‹ Orchestres; poésiesChapitre 49 sur 50 · L'ASSEMBLEE · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLEE

0 mes amis, épris d'une sainte victoire, D'art sacré, d'idéal, de haute et pure gloire Et rien que d'harmonie et rien que de lauriers, Après tous nos combats et les ans meurtriers, Je vous réunirai, devant mon seuil rustique, Dans ce jardin d'automne où pousse le colchique, Un bleu soir plein d'oiseaux migrateurs et d'adieux. Comme nous serons vieux ! Comme nous serons vieux ! Et nous ferons l'appel après tant de batailles, Debout et découverts, courbant nos hautes tailles. Nous serons là, près d'un bel arbre, et nous aurons Enfin de calmes, droits, pâles et nobles fronts, Sous les feuilles au vent d'octobre balancées. Nous ne serons que paix et que pures pensées. L'Étoile du berger, perle d'or, tremblera Au ciel, et sur la route un troupeau rentrera,

Faisant le bruit d'un grand poème de Virgile, Et comme il sera beau, ce suprême concile Où vous serez, avant de mourir, tous venus : Les glorieux, les outragés, les méconnus, Papes, moines, prieurs, évêques, humbles prêtres De l'Église éternelle et splendide des Lettres !

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