‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 70 sur 615 · Rom., XII · texte numérisé non relu

Rom., XII

DE MCOLAS CORNET.

mont dos lumières qui sont données plutôt pour réprimer notre curiosité, que pour éclaircir tout à lait le fond des choses. C'est pourquoi ces esprits extrêmes, qui ne se lassent jamais de chercher, ni de discourir, ni de disputer, ni d'écrire, saint Grégoire de Nazianze les a appelés excessifs et insatiables.

Notre sage et avisé syndic jugea que ceux desquels* nous parlons étaient à peu près de ce caractère, grands hommes, éloquents, hardis, décisifs, esprits forts et lumineux: mais plus capables de pousser les choses à l'extrémité, que de tenir ^ le raisonnement sur le penchant^, et plus propres à commettre* ensemble les vérités chrétiennes qu'à réduire^ à leur unité naturelle : tels ontin, pour dire en un mot, qu'ils donnent beaucoup à Dieu et que c'est pour eux une grande grâce de céder entièrement à ^ s'abaisser sous l'autorité suprême derÉglise

1. « Dans la première partie de la j)iv(iicatioa de Bossuet , duquel, (lesquels est employé concurreminrul avec dont : « Se manifester aux hommes desquels il venait être le i)récepteur. » Sermon Cseci vident, 1633, 2° exorde. « Les prédictions des prophètes, dont nons avons ici un tissu. » Ibid., et dans une même ijhrase : « D'être indépendant de Itjeu seul, dont il est si doux de dépendre, et le service duquel vaut nneux qu'un royaumi'. »

Scrnuiti ixiur une Postul. Bernardine, I6'6i'), 1" p. Lebani, Hem. sur la qranim. et le vocabulaire des œuvres oratoires de Bossuet.

2. Retenir, maintenir. Ci'. Omis, futi. de Marie-Tliérèse,\}. 232. n.3.

3. « Pente. On dit fifjrurémcnt : Scî letenir sur le penchant du i)réci- ]iice, et cela se dit d'une personne qui, sur le point de se laisser aller dans le cK-^ordre, de s'engager dans (inelque mauvais parti, se retient tout à coup par une ferme résolulion. » Dict. de l'Académie, 1691.

« J.-C. qui, non content de nous retenir sur le penchant par le i)rc-

cepte, nous tend encore la main dans le précipice par la rémission des péchés qu'il nous présente. »

Bossuet, Sermon sur la Divinité de la Heliyion, 2" p.

i. Mettre aux prises. « Par conséquent tu t'abuses. Marcion, de commetlre ainsi la justice avec la bonté, comme si elle lui était opposée. »

Bossuet. Sermon sur la Bonté et Hiqueur de Dieu. « .\lin de les commettre l'un contre l'autre. » Corneille, Hodogune, E.iamen. « 11 n'est propre qu'à commettre de nouveau deux personnes (jui veulent s'accommoder. » La Bruyère, I, 60 {Grands écrivains).

3. Ramener à. .\u sens étymologique du latin. « Ce sont la les deux principales actions que son histoire nous marque, et à quoi je réduis touli» la sainteté de son ministère. » Bourdaloue (dans Littré).

« Elle réduisit toute sa perfection au seul point de l'obéissance. »

Fléchier. Orais. fun. (le la Danphine. Cf. sujira, p. 40, n. 1.

6. .4... de façon à. jusipi'au point de. « Vous n'aurez pas laissé d'élro

otdiiSaint-Sièpfo. Cependant les esprits sV'mpiivfnt. Pt les choses se mêlent* de plus en plus, (le jiarti, zélé et puissant, charmait du moins agréablement, s'il n'emportait tout à fait, la fleur de l'Keole et de la jeunesse; enfin, il n'oubliait rien pour entraîner après soi toute la Faculté de théologie.

C'est ici qu'il n'est pas croyable combien ^ notre sage Grand Maître a travaillé utilement parmi ces tumultes, convainquant les uns par sa doctrine, retenant les autres par son autorité, animant et soutenant tout le monde par sa constance; et lorsqu'il pailait eu Sorbonne dans les délibérations de la Faculté, c'est là qu'on reconnaissait par expérience la vérité de cet oracle : « La bouche (( de l'homme prudent est désirable dans les assemblées, (( et chacun pèse toutes ses paroles en son cœur : » Os prudentis quseritur in ecclesia, et verba illius cogitabiiJit in cordibus suis^. Car il parlait avec tant de poids, dans^ une si belle suite, d'une manière si considérée», que même ses ennemis n'avaient point de prise. Au reste il s'appliquait également à démêler'^ la doctrine, et à prévenir les pratiques par s'a sage et admirable prévoyance; en quoi il se conduisait avec une telle modération, qu'encore qu'on n'ignorât pas la part qu'il avait en tous les

extraordinairement émue. Pour moi, je l'étais à ne savoir à qui jen avais. » Sèvigné.

1. Se mêlent. S'embrouillent, s'obscurcissent. Cf. Virgile : « Miscetur domus iiimiiltu. »

2. Tournure très fréquente dans les premières œu\Tes de Bossuet.

« // n'eut pas croyable rnminen il y avait de monde renfermé dans cette ville. » Sermon sur la Bonté et la Uigueur de Dieu (vers 1653).

« Certes, fidèles, il n'est pas croijable quelle utilité nous en revient. » Sermon pour la Nativité de la Vierr/e, 16oo. « Et en effet il n'est 2^(is croyable combien de

brebis errantes il a ramenées au troupeau.» Pajiég. de St Franc, de Sales, 1662.

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