‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 84 sur 116 · LA MÉLANCOLIE D AMOUR · texte numérisé non relu

LA MÉLANCOLIE D AMOUR

Lieux cliers à raon enfance , Fleurs qui parez nos champs 5 Hélas ! votre présence Ne charme plus mes sens.

Ruisseaux , bois solitaire , Avez-vous pu changer ?

Mon cœur , sur ce mystère , N'ose s'interroger.

Je ne suis plus émue Par le chant des oiseaux 5 Rien n'attache ma vue A ces souples rameaux :

Je laisse à l'aventure Mes moutons s'égarer :

A mes yeux la nature Semble près d'expirer.

Médor , ce chien fidèle , Jadis tant caressé, Attend que je l'appelle, A mes pieds délaissé.

Ma gaîté s'est enfuie, L'écho demeure coi , Et la mélancolie A des charmes pour moi.

( 290 ) Dans mon ame s'élève Un sentiment confus ; Je soupire , je rêve , Je ne me suflis plus.

Ruisseaux, bois solitaire , Avez-vous pu changer ?

Mon cœur , sur ce mystère N'ose s'interroger.

LHIRONDELLE.

Or, écoutez la touchante aventure Arrivée au dernier printcms :

Une hirondelle apportait la pâture, Toute joyeuse à ses enfans.

Son nid tenait aux vitraux d'une église : Mais en volant comme l'éclair,

A la corniche elle se trouva prise.

Et par un fil tenue en l'air.

Las ! les petits voyant leur pauvre mère En si grand hasard de périr ,

Se débattaient, sentant douleur amère De ne pouvoir la secourir.

Bien vite on sut dans tout le voisinage Le sort de l'oiseau malbcureux :

On accourut des maisons du village.

Pour l'aider, au moins par des vœux.

Alors on vit les autres hiroudeljps , Toutes prendre part au danger ;

Aller, venir, et frapper de leurs ailes Son lien pour la dégager.

Au fil toujours on la voit balancée 5 En vain nous faisons mille cris....

Il rompt enfin, elle est débarrassée, Et la voilà vers ses petits !

Oh ! quels transports ! quelle joie indicible !

Qui ne voudrait la partager ?

Enfans chéris, et vous, mère sensible.

Seuls vous pouvez en bien juger.

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