IGNACE BOURGET
Parla grâce de Dieu et du Siége Apostolique, Evêque de Montréal, etc., etc., etc.
Au Clergé Séculier et Réguler de notre Diocèse, Salut
et Bénédiction en N. S. J. C.
La Frésente Ordonnance, Bien-aimés Collaborateurs, devant servir à vous diriger dans l’exécution des décrets des deux premiers Conciles Provinciaux de Québec, Nous croyons pouvoir l’intituler Ordonnance Synodale. Elle est d’ailleurs le résultat de nos Conférences Ecclésiastiques ; et il vous sera facile d’y découvrir vos diverses suggestions, dont Nous avons été heureux de profiter.
En entrant dans tous les détails que vous allez lire, Nous n’avons guères fait autre chose que de répondre à vos différentes questions, qui Nous ont prouvé, une fois de plus, que vous étiez vivement pénétrés de la nécessité qu’il y a pour vous tous de suivre les saintes règles de l'Eglise, dans vos
NT Re ra à
fonctions sacrées, Et en effet, nous dit le Rituel: Nüihil sanclius, aut utilius, nihilque excellentius aut magis divinum ....quam sacramenta, ad humani generis salulem a Christo Domino instituta...... Ita decenter......peraget (sacerdos) ut adstantes ad celestium rerum cogitationem erigat et attentos reddat.
En présidant vos diverses Conférences, il Nous a été facile de nous apercevoir que vous mettiez toute votre attention à établir une parfaite uniformité entre toutes les Paroisses, par rapport au Chant et aux Cérémonies. Ce bon esprit qui vous anime est celui-là même qui vous est inspiré par ces pressantes paroles du JIT Décret du 1er Concile Provincial: Summopere optandum ac curandum est ut in nostra Provincia Ecclesiaslica......simus omnes perfecti et in eadem sententia......quoad rilus, preces el cæremonias, etc.
Mais pour que cette uniformité fût appuyée sur de solides fondements, afin d’être stable et invariable, Nous nous sommes soigneusement appliqué à suivre scrupuleusement les livres liturgiques approuvés par l'Eglise, ainsi que les usages de Rome. Nous n'avons donc inventé aucune cérémo. nie nouvelle; nous avons même renoncé à celles qui étaient pratiquées dans notre Cathédrale, quand elles se sont trouvées en contradiction avec celles de l’Eglise-Mère. Aussi avons-Nous la douce confiance que bientôt on pourra dire que duns chacune de nos Eglises on fait comme à Rome : Sic fit Romaæ.
Cette considération ne manquera pas de faire sur vous, comme sur Nous, une impression telle que vous ne reculerez pas devant la peine qu’il faudra vous donner, pour bien régler vos chœurs, afin que tout s’y fasse integre, caste, pie, selon les expressions du Rituel. Vous y serez encouragés par la pensée qu’il n’est rien de plus efficace pour nourrir la foi et la piété des Paroisses que le spectacle toujours nouveau des Offices bien chantés et célébrés avec solennité, Vous y verrez de même un moyen assuré de développer.et d’affermir les vocations à l'Etat Ecclésiastique et Religieux.
Vous y trouverez aussi un appas singulier pour les enfants et les jeunes gens de vos bonnes familles, qui seront ambitieux d’avoir une place au chœur, s’ils peuvent y paraitre vêtus d’habits propres et décents, et si, par des exercices suivis, ils deviennent capables de bien servir à l’Autel.
Ce ne serait donc pas un temps perdu que celui que vous donneriez à l’exercice comme à l’étude du Chant Sacré et des saintes cérémonies. Tout le monde sait que ce fut au moyen des Offices Divins, qu’il fit célébrer avec pompe, que St. Charles put opérer l’étonnante réforme du Diocèse de Milan. Ce même moyen aura chez nous un effet encore plus heureux, savoir celui d'empêcher le dépérissement de la foi, qui ne se remarque que trop dans les lieux où le service . divin est plus négligé.
Il Nous reste à vous faire observer, Bien-aimés Frères, que notre intention, uans cette Ordonnance, n’est pas de vous imposer de nouvelles obligations de conscience ; car ce sont tout simplement celles des Décrets, du Rituel et autres livres liturgiques, que Nous mettons en vigueur, tout en avisant aux meilleurs moyens de les accomplir.
Pour ce qui est de nos propres suggestions, vous les accepterez, sans doute, avec cette ferveur qui anime les âmes saintes, qui ne croient jamais en faire assez, quand il s’agit de la gloire de Dieu et de l’honneur de sa Religion. Vous imiterez de bon cœur ces fervents Religieux, qui pratiquent leurs plus petites règles, quoiqu’elles n’obligent pas sous peine de péché, avec une fidélité constante, pour mieux prouver leur amour envers Dieu. Vous regarderez ces recommandations, du même œil que St. Ignace regardait en général toutes celles que font les Supérieurs, savoir: T'anquam piæ exhortationes et Commenrdationes Superiorum nostrorum, contra (quas)ajoute-t-il, faciendo, non parum peccatur. (Exercitia Spiritualia). D'où il faut conclure qu'en négligeant de prendre les moyens suggérés par les Supérieurs, pour faciliter l'exécution de leurs Ordonnances, on finit par mépriser et violer les Ordonnances elles-mêmes.
Nous allons maintenant parcourir les Décrets de nos deux Conciles Provinciaux, en rangeant sous le titre de chacun de ces Décrets, les questions qui s'y rattachent plus naturellement.
ET se PE Er o