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UKAISON FrNÈHRF.
cœur, qui n'a jamais vécu que pour lui, se réveille, tout poudre 1 qu'il est 2, et devienl sensible, même sous ce drap mortuaire, au nom d'un époux si cher, à qui ses ennemis mêmes accorderont le litre de sage cl celui de juste, et que la postérité mettra au rang des grands piinces, si son histoire trouve des lecteurs dont le jugement ne se laisse pas maîtriser aux^ événements ni à la fortune.
Ceux qui sont instruits des alTaires, étant obligés d'avouer que le roi n'avait point donné d'ouveilure* ni de prétexte aux excès sacrilèges dont nous abhorrons la mémoire, en accusent la fierté indomptable de la nation; et je confesse que la haine des parricides pourrait jeter les esprits dans ce sentiment. Mais quand oji considère de plus prés l'histoire de ce grand royaume, et particulièrement les derniers règnes, où l'on voit non seulement les rois majeurs, mais encore les pupilles, et les reines mêmes si absolus et si redoutés; quand on regarde la facilité incroyable avec laquelle la religion a été ou renversée, ou rétablie^, par Henri, par Edouard, par Marie, par Elisabeth, on ne trouve ni la nation si rebelle, ni ses parlements si fiers*' et si factieux : au contraire, on est obligé de reprocher à ces peuples d'avoir été trop soumis, puistpi'ils ont mis soùs le joug leur foi même et leur conscience. IS'accusons donc pas aveuglément le naturel des habitants de l'île la plus célèbre du monde, qui, selon
1. Var. (1" et 2° éd.) : tout cendre qu'il est. — Le mol pou'lre est constaninieut employé au xvii" siècle avec le scn?> de potissiérÉ et en particulier dans le langage biblique, il se dit de la ])oussière de la terre dont est formé le corps de l'homme. « Vous êtes pondre et vous retournerez en poudre. » Saci. Bible. Genèse. III, 1*1.
2. Tout poudre qu'il est. « Cette construction est, dit Vaugelas, très bonne et très élégante.... Avec ce mol tout en tout -lenre et en tout
nombre et son adjectif qui le suit immédiatement, cette façon de parler est e.\trèmemcnt pure et IVançaise. »