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sez-vous un chrétien qui achève son sacrifice, qui fait le dernier effort, afin de rompre tous les liens de la chair et du sang, et ne tient plus à la terre? Ainsi, parmi' les soulTrances et dans les approches de la mort, s'épure, comme dans un feu, l'âme chrétienne. Ainsi elle se dépouille de ce qu'il y a de terrestre et de trop sensible, même dans les affections les plus innocentes ; telles sont les grâces qu'on trouve à la mort. iMais qu'on ne s'y trompe pas, c'est quand on l'a souvent méditée, quand on s'y est longtemps préparé par de bonnes œuvres ; autrement la mort porte en elle-même ou l'insensibilité, ou un secret désespoir, ou, dans ses justes frayeurs, l'image d'une pénitence trompeuse, et enfin un trouble fatal à la piété. Mais voici, dans la perfection de la charité, la consommation de l'œuvre de Dieu. Un peu après, parmi 2 ses langueurs, et percé de douleurs aiguës, le courageux vieillard se lève, et les bras en haut, après avoir demandé la persévérance : « Je ne désire point, dit-il, la fin de mes peines, mais je désire de voir Dieu. )) Que vois-je ici. Chrétiens? la foi véritable, qui, d'un côté, ne se lasse pas de souffrir : vrai caractère d'un chrétien ; et, de l'autre, ne cherche plus qu'à se développer de ses ténèbres, et, en dissipant le nuage, se changer en pure lumière et en claire vision. 0 moment heureux, où nous sortirons des ombres et des énigmes pour voir la vérité manifeste^? Courons-y, mes frères, avec ardeur; hâtonsnous de (( purifier notre CŒ'ur, afin de voir Dieu*, » selon la promesse de l'Évangile. Là est le terme du voyage; là se finissent^ les gémissements; là s'achève le travail de