‹ Or & alliage dans la vie devoteChapitre 1 sur 44 · Aux lecteur · texte numérisé non relu

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surer. Tout est vrai dans les figures que ) ai tracées , mais aucune ne représente un original dont je me souvienne. Les prendre pour des photographies, ce serait une indiscrétion ; j'aime mieux qu'on les compare à ces dessins caractéristiques des méthodes, où l'œil étudie l'opposition des traits entre la joie et la tristesse, la souffrance et le bien-être, les pleurs et ie sourire, la résignation et l'impatience, l'activité et la mollesse, etc.... Personne ne ressemble à ces physionomies typiques, et cependant on y reconnaît tout le monde. Ainsi de mes dessins.

Je prie les lecteurs qui les parcourront du regard, de ne pas se méprendre sur m.oiî intention. Je ne prétends pas remplacer les excellents traités que de saints et savants auteurs ont écrits. Il i'aut les lire et les méditer, pour bien connaître ia genèse, ies

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progrès, les combats, les épreuves et le» merveilleux effets de la dévotion \ Mais ces traités ont besoin d'un corollaire, qui soii comme l'application pratique des principes et la matière d'un examen de conscience, sur les mœurs et coutumes de la vie dévote. Examiner sa conscience, c'est le moyen pour les pécheurs de revenir à Dieu, pour les chrétiens de se confirmer dans la voie du salut, pour les dévots de s'exciter à la perfection et de dissiper les illusions qui se glissent jusqu'aux lieux intimes où l'âme vit plus rapprochée de Dieu et plus enchaînée à son service.

Il est impossible qu'en parcourant cette galerie, tout le monde éprouve la même impression.

I. Nous recommandons particulièrement, avec Ylntroduction à la vie dévote de saint François de Sales, l'excellent livre du savant évêque de la Rochelle, Mgr Landriot, La femme pieuse. Nous avons emprunté à ce livre un assaz grand nombre de citations

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Quelques-uns, uniquement occupés du portrait de la fausse dévote, diront sans doute avec une sournoise allégresse : — Voilà qui va bien ! c'est ainsi que nous comprenions la dévotion : pleine d'imperfections et de vices, ennuyeuse, désagréable, extravagante, insensée. — Et de là ils prendront occasion de haïr et de décrier davantage la dévotion en général. Je n'ai rien à répondre à de pareils lecteurs , sinon que je méprise leurs appréciations intéressées, et que, si )amais je les rencontre^ je leur dirai tout bas les raisons de cette vieille et indomptable rancune qu'ils conservent à l'endroit de la dévotion.

D'autres penseront qu'il peut être dangereux de faire ressortir trop vivement les défauts et les ridicules des personnes dévotes. Je suis de leur avis, si l'on s'en tient à cette triste besogne, et je condamne, avec

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tous les gens sages, les opuscules presque frivoles où l'on ne rencontre que des charges. Mais quand on expose les principes de la vraie dévotion et qu'on la fait vivre sous les yeux des lecteurs, les contrastes n'ont plus le même inconvénient. La malveillance est déroutée; il ne reste plus que d'utiles avertissements dont les âmes de bonne volonté peuvent tirer profit^ pour éviter tout ce qui compromet, aux yeux des gens du monde, la salutaire influence des vies pieuses et consacrées au service de Dieu. Et puis, il est bon de dégager notre responsabilité, près de certains esprits chagrins, en leur faisant connaître le but élevé que se proposent les sollicitudes de notre direction, et en leur montrant que nous ne sommes ni les auteurs, ni les complices, ni les dupes des écarts qu'ils condamnent avec Xigreur. Nous ne les provoquons pas, nous

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ne les subissons pas complaisamment, nous ne nous y laissons point tromper, mais nous les voyons clairement et nous nous efforçons de les corriger avec tous les ménagements de la charité.

D'autres se réjouiront de n'appartenir ni à la vraie, ni à la fausse dévotion, et de ne rien voir pour eux dans ces portraits. Que conclure de là? Qu'ils se tiennent, dans la vie spirituelle, un peu plus bas que la fausse dévotion; qu'ils n'ont pas même mis le pied sur le dernier degré de la perfection, et que leur vie vulgaire demeure dans le fossé où s'agitent péle-méle les vices et les imperfections d'une religion sans nobles désirs et sans généreuses aspirations. C'est peu flatteur et pas du tout consolant.

D'autres m'accuseront de faire des personnalités. — Des personnalités! J'en ai fait comme en font les livres d'heures où tous

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les fidèles lisent leur examen de conscience. D'autres crieront à l'exagération. — Il est impossible de se reconnaître dans ces pein tures, soit en bien, soit en mal. La vraie dévote est une sainte. — J'en conviens. — La fausse dévote est une scélérate. — Je proteste contre ce mot, à moins qu'on ne l'applique à ces « fausses dévotes » dont nous avons esquissé la figure en plusieurs endroits et qu'une main de maître a peinte en ces quelques lignes : « Il se rencontre des femmes qui, cachant sous les dehors d'une piété dont elles n'ont que le masque, une « conscience cautérisée * » et un cœur gonflé d'orgueil, semblent se croire, grâce ù toutes leurs pratiques de surérogation, dispensées de l'observation des devoirs essentiels; qui s'érigent en impitoyables censeurs

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