‹ Opuscules historiques relatifs à Jeanne Darc, dite La Pucelle d'OrléansChapitre 8 sur 31 · SUR CHARLR9 DU LIS. XXV · texte numérisé non relu

SUR CHARLR9 DU LIS. XXV

Nous y reviendrons à plus d'une reprise dans le cours de cette édition, dont ces écrits forment la matière principale. Nous placerons à la fin du présent morceau une notice bibliographique des divers ouvrages, tant imprimés que manuscrits, qu'a laissés Charles du Lis. En ce moment, nous devons nous borner à les mentionner, et nous poursuivons Tesquisse de sa vie.

Charles du Lis s'attacha de bonne heure à la fortune d'Henri IV. La Ligue ayant envahi le parlement de Paris, il y eut schisme, comme on sait, dans ce grand corps de l'État et le parlement royaliste fut installé à Tours. Maître Charles du Lis obtint du roi un office de substitut du procureur-général près cette cour, et fut reçu à Tours le 19 mars 1593. Sa place, à ce qu'il paraît, fut créée pour lui, et, bien quô cette charge fût vénale, par une spéciale faveur le roi la lui accorda sans finance.

Vers le même temps , selon toute vraisemblance, Charles, ainsi que son frère Luc du Lis, fut employé «en diverses charges, commissions et négociations, dont ils s'acquittèrent dignement ^ » Mais la carrière du jeune magistrat, tant qu'il conserva ce rang subalterne, paraîtn'avoir laissé aucune trace sensible» dans l'his-

i Voy. ci-après page iOA.

XIVI NOTICE

ioire générale. Chartes du Lis, en 1602, fut promu avocat-général près la cour des aides de Paris.

Dans son épitre au roi, déjà citée, il faitattusion, en ces termes, au double emploi qu'il remplit successivement dans les rangs de la magistrature :

Il me souvient encore et souviendra toujours Que pour t'avoir servy au parlement de Tours, Ayant part aux secrets de tes plus grands affaires Au parquet de tes gens à TEstat nécessaires, (Je diray tout cecy sans m*en glorifier) Tu Youlus, ô grand roy, pour me gratifier, Par un édit exprès qui me fut fayorable.

Créer à mon sujet an office honorable.

Dont je me vis pourvu, quasi sans y penser.

Sans brigue, sans courir et sans rien financer : Voire mesme en un temps où Targent assez rare Eût excusé de voir un trésorier avare.

Et comme on voit un bien d*un autre réussir, Ta majesté voulut encore me choisir, Entre les contendans qui poursuivoient Toffice D'advocat général, dont je fais l'exercice Pour maintenir tes droits et te donner moyen De garder Tintérest du public et le tien En la cour souveraine où ta justice sainte Entretient ta grandeur et tes subjects en crainte , Faisant également, sans fraude et sans abus, Rendre par les subjects à Caesar ses tribus.

SUR CHARLBfl OU LIS. XXVI)

Pttis m'ayant en cela U faveur dépsyrtie.

Tu me remis encor la meilleure partie.

Du prix de cet office, et ainsi m'obligeaot, Tu voulus préférer mon service à Targent ^.

Du Lis fut reçu à la cour des aides le 8 janvier 1602 c( aux gages ordinaires de trois cent trente-trois escus un tiers, » en remplacement et par résignation de Henri Aubert, son prédécesseur *. H fut reçu, disent formellement les registres^ a sur informations foites d'office par la cour et après que^ par ses mérites^ il a été dispensé de Fexamen*. »

< Recueil d'imeriptionSj ete., 1698, p. 66.

* Archives de la cour, registre Z, 71 4, à la date.

s Z, 736; pafe 115. La cour des aides vérifiait aoaverainement les pouvoirs de tous les officiers de sa Juridiction. Do nous pardonnera de citer à ce sujet les deux extraits suivants. En date du a juillet 1613 « Messire (ou Maître) Jean Thomas, pourveu de l'office d'avocat général en la cour (des aides; collègue de dn Lis), au lieu de messire Le Normand, n'ayant pu répondre sur la loy, arrêté que, n'étant capable d'exercer tel office, sera tenu de s'en défaire et ses lettres de provision à lui rendues • (Registre Z, 696,

iV 947) « Du 39 août 1619. Un nommé Lefevre, dit la

Porte, qui avoit été longtemps comédien et néanmoins depuis dix ans av«it quitté la profession , se présenta à la cour avec des provisions que le Roy Ini avoit accordées d'un office d'élu à Sens. Aux provisions dudit office étoient jointes des lettres de réhabilitation pour le rétablir en sa

AXVllj NOTICE

Charles du Lis inaugura son ministère près cette cour de justice en provoquant d'utiles réformes au sein de son administration intérieure. La coutume des mercuriales tendait à s'abolir par négligence et désuétude^ tandis que les fériés ou vacances se multipliaient sans règle et sans limite. Aux rentrées de la Saint- Martin 1603 et de la Quasimodo > 1604, Charles du Lis supplia la cour d'observer à l'avenir ces solennités et de les consacrer, toutes affaires cessantes, aux mercuriales d'usage. Il demanda en outre qu'il fût tenu registre, à l'avenir, de ces conférences , réduites à deux jours par année. Cette requête fut accueillie , et lui-même, à la mercuriale de la Saint-Martin 1605, montra l'usage utile que l'on pouvait faire de ces entrebonne famé et renommée, à cause de la profession qu'il avoit exercée. Les élus de Sens s'opposèrent à sa réception attendu son infamie. Gorbin plaidoit pour le pourvu. Bataille pour les élus, Du Lis, avocat général, pour le Roy; la cour refusa d'entériner les lettres » (Registre Z, 698. p. 140).

^ La saint Martin 11 novembre; la Quasimodo, premier dimanche après Pâques. Les mercuriales étaient ainsi nommées parce qu'elles avaient lieu le mercredi. Au Parlement, elles devaient, dans le principe, se tenir chaque semaine; puis tous les mois, puis tous les deux mois. Enfin l'édit de Henri UI rendu à la suite des états de Blois, en 1579, article 144, les réduisit à être tenues de six mois en six mois (voy. registre U 85, f^ 1).

SUR CHARLES DU LIS. XllX

tiens périodiques de la compagnie. Il proposa de fit régler les fériés et de les modérer à Tinstar du parlement et de la cour des comptes. » Dans une autre assemblée du même genre, il mit la main à des matières plus fondamentales.

Comme les maximes de la cour, pour juger certains cas, dit le texte des archives, sont de beaucoup changées et altérées, et bien souvent se trouvent les arrêts de la dernière chambre contraires à ceux de la première, supplie la cour de nommer des députés pour faire registre secret des questions et maximes générales qui seront jugées par les arrêts , afin qu^elles soient suivies et observées pour Thonneur de la justice et le soulagement du public.

^ Plus tard, en 1607, à la mercuriale de la Saint-Martin,

Il supplie la cour de commettre aucun de. Messieurs pour vérifier et faire une matricule de toutes les levées et impositions sur le peuple dans le ressort de la cour, afin que la matricule ainsi faite, toutes lesdites levées soient certaines et réglées.

Du Lis, en même temps, se montra, comme le furent en général tous les magistrats de ces temps, le vigilant défenseur, même contre Tautorité royale, des privilèges et des prérogatives du corps auquel il était attaché. Dès les pre-

Page 1