‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 61 sur 116 · LE TOMBEAU DE L AMOUR · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE L AMOUR

Belles I pleurez sur le tombeau d'Amour : Las î il est mort. — Eh quoi ! mort sans retour ? — Ah ! sans retour , je ne le certifie : Il meurt d'un rien , un rien lui rend la vie.

rojmdeau redouble.

Oh ! l'heureux temps de gothique mémoire! Quand nos barons vivaient sans aucun frein ; Quand le clergé ne songeait qu'à bien boire : Quand les plus forts régnaient de droit divin

Pour dix écus on tuait un vilain -,

On dévastait au loin le territoire ,

Et l'on pendait les gens pour un lapin.

Oh ! l'heureux temps de gothique mémoire !

Crasse ignorance était titre de gloire Chez tout varlet ou seigneur châtelain : Droit de jambage était noble accessoire , Quand nos barons vivaient sans aucun frein.

Bien reposé, bien frais, chaque matin.

Dans un bon lit faisant son purgatoire, Monsieur l'abbé dimait sur le voisin , Quand le clergé ne songeait qu'à bien boire.

Le racine épais allait au réfectoire.

Puis confessait la gentille nonain ;

A cette belle époque de l'histoire,

Quand les plus forts régnaient de droit divin.

ENVOI

Tremblant au nom d'un prêtre ultramontîiin , Chacun croyait faire oeuvre méritoire , En maudissant et brûlant son prochain , De par le ciel et le sacré grimoire.

Oh ! l'heureux temps !

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