Joann
D'ANNE DE GONZAGUE
secret des conseils* de Dieu. Mais tout ce qu'il en a dit est renfermé dans ce seul mot de son Évangile : « Dieu a tant aimé le monde, qu'il lui a donné son fds unique -. » Ne demandez plus ce qui a uni en Jésus-Christ le ciel et la terre, et la croix avec les grandeurs : a Dieu a tant aimé le monde. » Est-il incroyable que Dieu aime, et que la bonté se communique^? Que ne fait pas entreprendre aux âmes courageuses l'amour de la gloire; aux âmes les plus vulgaires l'amour des richesses; à tous enfin, tout ce qui porte le nom d'amour? Rien ne coûte, ni périls, ni travaux, ni peines*; et voilà les prodiges dont l'homme est capable. Que si l'homme, qui n'est que faiblesse, lente l'impossible, Dieu, pour contenter son amour, n'exécutera-t-il rien d'extraordinaire^? Disons donc, pour toute raison, dans tous les mystères : (( Dieu a tant aimé le monde. » C'est la doctrine du maître, et le disciple bienaimé l'avait bien comprise. De son temps un Cérinthe 6, un hérésiarque, ne voulait pas croire qu'un Dieu eût pu se faire homme, et se faire la victime des pécheurs. Que lui répondit cet apôtre vierge, ce prophète du Nouveau Testament, cet aigle', ce théologien ^ par excellence; ce