‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 307 sur 615 · Voir plus haut le texte exact · texte numérisé non relu

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Bossuet citait souvent l'Lcriture de mémoire, et ces sortes d'inexactitudes ne sont pas rares dans ses discours.

G. Réciter a ici un autre sens que ]dus haut (p. 299, n. 4) : celui (le raconter : « Je sais de ses froideurs tout ce que l'on récite »

Bacine, Phèdre, 11, 1. « [Arrias] récite des historiettes qui sont arrivées [dans cette région lointaine, comme s'il en était originaii'e'. »

La Bruyère, 1, 218 (Grands écrivains).

OHAISON FUNÈBRE

parolps. Piiis-je mieux vous représenter* les conseils* <].■ Dieu sur celle princi'sse, que par des paroles donl il s'ol servi pour lui expliquer les secrets de ces aduiirabirs conseils? Venez maintenant, péchpurs, quels que voiisoyez^, en quelques régions écartées que la tempête de vos passions vous ait jetés ; fussiez-vous dans ces terres tén/breuses dont il est parlé dans l'Écriture, et dans l'ombiv de la mort*; s'il vous reste quelque pitié de votre àuie malheureuse, venez voir d'où la main de Dieu a retiré la princesse Anne ; venez voir où la main de Dieu l'a élevée. Quand on voit de pareils exemples dans^ une princesse

1. Mot commode et expressif, très usité au xvii' siècle ilans les cas où nous mettrions : « faire voir, dépeindre d'une façon frajipanle, mettre scius les yeux, donner la sensation (ou l'idée) de.... » Cf. La Rochefoucauld, II, 38 (Grands écrivains) : « Ce peu de temps que j'y demeurai [à la Bastille] me représenta l'image alfreuse de la domination du cardinal. » Mme de Sévigné. IV. 507 (ibid.) : « Vous me le représentez [labbc de La Vergne] un fort honnête homme. »

La Fontaine. Fables, XL 7 : « Toute sa personne velue rejjrésentait un ours. » Cette acception ne se trouve déjà plus chez La Bruyère.

2. Conseil, dans le sens Ac dessein, résolution délibérée, plan, est très fi-équent chez Bossuet.

« Selon le conseil do Dieu dans la dispensation [l'arrangement] du mystère du verbe incarné. » Sei-mon .<t2/r la Parole de Dieu, 1%1.

« Vous admirerez la suite des conseils de Dieu dans les affaires de la l'eligion. » Discours sur l'Histoire universelle, préface, et presque à chaque page. Mais il vieillissait dans cette acception, qui ne paraît se trouver ni dans La Rooheîoucanld. ni dans Mme de Sévigné, ni dans La Bruyère. « Conseil se prend (juelqitefois pour résolution. » Dict. de l'Académie, 1694.

Corneille et les poètes l'eniployaicut encore : « Hasardons ; je ne vois que ce conseil à prendre. » Corneille, Théodore. L ô. Racine. Bajazet. III, 2 : « 0 Dieux! en ce mallieur quel conseil dois-je prendre? » La Fontaine : « Ce général n'a guère son pareil, 1| Bon pour la main et bon jtour le conseil. » IX, 211 (Grands écrivains).

5. Quels que vous soyez n'est pas l'équivalent de qui que vous soyez, mais signifie : << De quelque qualité que vous soyez dans le péché, à quelque degré, à quelque dose que vous soyez pécheurs. » — Sens de qualis et de quantus, non . j de quis. Quel a souvent ce sens au- j jourd'hui : « Quelle doit être la so- J lidité des montagnes!» et il l'avait aussi au xvii* siècle : « Je sais quel est Pyrrhus : violent, mais sincère. » Racine Andromaque, V. 1083. « Quelle fut sa réponse, et quel devins-je, Arcas! » Iphigénie, 1, 1. Mais il avait aussi, alors, le sens de qui. dont il s'est défait:

(f II s'insinue dans un cercle de personnes respectables et qui ne savent quel il est. » La Bruyère, Du mérite personîiet.

•4. Populus qui ambulabat in tenebris .. habitantibus in re- (jione timbras mortis. (Isaïe. IX. 2.)

5. Dans, au sens de chez, qui tend à le remplacer de nos jours

D'AN>'E DE GON'ZAGUE

d'un si haut rang-; dans une princesse qui fut * nièce d'une impératrice et unie par ce lien à tant d'empereurs, sœur d'une puissante reine, épouse d'un fils de roi, mère de deux grandes princesses, dont l'une est un ornement dans l'auguste maison de France, et l'autre s'est fait admirer dans la puissante maison de Brunswick; enfin dans une princesse dont le mérite passe- la naissance, encore que', sortie d'un père et de tant d'aïeux souverains, elle ait réuni en elle avec le sang de Gonzague et de Clèves celui des Paléologues, celui de Lorraine, et celui de France par* tant de côtés : quand Dieu joint à ces avantages une égale réputation, et qu'il choisit une personne d'un si grand éclat 5 pour être l'objet de son éternelle miséricorde, il ne se propose rien moins que^ d'instruire tout l'univers. Vous donc qu'il assemble en ce saint lieu; et vous principa-

devant les noms de personnes, clait fréquent au xvii* siècle : « La valeur est, dans les simples soldais, un métier périlleux. » La Rocheroucauld, 1, llo {Grands écrivains). « J'ai profité dans Voiture. » La Fontaine , lettre xxni {ibid.). « Le souvenir de la jeunesse est tendre dans les vieillards. » La Bruyère, II, 52 (ibid.).

1. Pour toute celte généalogie, que Dossuet insère ici, d'une façon li;-l)ile,daiis le développement d'une idée morale, voir la Sotice.

2. Passer, dans ce sens, était ijeaucoup plus employé au xvu" siècle que de nos jours, où nous préférons sî/7'pas6t'?', dépasser, outrepasser. « Il y a un excès de biens et de maux (lui passe notre sensibilité. » La Rochefoucauld, I, 200 (Grands écrirains). «On dit qu'il (Bourdaloue) /jflSit' toutes les merveilles passées. » Sévigné, II, {19 (ibid.). « J'ai déjà passé la longueur ordinaire dos Préfaces. »

La Fontaine. Fables. 1. I, préface.

« Sans b'ur permettre rien de ce qui passe l'amitié. » La Bruyère.

3. Encore que est employé par Bossuet soit avec l'indicatif, soit avec le subjonctif. A la lin du siècle, la règle du subjonctif devait s'établir. (Grammaire du P.' Cbilllet, 1706, p. 152.) — Cette locution, très fréquente chez lui et dans tous ses ouvrages, comme chez Coi"neille, La Fontaine et Pascal, est rare chez Racine, Molière et Mme de Sévigné et ne se trouve plus dans La Bruyère.

4. Par tant de côtés. Par au sens de de : « Sitôt que celui qui sait le secret vous le fait considérer [ce tableau] par le point de vue ».

IJossuet. Sermon de 1656. sur la Providence. Bossuet avait d'abord écrit : « d'ioi point de vue... ».

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