ORDRE DES GUELPHES
Le prince régent d'Angleterre, au nom du roi Georges IE, fonda cet ordre en 1815, le 12 août, anniversaire séculaire de l'avénement de George-Louis au trône de la Grande-Bretagne, et anniversaire de la naissance du fondateur. En réalisant une pensée dès longtemps conçue : d'augmenter, en créant un ordre pour le Hanovre, les moyens de conférer à de fidèles serviteurs de l'État, à des sujets dévoués, un signe public de la bienveillance royale, et de récompenser des individus qui auraient bien mérité de la patrie; le prince ne pouvait saisir de moment plus opportun qu'une époque où le Hanovre, après une longue usurpation, était rendu à ses maîtres légitimes; où ses peuples avaient donné les preuves les plus éclatantes de leur fidélité et de leur attachement, en exposant existence et fortune pour repousser l'ennemi; où l'électorat agrandi était élevé à la dignité de royaume, et où ses soldats s'étaient couverts de gloire dans les plaines de Waterloo.
La grande maitrise est inséparable de la couronne de Hanovre.
L'ordre, à la fois civil et militaire, est partagé en cinq classes : grandscroix, commandeurs de première et deuxième classe, chevaliers et décorés de la croix d'argent.
Pour être admis, ce n’est pas assez d'avoir rempli son devoir avec honneur et conscience; ce n’est pas assez que la naissance, les longs services, les blessures devant l'ennemi; la bienveillance royale même n’est pas un titre suffisant ; il faut des mérites réellement éminents et distingués ; et l'acte, qui vaut la décoration, doit être bien spécifié et publié.
Dans la règle, la grand-croix n’est accessible qu'aux personnes ayant le rang de lieutenant-général, et pour un commandement en chef; les commandeurs sont choisis parmi les individus ayant le rang de général: major.
L'ordre assure la préséance sur les personnes du même ang, sauf les relations de service, et, si le décoré n’est pas noble, les droits attachés à la noblesse, et l'entrée à la cour.
Les armes de tous les membres de l’ordre sont placées dans la salle du château de Hanovre et dans la salle des chevaliers.
Le chapitre , composé de sept membres au moins, s’assemble tous les ans, sous la présidence d’un grand-croix, pour examiner les droits des aspirants, et proposer au choix du roi.
Les insignes de grands-croix, consistent :
1° En une croix à huit pointes pommetées, d'or mat des deux côtés, les bords polis; anglée de quatre léopards, armes primitives des Guel phes. L’écusson dela face est de gueules au cheval blanc de Brunswick, sur une terrasse de sinople, entouré d'un ruban émaillé bleu, avec la devise en lettres d’or : Nec aspera terrent. L'écusson du revers, aussi d’émail rouge, porte le chiffre G. R. surmonté de la couronne britannique, enfermé dans un cerele d'or avec le millésime de la fondation (pl. XX XVI, n°4). Cette décoration est suspendue à un large ruban azur moiré, porté en écharpe de gauche à droite. Aux jours de gala, aux fêtes de l'ordre, le ruban est remplacé par le collier, dont les anneaux alternent la couronne de Hanovre, le lion de Brunswick et le chiffre G. R. (N° 5.
2° Une étoile d'argent à huit pointes, brodée sur la gauche de l’habit, chargée au centre de l’écusson antérieur de la croix. (PI. XXXVIIE, n°1)
La croix des commandeurs, plus petite, est portée en sautoir à un ruban plus étroit; leur plaque est représentée n° 2.
Les chevaliers portent la croix à la boutonnière.
Les signes distinctifs de l'ordre militaire sont deux glaives croisés entre la croix et la couronne, ou sous l’écusson des plaques (n° 1, 2 et 5).
L'écusson de la décoration civile est enfermé dans une guirlande de chène, et de la décoration militaire, dans une guirlande de laurier.
Au décès des décorés, leurs insignes doivent être restitués.
À cet ordre est attachée la médaille des Guelfes, destinée aux sousofliciers et soldats, qui en sont devenus dignes par une action distin-
guée. Elle est d'argent, de la même dimension que la médaille de Waterloo, et ornée aussi de l'effigie du prince régent; en marge sont gravés les noms et grade du décoré; au revers, au lieu du trophée, elle porte linseription : Verdienst und Vaterland, dans une guirlande de laurier. Elle se porte à la boutonnière, suspendue au ruban de l’ordre, et procure une pension viagère de vingt-cinq thalers. L'économie de la distribution lui a conservé toute sa valeur; en 1841, l'armée ne comptait qu'un officier, seize sous-officiers et un soldat qui en fussent décorés.
ORDRE DE SAINT-GEORGE
Cet ordre fut fondé le 1°* janvier 1840. Ni le décret de fondation, ni les statuts ne sont encore connus. Les insignes sont représentés pl. XL,
n® 10 et 11.
MÉDAILLES ET MARQUES D'HONNEUR
Mépaize DE WATERLOO.
En mémoire de la sanglante bataille du 18 juin 4815, dans laquelle les troupes de la maison de Brunswick, réunies à l’armée anglo-belge, résistèrent avec une résolution si ferme aux attaques désespérées des Français, et qui, avec la coopération des Prussiens, décidèrent l’affranchissement de l'Allemagne, le prince régent distribua, en décembre 1817, à tous les soldats de ses États allemands qui avaient aidé à la lutte et à la victoire, une médaille d'argent à son effigie.
Cette marque d'honneur, qui, au revers, montre sous un trophée les les mots : Waterloo, Juny XVIIT, dans une guirlande de laurier, et audessus l'inscription Hannoverscher Tapferkeit , est fixée à la troisième boutonnière gauche, par un ruban rouge foncé, liséré d'azur, dont elle ne peut être détachée. (PI. XXXIX , n°9.)
Sur le bord extérieur sont gravés le nom du possesseur et le grade qu'il avait à l'époque de la bataille.
Quand l'ayant droit meurt, on la donne, comme souvenir, à ses proches parents. — Il est défendu de l'aliéner sous aucun prétexte.
CRoIX DE GUILLAUME.
Sur la fin de son règne, le roi Guillaume IV, pour récompenser l’ancienneté de service, institua la Croix de Guillaume (pl. XXXIX, n° 8}, pour les officiers : elle est d’or; la Médaille de Guillaume, n° T, pour les sous-officiers et soldats : elle est d'argent.
La première distribution n’a eu lieu qu'après la mort du fondateur; et, par décret du roi Ernest-Auguste, Île ruban, qui était jaune et blanc, a été remplacé par celui de la médaille de Waterloo. Il ne peut être porté sans la médaille.