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DES POINTS AU CENTRE

co milliaièire».

Dans ces expériences, les deux observateurs rencontrèrent, de plus, d'assez nombreuses parties insensibles de la rétine, de petites taches aveugles, où l'un des points, ou même tous les deux, disparaissaient subitement. Outre certaines places de ce genre qui paraissaient n*etre frapi)ées que d*un éblouissement passager, il s*en présentait d'autres qui étaient constantes et qu'on pouvait retrouver à volonté.

Les phénomènes du puncium cœcum ont été découverts par Mariotte, qui avait entrepris des expériences dans le but de rechercher comment se comporte la vision à rentrée du nerf optique. Cette expérience flt une telle sensation à cette époque, que l'auteur dut la répéter, en 16G8, devant le roi d'Angleterre. Picard donna à l'expérience une forme qui permet de la réussir avec les deux yeux ouverts. A cet effet, il fixa un papier au mur, se plaça à une distance d'environ 10 pieds, et At converger les deux yeux vers son doigt, tenu à une distince telle que, dans les deux yeux, l'image du papier vint se peindre sur le punctum cœcum : alors cet objet disparaît absolument, tandis que^ dans ces conditions et avec un point de fixation un peu différent, il parait double. Mariotte surpassa Picard, en faisant disparaître deux objets à la fois, les deux yeux restant ouverts. On fixe au mur, à la même hauteur, deux papiers à une distance mutuelle de 3 pieds ; on se place à 12 ou 13 pieds du mur, on tient le pouce verticalement, à 8 pouces environ des yeux, et cela de manière qu'il cache à Toeil droit le papier situé à gauche, et à l'œil gauche le papier situé à droite ; puis on regarde le pouce : aussitôt les deux papiers disparaissent, parce que l'image de chacun se forme au punctum cfprum de l'œil pour lequel cet objet n'est pas caché. Le Cat chercha déjà à calculer la fnndeur du punvtum cœcum sur la rétine; mais il trouva la valeur beaucoup trop petite de i/5 à V^ ^® ligne. Daniel Bernouilli en dessina la forme sur le parquet : il plaça une pièce de monnaie è terre, et prit un fil ^ plomb qu'il suspendit près de son œil droit, le poids to«-

s 18. lUSTOHiQUE Di; PUNCTUM C^cm. (225) 301

chnU preiqiM le sol ; Toeil gauche étant fermé, il regardait avec l'œil droit le long du RI ; puis il cberchait sur le plancher les endroits où la pièce commençait à devenir invisible : il trouva ainsi une figure a peu près elliptique ; mais comme il ne connaisait que d'une manière imparfaite les constantes optiques de l'œil, il trouva, pour la grandeur de la lâche aveugle, le chiffre, trop élevé, de 1/7 du diamètre de l'œil.

La découverte de Mahiotte fut le point de départ d'une longue discussion sur une question qui De pouvait manquer de surgir aussitôt, vu l'état incomplet des connaissances qu'on pottèdaii i cette époque sur les fonctions des nerfs : on se demanda si c'est réellement la rétine qui est la couche sensible à la lumière, ainsi que Keppler et Schei!ier l'avaient admis. MAmiOTTC conclut que cela devait être la choroïde, puisque cette v membrane manque au uunciwn agcwn , tandis que les fibres de la rétine sont précisément très-condensées en ce ;xHni. Un grand nombre d'opticiens distingués, tels que Hért, Le Cat, Michell, et, plus réeemroent, D. Brewster, se rallièrent à l'opinion de Mariotte. On insista sur cette idée lue la rétine, à cause de sa transparence^ doit être incapable d'arrêter la lumière et qu'elle est trop épaisse pour donner une image distincte; Le Cat chercha de plus à démontrer une continuité entre la choroïde et la pie-mère du cerveau. La sensibilité de la rétine fut défendue par Pecqvet, de La Hire, Haller, Porterfield, Perravlt, Zinn. Leur principal argutnenl était principalement que la rétine est le développement anatomique d'un nerf considérable, tandis que la choroïde ne contient que quelques minces filets nerveux. Tous les autres inoUfo qu'ils purent alléguer pour appuyer leur opinion et pour aplanir les objections soulevées par rexpérience de Hariotte, n'ont que peu de valeur. Porterfield admit que le nerf optique étant encore entouré et pénétré, à son entrée, d'un névrilème tendineux, ne serait ni asses mou, ni assez délicat pour percevoir un agent aussi subtil que la lumière. Haller insiste aussi sur ce qu'à l'entrée du nerf optique il n'y a pas de véritable rétine, mais une membrane blanche, celluleuse et poreuse, qui pourrait fort bien être impropre à la vision, sans que la rétine fût dans le même cas. D'autres^ comme Rudolphi, et même, pendant un temps, Coccius, crurent que la partie insensible correspondait seulement aux vaisseaux centraux du nerf optique, hypothèse qui tomba dès que l'on connut mieux lés constantes optiques de Tœil ; la remarque en fut faite, entre autres, par Haunover, E. H. Weber, à. Ficr et P. du B(»is-ReylosD. i. XCller crut pouvoir expliquer l'expérience de Mariotte, en l'assimilant à lu disftaritioD, sur les parties latérales de la rétine, des images d'objets colorés placés sur un fond blanc, phénomène sur lequel nous reviendrons au § 23, et qui est dû à la fatigue de la rétine. 11 croyait qu'à l'entrée du nerf optique, cette disparition est plus rapide et plus subite. (Kl peut objecter à cette explication qu'un objet lumineux, se présentant soudain dans la partie invisible du champ visuel, n'est pas perçu ; il n'excite donc aucunement la substance du nerf et ne peut la fatiguer.

J*ai exposé, en 1851, les conséquences nécessaires que nous venons de déduire des faits, et étendu aux fibres situées à la face antérieure de la rétine la conclusion que la lumière objective est incapable d'affecter les fibres du nerf optique. Comme on ne connaissait pas encore à cette époque la connexion anatomique de b couche de bâtonnets avec les éléments nerveux de la rétine, on était réduit à supposer que les cellules nerveuses ou les granulations de la rétine devaient être les éléments sensibles à la lumière. Bientôt après, MrLLER découvrit Ifs ûbres rayonnées qui relient les cdnes et les bâtonnets aux éléments nerveux. Kôlliker démontra l'existence de ces fibres chez l'homme, et tous deux furent conduits à admettre que les éléments de la couche des bâtonnets constituent la partie sensible à la lumière, hypothèse dtot Hl'LLER donna, enfin, la démonstration physiologique. Cette opinion avait, du reste, été êfluse antérieurement par Treviraros, mais sans être fondée sur une connaissance suffisanle des éléments microscopiques ; il avait donné le nom de papilles nerveuses aux éléments seosibles à la lumière.

Oa a lait de nombreuses recherches sur l'acuité de la vision dès l'époque où Ton commençai àcoostruiredes télescopes. Hooke appliqua tout de suite le vrai principe, en recherchant sous fMl angle on pouvait distinguer les étoiles doubles. La plupart des observateurs postérieurs recherchèrent la plus petite dimension sous laquelle on peut encore distinguer un point noir, ctib obtinrent naturellement des résultats très-différents : citons Hevelius, Smith, Jurin, Toi. Mater, Cocrtivron, BJuncre, Treviranus. Jurin et Mayer reconnurent l'inHuence de rédairaga dans cette expérience. Jurin crut devoir expliquer, par un tremblement de l'œil, <|ai amènerait leurs images à se superposer, ce fait qu'il n'est possible de distinguer deux ligaes comme différentes que sous un angle visuel plus grand que celui nécessaire pour distioper chacune d'elles. C'est Volkmanu qui indiqua les raisons pour lesquelles on ne peut

302 (SU) DErXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS MSLKLr.ES. S *B.

obtenir une mesure constante qu'en cherchant à reconnaître des objets comme sépirés, et c'est d'après cette méthode que B. H. Webbr, Bergmann et Marié-Dayt exécutèrent des mensurations.

Punctum cœcum et position de la couche sensible à la lumière.

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§ 19. — Des coalcora Bliiiplea.

Nous allons passer à l'étude des sensations que les différentes sortes delomiëre éveillent dans l'appareil nerveux visuel. — Il existe, comme nous l'avons expliqué au § 8^ de la lumière de différentes durées d'oscillation tjm se distingue en outre physiquement par sa longueur d'onde, par sa réfrangîbîlité et par l'absorption qu'elle subit en tra^ ^'ersant les milieux colorés. Sous le rapport physiologique, les parties dehhimiëre dont la durée d'oscillation est difféi-ente, se distinguent, en générât, parce qu'elles provoquent dans l'œil la sensation de couleurs différentes.

Tontes les sources lumineuses tonnues étnettent en même temps de l8 lumière de différentes durées d'bscillation. La réfraction par les

30Û (225) DEUXIÈME PARTIE- — DES SENSATIONS VISUELLES. S !«. prismes transparents est le moyen le plus parfait d'extraire, rfune semblable lumière mélangée, de la lumière simple^ c'est-à-dire de li lumière d'une même durée d'oscillation. Lorsqu'une source lumineuse

éloignée a (fig. 106) envoie i ^* travers un prisme P de la lumièn

bleue et simple qui arrive à Pœil de l'observateur o» les rayons aoot réfractés dans le prisme et défife de leur première direction ; auss' l'observateur voit-il l'image de h ;., source lumineuse déplacée versk

,,,- côté qui répond à l'angle réfrin*

j..|g ^Qg gent p du prisme, en & par exeo-

pie, et il la voit évidemment avec la couleur de la lumière émise par a, en bleu dans l'exemple actuel. Si la source a envoie à l'œil de l'observateur, à travers le prisme, une lumière simple douée d'une réfrangibilité différente, de la lumière rouge, par exemple, on voit encore une image de la source lumineuse, rouge et moins déviée que n'était l'image bleue ; on la voit en r, par exemple. Si a émet en même temps de la lumière rouge et de h lumière bleue, l'observateur voit en même temps l'image rouge en r et l'image bleue en b. Enfin, si la source a émet de la lumière blanche, laquelle contient à la fois de la lumière rouge, bleue, et de tous les auti^ degrés de réfrangibilité, à chaque couleur répond une image prlicnlièrc, et ces images sont disposées de telle sorte que les couleurs intermédiaires au rouge et au bleu s'intercalent, d'a|)rès leur ordre de réfrangibilité, entre r et b. Si, entre /-et A, il s'est interposé beaucoup d'images colorées, et si chacune d'elles possède une certaine largeur, à peu près égale à celle de l'objet ez, chaque image recouvre une |>artîe des images voisines. On comprend facilement aussi que cet empiétement et ce mélange des images voisines est d'autant moins sensiUc que l'objet éclairant est plus étroit, et que, par suite, chaque imagi colorée est plus mince par rapport à la longueur totale du spectre rk Si la lumière émise par la source contient une suite continue do rayon de tous les degrés de réfrangibilité successifs, on ne peut assurémoil pas empêcher que les images successives d(^ la source ne se recouvrem en partie, mais on peut rendre la source et ses images assez étroiusi pour que les images cjui se recouvrent n'appartiennent qu*à des couleurs dont la réfrangibilité diffère infiniment peu.

Si la source lumineuse est une fente très-étroite c|ui laisse passer* la lumière com|)Osée, chaque point do la fente donne, d'apK*s ce qui

îl9. nr SPECTHK SOLAIHK. (255)305

précède, un spectre linéaire. L'image prismatique de la lente entière se présente, par conséquent, à Tobservateur sous forme d'un rectangle coloré dont le bord tourné vers la source lumineuse est rouge, et dont l€ bord opposé est violet. Entre ces deux extrémités se trouvent une série d'autres couleurs qui passent insensiblement l'une dans l'autre; ce sont : le rouge, puis l'orangé, le jaune, le vert, le bleu, enfin le violet. On nomme spectre prismatique une semblable image d'une ligne lumineuse formée par un prisme qui en sépare les couleurs, et, observé €:omme nous venons de le faire, c'est un spectre subjectifs puisqu'il cie correspond qu'à une image virtuelle de la source lumineuse. Mais on peut aussi rendre cette image réelle en plaçant derrière le prisme, h l'endroit où se trouvait, jusqu'à présent, l'œil de l'observateur, une lentille convergente qui réunisse les rayons réfractés par le prisme, en une image réelle de rA, située soit à son foyer, soit plus en arrière. On obtient ainsi un spectre objectif. Dans le premier mode d'observation, c'était déjà un spectre semblable qui se formait sur la rétine de l'ob* servateur. Si la lumière émise par la source lumineuse présente la série continue des degrés de réfrangibilité, le spectre est aussi, comme nous l'avons vu, une surface éclairée d'une façon continue. Mais si la source n'émet que de la lumière à certains degrés déterminés de réfrangibilité, le spectre ne peut contenir qu'un nombre d'images égal à celui des degrés de réfrangibilité des différents rayons ; on peut alors rendre la source lumineuse et ses images assez étroites pour que Timage correspondante à chaque couleur soit séparée des voisines par un espace obscur. C'est ainsi que notre point a de tout à Theure (fig. 106] , qui ne contenait que de la lumière rouge et de la lumière bleue, nous donnait en b une image bleue, en r une image rouge, séparées l'une de l'autre par l'intervalle obscur br. La même chose a évidemment lieu si la lumière de a contient, non-seulement deux, msds dix, cent ou mille sortes différentes de lumière simple.

Tel est le mode de composition de la lumière solaire. Si nous produis(ns le spectre solaire le plus parfait possible, nous le trouvons divisé par un grand nombre de lignes obscures, les lignes de Fraunhofer, dont la présence nous indique que certains degrés de réfrangibilité font défaut dans les rayons de la lumière soldre. Plus la séparation des couleurs est complète dans le spectre, plus le nombre des lignes obscures est- considérable. Fraunhofer et Stokes ont désigné les plus fortes de ces lignes par des lettres, ce qui fournit un moyen extrêmeïû«nt sûr et commode de retrouver toujours dans le spectre des rayons ^t la durée d'oscillation et la réfrangibilité sont exactement détei'nioées; aussi nous servirons-nous également de cette désignation,

306 {iSh DKI XIÈME PAHTIK. - OKS SKNSATIONS VISfELLES. i 19.

toutes les fois qu'il s agira de déterminer exactement la nature d'âne couleur. La figure 1 de la planche IV représente le spectre soWre avec ses lignes obscures. Comme la longueur relative des difTérentes parties du spectre varie avec la matière dont est composé le prisme, et que cette longueur relative est toute différente dans les spectres produits par diffraction, où la distribution des couleurs ne dépend que de leur longueur d'onde, on voit que, dans un dessin de ce genre, h distribution des couleurs est, jusqu'à un certain point , arbitraire. \km celui de la planche IV, la disposition cboine est celle conforme au principe de l'échelle musicale ; elle nous a paru la plus utile au point de vue des considérations physiologiques : on a figuré équidistantes le» couleurs dont les longueurs d'onde sont entre elles comme celles de deux sons différant entre eux d'un demi-ton. Ainsi, mathématiquement parlant, des distances égales sur le dessin correspondent à dei différences égales entre les logarithmes des durées d'oscillation. Les chiffres inscrits à gauche indiquent le nombre des demi-tons; leslettr» qu'on voit à droite indiquent les dénominations choisies par Fraunhofer et par Stokes pour les lignes obscures les plus prononcées.

ComnYe il existe quelque incertitude au sujet de la dénomination des différentes couleurs, nous établirons, pour le reste de l'ouvrage, les règles suivantes :

J'appelle rouffe^ la couleur de l'extrémît*^ la moins réfrangîble do spectre, couleur qui ne présente pas dr variation sensible dans^a iniance à partir de sa limite extrême jusqu'aux environs de la lipîc i\ Parmi los matières colorantes, c'est le vermillon qui s'en rapproche le plus. Il faut en distinguer le rouge pourpre, qui passe au rose quand il est larè de blanc, et qui parait bleuâtre à côté du rouge pur. Cette nuance, dont le ton le plus saturé conservera le nom de pourpre^ t<indis que les variétés plus roupeàtres pourront prendre celui de canniuy ne se présente pas dans le spectre ; on ne peut la produire que par le mélange des couleurs extrêmes, le rouge et le violet.

De la ligne C à la ligne D le spoctre passe du rouge à l'or/wyr, qui est un rouge-jaune avec prédominance de rouge, puis au jaune d'9r, rouge-jaune avec prédominance de jaune. Parmi les sulwtances colorantes métalliques, le minium représente la première de ces rouleun, et la litharge (oxyde de plomb) représente la seconde.

Depuis D jusqu'en h les transitions sont très-rapides. D'al>ord, OB

rencontre unp bande étroite (\p j/iunf* nnr, rniiest <'nviron trots foi^pln»

éloignée de E que (\o 1). Puis vient \v jnunc-vrrt, et, entre f: et *,l^

' vert pur. Pour X^jauuc et rert purs, nous avons deux tr!»s-bons reprè-

W. NOMBNCLATl HE DES a)ll.ErHS. (Î^S) 307

sentants parmi tea substances colorantes : au premier répond le chromate de plomb clair finement précipité (jaune de chrome) , et au second, rarsénite de cuivre (vert de Scheele).

Entre J? et F, le vert passe au bleu-vert, puis au bleu ; entre F et G, ttsuivent différents tons de bleu. — L'étendue i-elativement considérable te tons Meus, dans le spectre solaire obtenu par réfraction, a engagé Newton à leur appliquer les noms de blett et indigo ^ et, en latin, la suite des noms de thalassinum^ cyaneum^ cœruleum^ indicum; ensuite vient le violet, viotacewn. Nous pouvons conserver le nom de bleu indigo pour les deux tiers de Tintervalle FG qui sont les plus voisins de C Quant aa bleu, moins réfrangible, du premier tiers de FG, jusqu'à présent, on lui a, le plus souvent, donné simplement le nom de b/eu^ ou, d une manière plus inexacte, celui de blm de ciel ; mais, dans un spectre fttne intensité commode, la ressemblance de ce bleu avec celui du ciel ne provient que de son intensité plus grande, tandis que l'indigo, dont le ton est véritablement celui du ciel , paraît trop foncé , dans un spectre semblable, pour mériter le nom de bleu céleste. Comme, dans le langage, un ciel pur est considéré comme donnant l'exemple principal delà couleur bleue, et que, comparé à cette nuance du ciel, un bleu moins réfrangible paraît manifestement verdâtre, nous ne pouvons guère déâgner sous le nom bleu^ par opposition à l'indigo, la couleur qui nous occupe ; je démgnerai donc cette partie du spectre sous' le nom de Ueu cyanique^ qui rappelle la dénomination de cynnexmi adoptée par Ncirton pour les tons bleu verdâtre du spectre. Le noni do bleu d'eau coDmndrait également pour désigner ce ton, car celte coloration appartient en redite aux grandes masses d'eau très-pure (lac de Genève, gliciers). C'est ainsi que si, par une belle journée, on a regardé longtemps l'eau du lac de Genève, et qu'ensuite on lève les yeux vers le ciel, on lui trouve, par contraste, une colomtion violette ou même rosée. Mais conmie, à l'exception des fentes profondes dans la glace, la coloration des masses d*eau qu'on voit ordinairement est très-blanchâtre, je préfère rései-ver le nom de bleu d'eau pour les variétés blanchâtres du bleu cyanique. Parmi les substances colorantes, le bleu de Pmase (cyanofemire de fer) répond au bleu cyanique, et loutremer, àFindigo.

' Au delà de la ligne G, jusqu'en H ou en A, vient le violet ; qiielqijt s fleurs l'ont aussi désigné sous le nom de pourpre. Le violet et le pourpre représentent la transition des tons bleus et rouges. Comme ious l'avons dit, nous réserverons le nom de pourpre aux nuances les î>tts rougeàtres de cette transition, nuances qui ne se présent: nt pas ^s le spectre.

308 2i9) DLIXIKMK PAHTIK. — DLS SKNSATIONS VISlEU-iiS § !«• Enfin vient Y ultraviolet^ situé à rextrémité la plus réfraupblc du spectre. — Cette partie, qui s'étend depuis L jusque vers rextrémité il, ne peut être vue qu'autant que l'on masque soigneusement les autres parties plus lumineuses que nous venons de décrire. Ce fut par leuis actions chimiques qu'on reconnut d'abord la présence, en cet endroit du spectre, de rayons particuliers auxquels on donna pour ce motif k nom de rayons chimiques invisibles. En réalité, ces rayons ne sont pas invisibles, seulement ils affectent l'œil d'une manière relativement bien plus faible que les rayons situés entre les lignes B et H^ dans la partie moyenne et lumineuse du spectre. Si l'on vient, au moyen d'appareils spéciaux, à supprimer complètement les autres rayons, aussitôt les rayons ultraviolets deviennent trcs-facilement visibles, même jusqu'à l'extrémité du spectre solaire. Pour une faible intensité, leur couleur i»st l'indigo; elle est d'un gris bleuâtre pour une intensité plus grande. Le phénomène de la fluorescence est le moyen le plus facile de démontrer l'existence de ces rayons. — En effet, si l'on éclaire avec de la lumière ultraviolette une polution linq/ide de sulfate acide de quinine, tous les points de la solution qui reçoivent celte lumière émettent, dans toutes les directions, des rayons d'un blanc bleuâtre, sous forme d'un nuage lumineux qui pénètre la solution. En examinant cette lumière blanc bleuâtre à l'aide d'un prisme, on reconnaît que ce n'est |>as de la lu* mière ultraviolette, mais de la lumière blanche composée, et d'une réfrangibilité moyenne. Aussi la description de ce phénomène peut-elle se résumer ainsi. Dès que les rayons ultraviolets agissent sur la solution de quinine, celle-ci devieiU lumineuse par elle-même, et émet de la lumière blanc bleuâtre et d'une réfrangibilité moyenne. Or, comme YivW est considérablement plus sensible pour ce genre de lumière que pour la lumière ultraviolette, si cette dernière ne dé|Xisse pas un certain degré d'intensité, on n'en aperçoit pas la moindre trace, à moins ({u'elle ne vienne rencontrer une substance fluorescente qui de\ient aussitôt lumineuse. Panni les corps qui présentent à un degré élevé le phénomène de la fluorescence, il faut citer, outre la quinine, le verre coloré par Turane, r;i\sculine, le plati no-cyanure de potassium, etc.

(lonune les substances fluorescentes ne subissent aucune autre altération, quekiue fréquemment qu'on reproduise le phénomène, et couimc l'expérience ne paraît être accompagnée d'aucune perle de chalcufi il faut conclure, de la loi de conservation de la force, que, uïalgré l'action plus intense de celte lumière sur Tcril, la force vive de la hmiiirc produite par la fluorescence n'est pas plus grande que celle de la lu* mière ultraviolette qui lui donne naissance. On n'a pas rncort* fait de recherches exactes sur le rapport ([uc présentent les intensités df I»

5 i9. HAYONS ULTRAVIOLKTS. 309

lumière ultraviolette avant et après la modification par la fluorescence. Cependant on peut déduire de certains faits, que nous mentionnerons plus loin avec la description des méthodes, que la première est environ 1200 fois moins intense que la seconde. On peut aussi, même sans mensuration, constater l'énorme différence que présentent à l'œil les intensités de ces deux lumières. Il suffit, à cet effet, de recevoir successivement sur un écran non fluorescent, de porcelaine blanche, par exemple, piûs sur de la quinine, des rayons ultraviolets convenablement isolés de toute lumière plus réfrangible et réunis en un foyer.

Le spectre solaire, du moins pour le cas où la lumière a traversé l'atmosphère, ne s'étend réellement pas au delà de la lumière ultraviolette, que l'œil peut apercevoir après suppression convenable des parties plus lumineuses. — Pour le constater, il suffit de projeter, au moyen de prismes et de lentilles de quartz, un spectre objectif sur une solution de quinine ou sur une autre substance fluorescente ; le phénomène de la fluorescence ne se produit qu'avec la lumière ultraviolette perceptible à l'œil. D'un autre côté, Stokes a trouvé que le spectre de la lumière électrique du charbon, projeté au moyen d'appareils, de quartz sur un écran fluorescent, s'étend bien plus loin que le spectre solah^ : la méthode de cet expérimentateur permet par conséquent de rendre sensible à l'œil de la lumière plus réfrangible encore que celle qui l'est le plus dans le spectre solaire ; on est donc autorisé à conclure que le spectre de la lumière solaire qui a traversé l'atmosphère sanrête en réalité aux limites que lui assignent l'œil et les substances fluorescentes. On n'a pas encore fait d'expériences sur la visibilité des parlies les plus réfrangibles de la lumière électrique du charbon. L'arc lumineux que donnent, dans le vide, les courants d'induction électromagnétiques de l'appareil à marteau de Neef est riche en lumière ultraviolette, si l'on en compare la quantité à celle si peu considérable de Immère moins réfrangible qu'il contient; mais son intensité lumineuse absolue est cependant trop faible pour permettre une analyse rigoureuse par le prisme.

L'autre extrémité du spectre possède également des rayons, ordinairement invisibles, qu'on peut faire apparaître en supprimant soigneusement les parties plus intenses que l'on voit ordinairement. — Il est facile ici d'obtenir une séparation convenable en interposant un verre rouge sur le trajet des rayons lumineux ; de plus, comme les verres rouges (colorés par l'oxydulede cuivre) laissent passer beaucoup d'orangé, on peut, s'il le faut, y ajouter un verre bleu, coloré par l'oxyde de cobalt, ^i absorbe l'orangé, mais qui laisse passer en entier le rouge extrême.

310 (Î30: DEI'XIÉMR PARTIK. — DKS SENSATIONS VISUELLES. § «•

(Cependant ce qu un semblîible mode d'observation permet de faire apparaître à rextrémité rouge est peu de chose, en comparaison de la grande étendue du spectre ulti-aviolet. La l>ande de lumière rouge qui a ajoute au delà de la ligne A possède environ la largeur de AB. Le too du rouge reste inaltéré jus<ju au bout, et ne se rapproche nulleiuent du pourpre.

De plus, le spectre solaii-c s éiend, en réalité, du côté rouge, au delà de ce qui en est perçu par l'œil. — Jusqu'à présent on n'a pu rendre sensible l'existence de ces rayons nitrarouges que par leurs actions calorifiques, ce qui leur a valu le nom de rayons calorifiques obscurs.

Comme le verre, l'eau et beaucoup d'autres substances transparentes

ira

D FiG. 107.

absorbent ces rayons en plus forte proix)rtion que les rayons éclairants, il faut employer des prismes et des lentilles de sel gemme pour connaître toute l'étendue du spectre calorifique obscur. Dans le spt'ctw prismatique, la larcçeur du spectre calorifique obscur est assurément faible, car, d'après la théorie des vibrations élastiques de l'éther, lors- (pie la lonj^ueur d'onde des rayons augmente, la réfraction tend ven lin minimmn qu'elle ne peut pas dépasser et pour lequel il n'y aplo» (le (lis|)(?rsion (l(»s couleurs. Dans la figure 107, les longueurs d'ond»* sont représentées par les abscisses horizontales, comptées à partir d'une origine située à paiiche de //, h une distance égale à hH. I.es letlff* depuis U jus(prà // c<»rresp(mdent aux lignes de Fraunhofer età leor situation sur un .spectre d'interférences. Les coordonnâmes vertical» représentt'iii l<*s in<li(f»s de rétraction relativement à l'un des prisiof^ de flintjçla^s employés par Fraunhofer.

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