Duc d'Aumaie, oiwr. ci(r. VL
-i. Voir les Lrfircs de juin à décembre 1052. 1. IV. p. 2(i-2. 2C)5.27!<, t. V, p. 19 i, 290. 159, 4il, 474, 517 et passim.
ne sauriez imaginer une plus jolie lettre que celle que Gabriel (la Priucesse elle-mèine) a écrite à Sedan (Mazarin). » Dans la correspondance secrète S c'est sous le nom de l'ange Gabriel que le cardinal, culliousiaste, désigne cette providence bienfaitrice. « Je vous conjure de lui dire (à Gabriel) que les liabitanis de Sedan (iiutre façon de désigner Mazarin) ne lui manqueront jamais. A présent ils Jie peuvent pas grand'cliose, environnés de troubles et de malheurs ; mais si le temps change, Gabriel s'en ressentira -. »
Gabriel ne s'en ressentit guère. Tandis que la plupart des seigneurs qui avaient pris part à la Fronde s'enrichissaient i)ar leurs alliances avec le tout-puissant cardinal, tandis que Mme de Chevreuse, après tant d'aventures, était comblée de biens et d'honneurs, ainsi que toute la maison de Lorraine^, Anne de Gonzague, elle, n'eut d'autre salaire] que cette pension de vingt mille livres qui n'était pas considérable pour une « grande princesse »,obhgée par son « rang » de mener un train considérable et, sans doute, se croyant tenue d'héberger dans son hôtel tout un peuple, non seulement de serviteurs nécessaires, mais de « domestiques » superflus. Encore les quartiers de cette pension étaient-ils régulièrement payés? Ou peut en douter. Et nous voyons même, cinq ans après, Mazarin avouer avec assez d'impudence que c'était par cette irrégularité qu'on tenait cette femme inquiétante et qu'on croyait pouvoir ainsi l'empêcher de se venger des froideurs et de l'ingratitude de la cour.
De plus, non seulement on ne la payait que très imparfaitement de ses services passés, mais on se gardait de la mettre à même d'en rendre d'autres.
Dès 1652, le cardinal avait commencé de lui faire entrevoir assez nettement qu'il aimait autant se passer de ses bons offices'*. Cependant, en 1037, des négociations diplomatiques étaient pendantes, à propos des affaires d'Allemagne, entre la France et l'Électeur Palatin; et ces négociations traînaient. Mazarin s'avisa qu'Anne de Gonzague, belle-sœur du prince