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par tous les moyens à déraciner du milieu de son peuple chéri, les vices qui tendent à l’appauvrir, à l’abaisser, à le ruiner, Ù Toutes ces choses sont encore présentes à votre mémoire, Mais parlons plutôt des œuvres du Pasteur, de ces œuvres qu’il a conduites avec tant de force et d’un regard si étendu et si élevé, qu’il leur a comme imprimé le caractère de la grandeur et de l’immortalité,
Tout se féconde et prend éclosion sous la chaleur puis-
sante de son zèle et de sa charité.
Œuvre liturgique. La Sainte Liturgie Romaine commence tout d'abord à occuper ses pensées et son activité, Toute son énergie se dirige à l’établir dans sa pureté, dans son intégrité, dans sa splendeur. Il veut qu’elle règne dans son diocèse, qu'elle y soit la loi des cérémonies et des pompes religieuses. Et sous son impulsion, on la voit bientôt jeter partout son éclat dans les Communautés religieuses et dans les paroisses, puis de son Diocèse se répandre dans toute la Province et au delà de la Province.
Œuvre doctrinale, Sans cesse il eut devant les regards cette grave recommandation de l’Apôtre à l’'Evêque Timothée : Attende tibi et doctrine 1. Tim. 4, 16. Veillez nonseulement sur vous, mais encore sur la Doctrine; veillez à sa pureté, à la pureté des dogmes, à la pureté des principes. Attende doctrine. Toute sa vie ce fut là l’objet de sa constante sollicitude, et jusqu'aux portes du tombeau, le grand Evêque, toujours en éveil, fut le grand défenseur de la vérité catholique. La parole fameuse de Saint Augustin
semble avoir été sa fidèle devise: Vincamus mundum cum
lis erroribus suis : Vainquons le monde avec ses erreurs. Et afin de rendre invincible ce zèle doctrinal, il s'attache à la pierre fondamentale sur laquelle reposent tous les dogmes catholiques, à la colonne qui soutient toutes les vérités de notre foi, au Pontife de Rome; il lui consacre son amour et son dévouement ; et cet amour devenant pour lui un culte sacré, une religion, devenant le mobile de ses plus généreuses ardeurs et le principe de ses plus beaux sacrifices, lui fait embrasser en plénitude toutes les causes du Saint- Siège et répondre avec intrépidité à tous les appels qu’il en reçoit.
Il est à Rome quand est défini, parmi les applaudissements de l'univers, le Dogme de l’immaculée Conception. Son âme s’émeut à la voix du Pontife Suprême; sa foi, sa piété s’attendrissent en contemplant le nouveau diamant qui va enrichir la couronne de Marie, et le mandement si onctueux qu'il adressa alors à ses chers fidèles, demeure comme un glorieux monument de sa piété filiale envers l’immaculée Mère de Dieu.
Il est à Rome lorsqu’apparaît la célèbre Bulle Quanta cura avec l'Immortel Syllabus qui l'accompagne. Ce grand code catholique de la philosophie et des sociétés chrétiennes fut invariablement le flambeau qui éclaira tous ses actes. Et l’on ne saurait âssez admirer le sommaire précis, ferme, intelligent qu'il fit aussitôt pour son troupeau, de cet impérissable document.
Il est encore à Rome, à la définition solennelle de l’'Infaillibilité Pontificale. Dire ce qu’il éprouva en se voyant juge de la foi parmi les Evêques et les Patriarches de
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l'univers entier; dire les impressions qui s'emparèrent de son âme au moment où il eut à donner son p/acet décisif, nous serait choses impossible ; lui seul peut nous le donner à entendre par les remarquables paroles qu’il nous à laissées. Oui, s’écrie-t-il, cela me plaît, je le déclare, je le proclame, je le juge: le Pape est infaillible, placet. J'en faisais autrefois, avec les plus savants docteurs, ma croyance la plus chère, j'en ferai maintenant avec toute l'Eglise l'aliment et le soutien de ma foi: le Pape est infaillible, placet, C'est ma joie de le prononcer, ce sera mon bonheur et mon salut de le croire et de l’enseigner à mon troupeau: le Pape est vraiment infaillible dans les dogmes comme dans les principes des mœurs, placet.
Et la vigilance qu'il déploya en ce qui regarde la doctrine, s'étendant non moins attentivement sur les règles de la conduite humaine et des consciences, il plaça toute la Théologie morale sous la sage autorité du plus prudent des moralistes de notre époque, du grand Docteur contemporain, S. Alphonse de Liguori,
O Pontife! vous avez bien veillé sur la doctrine; vous
avez soutenu pour sa défense les plus vaillants combats ; vous avez enflammé les cœurs de vos enfants par le feu qui consumait le vôtre, et ces enfants du Canada, ces zouaves généreux, vous les avez envoyés combattre pour les droits du Père commun de la catholicité, de celui qui protège toute vérité et toute morale. Votre devoir a été noblement rempli; c’est maintenant pour vous l'heure de la récompense.
Mais là ne s'arrête pas, mes frères, ce zèle fécond.
Vient l’œuvre des paroisses, Pasteur des âmes, il lui faut répondre au besoin d'expansion de son vaste diocèse, au progrès étonnant qui se fait partout dans la population, à l'accroissement rapide de ces familles pures et chastes que Dieu ne cesse de bénir, C’est par les paroisses que le peuple se groupe et se développe, que la religion se répand d’une manière plus régulière et plus efficace parmi le troupeau. Il crée donc des paroisses, il les multiplie, les affermit, les organise; et sous sa juridiction, par son initiative, son inspiration, son autorité, 75 paroisses nouvelles sont érigées dans son seul diocèse, soit dans la ville de Montréal, soit dans les campagnes.
Et l’œuvre de l'éducation, n’aurons-nous pas maintenant à en parler? Pouvait-il, cet admirable Evêque, être insensible à ce qui touche de si près au bien des âmes ? Voyons comment là encore se déclare son zèle,
Dès la première année de son administration, par son concours et par son appui, Montréal est doté d’un grand Séminaire où viennent affluer, comme au berceau de la vie sacerdotale, les élèves d’une multitude de diocèses.
Bientôt après, il établit le Petit Séminaire de Sainte Thérèse, qui a déjà donné tant d'hommes remarquables au clergé et aux divers rangs de la société, Puis s'élève le collège Ste-Marie sous la conduite des illustres fils de S. Ignace, ces habiles maîtres de la jeunesse, ces vaillants soldats, toujours à l'avant-garde des armées qui combattent pour la foi et pour les grands intérêts de l'Eglise, S’ouvrent
ensuite, chacun avec son mérite réel, les collèges de Joliette,
de St-Laurent, de Rigaud, tandis que les plus anciens établissements continuent de grandir et de prospérer.
Et les Frères des Ecoles chrétiennes, ne les mentionnerons-nous pas? (C'est encore sous ce grand Evêque
qu'ils viennent prodiguer à Montréal les fruits de leur dévouement comme aussi de leur pieux et solide enseigne-
ment; et son bienveillant patronage est pour eux celui d'un père sous les bénédictions duquel ils croissent et se multiplient au Canada et ailleurs dans l'Amérique,
Les institutions des jeunes filles participent à leur tour à ce mouvement général.
Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, dont existence remonte à l’origine de la colonie, prennent un essor nouveau, Leur Institut se développe, leurs écoles, leurs académies, leurs grands pensionnats augmentent en nombre et en importance, et tandis qu’elles commencent leurs fondations de Kingston, elles descendent d'autre part jusque dans les provinces qui bordent l'Atlantique.
Arrivenht alors les Dames du Sacré-Cœur apportant d'Europe en Canada, avec leur renommée, les bienfaits de leur méthode.
Presque en même temps naît l’Institut des Sœurs des |. Saints Noms de Jésus et de Marie dont les “apides développements se font sentir jusqu’à la Floride, la Californie et l’Orégon.
Et sous la même action, les Sœurs Marianites de Sainte-Croix ouvrent leur maison principale à St-Laurent,
sans nuire en rien aux Sœurs de Ste-Anne qui se fondent
mit à Lachine et ne tardent pas à se voir agfpelées dans la
Colombie Britannique.
Ajoutons encore, pour ne point les omettre, et les admi-
rables Religieuses du Carmel, et les pieuses Sœurs du Précieux Sang, les unes et les autres, anges de prière et d’abnégation, sans cesse intercédant pour nous, afin d’écarter de nous la colère de Dieu et de nous gagner sa misé-
ricorde, Après cela, que faut-il de plus ? Que reste-t-il encore
pour assouvir l’infatigable zèle de notre Pasteur? A quelle œuvre nouvelle peut s'étendre ce zèle? Ne croyez pas cependant, mes frères, que sa charité soit satisfaite, Entendez le cri qui s'échappe de sa brûlante poitrine: CHaritas Christi urget nos. La charité de Jésus-Christ nous presse. Considérez les orphelins, les pauvres, les malades, les vieillards infirmes, les âmes perdues et repentantes, et tous les déshérités de la terre tendant vers lui leurs mains désolées et suppliantes. Son cœur aimant et généreux, ce cœur qu’on a vu autrefois, parmi les ravages du typhus, s’attendrir et s'immoler d’une manière si héroïque devant les pauvres malades Irlandais, émigrés de leu* chère patrie, ce cœur si bon peut-il être insensible à ce speciacle? Si la charité est féconde n'est-ce pas surtout envers les délaissés de la fortune et de la nature?
Œuvres de charité, c'est de vous qu'il nous faut ici parler!
D'abord, l’'Hôtel-Dieu, où se sacrifient depuis plus de deux siècles tant de saintes Filles et qui a toujours eu dans ses affections une place si marquée, s'agrandit, se dilate,
sous ses conseils, offre des salles plus spacieuses à des ma- PRESQUE DIRE STORE ENNERL EGSRRRE LASER BAR ANEPLSRRT EEE EIRE LEA RS 60 Rs DES FAT IR. AENENENTTUN PT EME TES EN STORE CT NCENS
lades plus nombreux, et se trouve encore capable de faire face à plusieurs fondations importantes.
Les Sœurs Grises entrent, elles aussi, dans une phase nouvelle, Il se réjouit de les voir s'étendre avec leurs asiles, leur refuge, leurs salles des enfants trouvés, leur Institut des jeunes aveugles, en même temps qu'il désigne à leur amour pour les âmes et pour les privations, les vastes et rudes missions de la Rivière-Rouge,
Il faut à la charité un plus grard nombre de mains pures et dévouées. MONSEIGNEUR BOURGET y pourvoit,
Il fonde l’Asile de la Providence, sa création la plus chère, celle dont il fut plus particulièrement le père et le bienfaiteur, qui compte avec sa Maison-Mère, un orphelinat, des écoles de pauvres, un vaste Hôpital des aliénés, son remarquable Institut des Sourdes-Muettes, un Hospice pour les prêtres infirmes, et qui possède de plus ses lointaines missions de l’Orégon.
Ce n'est pas encore assez pour toutes les misères.
L'Institut des Sœurs de la Miséricorde, entouré de diffcultés sans nombre, traverse ses épreuves, triomphe de ses mille obstacles, se voit en possession d’un vaste établissement où vient s’abriter le malheur le plus voisin du désespoir, et tient bientôt une succursale dans la capitale du Dominion.
Et pour les pauvres brebis perdues d'Israël, dont le repentir sincère doit réparer les égarements, accourent par delà l'Océan les Religieuses du Bon Pasteur, qui ne tardent pas à occuper plusieurs maisons importantes dans le seul diocèse de Montréal,
ET Lee Et maintenant, mes frères, ne dirons-nous pas combien le vaste cœur de notre Evêque embrassait tous les intérêts et tous les besoins des âmes, aimait à favoriser les missions et à procurer des prêtres aux diocèses étrangers, jusque sur
les côtes du Pacifique ?
Oublierons-nous ce qu’il a fait pour les Vénérables Pères
Oblats, ces vrais enfants de Marie Immaculée, ces intrépides missionnaires toujours prêts à affronter les plus rudes climats pour y sauver des âmes ? Ne rappellerons-nous pas qu’ils se plaisent à le considérer comme leur second Fondateur, et que c’est à lui qu'ils attribuent d’avoir vu s’ouvrir à leur zèle infatigable les immenses et âpres prairies du Nord-Ouest ?
Ne passons non plus sous silence ni les Pères de sainte Croix, dont les succès sont si connus, ni les Frères Viateurs, qui avec leurs Collèges dirigent de plus leur remarquable Institut des Sourds-Muets, ni les Frères de la Charité, si bien doués pour réformer le cœur et le caractère des jeunes délinquants,
Mais nous n’en finirions pas si nous voulions tout énumérer : et ce Chapitre qu’il fonda dans les premières années de son Episcopat et qui ne fut pas sans avoir ses jours glorieux, ni lui fournir des auxiliaires dévoués, et ce commentaire sur le Cérémonial des Evêques, qui reçut plus d’un éloge en France et en Italie, et ces conférences ecclésiastiques dont il nous a transmis sur le mariage un résumé plein de science pratique et d'intérêt,
A leur tour, les œuvres de piété n'auront-elles pas ici leur place? Citons seulement les principales : la Propaga-