QUARTZ
Les rapports faits vers 1865, font beaucoup mention des veines de quartz de la Beauce, et la Commission d'Enquête de 1865 rapporte de nombreux témoignages de personnes ayant vu de l'or dans du quartz, souvent en quantités assez abondantes : d’autres citent de bonnes autorités ayant fait des analyses, et mentionnant des quantités d'or payantes, Les rapports des Inspecteurs, notamment celui de 1866, donnent un tableau de veines essayées, soit au laboratoire, soit au moulin, et ayant donné des résultats satisfaisants, Le rapport de MM. Michel & Sterrv Hunt, en 1865, fournit une liste de localités dont on aessavé le quartz qui parfois montre des résultats extraordinaires. Les compagnies se formant alors, citaient les veines de quartz qui traversaient leurs propriétés, et basaient les calculs de leurs bénéfices probables sur l'exploitation de ces veines, Des travaux furent entrepris en de nombreux points, des puits creusés, allant jusqu'à des profondeurs de 46 et 50 pieds, et en 1866, la Compagnie “de Léry Gold Mining Co,” établit un moulin de 10 pilons au Rapide du Diable, Une certaine quantité de quartz v fut traitée, mais ne paraît pas avoir donné de résultats, car ce moulin fut abandonné,
Je donne ci-après un aperçu des travaux qui ont été entrepris :
Dans le Rapport de la Commission d'Enquêtes de 1865, de nombreux essais sont mentionnés, quelques-uns donnant de très-haute teneur en or ;
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plusieurs des témoins entendus prétendent avoir vu de l'or dans le quartz et font des suggestions à ce sujet. Cependant, le Comité n’en est arrivé à aucunes conclusions, si ce n’est qu’il dit d’une façon assez vague, qu’il faut atteindre une certaine profondeur avant de trouver de l’or en quantités considérables dans le quartz ?
Dans le Rapport de 1866, de M. R. Pope, Inspecteur des Mines, nous voyons que cette année-là, il y a eu 14 puits creusés sur des veines de quartz, dont 7 dans la Seigneurie Rigaud-Vaudreuil, et 7 en-dehors. Dans les mois de Février et Mars, il y avait 47 hommes employés, et il fut sorti 1120 tonnes de quartz. Quelques essais furent faits, dont 3 seulement, sur des quantités notables, 600, 900 et 1300 livres, trois autres sur trois livres seulement. Les résultats mentionnés sont extraordinaires, et je ne les cite pas, car s'ils représentaient vraiment la teneur de ces veines, je ne comprends pas pourquoi elles n'auraient pas été travaillées.
Des puits furent creusés ainsi qu'il suit :
Par la “ Détroit Co. ” sur le lot 1 du chemin de Kennébec, dans Linière, ,
rès de la frontière, puits de 40 pieds, et à Jersey point. La “ Reciprocity , , , /
Mining Co. ” sur la rivière Kemp, près du chemin de Kennébec. La “ Du
Loup Mining Co., ” sur la rivière Metgermette, près du chemin de Kennébec:
La “ New-York Co., ” à Jersey point et dans le fief Cumberland (Seigneurie
Aubin de l'Isle.)
Les puits suivants furent creusés dans la Seigneurie Rigaud-Vaudreuil :
Par Rigg & Co.—1 rang N. O. lot 83, puits de 45 pieds, Kilgour & Fenton—St, Charles, r9et 21. Reciprocity Mining Co. de Lery, 19. Power, Causley & Co.—1 rang N. O. 39. Hamilton Smith & Co.—1 rang N. O. 71.
Dans le rapport de 1866, nous trouvons une série de 31 essais faits par le Dr, T. Sterry Hunt, sur des échantillons de quartz, rapportés par M. À. Michel. Ces essais ont été répétés depuis dans les rapports de la Commission Géologique, et dans d'autres rapports ayant trait à la Beauce. Ils venaient des points suivants, probablement des veines qui sont citées plus haut : Linière I, 2, 7, 6, Seigneurie Aubert Gallion I. 30. Seigneurie Aubin de lIsle I. 9. Seigneurie Rigaud-Vaudreuil I. N. E, 39. 53. 59. 62. 83. St. Charles 19, 21. De Léry 20.
Seize de ces échantillons ne donnèrent pas d'or, tandis que les autres en donnèrent des proportions parfois assez élevées. Il est bon de remarquer que
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dans deux de ces essais, on mentionne avoir vu une paillette d’or. Les essais étaient faits sur 100 grammes d’un échantillon de 5 à 6 livres, prises au hasard sur une plus grande quantité.
D'autres essais sont mentionnés dans le même rapport, principalement par le Dr A. A. Hayes, de Boston, et plusieurs donnent aussi des résultats extraordinaires. M. Michel cite aussi un certain nombre d'essais, et dit avoir lui-même écrasé et lavé du quartz, parfois 20 à 3o livres, qui lui auraient donné des couleurs.
Dans le rapport manuscrit de M. Lockwood, nous voyons tout un chapitre consacré aux veines de quartz. Il en cite une vingtaine dans la seigneurie Rigaud-Vaudreuil, dont il donne la location, les noms, les dimensions et les résultats qu’elles ont donnés à différents essais. Certaines de ces veines ont une grande épaisseur, allant parfois jusqu'à 25 pieds : quelques-unes ont une course de un mille et plus, et les essais mentionnés donnent parfois une teneur considérable. Des puits ont été creusés sur plusieurs de ces veines, dont quelques-unes sont les mêmes que celles citées plus haut. Les veines en question sont situées sur les lots suivants de la seigneurie Rigaud-Vaudreuil :
T Rang N.-E., 47, 59, 62, 71, 75. St. Charles 7, 11, 12, 19,21. De Léry 20, 23. Chaussegros 16.
M. Lockwood, dans tout son travail, exprime son opinion que l'or d’alluvion vient de ces veines-là, et dit comme arguments À sa théorie, que le dépôt alluvial contenait beaucoup plus d'or dans leur voisinage , ii mentionne aussi le puits du lot 7 de St-Charies dans lequel une épaisseur de 40 pieds de quartz blanc très-fin contenait de l'or.
En 1867, s'inspirant de toutes les expériences ci-dessus citées, un moulin fut construit par la de Léry Gold Mining Co., dans le voisinage du Rapide du Diable, à peu près à un mille du village St. François ; la construction était en maçonnerie solide, et le moulin était de 10 pilons. On paraît avoir alors basé beaucoup d'espoir sur ce moulin. Une quantité, que j'ignore d'ailleurs, fut passée à ce moulin qui fonctionna pendant plusieurs semaines seulement. Le résultat paraît avoir été nul quant à la quantité d'or obtenue. Pour expliquer cet insuccès, on a invoqué l'insuffisance du matériel et l'inexpérience de ceux qui le conduisaient ? Ce moulin, avec une partie de son matériel, existe encore, mais n'a pas été essayé depuis,
Dans son rapport de 1884, l'Inspecteur des Mines, M. H. J. J. Duchesnay,
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dit qu’on y aurait mis des morceaux d’or de plus d'une once et qu'on n'en aurait absolument rien retrouvé.
Le fait le plus important, invoqué au sujet de l'or dans le quartz, a trait à la veine qui traverse la rivière Chaudière au Rapide du Diable, et tous les rapports citent un affidavit donné par les frères Poulin, déclarant que sur cette veine, ils avaient ramassé, dans l’espace de deux heures, 12 onces d'or, et quelques-uns des échantillons, trouvés solides dans la veine, pesaient 14 once. Nous avons cité plus haut les faits rapportés par M. O'Farrell et autres, sur le même sujet.
En 1873, la Chaudière Gold Mining Co. fit quelques travaux sur une 15 8 1 l
veine de quartz, sur les lots 16 et 17 de Lérvy, et prétendit avoir trouvé du
quartz riche.
En 1884, nous voyons quelquès Compagnies, arrêtées dans leurs travaux d’alluvion, s'occuper de quartz, entre autres, la Canada Gold Co., Capitaine Richard et autres.
En 1893, M. FE. B. Haycock, d'Ottawa, établit, à Jersey Mill, sur la rive gauche de la Rivière du Loup, à environ un mille de son embouchure, un petit moulin d'essai de trois pilons mû par la vapeur, et pendant l'année 1894, il fit un certain nombre d'essais sur du quartz provenant de différentes veines situées dans le voisinage. La valeur de ces essais induisit MM. John Blue & Eustis à faire, avec M. Haycock, certains arrangements dans le but de vérifier l'importance de ces veines. Des puits furent creusés en différents points et le moulin fut en opération pendant plusieurs semaines de l'hiver de 1894-95, sous la direction d’un expert; j'ignore les résultats qui ont été obtenus, mais les travaux furent abandonnés, et n'ont pas été repris jusqu'à ce jour.
Les informations qui précèdent, donnent les faits tels qu’ils sont rapportés officiellement, et il n’y a pas à douter que les chimistes distingués qui ont fait les essais, ont trouvé de l'or: cependant, ces résultats peuvent être discutés, et je rends compte ci-après, de mon expérience personnelle, J'ai visité à peu près toutes les veines ci-dessus indiquées, et bien d’autres en plus: j'ai pris des échantillons de quelques livres sur toutes, ou la plus grande partie, environ une cinquantaine, et je les ai fait essayer par MM. Ledoux & Co., de
New-York et d'autres. Dans tous les cas, le résultat a été ‘traces d'or, ” le plus
élevé mentionnant 30 cents à la tonne. En 1890, j'ai expédié, d’une veine située près de Jersey Point, un lot de 3000 livres de quartz, et un autre de 800 li-
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ne, en le broyant et le lavant au plat, j'avais obtenu quelques couleurs: ces es. sais furent faits dans la Nouvelle-Ecosse. J'ai vu, à plusieurs reprises, entre
trait les mains des mineurs, des échantillons de quartz montrant de l'or, mais je n'ai 15 les jamais vu d’or en place dans aucune veine de quartz ; j'ai aussi vu des échantilque lons de quartz caverneux montrant de l'or, mais c'était de l'or d’alluvion qui, d'or, manifestement, avait été incrusté dans les cavités du quartz, probablement par
once. la pression des cailloux contre ce quartz. Chaque fois que j'ai entendu dire sur le que de l’or avait été trouvé dans du quartz, j'ai fait une enquête qui n’a abouti dans aucun cas ; j'en suis donc arrivé à la conclusion qu’on ne connaissait pas réellement dans la Beauce, de veines de quartz montrant de l'or. Je ne mets pas en doute la bonne foi des gens qui prétendent en avoir vu, mais lorsque M. Michel dit avoir trouvé de l'or dans du quartz, il dit aussi qu’il a dû écraser ce quartz, et le laver au plat. J'ai obtenu le même résultat d’ailleurs mais je ne trouve pas mes essais concluants, et je suis plutôt porté à croire que ces couleurs provenaient d’un peu d’or alluvial adhérant au quartz.
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Lorsque les frères Poulin disent avoir trouvé de l'or dans le quartz du
| rive Rapide du Diable, je suis plutôt porté à croire que c'était de l'or d'alluvion e, un incrusté dans les cavernes de ce quartz, ainsi que j'ai eu occasion de le vériuinée en d'autres points. Au sujet du Rapide du Diable, le Dr. Reed m'a rapporté entes qu'une Cie. qu'il représentait, impressionnée par cette prétendue découverte, John avait fait faire des travaux, extrait plusieurs tonnes de quartz qui, traitées au . but moulin, n'avait donné aucuns résultats. srents et de Au sujet des essais qui mentionnent l'or sans qu'il ÿ eut d'or visible, le Lt été fait serait possible, car dans d'autres contrées, on trouve du quartz payant squ'À dans les mêmes conditions. Les essais qui me .paraissaient les plus concluants dans ce sens, étaient ceux faits par M. Haycock, en 1894. J'ai signalé ces essais dans mon Rapport de cette même année, et j'ai vu le moulin >ortés en opération et l'or qui avait été obtenu du traitement de certains lots de i ont quartz; je ne puis pas dire, cependant, avoir vu de l'or dans ce quartz. Les dis- essais subséquents ne paraissent pas avoir donné de résultats, car alors, je ne visité vois pas pourquoi des veines, de bonne épaisseur et de haute teneur, ne se- : j'ai raient pas travaillées. L'or trouvé dans cet essai était-il, comme je l'ai supbartie, posé plus haut, de l'or alluvial adhérant au quartz? c'est ce que je ne puis o., de dire, et ces essais, certainement les plus sérieux qui aient été faits sur l'or de » plus la Beauce, ne règlent pas encore la question.
ine si- 300 li- M. J. FE. Hardman, un expert en quartz aurifère, qui a longtemps exploité
59 î son vres, qui ont donné respectivement $3.65 et $6.85 par tonne : de cette même vei- | | | | | Î | | | |
dans la Nouvelle-Ecosse, et qui a un peu travaillé dans la Beauce, dit n'avoir vu aucun or dans le quartz de cette région, ni aucune veine valant la peine d'être essayée, et il a résumé la question, en disant : ‘“ Que des veines productives existent dans la région, cela est très-probable, car d'où viendrait l'or trouvé ? mais les veines de quartz que nous connaissons, n'ont rien à faire avec l'origine de l'or que nous trouvons dans les graviers aurifères.”
Je suis absolument du même avis, maïs j'ajouterai qu'on ne doit pas désespérer de trouver du quartz aurifère dans quelques parties de la Beauce, et que les recherches dans ce sens ne doivent pas être abandonnées.