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o avril-lo mai

DU PRINCE DE CONDÉ. 52o

tout brillant de gloire pour profiter de l'action de ses armées de Flandre et d'Allemagne, commanda ce détachement qui fit en Alsace les merveilles que vous savez, et parut' le plus grand de tous les hommes, tant par les prodiges qu'il avait faits en personne, que par ceux qu'il fit Caire à ses généraux^.

Quoiqu'une heureuse naissance^ eût apporté de si grands dons à notre prince, il ne cessait de l'enrichir par ses réflexions. Les campements de César firent son étude. Je me souviens qu'il nous ravissait, en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce lameux capitaine, par l'avantage des postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés* à poser les armes sans combat, lui-même il avait été reconnaître les rivières et les montagnes qui servirent à ce grand dessein; et jamais un si digne maître n'avait expliqué par de si doctes leçons les Commentaires de César. Les capitaines des siècles futurs lui rendront un honneur semblable. On viendra étudier sur les lieux ce que l'histoire racontera du campement de Piéton, et des merveilles dont il fut suivi. On remarquera dans celui de Chatenoy l'éminence qu'occupa ce grand capitaine, et le ruisseau dont il se couvrit sous le canon du retranchement de Schelestad. Là, on lui verra mépriser l'Allemagne conjurée, suivre à son tour les ennemis, quoique plus forts, rendre leurs projets iinililes, et leur faire lever le siège de Saverne, comme il avait fait^ un peu auparavant celui de Ilaguenau'"'. C'est par de semblables coups, dont sa vie

1. Parut .CJ. yi.ôio, n. \. | nirtrc? de Noufclifiteaii, près de

2. Voy. jilus liaiil, p. 111. n. 1. Sainte-Mario-aux-Minos. — Scliclc- 7,. Nfiissrnice. Cf. p. lll, u. 1. [ slad, I5as-Rliiii. à iikiloin.do Stiasi. Afraiiius cl iV'liTius, vain- [ hom-fr. — Sav(M'iio, iJas-IUiiii,

(|ii(Mii-s (le <',i'sar à llcrda, et coi liaiiil^ l)ienlôl par lui à poser les

38 kilom. do Slrasl)(>ui-<:. — llajzuoiiau, Bas-Rliiii, à 20 kilom. do Slrasbourp. — Tous cos campomoiits iu-

5. Fait. es. p. 73, n. l.p. 3r)3. n. 3. I rouf faits pondaiil la fiuorro di' llol-

6. Chatcuoy, Vosges, à 11 kilo- j lande. Notons seuleineiit que celui

est pleine, qu'il a porté si haut sa réputation, que ce sera dans nos jours s'être fait un nom parmi les hommes, et s'être acquis un mérite dans* les troupes, d'avoir servi sous le prince de Coudé, et comme un titre pour commander, de l'avoir vu taire.

Mais si jamais il parut ^ un homme extraordinaire, s'il parut être éclairé, et voir tranquillement toutes choses 3, c'est dans ces rapides moments* d'où dépendent les victoires, et dans l'ardeur du comhat. Partout ailleurs il délibère; docile, il prête l'oreille à tous les conseils ; ici, tout se présente à la fois : la multitude des objets s ne le confond pas; à l'instant le parti est pris; il commande et il agit tout ensemble, et tout marche en concours^ et en sûreté'. Le dirai-je? mais

Je Clialenoy avait été déjà choisi par le maréchal de Diu'as, avant que Condé n'arrivât. Les avantages de la position de Chatenoy étaient analogues à celle de Piéton (Duc d'Aumale, t. VII, p. 646). — Voir pour la stratégie de Condé à celte date (septembre 1675) les détails techniques donnés par le duc d'Aumale. ibid., p. 647-657. Pendant qu'il couvrait ainsi l'Alsace, Condé étudiait de très près le pays et envoyait à Louvois un long « Mémoire «, véritable traité politique et militaire sur la défense et sur l'administration de ce pays, qui était déjà si français. Notons à propos du « ruisseau «Vlont parle Bossuet, cette observation : « La grande quantité de ruisseaux et de rivières qui arrosent les deux Alsaces rend le pays plein de postes avantageux : pour peu qu'il pleuve, les plus petits deviennent d'une grosseur si inégale qu'il est presque impossible quelquefois de les passer sans pont. »

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