‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 185 sur 615 · CI. aussi Or. fun. du P. Bourgoing, supra · texte numérisé non relu

CI. aussi Or. fun. du P. Bourgoing, supra

çf^a montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas lonprtemps; il devient un je ne sais (|iini, ^ qui n"a plus de nom dans aucune langue, tant il est viai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes.

C'est ainsi que la puissance divine, justement irritée contre notre orgueil, le pousse jusqu'au néant, et que, pour égaler' à jamais les conditions, elle ne fait de nous tous qu'une même cendre. Peut-on bâtir sur ces ruines? Peut-on appuyer quelque grand dessein sur ce débris ^ inévitable des choses humaines? Mais quoi, Messieurs, ^'3}^ tout est-il donc désespéré pour nous? Dieu, qui foudroie y i^' toutes nos grandeurs jusqu'à les réduire en poudre ', ne nous laisse-t-il aucune espérance? Lui, aux yeux de qui ^ a rien ne se perd, et qui suit toutes les parcelles de nos ^^ corps, en quelque endroit écarté du moncIcTTîïïe la corruption ou le hasard les jette*, verra-t-il périr sans ressource ce^-qu'il a fait capable de le connaître et de l'ai- ^^ mer? Ici un nouvel ordre de choses se présente à moi, Jj les ombres de la mort se dissipent : « les voies me sont*^ ouvertes à la véritable vie^ ». Madame n'est plus dans le tombeau; la mort, qui semblait tout détruire, a tout établi" : voici le secret de l'Ecclésiaste, que je vous avais marqué^ dès le commencement de ce discours, et dont il faut maintenant découvrir le fond.

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