Ezéchiel, VII
Fac conclusionem . Fra|)|)cz l'iirbre infructueux * qui n'est ])liis l)on que pour le l'eu : a Coupez l'jirbre, arrachez ses branches, secouez ses leulUes, abattez sesfruits^; » périsse par un seul coup tout ce qu'il avait avec lui-uiènie. Alors s'élèveront des frayeurs mortelles et des grincements de dents, préludes de ceux de l'enfer. Ah! mes frères, n'attendons pas ce coup terrible ! Le glaive qui a tranché les jours de la reine est encore levé sur nos têtes; nos péchés en ont affilé le tranchant fataP. « Le glaive que je liens en main, dit le Seigneur notre Dieu, est aiguisé et poli : il est aiguisé, afin qu'il perce; il est poli et limé, afin qu'il brille*. » Tout l'univers en voit le brillant éclat. Glaive du Seigneur, quel coup vous venez de faire ! toute la terre en est étonnée s. Mais que nous sert ce brillant qui nous étonne, si nous ne prévenons le coup qui tranche? Prévenons-le, chrétiens, par la pénitence. Qui pourrait n'être pas ému à ce spectacle? Mais ces émotions d'un jour, qu'opèrent-elles? Ln dernier endurcissement; parce qu'à force d'être touché inutilement, on ne se laisse plus toucher d'aucun^ objet. Le sommes-nous des maux de la Hongrie et de l'Autriche' ravagées? Leurs habitants passés au fil de l'épée, et ce sont encore les plus heureux; la captivité entraîne bien d'autres maux et pour le corps et pour l'âme : ces habitants désolés^, ne sont-ce pas
1. Infructueux a été usité au sens propre jusqu'au milieu du xvii" siècle. « Ce n'est pas ainsi qu'il en a parlé, lui qui, trouvant l'arbre cultivé et toujours infructueii.r, •-'étonne de le voir encore sur la ti-rro. » Bossuet, Sermon sur la Résurrection de J.-C. o" p. Cf. La Bruyère, édition Servois et Rébelliau, p. 452, n. 7.