‹ Opuscules de botaniqueChapitre 9 sur 97 · VII. Cisrus invcanus L., Pourr. Mss. n · texte numérisé non relu

VII. Cisrus invcanus L., Pourr. Mss. n

Après que Linné eut décrit le Cistus incanus, en le signalant à Narbonne { Spec. pl., 3° éd., ann. 1763), Lamarck décrivit

(1) Voici la diagnose de Lapeyrouse : Cistus pulverulentus Pourr..…. suffruticosus, stipulatus, erectus, canescens ; foliis linearibus, obtusis, margine revolutis, imis et in ramis sterilibus connatis ; floribus terminalibus ; calycibus acutis , villosiusculis, corollis crenulatis (Hist. abrég. Pyr., p. 303). Et voici, comme terme de comparaison, la diagnose que donne Pourret de son Cistus pulverulentus (Z.e., p. 312). Foliis pulverulentis, inferioribus spathulatis ovatis margine fimbriatis ; superioribus oblongis connatis integrisque ; pedunculis bifloris ; calycibus acutis villosis , corollis crenulatis ; D.

cette espèce dans l'Encyclopédie (ann. 1786),t.2 ,p.14%, sans lui assigner de localité. Mais dans sa #lore française , 2° éd. , t. 3, p. 167 (ann. 1795), entraîné sans doute par la double autorité de Linné et de Pourret, il dit qu’elle croît dans les environs de Narbonne , opinion qui se trouve reproduite dans le Synopsis et dans la Flore francaise de Lamarck et De Candolle, dans le Botanicon de M. Duby. Seuls, dans ces derniers temps, MM. Grenier et Godron ont élevé des doutes sur l’existence spontanée de cette espèce en France.

Les auteurs modernes s'accordent à réunir le C. villosus L., au €. incanus L. Pourret admet dans son Manuscrit deux espèces distinctes sous ces dénominations. 11 dit, à propos du C. villosus L. : « On le trouve en Espagne et en Italie; » et au sujet du C. incanus L. : « On trouve cette espèce dans les environs de Narbonne. M. le baron de Lapeyrouse l’a observée aux Bains de Rennes... On la trouve plus communément en Espagne et en Portugal. » Dans son Histoire abrégée des plantes des Pyrénées (p. 299), Lapeyrouse signale le C. incanus L. à Quillan, mais son Herbier n'offre pas de plante sous ce nom. Pourret a soin d'ajouter dans son Manuscrit : « Toutes les figures des auteurs qui ont parlé de cette plante, représentent les feuilles un peu plus étroites et plus longues que nous ne les avons jamais observées nous-même. » Il aura sans doute reconnu plus tard que le €. incanus L. ne croît pas en France, et désigné dans son CAloris , sous le nom de C. pulverulentus Pourr., l'espèce française comprise sous le nom de €. incanus L. dans le Manuscrit. Il ne sera pas inutile de noter ici que M. Bentham n'a pu découvrir à Narbonne le C. incanus L. ( Voy. son Catal. pl. Pyrén., p.72), qui ne figure pas non plus sur un long catalogue manuscrit des plantes de Narbonne, qu'a bien voulu me communiquer M. Maugeret.

Mais quelle est donc la plante des environs de Narbonne qu'ont eue en vue Lamarck et De Candolle, M. Duby ct Pourret, sous le nom de C. incanus L.? Ne serait-ce pas le C. albido-crispus Del. assez répandu dans cette localité et qui a été longtemps confondu avec d’autres espèces? Les deux pre-

miers de ces auteurs donnent à leur C. 2#7canus des feuilles sessiles.… un peu cotonneuses et blanchätres... marquées de trois nervures visibles en dessous , et M. Duby suit leur exemple. Or, ces caractères appartiennent au C. albido-crispus Del. et non au C. incanus L., qui a les feuilles rétrécies en pétioles (1), vertes avec un léger duvet, nullement trinerviées , mais réticulées-nerviées.

Voici maintenant la description et la synonymie du €. incanus, empruntées au Manuscrit.

Cistus foliis oblongis spathulatis subsessilibus fere connatis , mollibus , superne fere glabris inferne tomentosis , foliis calycinis inæqualibus Pourr.

Cistus mas 2, Clus. Æist. 69.— Dalech. Hist. 225. — Cistus mas angustifolius 2, Clusii. Lobel. Obs. Hist. 5k8. — Tabernæm. — Gerard. — Cistus mas angustifolius G. B. Pin. kG4. — Ger. — Parkinson. — Ray. ist. 2, 1006. — Cistus mas 2, folio longiore 3. B. 2, 2. — Tournef. Znst., 258. — Linn. Sp. pl. 737; Syst. veg. k13 ; Hort. Cliff. 205; Hort. Ups. 143. — Van Roy. Lugd. Bat. 475.

Desc. Cet arbrisseau s'élève quelquefois au-dessus de quatre pieds. Sa Lige est rougeàtre et velue et très-ramifiée comme le précédent (Cistus albulus L.); ses rameaux sont plus flexibles. Ses feuilles sont oblongues , spathulées , opposées, sessiles et presque amplexicaules, duvetées principalement en dessous, molles sans être cotonneuses, et légèrement visqueuses de tous les côtés. Celles du bas sont loujours plus courtes, plus petites , plus ridées et plus crépues sur les bords ; elles sont terminées par une petite pointe qui n’est pas piquante. Les pétales sont d’un beau rose foncé , crénelés sur les bords, et tant soit peu en forme de cœur. Chacune des fleurs est portée sur des pédicules velus au nombre de deux à l'extrémité des rameaux latéraux , et au nombre de quatre au sommet de la plante, qui est terminée par deux grandes feuilles. Les calyces sont composés de cinq feuilles en forme de cœur, allongées,

(1) Folia… desinunt basi in petiolos coalitos vaginantes, dit Linné (Spec. pl.).

(16) pointues et couvertes de poils blancs. Les deux extérieures

sont révolues sur leurs bords et ne sont point membraneuses sur les côtés comme les trois autres.

VIII. Cisrus rosMarinirouIus Pourr., /. c., p. 313, n° 344 ; CiSTUS RORISMARINIFOLIUS Pourr., Mss. n° 19.

Ce Ciste, dont je n'ai vu le nom signalé que dans les ouvrages de MM. Bentham et Spach , me paraît être le C. Bours'œanus Coss. (PI. crit. ). Voici la diagnose, la description et les synonymes donnés par Pourret dans son manuscrit :

Cistus foliis oppositis fasciculatis linearibus sublus incanis revolutis superne glabris, pedunculis longis , pedicellis inæqualibus.

C. Ledon VII, Clus. Hisp., 80. — Lob. Obs. et ic. — + Ladanum Clusii folio Rorismarini flore lutco. Rauwolf. — Ledum classi quintum (pro 8°). Tabernæm. — Cistus Ledum sextum Clusii (pro 8°. Ger. emac. — Cistus Ledon foliis Rorismarini, subtus incanis. G. B. Pin. k67 ; Ray. ., 1010. — Cistus Ledon 8°" foliis Rorismarini subtus incanis. Parkins. — Cistus Ledon , foliis Rorismarini coronariæ Clusii, flore luteo. J. B. 2. 1{. — Helianthemunm foliis Rorismarini splendentibus, subtus incanis. Tourn., 250.

b On le trouve en Espagne dans les environs de Gibraltar et dans plusieurs endroits du Portugal ; on l'appelle Romero à cause de sa ressemblance avec le Romarin.

Descr. Petit arbrisseau qui ne s'élève guère au delà d’un pied et demi, couvert de rameaux allongés , cotonneux , garnis jusqu’à leur base de feuilles sessiles, linéaires, vertes et glabres en dessus, blanchâtres en dessous et tout à fait semblables à celles du Romarin, d’un goût asiringent et légèrement visqueuses. Ses fleurs sont portées sur des pédoncules longs et garnis de feuilles à leur naissance. Les braciées sont pelites et Jaunâtres. Le calice est composé de trois feuilles.

Deux espèces de Cistes croissent dans le midi de l'Espagne, et ont quelque analogie d'aspect avec le Romarin ; l’une est le Cistus Clusii Dun., l'autre le €. Bourgæanus Coss. Mais

(17) cette dernière dénomination devra être rapportée désormais en synonyme au C. rosmarinifolius Pourr., par les motifs suivants : 1° Le €. Clusii Dun., aux feuilles blanchâtres aux deux faces , ressemble moins sous ce rapport au Romarin que le C. Bourgæanus Coss., qui les a vertes et glabres en dessus ; 2° le premier a , contrairement au second, ses sépales poilus, et Pourret ne signale pas de poils au calice de son espèce ; 3° le premier vient près Hellin, dans la province de Murcie, tandis que M. Bourgeau a récolté le C. Bourgæanus Coss. en Andalousie , au Pinal de Chiclana , non loin de Gibraltar, où Pourret signale son C. rosmarinifolius.

Dans son Chloris, p. 313, Pourret considère le C. Libanotis L., comme une variété du €. rosmarinifolius ; et son autorité a sans doute entraîné M. Bentham (Cac. plant. Pyr. , p. 82), et d’après lui, M. Spach ( Voy. Ænnal. des Sciences natur. 2° série, L. VI, p. 366), à voir dans le €. rosmarini- ! folius Pourr., un synonyme du C. Libanotis L. ( Helianthemum Libanotis Willd.). C’est peut-être par ce même motif que M. Spach a cru devoir appeler Æalimium rosmarinifolium le C. Libanotis. X est probable que Pourret ne connaissait guère le C. Libanotis L. (qui nous est aussi inconnu et dont les collections de Paris n'ont offert à M. Spach que des échantillons incomplets) , car la plupart des auteurs rangent cette espèce dans le genre Helianthemum en lui donnant une capsule triloculaire , alors que le Cistus rosmarinifolius a, d'après Pourret {Mss.), une capsule à dix loges.

La figure du Zedon VII de Clusius ( Æist. lib. 1, p. 80) doitelle être rapportée, à l'exemple de Dunal (in De Candolle, Prodromus, t. 1,p.267), à l'Æclianthemum Libanotis Willd., ou, comme le veut Pourret, à son Cistus rosmarinifolius ( €. Bourgæanus Coss.\)? Malheureusement ni la figure, ni la description de l'Ecluse ne peuvent fixer sur le nombre des loges de la capsule du Ledon NI; seulement, dans la première, les bractées sont représentées plus longues que les pédoncules, tandis que Dunal dit de l’Æelianthemum Libanotis Wild. : bracteis.… pedunculo brevioribus. J'ajoute que Clusius et

(18) Pourret disent, chacun de leur plante, qu’elle est appelée Romero en Portugal.

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