‹ Or dans la province de Québec, Canada [microforme]Chapitre 36 sur 48 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le travail qui précède est forcément incomplet, car les travaux les plus importants ont été faits avant mon temps, et la plupart de ceux qui les dirigeaient ont disparu : de plus, on n’en a officiellement conservé aucunes traces : j'ai donc dû, en visitant les anciennes mines, écouter beaucoup de on-dit, et en prendre ce qui paraissait naturel. Cet ouvrage prête donc grandement à la critique, mais je crois que l’on peut utilement en tirer les conclusions suivantes :

J'ai mentionné un certain nombre de rivières où on a fait quelques travaux et obtenu de l'or, maïs à un moment donné, on s'est trouvé arrêté par l'abondance de l’eau, et par les dépenses requises pour pousser plus loin l'exploitation. Dans un cas, cependant, sur la Gilbert, les travaux de recherches ont été poussés jusqu'au bout ; on a pu se servir de pompes assez puissantes, et on peut dire que les résultats, dans la période de 1878 à 1883, ont été parfaitement satisfaisants, et mêine rémunérateurs dans les cas où les compagnies possédaient un territoire suffisant. On ne peut raisonnablement dire que la vallée de la Gilbert est la seule où on trouve de l’or en quantité commerciale, mais on doit croire, au contraire, que les mêmes moyens appliqués à d'autres districts, produiraient des résultats anologues ; ainsi, avant 1867, on considérait les lots de 15 à 20 de Léry comme à peu près les seuls productifs, le long de la rivière, et cependant des travaux profonds ont fait découvrir des terrains aussi riches jusqu'à 9 et 8 de St-Charles.

Sur les Rivières du Loup, Famine,des Plantes, des Meules, Metgermette, sans nomimer les autres, de gros or a été trouvé en quantité notable en certains points, mais pour des raisons spéciales, les travaux n'ont pas été continués. On peut donc espérer qu'en poursuivant les explorations, on aurait les mêmes résultats que sur la Gilbert. Quelques personnes, peu au courant de la question technique, sont sous l'impression que les mines d'or de la Beauce n'ont pas payé, ce qui est une erreur, si l’on veut bien considérer que l'argent dépensé en procès ne doit pas être appliqué à l'exploitation, et on ne peut nier que les difficultés légales aient fait le plus grand tort à cette région, tout en reconnaissant que les travaux y sont d’un caractère difficile. D'autre part, les difficultés légales qui entravaient le développement de cette industrie ont disparu et le Gouvernement est décidé à appliquer la loi d'une façon large et libérale : l'embarras des claims limités n'existe plus, tout en laissant aux petits mineurs toute facilité pour travailler sur de petites étendues.

J'estime que cette industrie a des chances de réussite en faisant les travaux

sur de grandes étendues de terrains, et avec l’aide de capitaux importants. On a suggéré l'emploi de sondages pour reconnaître le terrain jusqu’au bedrock, et je trouve cette idée très-pratique, à condition que les machiues employées soient bien adaptées à ce travail, et puisssent aussi bien traverser le quick sand que les cailloux qu'on peut rencontrer ; on déterminerait ainsi les endroits les plus propices à l'emplacement des puits. La pratique a déjà démontré que le drainage par des canaux ou tunnels est le plus profitable. TJ'ar été souvent interrogé sur la praticabilité du draguage dans notre Province. Je crois que la chose ne serait guère posssible que dans certaines parties de la Chaudière, et peut-être en quelques points des plus grosses rivières.

Je considère donc que des Compagnies pourvues de capitaux, et disposant de terrains suffisants, ont chances de réussir dans la Beauce, sous une bonne direction. Le Gouvernement possède le droit de mines sur la plus grande partie de ces régions, et même la surface sur les parties peu habitées, et il peut en disposer à des prix très-accessibles.

Page 1