‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 106 sur 615 · Point. Cf. p. 81. n · texte numérisé non relu

Point. Cf. p. 81. n

12. // mettait. Pour cet emploi de l'indicatif imparfait, où nous

DE HENRIETTE-MARIE DE FRANCE

et qu'il donnait, contre son dessein, une licence effrénée aux âges suivants. Les sages le prévirent; mais les^sages sont-ils crus en ces temps d'emportement ^ et ne se riton pas de leurs prophéties? Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, une maîtresse plus impérieuse, je veux dire l'expérience, les a forcés de- le croire. Tout ce que la religion a de plus saint^ a été en proie*. L'Angleterre a tant changé, qu'elle ne sait plus elle-même à quoi s'en tenir ; et plus agitée en s sa terre et dans ses ports mêmes que l'Océan qui l'environne*^, elle se voit inondée par reffroyal)le débordement de mille sectes bizarres'. Qui sait si étant revenue

nictlfions plutôt le condilionnel. Cf.

La Uoclicloucauld, II, 283 [Grands écrivains) : « On pourrait croire...

que les raisons générales et particulières le pousseraient à })er(lre son plus mortel ennemi, puisqu'avec la satisfaction de s'en venger, il vengeail encore M. le Prince. » — « Pyrrhus vivait heureux s'il eût 1)U l'écouter. » Boilcau (dans Chassang, Gramm. française, cours supérieur, § 283 bis). « Ou en est là (|uan(l la lièvre nous saisit et nous éleint : si l'on eût guéri, ce u'élail (pie poiM' désirer ))lus longteniiis. »

l,a lîruyèrc. II. 19 (Grauf/s écrivains). Cf. ni'aclict et Dussoucliel, Gramm. française, cours supérieur, p. 570.

1. « Emportement, jiris solitairement, signilie ordinairement colère. Avoir de Vemj>orlement. »

l»ict. de r.\cadémie, KWl. Bossuet jirend ici c<; mot non dans ce sens, mais dans celui de violence d'esprit .

2. « IMusieiu's mettent à après forcer et contraindre : forcer à ètie cruel; il le contraiijnil à paver ce qu'il devait. J'aîmerais mieux nuHtre de, forcer de faire.

contraindre de faire, (|uoiqu'on ne iiuisse blâmer ceux (pii disent CDiilraindre à faire. oTli. Corneille.

édit. de Vaugelas. Cf. p. 77, n. 6.

3. Sacré, qui ne peut être viole sans impiété. Cf. lat. .sanctus.

4. A été en proie. « .aujourd'hui ce royaume de France est en proj/e.9 Montïuc. Mémoires, VI (dans Littré). « Ils ne font pas moins de ravage dans leur propre jiays que si c'était en celui des ennemis, où toutes choses sont en proye. » Lanoue, 13, ibid. « Les oiens de l'Eglise étaient en proie. » Bossuet, Histoire des Variations, VII.

5. D'après le P. Bouhours « on met toujours r/rt /(.s aux noms (autres (|ne les noms de royaumes et depi'Oviiiees) quand le nom est masculin, qu'il a son ai'ticle et que son article ne se mange (élide) point. Si le nom est féminin on peut mettre absolument en et dans, quoique dans soit meilleur d'ordinaire. Dans la misère où je suis, en la misère où je suis; dans la belle luuneur où vous êtes, en la belle humeur où vous êtes. » Remarques mnivettes sur la tangue française. liVM. Pans les œuvres de la jeunesse de Bossuet, en est beaucoup plus fréquent (jue dans pour martjuer la localisation ]ihysi(|ue.

(■). Cf. Cicérou. De Rr/>.. I. l.

7. Ce mot, qui s'écrivit l'igearrfi jnstpic dans la première moitié du

OruiSOIf FUNÈBRE

de ses erreurs prodigieuses* touchant la royauté, elle ne poussera pas plus loin ses réilexions; et si, ennuyée ^ de ses changements, elle ne regardera pas avec complaisance l'état qui a précédé? Cependant^ admirons ici la piété de la reine, qui a su si bien conserver les précieux restes* de tant de persécutions. Que de pauvres, que de malheureux, que de lamilles ruinées pour la cause de la loi, ouf subsisté pendant tout le cours de sa vie par"^ l'immense profusion de ses aumônes! Elles ^ se répandaient de toutes parts jusqu'aux dernières extrémités de ses trois royaumes; et s'étendant, par leur abondance, même sur les ennemis de la foi, elles adoucissaient leur aigreur, et les ramenaient à l'Église. \ Ainsi, non seulement elle conservait, mais encore elle augmentait le peuple de Dieu. Les conversions étaient innombnibles; et ceux qui en ont été témoins oculaires nous ont appris

XVII» siècle, était synonyme de fou dans l'ancien français. Coelloleau.

dans son Histoire romaine, parlant de Caliirula, a dit : « La bizarrerie de ses déportements. » Patrn, Soles sur Vaugelas. CoeiFeteau fut lonj:tenips une autorité. Bossuet emploie ce mot à ))eu près dans le sens indiqué par le dictionnaire de Furetière, 1690 : « Bizarre, qui a des mœurs inégales, des opinions extraordinaires. »

1. Monstrueuses. Cf. Molière, Misa ut hirjjye^ lY, 3. « (Que vous savez bien...) ménager pour vous l'excès prodigieux ifDe ce fatal amour né de vos traîtres yeux. »

2. Au xxu' siècle ennui et ennuyer avaient une force que le temps et l'usage ont aftaiblie. Cf. p. 571, note. « Ennuyés de ces vanités, cherchons ce qu'il y a de grand cl de solide en nous. «Bossuet. Orai^.

funèbre de la Duchesse d'Orléans.

« -Auguste s'est lassé d'être si rigoureux, Ij En ces occasions, enniiijé de su])piices. !| Ayant puni les chefs, il })ardonne aux complices. » Corneille, Cinna, 111,1. « Qui n'eût dit que ces

princes, ennuyés de leurs pertes, allaient accepter la paix? » Fléchier, Or. fun. de Marie-Thérèse.

3. Cependant. En attendant, sens qui n'est jias donné par les dictionnaires.

4. Restes. Ce gii'a épargné la persécution. Cf. \irgile : Beiliquias Danauni atque immitis Achilli. »

« Pour perdre et exterminer entièrement toutes les troupes d'Israël et les restes de Jérusalem. » Saci, Bible. Macchabées, I, in-55 (dans Littrc). « Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre, n Racine, Phèdre, iV. 2.

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