‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 48 sur 116 · LE MOMENT · texte numérisé non relu

LE MOMENT

Enfin voici le moment annoncé 5 Il va passer, il passe, il est passé.

LES DEUX PÉLERmS.

FABLE

LiE renard dit au loup : le besoin nous harcelle ; Nous sommes décharnés , et notre barbe gèle.

Sais-tu qu'en ce couvent voisin

Il est des moines charitables?

On héberge chez eux tout pauvre pèlerin : Ces gens là , d'ordinaire, ont les meilleures tables. Crois-moi, loup, allons-y : c'est un fâcheux destin, Que celui d'endurer le froid et la disette. Parbleu, reprit le loup , ton idée est parfaite.

On part donc , on arrive au guichet du couvent : Sur l'avis du renard , maître loup se suspend

A la corde de la sonnette -, Tire , s'agite , et fait un bruit si grand ,

Que chacun crut dans l'abbaye

Qu'il éclatait un incendie.

On accourt , et l'on voit le mangeur de moutons :

Et vite , et vite , on s'arme 4e bâtons ; Sous les coups redoublés le pauvre diable expire :

On règle que la peau du sire, Au vénérable abbé servira de manchon.

Mais pendant ces débats, sou rusé compagnon,

Dans le couvent se glisse sans mot dire 5 Arrive au réfectoire et s'y voit en bon lieu : Il croque les poulets des serviteurs de Dieu, S'échappe adroitement, en se mettant à rire Des moines et du loup : puis part sans dire adieu.

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