‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 7 sur 116 · SONNET SUR LE BONHEUR · texte numérisé non relu

SONNET SUR LE BONHEUR

JjoNHEUK, ô toi pour qui tout se meut sur la terre! Tes favoris sont-ils chez les grands, aux hameaux, A Sparte, à Sybaris, aux camps, au sanctuaire? Préfères-tu les bois, la garde des troupeaux?

Es-tu la volupté» la gloire, une chimère; Le désir satisfait ou l'absence des maux ? Es-tu dans l'amilié, dans l'amour, sous la haire, Dans la paix, le savoir, la vertu, les tombeaux?

Impatiens mortels! il est dans Tespérance,

Il vit dans notre cœur, couronne l'innocence :

Il résiste à nos vœux et vient inattendu.

Ce présent du Très-Haut , cette céleste flamme ,

Ne peut se définir, c'est la santé de l'àme 5

On n'en connaît le prix que quand on l'a perdu.

LA PEjSSÉE.

SONNET

Que serviraient des lois sans leur intelligence? L'ordre de l'univers sans des êtres pensans? Le temps, l'éternité, les corps, le vide immense, La chaleur, la lumière, et tant de mouvemens?

La Pensée a du monde attesté l'existence ; Sans elle, il n'est ni bien, ni mal, ni seniimens j Ni beauté , ni vertus , ni but , ni jouissance : Le passé, l'avenir, restent indifférens.

Elle remplit l'espace et perce tous les voiles : Un instant lui suffit pour atteindre aux étoiles j Le firmament par elle à la terre est uni.

Son centre d'action est la raison humaine : S'élevant par degrés, elle forme une chaîne Du néant jusqu'à nous, de nous à l'iufiui.

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