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ORDRE DU SOLEIL-LION

Jusqu'à présent on n'a sur cet ordre que des renseignements incomplets. Perrot donne quelques détails, plus ou moins exacts; Gottschalk n’en parle qu'en passant; Niedermayr ne le connaît pas. Nous devrons done nous contenter de ce que nous en apprend J. de Hammer, dans sa Revue de l'Orient.

« Le sultan Sélim IE, entre autres innovations qu'il essayait sur la fin du siècle précédent, avait érigé l'ordre du Croissant, et l'avait divisé en deux classes. L’insigne de la première classe était une plaque montrant un croissant et le chrfre du Grand Seigneur, en brillants; la seconde classe recevait une médaille suspendue à un ruban couleur de feu, et sur laquelle étaient gravés les mêmes signes. Cette décoration n'était distribuée qu'aux Européens. Excité par l'exemple, le schah Feth-Ali institua, en 1808, l’ordre du Soleil, aussi partagé en deux classes, plaques et médailles, et en décora le général Gardanne et tout le personnel de l'ambassade française. Cet ordre plus tard subit une transformation : il devint l'ordre du Soleail-Lion, dont les insignes représentent le soleil se levant sur le dos d’un lion; le soleil dans le lion, c’est-à-dire dans sa force la plus active, dans le signe du zodiaque.

» Voici la traduction d'un brevet : D’après les exigences de lintelligence qui voit la vérité, et selon la mesure de la vie solaire de l'esprit, la pensée impériale et son regard souverain, trésor de douceur, est entrainé à distinguer par le diadème de la gloire et le ceinturon du service, les serviteurs de l'empire perpétuellement heureux, et les féaux de léternelle domination impériale, et, par un regard favorable, à rehausser

entre ses pairs, et rémunérer d’une manière spéciale celui qui marche, sans volonté personnelle, dans la grande route des sentiments fidèles. Par ces motifs, le hautement honoré et féal seigneur N. N. a choisi pour amulette sur la nuque de l'âme et de l'esprit, la croix des sentis ments sincères et de la bonne volonté de la cour éternelle, et s’est rendu, par une longue droiture, digne du doux regard solaire de la bienveïls lance impériale ; aussi avons-nous, par surabondance d’une grâce infinie, gratifié le susnommé et l'avons couvert de l'impériale décoration du Soleil et du Lion, le signalant et le grandissant entre ses égaux.

» Nous commandons par les présentes que toujours de plus en plus, avec une parfaite bonne espérance, sur les marches des sentiments sincères et de la bonne volonté, il achève ses belles œuvres au service de notre cour glorieuse, et par là mérite d’être comblé de la grâce et dela faveur impériale. Nous avons décidé que les habitants de notre dominas tion et de nos terres impériales bien gardées, les habitants de la ville de l'Islam, Téhéran et des autres cités de l'empire, se fassent un devoir de reconnaître et d'honorer le susnommé, comme possesseur de la décora= tion du Soleil et du Lion. Les hautes charges et dignités de la cour, les conseils expérimentés et les affidés du Chacan, les présidents de chambre du sublime Divan, les bienveillants secrétaires de la chancellerie entérineront pour toujours ce diplôme dans leurs registres, et se feront un devoir d'agir en conséquence. Donné en l'an 1295 (1811). »

Les insignes de l’ordre sont représentés pl. LV, n° 1 et 2.

PORTUGAL

PORTUGAL

REMARQUES GÉNÉRALES

Les trois ordres de chevalerie du royaume de Portugal, savoir : du Christ, de Saint-Jacques et d'Avis, étaient originairement des ordres religieux ; 1ls ont été sécularisés en 1789. Quoique les rois de Portugal en fussent les grands maitres, ils n'avaient porté jusqu'alors que le signe de l'ordre du Christ; maintenant ils les portent tous; et, pour ne paraitre en préférer aucun, puisque tous doivent avoir le même rang, ils réunissent les trois décorations dans un médaillon attaché à un seul ruban divisé en trois parties égales, de couleurs verte, rouge et violette. (PI. LVI, n° 1.) Dans les cérémonies solennelles, les chevaliers des trois ordres portent un manteau blanc, attaché sur la poitrine par un long cordon formant une rosette; sur le côté gauche de ce manteau est brodée la plaque n° 2. Ils portent sur la tête une toque rouge, l'épée au côté, des bottes de maroquin et des éperons d’or; et ils sont enterrés dans ce costume. La surveillance des ordres est confiée à un conseil particulier nommé Tribunal de la conscience et des ordres.

Le cœur d'émail rouge, qui surmonte la décoration des deux premières classes des trois anciens ordres portugais, est une distinction due | à la dévotion de la reine Marie pour le sacré cœur de Jésus, sous la protection duquel elle a mis les ordres du royaume.

(Perror.)

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