‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 417 sur 615 · Son égale. Nous dirions plu · texte numérisé non relu

Son égale. Nous dirions plu

sable de sages conseils; vous avez perdu ces consolations, qui, par un charme* secret, faisaient oublier les maux dont la vie humaine n'est jamais exempte 2. Mais il vous reste ce qu'il y a de plus précieux, l'espérance de la rejoindre dans le jour^ de l'éternité, et en attendant, sur la terre, le souvenir de ses instructions, l'image de ses vertus, et les exemples de sa vie.

tôt. et moins précisément : sa pareille.

1. Charme, Cf. plus haut, p. 519, n. 5. Et comme ces résultais de la sorcellerie étaient surtout recherchés en cas de maladie, charme avait, à peu de chose près, le sens de remède efficace, de baume souverain. « 0 Reine qui pleine de charmes \\ Pour toute sorte d'accidents Il As borné le flux de nos larmes.... » Malherbe, Ode à la Reine-mère. « Un grand cœur à ses maux applique d'autres charmes. »

Corneille, Pompée, v. 1462. « Le repos de la paresse est un charme secret de l'âme qui suspend soudain les plus ardentes poursuites et les plus opiniâtres résolutions. » La Rochefoucauld, 1,264 (Grands écrivains). « >'e vous informez pointée que je deviendrai : || Que sais-je ?

 ma douleur je chercherai des charmes. » Racine, Bajazet. « Les anciens médecins ont souvent employé les charmes et les remèdes superstitieux. » Le Clerc (dans le Dictionnaire de Furetière-Basnage). — Et même quand charmes devint synonyme d'attraits physiques ou moraux produisant sur la sensibilité un effet ensorcelant, on fit toujours une différence entre

charmes et appas, charmes restant réservé par les bons écrivains, dit Ménage, « aux beautés qui agissent par une vertu occulte et magique ».

Observations sur la langue française, t. I, p. 566. C'est ainsi que Bossuet l'emploie dans ïOraison funèbre d'Henriette de France :

« Dieu avait préparé un charme innocent au roi d'.\ngleterrc dans les agréments infinis de la reine son épouse. » Cf. p. 81, n. 9.

2. « Mme la princesse était la continuelle victime de son mari....

Elle était laide, bossue, un peu tortue et sans esprit, mais douée de beaucoup de vertu, de piété et de douceur, dont elle eut à faire un pénible et continuel usage, tant que son mariage dura, ce (jui fut plus de quarante-cinq ans.... Sa piété, son attention infatigable, sa douceur, sa soumission de novice ne purent la garantir des injures fréquentes.... » Saint-Simon. Cf.

et 533, n. 1.

5. Jour. Expression biblique : in die œternitatis, in die Domini.

« Voici le jour de l'homme, mais le jour de Dieu viendra. » Racine, Hist. de Port-Royal. « Tremble, son jour approche et ton règne est passé. » Esther, v. 1159.

D'ANNE DE GONZAGUE. 579

Page 1