VISITE ET SOIN DES MALADES
1. Cette partie du Rituel comprend plus de quarante pages ; elle commence par ces paroles bien dignes d’attention: Parochus in primis meminissee debet non postremas esse muneris sui parles ægrolantium curam habere. Le bon Prêtre fera donc en sorte de visiter ses malades aussi souvent que possible; et il trouvera, dans cette partie du Rituel, tout ce qu'il faut, pour rendre ses visites sanctifian-
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tes pour le: malades ainsi que pour les personnes en santé, qui sont toujours si heureuses de voir et d'entendre leur Pasteur.
2. Le Rituel est plein de ces pic *s pratiques qui aident les malades à résister aux terribles . ‘ations, qui les attendent à leur passage dans l'éternité: Ad fugandas Dœmonum tentationes roboretur infirmus....frequenter (crucem) aspiciat....osculetur et amplectetur.
3. Mais comme ses occupations multipliées ne lui permettent pas toujours de demeurer auprès de ses malades autant de temps qu’il faudrait, et qu’il n’a pas d’autres Prètres pour se faire remplacer auprès d’eux, comme à Rome, où tous les malades meurent entre les bras de leurs curés ou des Religieux, qui viennent à leur secours, le Pasteur, qui aime ses Paroissiens jusqu’à la fin (Dilexit suos usque in finem), trouve, dans cette recommandation du Rituel, un bon moyen de les assister dans leurs derniers moments: Quod si Parochus legitime impeditus, Infirmorum ....visitationt interdum vacare non potest, id præstandum curadil......per Laïcos homines pios.
4, A cette fin, il recommande à quelques personnes pieuses et charitables du voisinage de se succéder auprès des malades, pour leur distribuer à propos les secours spirituels et corporels, dont ils peuvent avoir besoin.
5. Il leur donne quelque direction, pour qu’elles sachent comment pratiquer ce que recommande le Rituel à ceux qui assistent les moribonds. Moyennant ces bons avis, elles pourront édifier, consoler et encourager les malades par les actes de religion qu’elles leur feront faire, soit en jetant de Peau bénite sur leur lit, soit en leur faisant embrasser le Cruciäix ou les images de la Ste. Vierge et des Saints, etc.
6. Mais comme les mourants ne peuvent faire que de trèscourtes aspirations, il faut que ceux qui les assistent à la mort y suppléent en se tenant en prière auprès de leur lit, afin d’éloigner les incursions des Démons qui, on n’en saurait douter, rôdent sans cesse autour de ces pauvres mori-
bonds, cherchant à les faire mourir dans le péché. On est quelquefois aflligé de voir la chambre d’un mourant pleine de monde et personne prier pour lui.
7. Le Rituel recommande particulièrement les pauvres à la charité des Pasteurs et à celles des Confréries, établies dans leurs Paroisses : ce qui suppose que ces charitables Associations sont répandues partout, dans les campagnes aussi bien que dans les villes,
8. Tout le nonde sait que ce fut, pendant qu’il remplissait les devoirs d’un bon Pasteur à la campagne, et précisément à l’occasion d’un pauvre, qui était malade, que St. Vincent de Paul sentit le besoin de pareilles Associations, et qu’il se mit à l’œuvre, pour exécuter la sublime pensée qui lui venait du Ciel, et qui a eu de si grands résultats,
9. Aujourd’hui les Conférences de St. Vincent de Paul se répandent, d’une manière admirable, dans les campagnes de France et de Belgique, où Pon prétend qu’elles font encore plus de bien que dans les villes.
10. Ce sont ces Conférences rurales que Nous recommandons ici à la sollicitude pastorale, persuadé, comme nous le sommes, qu’elles sont d' puissantes auxiliatrices, sour opérer toutes sortes de bonnes œuvres. D'ailleurs, comme on le voit, elles sont connues de lPEglise et bénies par elle. Or cela suffit pour tout Pasteur, qui reconnaît l'inspiration divine dans ce que fait la Sainte Eglise.
11. On se prétera donc de bon cœur à seconder le zèle du Conseil Particulier de la St. Vincent de Paul, à Montréal, pour l'organisation des Conférences rurales, qui déjà fonctionnent si bien dans certaines Paroiïisses, où elles ont été établies, Tout se réduit à mettre en mouvement quatre ou cinq bons Chrétiens qui, une fois à l’œuvre, s’embräsent d’ardeur par eux-mêmes. Car c’est un fait bien connu que ça devient un besoin, pour les bons cœurs, de soulager les pauvres et de soigner les malades,
12. Quoiqu'il en soit, on pourrait partager les prières du Rituel pro visilatione et curu Infirmorum, pour qu’a chaque
visite, on en eût de nouvelles à faire; d’autant plus qu’elles ne sont pas d'obligation, Nous croyons du reste que c’est pour un curé un excellent moyen de se concilier Paffection de ses paroissiens, que de se montrer bon et compatissant envers les mourants, Toujours est-il qu’il en sera du Pasteur, dans les visites de ses malades, comme de J, C., dont il est écrit: Pertransiit benefaciendo.... Virtus de illo exibat. etc.
13. Enfin, il faut veiller à ce que de continuelles prières se fassent auprès des corps des défunts, tant qu’ils restent exposés à la maison; et qu’il n’y ait pas de rendezvous de jeunes gens qui, au lieu de soulager les défunts, scandalisent les vivants, par leur dissipation, leurs immodesties et leurs discours malhonnèêtes,