‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 466 sur 615 · Ressouvenir évidoulde Virgile · texte numérisé non relu

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Sala viri molles aditus et tempora noras. {En., 1. IV. 125.)

7. « M. le duc d'Orléans avait, à l'exception du courage, tout ce qui était nécessaire à un honnête honnne ; mais connue il n'avait rien de ce qui peut distin<iuer un grand honnne, il ne trouvait rien dans lui-même (jui pût suppléer ni même soutenir sa i'aiblcssc.

Cumme elle régnait dans son cœur pai' la frayeur, et dans son esprit par l'irrésolution, elle salit tout le cours de sa vie. Il entra dans toutes les alVaires. parce qu'il n'avait pas la force de résister à ceux mêmes (jui l'y entraînaient par leur intérêt; mais il n'en sortit jamais qu'avec honte, parce qu'il n'avait pas le courage de les soutenir. Cet ombrage amortit dès sa jeiniesso ou lui les couleurs les plus vives et les pins gaies qui devaient briller naturellement dans un e>prit beau o1.

éclairé, dans uu enjouement ai-

crètos menées : « Venite^ et cogitemiis adversus eum cogiiationes^. wUriissous-noiispourledécréditer^; tousenseml)le, « frappons-le de notre langue, et ne soufTions plus qu'on écoule tous ses beaux discours : a Percutiamus eum lingua, neque attendamus ad universos sermoncs ejus. Mais on faisait contre lui de plus funestes complots. Combien reçut-il d'avis secrets que sa vie n'était pas en sûreté? Et il connaissait dans le parti de ces fiers courages' dont la force malheureuse* et l'esprit extrême ose tout, et sait trouver des exécuteurs. Mais sa vie ne lui fut pas précieuse, pourvu qu'il fût fidèle à son ministère. Pouvait-il faire à Dieu un plus beau sacrifice, que de lui ofTrir une àme pure de l'iniquité de son siècle, et dévouée à son prince et à sa patrie? Jésus nous en a

inahle, dans une intention très bonne, dans un désintéressement conijtlet, et dans une facilité de

mœurs incroyable La faveur de

M. le duc d'Orléans ne s'acquérait pas, mais «lie se conquérait. Il savait qu'il était toujours eouverné, et il aficclait toujours d éviter de l'èlre. ou jilutôt de paraître l'éviter: et jusqu'à ce qu'il fût dompte, pour ainsi parler, il ruait et donnait des saccades. » iMcmoh'cs de Retz.)

1. Veiiite et cogitemus tout tri Jereminm cogitaiiones. (Jérémie, xvni, 18i.

2. Décréliter. C'était le mot en usajie au xvn' siècle, à l'exclusion de discréditer, qui se trouve pourtant en vieux français. « C'est une erreur qui les bons décrédite. » La Fontaine, IX, 36. « Mille défauts qui la décréditent dans une maison dont elle croyait devoir être l'oracle et la directrice. » Bourdaloue, Pensées (dans Littré). n Ils disparaissent tout à la fois riches et décrédités, w La Bruyère, 1,302 (Graîids écrivains).

L'.\cadémie n'^àmcl dise redite dans «on dictionnaire qu'en 1798, discréditer en 1833 seulement. Discrédit y èUiil entré dès 17iO. Ou trouve

pourtant dans Montesquieu : « Pour s'accrédiler auprès de ceux qui ont plus de piété que de lumière, il se discrédite auprès de ceux qui ont plus de lumières que de piété. »

Défense de l'Esprit des Lois. 3 (dans Darmesteter et Hatzfeld, Dict. général de la langue française).

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