil qu'elles coupent en c et C. Les rayons ap et *p, partis dn bord de la pupille, coupent la rétine en a et en {3, de sorte que a^ est an diamètre dn cercle de diffusion dont nous voulons calculer la grandeur. Gomme ab est parallèle à adt on a, d'après des théorèmes connus,

ap : ap = ab : a^ et ap : ap = cf : df,

d*où

ab . df)

5m le plan de la rétine coïncide avec le plan focal postérieur de l'œil et que D soit le foyer antérieur, nous pouvons, comme dans l'équation 8) du § 9 (p. 7 2), désigner CD par H^^ cd par H^^ Cg par //,, cf par li,, et nous avons

-Cf'

donc otp = a& . —î. I 4 b).

Sî e est le centre de l'image de la pupille par le cristallin, c'e$t4-dirc si ac = bct

i.-îci {im) i4u:mièuI': partik. — dioptkiolk de i/œiL. § m.

et y le poiiu où le rayon cp rencontre la rétine, y est le centre du cercle de diOb- !>i(M). J::neirel, ù cause du parallélisme de ab et a^, on a

ac : bc ~ ay : ^; or ac = bc,

donc oy =^ |3y.

Donc, prolongé en avant, le rayon qui arrive au centre du cercle de dilTusioD pisK par le c(Mitre de Timage de la pupille par le cristallin. Nous pouvons ajouter qu^fl l>aMSc réellement, dans la chambre antérieure, i)ar le centre de la pupille vnie, et que, prolongé dans Tair, il |)asse par le centre de Tiniage de la pupille formée par Id cornée.

Il suit de là que si les contres des cercles de diffusion de deux points înégilement distants de Tœll anncident, le rayon qui joint à ce centre commun le centre de Tirnage de la ])upille formée par le cristallin doit être commun aux deux Sf»lèmes de rayons. Le prolongement de ce rayon commun en avant de Tœil doit doK aussi |)asser par les deux points lumineux, et il doit traverser également le centre de riniage de la pupille formée par la cornée. Il en est de même si l'une da images de diffusion se réduit à un point situé au centre de l'autre.

Dans Facte de viser, pour que deuxj^oints inégalement éloignés se recoarrett, il faut que l'image de l'un soit au centre de l'image de diffusion de Tautre, oad les |)oinLs sont vus tous deux indistinctement, il faut que les centres desi cercles de diffusion coïncident. Nous avons nommé ligne de visée la droîlei joint ces deux points de l'espace; d'après les explications que nous renoiBi donner, elle coïncide nécessairement avec le rayon qui passe par le cenneà.^ I image de la |)upille formée par la cornée, et ce centre jouit, pour cette rail d^; la pnipriélé d Vire le jwint d'intersection de toutes les lignes de visée.

l}t' re qui précède découle la définition de ï angle vistœL Lorsqu'on dit i 'j's 'ihj«Ls qui apparaissent sous un même angle visuel ont la même i'rrtT*iiU\ il faut placer le sommet de l'angle visuel au point d'intersection i ;.:•',". t]i' \isi:'**. <:*esl à tort qu'on l'a placé ordinairement au point d*intc '.". ic'rif's do direction (le premier point nodal), et lorsqu'il s*agit de casoél <.«••»: j/iinls sont vus Tun après l'autre directement, il faudrait placer ce iv, rf',\rt: df rotation du glohe oculaire. Pour des objets tr{*s-éloignés, lij fi. - fiylf \\<nv\ uvn éprouve pas de modification, mais il n'en est pas de ji'ii- U- 'il>j<'ts voisins.

;. 'i',fi»»< l'iirorr ici un petit tableau que Listing a calculé pour son oeil iii|fii lîi uj|,[K»^ant la rétine située dans le Si»cond plan focal de Tceilel

, iMMiilu V" d<* diamètre. On y a désigné [wr /, les distances du point

\'r. il M\u''\ \v\\\\ par /, celles de la rétine à l'image, par s le diamHiffï

.:/!., |r,„. Li. calcul (M fait d'après l'équation 8c) du § 9 (p. 74)

; •-..•■'.!) la du S M ;P- yy^' I-cpiwUiit t\F., pour l'œil sci»^. ' . ^ :• fy\ «'-;d à 301. 26*^" carrés (en chiffres nuîds 300").

Ç 11. OPTOMfcTRES. {iOi) 137

OPTOMfcTRES.

oo

Omm

Oiniii

65 mètres.

Oi foU aosBi, d'après ce tableau, combien peu varie la position de l*image tant fK la distance variable de Tobjec est considérable, et combien Fimage s'éloigne npidemenl de la rétine, si Tobjet, déjà voisin de i*œil, se rapproche de plus en

hMir déterminer les distances auxquelles un œil peut s*accomrooder, on a propMé différents instruments sous le iK>m d'opiomètres.

La métbode qui se présente en premier lieu, et d'après laquelle nous rccon- 8, dans la vie journalière, la myopie et la presbytie, consiste à obsener à > distances se voient le mieux de petits objets, des caractères d'impression pr exemple; mais on ne peut pas s'attendre à obtenir ainsi des réi)onses bien eiactes. D'abord les caractères d'impression ne sont généralement pas tellement petits qu*ils ne puissent pas être lus malgré une inexactitude m^me assez consiééraUe de l'accommodation. C'est ainsi que je puis lire les caractères d'impRSBÎon de cette page à une distance de 32 centimètres, mon œil étant accom- ■odé poar son punctum remoium, qui est distant de 80 centimètres. Je puis éplement la lire à la distance de 73'°'°, quoique mon œil ne puisse pas s'accom- Qoder pour une distance inférieure à 97 millimètres. Remarquons, de plus, que b objets, lorsqu'on les rapproche de l'œil, apparaissent sous un angle visuel |te grand, et que, pour cette raison, on les voit plus distinctement, toutes choses égales d'ailleurs, que lorsqu'ils sont plus loin. C'est pour ce motif qu'on approche parfois à une distance de l'œil plus petite que celle de l'accommodatiao, do objets très-petits, difficiles à reconnaître; car certaines personnes distiogoent quelquefois mieux dans une image légèrement confuse et avec un Bn^\e Tînel [rins grand, qu'avec une accommodation exacte et un angU* de \ision Boindre. Pour déterminer la distance d'accommodation par ce prr>cèd<f. il faut àooc choisir des objets diflërents pour des distances diflérenles, H il» doivent

tee asKZ petits pour pouvoir à peine être reconnus à leur distanr^ r(**<\n-cM\t

par on oeil exactement accommodé.

i»hi:miére partie. - dioptrique de L'ŒIL. §11.

li.ih ilhlil (1) a, I« premier, recommandé l'expérience de Scheinor ponrh Il (.hi 11 lu*. iU's distances visuelles, et il a fondé sur cette expérience an optomètre i|ui: lli. YouuK (2 a perfectionné. Ce dernier conseille de tendre un fd blanc et 11(1111 f htii un fond sombre, Tune des extrémités du fd étant voisine de l'œil, pois (11- i ( -^ai di;r à travers un écran percé de deux trous. Le fd parait alors simple ) 1.1 lihiiiua* fK>ur laquelle Tœil est accommodé : partout ailleurs, il paraît double. Jl t'.*>i facile de désigner le point qui paraît simple, et la distance de ce pointa Tceil donne la distance pour laquelle Tœil était accommodé au moment de Texpëf if^nc^'. On peut, d'ailleurs, se servir aussi d'autres objets ténus qu'on place ï diirérentcs distances de l'œil. Il faut choisir, pour cette expérience, des objets suffisamment petits pour qu'on puisse à peine les voir distinctement à travers la imus d<.' l'écran : par exemple, dos épingles fmes sur un fondclair, ou bien de petites ouvertures ou des fentes étroites pratiquées dans des écrans obscurs. Il faut aoai avoir soin que l'objet soit vu en même temps par les deux ouvertures; faute de |)rendre cette précaution, on s'expose à des erreurs. Dans ces expérienoes, k champ visuel se réduit aux deux images de diffusioa, relativement grandes, des deux trous de l'écran; m deux images a et ^ doivent empiéter en partie Vmt sur l'autre (fig. 52}. Ce n'est que dans la partie moyenne c, qui *est en même temps la plus éclairée, qu'on peut voir des images doubles, telles que les pointa F,(;. 52. d'épingle ^ : il ne peut pas s'en produire dans les parties

latérales qui n'appartiennent chacune qu'à Tune des images de diffusion. Dans c<?s pailles les images sont toujours simples, comme l'épingle //. Cette circonstance rend souvent difficile la réussite de l'expérience pour des personnes non exercées.

Pour tourner atte difficulté, j'ai trouvé avantageux d'employer une petite grille en fils métalliques parallèles, qui présente d(^ pleins et des vides égaux, larges d'environ 0"",5. En regardant à travers ce gril, on est certain d'avoir deux ou trois ouvertun» au-devant de la pupille.

Une mélliode analogue pour déterminer les distances d'accommodation, et en particulier le /mnrfum remotum, in'a paru donner, on pratique, une exactitude plus grande encore que la vision par deux ouvertures. On laisse pénétrer, à traven une iKîtite ouvcrturtî pratiquée dans un ^^ran, la lumière du ciel ou celle d*une iHiugie. lin |)arnl |K)int lumineux apparaît à un œil inexactement adapté, sou forme d'une étoile à cinq ou six rayons (voy. plus loin § 16), tandis que par une accommodât i(Hi œnvenable, il se présente sous forme d'un point Inmineux, sinon parfaileiiH'iit rond, du moins assc»z régulièrement délimité. Si l'on amène latéralenKînt un écran an-ilovant de la pupille, on voit, en général, la figure luminense c|uo forme le fNiinl s'olwrurcir inégalement, et cela en commençant par le c6té d'iM'i \irnt IVi laii, si l'objet est au delà du point pour lequel se fait l'accommodati(m, el in liinniionçant par le côté op|>osé, si le |>oînt lumineux est plus rap-

{\) Ou llii; «)r. viil. I, p. /i23. — Edhih, Mt^hcof t\w/?r/y, IV, 185. (•2) /Vu/, rrniisnrtinns. |HOI. P. |, p. ^\,

â 11. HISTORIQUE DES IMAGES DE DIFFUSION. (iOi) 139

proche. Dan» l'accommodation exacte, au contraire, l'objet s*obscurcit simulta- Dément en tous ses points, ou bien il s'efface d'une façon irrégulière : il commence, par exemple, à disparaître en haut et en bas, tandis qu'on avance latérakment l'écran an-de?ant de la pupille.

On Terra pins loin (§13) un autre moyen de déterminer la distance visuelle, bodé sur la disposition des couleurs dans l'œil, et qui, surtout pour les personnes qui n*ODt pas l'habitude de ces obsenaiions, est d'une exécution plus facile que l'expérience de Scbeiner.

L'optomètre de Ruete est destiné h déjouer les essais de simulation. C'est un écran en forme de boite, traversé par un tube. Le sujet regarde à travers ce tube on livre dont il ne voit que quelques mots et dont il n'a aucun moyen d'évaluer la dirtance (sî ce n'est par l'accommodation môme de l'œil); on lui présente, à difKmCCB distances, des caractères d'impression de diverses grandeurs; s'il a l'intention d'induire en erreur ceux qui l'examinent, il évite difficilement de s'embarrasser dans des contradictions qui permettent de constater la fraude.

L'optomètre de Hasner est une planche horizontale montée sur un pied et pourvue, à l'une de ses extrémités, d'un masque pour la partie supérieure de la figure, qui est destiné à fixer la position des yeux. La planchette porte des divisions Krvint à mesurer la distance des objets aux yeux ; on y a marqué, de plus, les anglet de convergence des lignes visuelles qui correspondent aux différents points de la ligne médiane. Cet instrument est destiné à permettre d'exécuter focileflKUt les différentes expériences sur les distances d'accommodation, sur la vision «iple et la diplopie binoculaires.

Haller (1), Huygens (2), AVolf (3), Adams [U) et Kries (5) ont décrit des yeux artificiels destinés à expliquer la théorie de Kepler sur la vision, et à démontrer IVffet des lunettes.

KtPLEE (6), qui eut le premier une idée exacte de la réfraction de la lumière dans rtzil, comprit aussi la nécessité d'une accommodation de Tœil pour des distances différentes, et expliqua les cercles de diffusion qui accompagnent l'accommodation inexacte. ><Hn!iEB (7) décrivit les images qui accompagnent une accommodation inexacte, lorsqu'on refarde a travers un écran percé de deux ouvertures. Des explications de cette expérience ont été données successivement par de la Hire (K) qui nia la possibilité de Tac- I onuDodation pour différentes distances, puis par J. de la Motte (9, et par Porterfield (10); C€ dernier releva en même temps les déductions fausses que de la Hire avait tirées de i'cqiérience. Les mouvements qu'un objet situé en dehors do la distance pour laquelle l'œil est accommodé pardt prendre lorsqu'on le regarde à travers une ouverture étruile qu'on bit mouvoir, ont été mentionnés pour la première fois par Mile (1 1) et décrits plus Uird

[\) Elem. Physiolog. V. -^CO.

(3) Dioptrica. Lugduni, 1704, p. 112.

(3) Nûtzliche Versucbe, lll, 481.

fi) Es»; on vision. London, 1702.

(5) Traduction du précédent. Gotlia, il9\,

(6) Paralipomena, p. 200.

(7; OcoJus, p. 37 et ii. Expériences analogues, p. 32 et /t9. ■8) Jownoi des Sracanty 1G85 et in Acculons de la rue, 1693. »>; V4tr»Ht^he und Ahhandl . der GescUschnft in Danziy, H, 290. :in! On tbeeye^ I, 3, cap. 3.

Il; ?tjygendnrf/\ Arm. XLII, 40.

iàO (105) PREMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQUE DE L'OEIL. § il.

plus complètement par H. Mater (1) dan^ leurs rapports avec la théorie de Ta dation.

JuRiN (2) a exposé avec détail la formation des cercles de diffusion, leur empiétemeat réciproque, etc.

Quant à l'usage des lunettes, on trouve dans Pline (3) un passage qui semble y Ikin allusion. Cet auteur dit qu'on rencontre des émeraudes concaves qui concentrent U mon (visum coUigeré) et que, pour cette raison, il est défendu de tailler. L'empereur NÉiOH qui était myope (Pline, II, cap. 3A) se servait d'une émeraude de cette espèce pour saifie les combats des gladiateurs. On trouve plus tard des documents du commeucemeat da xiv« siècle où les lunettes sont considérées comme étant une nouvelle invention. Uu fentShomme florentin, Salvinus Armatus, mort en 1317, est désigné dans son épitapbe (4), comme étant l'inventeur des lunettes. Alexandre de Spina, moine de Pise, murt en 1313, passe pour avoir vu une paire de lunettes chez quelqu'un qui en faisait un mystère, pour kl avoir imitées et en avoir distribué à beaucoup de personnes (5). Hauroltcus (1A94 i 1575] essaya plus tard d'en expliquer l'effet, mais celte explication, s'appuyant sur sa théorie de b vision, était nécessairement inexacte. H prétend en effet que les rayons visuels, c'est-à-dire les rayons qui viennent chacun d'un autre point de l'objet, sont rendus plus convergents onphtt divergents par les verres, ce qui n'a lieu en réalité que pour les différents rayons lumineai émis par chaque point de l'objet. Kepler ((>) enfin, donna la théorie complète et eiacte de l'effet des lunettes.

1575. Fr. Maurolycus, De lumine et umbra, lib. lU.

1583. J. B. Porta, De refractione, lib. YIII.

160A. J. Kepler, Paralipomena ad Vitellionem, p. 200.

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(2) Esjiav on distinct and indistinct vision, in Sf»tth*s Optir,^\ Cambridge, 1738.

(3) XXXVII, cap. 5.

(4) Voi.kmann's Nachriclitcn von Italien, I, 542. L'inscription tumulaire do l'église de Sninte-Marie-Majeure fut enlevée depuis. Elle portait :

Qui giacc Salvino dcgli Arniali

liivcntorc dcgli Occhiali.

Dio gli perduni le peccata.

(j) Smith's Optics. Uemarks, p. 12.

(G) Paralipomena, p. 200.

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1/12 (iOi) PREMIÈRE PARTIE. - DIOPTRIQUE DE L'ŒIL. 9 i3.

§ flt. — UécanUme de TaoeommodalloB.

Les modifications qu'on peut observer en examinant un œil dont l'accommodation varie sont les suivantes :

1*" La pupille se resserre pendant l'accommodation pour les objets rapprochés, et se dilate pour la vision au loin. — Cette modification est facile à obsei-ver et est connue depuis plus longtemps que les autres» Pour la constater sur un œil quelconque, il suffit de faire regarder alternativement un objet rapproché et un objet éloigné, situés dans U même direction, La seule précaution à prendre consiste à éviter que h pupille né soit resserrée d'une manière continue par un éclairage trop intense.

2'' Dans l'accommodation pour les objets voisins, le bord pupiUaire de l'iris et le milieu de la surface antérieure du cristallin se déplacent un peu en avant. — Pom: observer ce mouvement, choisissons un point de fixation éloigné, nettement déterminé, et pour objet rapproché, prenons une pointe d'épingle. Le sujet observé couvre un de ses yeux et donne à l'autre une position telle que la pointe d'épingle vienne masquer exactement le point de fixation éloigné. Il faut faire attention à ce , que l'œil n'abandonne pas cette position, et il ne faut pas non plus te laisser se dévier vers des objets situés latéralement, car, dans cette expérience, il est essentiel que la direction de Tœil ne change pas. L'observateur se place de manière à voir de profil, et légèrement d'arrière en avant, la cornée de l'œil observé, de telle sorte que la moitié environ do la pupille noire de cet œil soit visible en avant du bord

cornéen de la sclérotique, tant que l'œil observé regarde au loin. Puis on fait fixer la pointe d'épingle : l'observateur remarque aussitôt que Tovale noir de la pupille et même une partie du bord de l'iris tourné vers lui deviennent visibles en y^ç^ 5.J avant de la sclérotique. La

figure 53 a représente, dans cette expérience, Tœil regardant au loin, et la ligure 58 A, l'œD regardant de près. Le changonient de position de la tache noire devient surtout frap])ant, si ^obser^•ateur porte» son attention sur la largeur de l'espace clair qui la sépare d'une ligne obscure c^ c,, qui

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