NYMPHE
La Nymphe, dans laquelle on reconnaît facilement linsecte parfait, est assez convexe. La téte, infléchie en dessous, est fortement engagée dans le prothorax. Les yeux, assez gros, sont à moitié voilés par les bords de celui-ci. Les palpes sont tous libres. Les antennes dont on compte distinetement tous les articles, rejetées en arrière le long des côtés du prothorax, viennent s'appliquer, par leur sommet, contre les cuisses intermédiaires. Les élytres, repliées sous le corps, dont elles atteignent les deux Uers de la longueur, présentent sur les côtés deux plis longitudinaux , parallèles. Les segments thoraciques répondant aux mésosternum et métasternum , sont faiblement convexes, tandis que les segments abdominaux le sont assez fortement en travers. Ceux-ci sont au nombre de six, et le segment anal, arrondi à son sommet, laisse dépasser en arrière un lobe large, déprimé, terminé par quatre lanières, dont les intermédiaires courtes , rapprochées l’une de Pautre, subparallèles ; les extérieures divergentes, beaucoup plus longues, spiniformes.
Les pieds antérieurs el intermédiaires sont en dehors des élytres contre lesquelles ils sont appliqués, à l’exception des t1bias et tarses antérieurs qui s’en détachent un peu. Les arses présentent distinctement tous leurs articles , et même leurs crochets. Les pieds postérieurs se trouvent engagés sous les élytres, à l'exception des genoux qui les débordeni sensiblement.
La larve de lÆgnathus decoratus se rencontre, ainsi que linsecte parfait, au bord des rivières, dans les vieilles souches d’aulne. Elle vit en compagnie du Rhizophagus cœruleus et d’un Bostrichus ( Bostrichus aln:), dont nous avons donné ei-devant la description. Suivant toutes nos présomptions , elle doit être parasite des larves de ce dernier xylophage , car nous l’avons souvent trouvée mêlée à celles-ci et au fond des galeries qu’elles
118 NYMPHE DE L' AGNATHUS DECORATUS.
s'étaient creusées dans l’intérieur du bois. Les larves des Rhizophages , trop pelites et trop déprimées, ne sauraient pratiquer des chemins suffisants pour laisser passage à une larve du volume de celle de l’{gnathus. D'ailleurs leurs petites galeries, peu profondes, ne s’écarient guère de la surface de l’aubier à laquelle elies sont parallèles, et e’est le plus souvent dans le cœur même du bois que nous avons surpris la larve de lÆgnathus.