‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 68 sur 615 · Qu'il considérait comme · texte numérisé non relu

Qu'il considérait comme

« Ces cens que vous tenez si sages. » Voiture. Lettres, 1656. « El je tienurat toujours mon bonheur inflni. || Si les miens sont vengés et le tvran puni. « Corneille, Héracl., lu, 1. « Je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout. » Pascal, Pensées, édit.

Ilavet, I, 1. « Je tiens cette comédie une des plus plaisantes que l'auteur ait jiroduites. » Molière, Cril. de VKcote des femmes, 5.

DE NICOLAS CORNET

et le plus prol'ond de tous les docteurs, avait exposé à l'Église une doctrine toute sainte et apostolique touchant la grâce chrétienne; mais que, ou par la faiblesse naturelle de l'esprit humain, ou à cause de sa profondeur ou de la délicatesse des questions, ou plutôt par la condition nécessaire et inséparable de notre foi, durant cette nuit d'énigmes et d'obscurités, cette doctrine céleste s'est trouvée nécessairement enveloppée parmi des difticultés impénétrables : si bien qu'il y avait à craindre qu'on ne fût jeté insensiblement dans des conséquences ruineuses à 1 la liberté de l'homme. Ensuite il considéra avec combien de raisons toute l'École et toute l'Église s'étaient apphquées à défendre ces conséquences; et il vit que la Faculté des nouveaux docteurs en était si prévenue, qu'au lieu de les rejeter, ils en avaient fait une doctrine propre 2 : si bien que la plupart de ces conséquences, que tous les théologiens avaient toujours regardées jusqu'alors comme des inconvénients fâcheux, au-devant desquels il fallait aller pour bien entendre la doctrine de saint Augustin et de l'Église, ceux-ci les regardaient au contraire connue des fruits nécessaires, qu'il en fallait recueillir; et que ce qui avait paru à tous les autres comme des écueils contre lesquels il fallait craindre d'échouer le vaisseau, ceux-ci ne craignaient point de nous le montrer comme le port salutaire aucpu'l devait aboutir la navigation. Apres avoir ainsi regardé la face^ et l'état de cette doctrine, que les docteurs sans doute reconnaîtront bien sur cette idée générale, il s'appliqua à connaître le génie* de ses défenseurs. Saint Grégoire de

1. « Les ministres ne pouvaioiit s'rlevcr assez contre des jn-iiicipes si ruini'ii.r à la Hélonne. » rxKsiK't, G° Arfiiiss<'inciil aux prolcshiiils, II, 2. I/e\iiressi()ii riniii'ii.r à. iVéquenle riiez Bossuet, semble lui être |iarlieulière. Kiiretiéredil : riiiiit'U.i jxinr. >i 11 n'y a lieu A- |'!ii--

niinenx que le jeu. que la (Iclnuieli(^ tant /)oi(r le bien (jue pour la santé » I l()*.M)i. Sur rein|iloi de n au sens de pitur, v. p. 7f27t. i\. 7.

"2. l'roprc. l'ersdiinelle. Au sens du latin pr(>{)riiis.O'. \>.">i\. u.(>.

5- Fnif, a-i|iecl. Cl', p. ô'^ô. n. 5 l. (iciiic. Cl. i> 31S u 7.

ORAISON FUNÈDRE

rs'a/.ianze, qui lui éliiil fort familier, lui avait appris que les troubles ne naissent pas dans l'Église par des âmes communes et faibles : « Ce sont, dit-il, de grands esprits, mais ardents et chauds, qui causent ces mouvements et ces tumultes; » mais ensuite, les décrivant par leurs caractères propres, il les appelle excessifs, insatiables, et portés* plus ardemment qu'il ne faut aux choses de la religion : paroles vraiment sensées, et qui nous représentent au vif2 le naturel de tels esprits.

Car, messieurs, nous devons entendre^ que si l'on peut avoir trop d'ardeur, non point pour aimer la sainte doctrine, mais pour l'éplucher de trop près, et pour la rechercher trop subtilement, la première partie* d'un homme qui étudie les vérités saintes, c'est de savoir discerner les endroits où il est permis de s'étendre, et où il faut s'arrêtertout court, et se souvenir des bornes étroites dans lesquelles est resserrée notre intelhgence : de sorte que la plus prochaine^ disposition à l'erreur est de vouloir réduire les choses à la dernière évidence de la conviction ; mais il faut modérer le feu d'une mobilité inquiète, (pii cause en nous cette intempérance et cette maladie de savoir, et être sages sobrement et avec mesure, selon le principe de l'Apôtre s, et se contenter simple-

1. Portés OH.r choses..., emportés plus ardcniment qu'il ne faut dans los choses de la relii:ion. Cf. Hist.

des Var., V, 1, la psychologie des hérétiques et des libertins qui ne sont pas des esprits « sans religion ». mais des esprits qui « prennent la religion de travers » et avec « une ardeur démesurée » ou avec « un chagrin superbe ». Sur à au sens de dans, voir p. 501, 11. 3.

2. Au vif. Ilaprès nature. « On dit quun portrait est tiré au vif lorsqu'il est tiré d'après nature et fort ressemblant. » Dict. de Furetière, 1600. « Tel de fâcheux a mérité le litre || Qui se voit peint au

vif dans mon épître. » Scarron (dans Littré).

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